‹ La Capsa ancienne: la Gafsa moderneChapitre 40 sur 133 · Supra, p. 16. — El-Bekri, p · texte numérisé non relu

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de nos jours par les cultures de Gafsa, même par les cultures irriguées, augmente rapidement et parait susceptible de s'étendre encore ; il n'y a donc rien d'impossible à ce que, sous l'empire romain, les jardins de Capsa aient été réunis à ceux de Sidi Ahmed Zarroung, Sidi Mansour, El-Ksar, Lalla, et se soient même prolongés, en une seule oasis, jusqu'à l'Hir. Sidi Ahmed Zarroung, l'Hir. Cheria, et les ruines situées sur la rive droite de Toued Batach, à 5 kilomètres au sud-ouest de la palmeraie moderne. On a même retrouvé toute une ligne d'établissements romains entre l'oasis actuelle et la garaat el- Melah, complétée à l'ouest par les groupes du Chegga et de rhenchir Tfel au pied de la montagne ; au nord dans les ravins du dj. Younnès et de l'Assalah et sur les rives de l'oued Balach, quelques ruines sont encore visibles et montrent jusqu'où pouvaient s'étendre l'oasis et les jardins romains; enfin au sud-est, la ruine de l'henchir Madjeni et uoe olivette d'une cinquantaine d'hectares située à 3 kilomètres au sud de Lalla, semblent indiquer que l'oasis pouvait être réunie aux palmeraies de Lortess et d'El-Guettar.

Les Capsitani ne se bornèrent pas, sous la domination romaine, à perfectionner le régime des eaux et les cultures de leur oasis, à accroître l'étendue de leurs jardins : ils se répandirent dans les bleds voisins, s'y fixèrent, les colonisèrent; les maisons des sédentaires y prirent la place des gourbis, des tentes, des « mapalia » nomades ; les terrains de parcours se couvrirent de cultures. C'est même cette exploitation toute nouvelle du pays qui fit la richesse des Capsitani en leur permettant de se livrer au commerce d'exportation; et, dans une certaine mesure, la prospérité de leur oasis fut la conséquence de la prospérité des bleds voisins et de l'augmentation de la population.

Des canalisations ont été retrouvées au voisinage de l'Aïn

Oum el-Ksob ; elles devaient conduire à des terrains de culture situés dans la vallée de Toued Bouline ; H. Gauckler estime à 600 ou 800 habitants la population du bourg de FAln Oum el-Ksob dont les ruines couvrent un espace de 700 mètres de diamètre. Une canalisation de 3 kilomètres de longueur conduisait de même les eaux de l'AYn Hoularès sur des terrains habités par une population sédentaire ^ Des travaux analogues furent exécutés dans la vallée de TAïn Haddège, à 5 kilomètres de la source thermale 2,

Mais les colons capsitains ne se contentèrent pas de ces premiers travaux : ils couvrirent de leurs habitations, de leurs travaux hydrauliques, de leurs cultures, le bled tout entier. La nature en effet ne s'oppose pas à Tutilisation agricole des plaines fermées de la région gafsienne ; la pluie est assez abondante, malgré son irrégularité, pour remédier à l'insuffisance des eaux de source et assurer la subsistance d*une population assez nombreuse ; et il suffit à certaines plantes, à certains arbustes, de pousser leurs racines à une certaine profondeur, jusqu'aux parties moins sèches du sol, pour vivre sans être irrigués, à condition qulls soient préservés contre la violence de l'eau qui coule des montagnes après les pluies, et contre le passage des troupeaux 3.

Aussi est-ce grâce à un aménagement méthodique des eaux de pluie, et en profitant de la paix romaine, de la tranquillité des nomades ^ et des conseils techniques romains ^, que les Capsitains purent mettre en exploitation les vastes plaines voisines de leur oasis.

A la sortie de chaque ravin de la montagne, des barrages furent construits pour briser le choc des torrents, retenir

1. Paul Gauckler, Enquête sur les installations hydrauliques romaines en Tunisie, I, p. 190. Cagnat cl Saladin, Tour du Monde, 1880, II, p. 212.

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