‹ La Capsa ancienne: la Gafsa moderneChapitre 60 sur 133 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Dès le début de l'occupa tion française, des travaux importants ont été entrepris pour protéger l'oasis contre F envahissement des sables, régulariser le débit des sources et permettre ainsi de développer les cultures des jardins.

11 y a vingt ans déjà le commandant d'armes de GaTsa, t>'ins- DÎrant du système de défense employé dans les Landes, lit élever, en avant de l'oasis, des talus de terre surmontes d'untî palissade en branches de palmier. Le sable apporté par le vent s'amasse en avant de l'obstacle, ou, soulevé par le choc, vient frapper les branches des palmiers et retombe sans envahir les cultures situées en arrière et enfouir un à un les oliviers elles palmiers de l'oasis. Le même système complété par des plantations avancées et profondes de tamarins, a été employé jusqu'à ces dernières années : plus de 1.200 Has de terrain ont été ainsi fixés autour de Gafsa et des oasis du Djeriil et la barrière de sable a été arrêtée à une distance suffisante des palmeraies préservées*.

En même temps, à l'intérieur de l'oasis, les travaux de captage des sources ont été refaits avec soin; des sources nouvelles ont été captées et ulilisées^; des barrages ont été réparés ou

1. Gagnât et Saladix, Tour du Mondes 1886, n, p. 198. — La TtinistCt p* ^^^-

2. Rapport au Président de la République y liK)-2, p. 125. — Stufn^thpu' <ft!t irataux publics^ i903, p. 28. — Amt'»nagement des sources et pisciiî»^*; l'ii 18^0 (I.5G0 francs). Installation d'une borne- fontaine à Gafsa-gare en lt«lL — Permission à un propriétaire de capter une source située dans sa jtroprii^'l^i etc.

86 LA GAFSA ANCIENxNE ET MODERNE.

rétablis, notamment le barrage ancien de Chenini et le barrage de retenue de Toued Lalla qui mesure 17 mètres de développement et dont le débit journalier est de 4.000 mètres cubes au minimum ^

L'eau ainsi recueillie par des travaux d'aménagement est répartie dans Toasis au moyen de canaux d'irrigation. Ces canaux sont généralement formés par les deux talus qui séparent deux jardins voisins Tun de l'autre ; des barrages très simples, en terre, graviers et bois de palmiers, sont établis de loin en loin et permettent d'arrêter l'eau courante, si le besoin s'en fait sentir, et de l'emmagasiner selon les besoins des riverains; l'eau pénètre dans le sol par infiltration, on peut la puiser en tout endroit pour l'arrosage des cultures et, de temps à autre, OQ inonde les rigoles creusées dans les jardins ou le terrain tout entier, en faisant une coupure à la digue^. Les cultures les plus variées prospèrent sur le sol sablonneux, détrempé par l'arrosage, reposant sur une couche argileuse qui empêche l'eau de se dérober à une trop grande profondeur 3, et couvert de l'humus accumulé par une végétation séculaire : sous l'ombre des palmiers dont les palmes tamisent les rayons du soleil et les empêchent de brûler le sol et d'en absorber l'humidité, dans une atmosphère de serre ihaude, les arbres fruitiers se pressent et protègent eux-mêmes des légumes de toutes sortes.

Le palmier croit facilement sur le terrain à sous-sol argileux de l'oasis de Gafsa où il se trouve véritablement « le pied dans l'eau »; et, s'il a moins « la tête dans le feu » que les palmiers du Djerid, il est sensiblement plus robuste et plus fécond que ceux du nord et de la région du Gabès. Les maraîchers de Gafsa, comme ceux du Djerid, prennent le plus grand soin de leurs arbres; outre des arrosages ré-

L ShiiMque des travaux publics, 1003, p. 42. — Ce barrage, complété par tine conduite maçonnée do 330 mèti^es, a coûté 10.000 francs.

■2. TïBA^T et Rebatel, Voyage en Tunisie, Tour du Monde, 1875, p. 311. — COGNAT el Saladin, op cit. y p. 198.

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