E. Haug, R. g. Se, 1896, p. laiO
ques, des chaînons anticlinaux qui ne laissent affleurer que sur de faibles surfaces les couches inférieures ou sont couverts d'une couche tertiaire : ainsi le dôme senonien du dj. M'sila, au nord de Tamerza, le dj. Jeilabia et le dj. Rosfa sont en grande partie revêtus d'une enveloppe tertiaire de Tétagc suessonien.
La valeur de ces différents terrains est faible ; les couches inférieures gréseuses et gypseuses sont sèches; les calcaires, sont arides : il n'y a pas une source, entre TAïn Guettar et la haute vallée alluvionnaire de Toued Kebir, sur 50 kilomètres de pentes crétacées exposées pourtant aux pluies du nord-est et profondément ravinées.
Au pied de ces chaînes secondaires l'érosion a accumulé des couches tertiaires : argile, marnes, calcaires à lumachelles, calcaires coquillers, gypses et poudinques d'aspect nettement iagunaire. Les couches de Téocène moyen sont à la base même dos soulèvements secondaires et forment deux longues bandes au nord et au sud de la chaîne du Seldja, de Tamerza au dj. Stah; ils affleurent également au voisinage du Bir M'raboth, du dj. Jeilabia, et d'Aïn Moularès.
Des couches plus récentes de pliocène lacustre occupent la haute plaine du Seldja, les pentes du dj. Atra et du dj. Jeilabia, la partie élevée du bled Tarfaoui. Ils devaient former autrefois tout le fond des bleds et des cuvettes synclinales laissées entre les plissements crétacés, couverts aujourd'hui par des dépôts quaternaires supérieurs*.
Des phosphates sédimentaires se trouvent à un niveau parfaitement déterminé dans ces terrains d'alluvions tertiaires; sur les marnes gypseuses brunes du terme suessonien, à l'affleurement des terrains éocènes et séparés en plusieurs couches par des marnes et des calcaires à lumacbelles, couronnés de bancs de calcaire coquillier et de gypse. Ils se rencontrent
1. E. lUr»:, H. C. X., lî^!)G. p. K^VJ ots(|. — Les travaux publics de la régence de Tunis, 111, p. 87 t't sq. — Rivière ot Lecq, Manuel de l'agriculteur algérien^ p. 55. — AucEKT, Carte géologique de la Tunisif\
CÉOGKAPHIE PHYSIQUE. i:i
en tables puissantes, horizontales ou inclinées, tout autour delà plaine duSeldja, sur les flancs des dj. Redeyeff, Seldja, Hetlaouî, Stah et Trel, à Aïn Hoularès; aux dj. Bellil Tabaga et Bou Dinar, leur trace est encore très visible, ainsi qu'aux dj. Jellabia, Sehib et Rosfa, sur le flanc nord du dj. Berda, dans la chaîne méridionale du Cherb et les dj. Heheri et Zebbeus, à mi-chemin entre Gafsa et Sfax.
Les phosphates du Seldja se présentent sous Taspect d'une roche gréseuse, souvent friable, riche en fossiles et dont la couleur varie du gris au brun verdâtre, ou sous la forme de gros nodules perdus dans les couches de marne. Les dépôts de phosphates seraient dus à Taccumulation de débris d'êtres organisés et de carapaces d'algues inférieures du groupe des Diatomées. « Sur remplacement de le chaîne actuelle, écrit M. L. Pervinquière, existait une lagune très peu profonde, qui pouvait même s'assécher entièrement, ce qui donnait naissance aux petits lits de sel et de gjpse qu'on observe. Dans cette lagune où pullulaient les Diatomées la vie animale n'était pas moins exubérante. Tous ces animaux dont nous ne connaissons qu'un très petit nombre, par les débris qui en ont subsisté sous forme de dents de poissons ou de vertèbres de reptiles, contenaient une certaine proportion de phosphate de chaux, aussi bien dans leurs tissus mous que dans leurs os. Après leur mort, ce phosphate était mis en liberté, entrait en solution grâce à la présence de carbonate d'ammoniaque provenant delà décomposition des tissus, puis était précipité de nouveau par attraction autour d'un grain de calcaire ou d'une particule de matière organique, peut-être de ces algues microscopiques dont nous constatons l'abondance*. » On aurait donc là une sorte de « boue de Diatomées » , un « véritable tripoli phosphatisé ^ ». Leur teneur en phosphate tribasique de chaux oscille entre 50 et 65 %. En 1896, M. Haug évaluait à 5.000.000 de tonnes d'une teneur supérieure à
1. L. Pervinquière, La Tunisie au début du A'.V* siècle, p. 5<>.j7.
i4 LA GAFSA ANCIENNE ET MODERNE.
52 % la valeur des seuls gisements situés au sud de la chaîne du Seldja, à 30.000.000 de tonnes la valeur totale des gisements du Seldja (sans les gisements d'Ain Hoularès).
A la fin de 1905, la compagnie de Gafsa avait déjà extrait plus de 2.120.000 tonnes d*une teneur moyenne de 60 % des tables de Lousif et de Metlaoui; elle évaluait à 12.000.000 de tonnes d une teneur de 63,68 (6j^,5 %) les gisements du Redeyeff, et à 18.000.000 de tonnes ceux d'Ain Hoularès K
Les terrains tertiaires du sud de la Tunisie, indépendamment même de la valeur industrielle des phosphates, ont beaucoup plus de prix que les terrains secondaires : une longue ligne de sources, de redirs et d'oglats suit la ligne d'affleurement des calcaires avec les marnes suessoniennes, imperméables et phosphatées : sources de Tamerza, Ras el-Aloun, Ain el-Berka, Ain Tfel, Ain Moularès, Ain Amda, Aïn Zimra, Aïn Mtahalga, Ain Jellabia ; et les maigres cultures de céréales des indigènes coïncident avec les couches suessoniennes dans la haute plaine du Seldja et au seuil de Bir Marbot^.
Dans le fond de la plupart des vallées et des hautes plaines entourées parles chaînes secondaires, des dépôts quaternaires se sont formés et recouvrent souvent les couches lagunaires de Tépoque tertiaire : ainsi dans toute la vallée de Foued Oum el-Ksob, le fond du bled Tarfaoui, le bled Segui, et les terrasses qui descendent du Seldja au chott El-Rharsa. Ces dépôts quaternaires se retrouvent dans tout le sud de la Tunisie; ils comprennent toujours plusieurs couches ^. A Touest de Gafsa, la colline connue sous le nom de poste n^ 1 est formée d*un travertin jaune pâle, criblé de loges et d'alvéoles, riche en coquilles, et parsemé de graviers, reposant sur un poudingue
1. Rapports de la O* des Phosphates et du chemin de fer de Gafsa, 1906. L. PerviNQuiÈRE, La Tunisie au XX* siècle, p. 54 et sq. E. Haug, op. cil. Les Travaux publics, op. cit. — Ph. Thomas, Notes sur la découverte de Ph.de Ca, dans le sud de la Tunisie, C. R. Ac. Se, 7 septembre 1885, p. 1184, 1187; irf., 9 mai 1887, p. 1121, 112^4. Du Paty de Clam, Bull, géogr. comm., 1896, p. 120.