‹ La Capsa ancienne: la Gafsa moderneChapitre 67 sur 133 · V AND · texte numérisé non relu

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jusqu'à la construction du chemin de fer et la mise en exploitation des gisements de phosphate * : c'est un exemple très frappant d'utilisation économique d'une région géographique déterminée.

Il suffît de l'appoint des grains et des troupeaux des nomades dq voisinage pour assurer la subsistance des Ksouriens deGafsa et d'El-Guettar«.

Les gens de Gafsa en effet ne pratiquent pas Télevage ; la terre cultivable, au voisinage des sources de l'oasis, est trop précieuse pour être employée en pâturages. Les Ksouriens ne possèdent que des bêtes de somme pour le transport de leurs denrées et le travail des jardins : des ânes en assez grand nombre, des mulets, des chameaux, quelques chevaux; à peine font-ils paître dans les olivettes et les friches de l'oasis quelques moutons, quelques chèvres, quelques bœufs : encore le bœuf sert-il plutôt au labour et à Tentrotien des plantations que comme bête de boucherie.

Les nomades au contraire sont essentiellement des éleveurs : le bled leur fournit des pâturages suffisants pour nourrit' do nombreux troupeaux de chameaux et surtout de moulons et de chèvres qu'ils échangent sur le marché de (iafsa contio l'huile et les dattes nécessaires à leur alimentation. Ils (ïtit en outre quelques cultures de céréales dans les bas-fonds humides, et la double nécessité de trouver de;* pâturages pour leurs troupeaux et de surveiller leurs maigres cultures explique tout le mouvement de leur vie nomade.

La végétation de touffes de driss, de reteni, d'armoise, parsemée dans le bled et les flancs des djebels apri^s la saison

1. Le rapport du conseil d'administration de la Compa^'^irîo dp Gafsa {\WJiy, p. 6) signaile le transport par la voie ferrée de 1.191 tonnes ili* farines eî céréales, probablement importées en majeure partie pour les hvsoins du pei^sonnel de la compagnie et des européens de la garnison, ou transi timi d'un point de la ligne à un autre.

des pluies, tes tamarins qui croissent sur les bords des oueds, des sebkhas et des garaats, les broussailles et les quelques arbres qui existent encore dans la montagne, quelques hectares de chaumes de céréales constituent ces pâturages du steppe ([ai nous paraissent si pauvres et désolés mais qui suffisent cependant à nourrir, depuis des siècles, des milliers de chamoaux, de moutons et de chèvres. Ils sont plus abondants et plus verfs les années où la pluie est moins rare ; certains d*entre eux tmt une valeur particulière : les tamarins de la vallée saline fie Toued Tarfaoui, ceux de Toued Melah, de la Garaat ed-l)ouza sont spécialement appréciés et le puits de Gouîflu, AU centre du bled Tarfaoui, est un centre important de passage des troupeaux ; de même la plaine du Guemouda où Ton trouve de l'herbe toute Tannée; comme nous l'avons déjà indiqué, les pâturages de la partie du bled Segui comprise enti^ Bir Cheigga et le Tarfaoui, au nord du chott El- Ujerid, sont assez abondants pour nourrir 6.000 moutons, et si favorables à la race ovine que « les moutons du pays transportés eu un autre point de la Tunisie y dépérissent, et que les bétes étrangères qui y sont importées prospèrent rapidement* ïj.

Les raquettes de cactus qui contiennent des matières nutritives et une forte proportion d'eau, constituent également une bonne nourriture pour les moutons et les chèvres et sont fréquenmient données aux troupeaux du voisinage immédiat de Gafsa et dans les villages du massif d'El-Ayaïcha où le figuier de Barbarie forme des haies nombreuses^.

L Supt^t p. l--i-45. Du Paty de Cl\m, op. cit., p. 281, note. — Auo. Bernard pt N. Lacroix, VÉvolvtioix du nomadisme en Algérie^ p. 96.

'1. GkasdEsU', /^ G. .V., lôdcccmbre 18%, p. 100^-11011. — Composition comparée di?a raqueiies de cactus et de la betterave :

Cactus. Betteraves.

Eau 94,84 % 88 %

Matières azotées 0,41 1,1

Cellulose

Amidon

Bakaban^ ùp. cil. y p. 151.

GÉOGRAPHIE ÉCOiNOMIQUE. 97

La plupart des nomades du pays de Gafsa transhument avec leurs troupeaux, suivant la saison, abandonnant un pâturage épuisé pour en chercher un autre : ils passent ainsi du bled Segui aux rives duchotl El-Djerid et au Tarfaoui (Oulad Mammeur); des plaines du Seldja à celles de l'Oum el-Ksob (Oulad Selema). Ils campent Tété dans les bas-fonds où un peu d'humidité et de végétation subsistent pendant la saison sèche, et où leurs pauvres cultures de céréales, abandonnées après les semailles, arrivent à maturité au mois de juin ou de juillet. Après la récolte, ils séjournent quelque temps sur les chaumes dont les moutons sont très friands. Après les premières pluies d'automne, le labour et les semailles, ils se séparent en plusieurs groupes qui vont planter leurs tentes dans les pâturages des hautes plaines et de la montagne où leurs troupeaux trouvent une nourriture suffisante en se dispersant sur de grandes étendues dans le bled pour brouter les herbes dures*.

L'exemple le plus frappant de ce nomadisme à petits parcours est fourni par les gens des villages du massif d'El- Ayalcha : sédentaires puisqu'ils possèdent des ksours et quelques jardins, ils sont obligés de noniadiser dans la montagne et de descendre dans la plaine pour nourrir leurs troupeaux, pour semer et récolter quelques hectares de blé et d'orge au voisinage des redirs, parmi les gommiers du bled Thala et dans les bas-fonds du bled Segui. Ils ne demeurent guère dans leurs maisons que pendant les semaines les plus chaudes de l'année, vivant de réserves ensilées ^.

Dans les années les plus sèches, quand les pâturages manquent et quand le bled est aride, la zone de transhumance s'étend et les troupeaux sont envoyés sous la conduite de bergers choisis dans le nord et le centre de la Régence, où ils obtiennent — moyennant une faible redevance dans les ter-

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