Saladin, op. cit., p
6. ■ On y voit une course de chars dans le cirque. La partie qui subsiste contient deu.\ chars à quatre chevaux conduits par des aurèges et tournant
Les tombeaux enfin sont les monuments les plus riches de la région de Capsa : ce sont aussi les mieux conservés. Parmi les plus remarquables sont les deux grands mausolées de Gemellae, dont l'un « haut de dix mètres se compose- d un socle carré de 2^,50 sur chaque face, renfermant la chambre sépulcrale et couronné d'une corniche au-dessus de laquelle s'élève un cube de maçonnerie percé d'une niche et surmonté d'un pyramidion » ^ Le mausolée de TUenchir Somaà est formé « d'un piédestal portant un étage en retrait orné de pilastres et surmonté d'une corniche sur laquelle repose un second étage » ^. Le plus célèbre de tous est celui auquel les indigènes ont donné le nom de Soma el-Uamra « la tour rouge » ; il est situé sur la route de Capsa à Gemellae, à peu de distance de l'Henchir el-Harmeul : « haut d'une dizaine de mètres, construit en belles pierres de taille, ce monument a la forme d'un dé rectangulaire, plus long que large, reposant sur un stylobate continu et orné aux angles de pilastres corinthiens. Le dé était surmonté d'un second étage dont la partie supérieure a disparu. La corniche qui le supportait existe encore, et porte une épitaphe qui consacre le souvenir d'une matrone de la banlieue de Capsa, morte à Carthage au retour d'un voyage d'affaires qui l'avait conduite à Rome avec son mari, et dont le succès avait été complet » ^.
miiour de la spina, au milieu de laquelle s'élève un obélisque. Plusieurs hommes à pied tenant des palmes, regardent la course pendant qu'un cavalier semble a*c3tercer dans une autre partie de Tarène. Sous les arcades qui limitent les grands côtés du cirque sont placés des spectateurs dont les têtes serrées et aUontives semblent prendre plaisir à l'action qui se déroule devant eux ». Ulhon de Villefosse, Comptes rendus Ac. Inscr. et B.-Lelires, 1889, p. 210. L TissoT, o/>. cit. y II, p. 671.
'2. TissoT, ifj). cit,y II, p. 656-658.
*J, TissoT, op. cit., 11, p. 673. — Corpus, Mil, n" 152 et p. 28. Urbanilla mihi conjux verecundia plena sita est, Romae comes negotiarum, socia parcimonio fulta, Bene gestis omnibus cum in patria mecum redirct, Au Miseram Carthago mihi eripitSociam.
Nullaspes vivendi mihi sine conjuge tali :
Illa domum servare meam illa et consilio juvaro.
Seuls en effet des gens riches pouvaient s^élever dans les plaines de la Tunisie des tombeaux importants et penser, comme le dit la poésie du grand mausolée de Kasrin, que « la vie est courte et que nos jours passent rapidement, mais que Ton a trouvé le moyen de prolonger le souvenir des hommes, c'est de construire un beau tombeau et de lorner d'une épitaphe digne de lui » *.
Sous la domination vandale et byzantine, Capsa contribua certainement au commerce des huiles, des dattes et des fruits, peut-être même au commerce des riches tapis de laine, très florissant encore dans l'ancienne Province romaine^. Un mausolée chrétien signalé par H. Gagnât à l'Henchir Semah, près de la garaat Ed-Douza, indique que le pays était encore cultivé et prospère pendant la basse époque ^.
Néanmoins la décadence de l'empire romain, les progrès des nomades ^ et les exigences fiscales du pouvoir central sous la domination vandale et surtout sous la byzantine^, durent exercer une influence fâcheuse sur la prospérité agri-
Luce privata niise!*a, quiescit in marmorc clausa.
Lucius ego conjux hic te marmorc texi
Ane nobis sorte dédit fatu cum luce daremur(stc).
1. Cagnat, La Tunisie à l'époque romaine, dans La Tunisie au XX* siècle, p. 217. — Pour construire ces monuments funéraires, les édifices de leur cité et les travaux de leurs eigploitations agricoles, les Capsitains mirent en exploitation la grande carrière du Rhar Gellaba, dans le dj. Assalah, encore encombrée aujourd'hui de blocs à demi équarris et dans laquelle, au dire des indigènes, il faudrait marcher une journée pour en atteindre le fond. Gukrin, o/>. cit., I, p. 286. M. Fuchs dit avoir reconnu, dans le dj. Bou Hedma, les traces d'une exploitation minière romaine considérable où il a constaté l'existence de minerai d'or. Peut-être cet or provient-il simplement, comme celui de la plage de Carthage, de tombeaux et de ruines voisines inexplorées. Tissot, op. Cit., I, p. 258; Vivien de Saint-Martin, op. cit., art. Tunisie, p. 880 ot 8*JI ; Bull. Arch. com. Ir. hist. et se, 1898, p. liv.