COLLIONON, loC, cil
Dans les thalwegs, les bas-fonds, les vallonnements, ces alluvions occupent une place prépondérante : sol léger où domine le sable, mêlé d'une forte proportion de chaux, souvent teinté de rouge par Toxyde de fer; sols maigres, renfermant beaucoup de potasse mais peu d'humus, d'azote et d'acide pbosphorique *.
La formation de ces terrains quaternaires semble s'expliquer par des phénomènes de sédimentation lacustre, par le ruissellement des pluies et de l'eau courante ^, comme la formation de la plaine saharienne et de la dépression des chotts dont les fossiles, coquilles d'Hélix, de Melania, de Melanopsis, de Cardium même, appartiennent tous à des espèces terrestres d'eau douce ou saumàtre ^ .
Aujourd'hui encore le bled se transforme : les orages arrachent aux roches de la montagne les pierres et les sables que charrient les oueds débordés : en 1859, l'oued Balach en couvrit 50 hectares de l'oasis de Gafsa *. Le sol, piétiné par les troupeaux, devient meuble, le vent chasse le sable, le heurte aux broussailles, aux cultures qui font obstacle, l'entasse au pied de chaque touffe de driss et de retem ; les palmeraies mal défendues d'El-Guettar et d'El-Hamma sont envahies, celle de Gafsa est menacée; des sources sont aveuglées ^; les bords des garaats Ed-Douza et El-Oglat et de la Sebka d'El-Guettar sont incertains, mouvants. Dans le bled El-Hamra, dans le bled Souenia, dans le bled Cheria même, de véritables dunes se forment ; de chaque côté de la piste de Metlaoui à Tozeur, le sol est plissé de petites vagues de sable. Ailleurs au contraire, dans la vallée plus abritée de loued Oum el-Ksob, le sol ferme est nivelé sur de grandes étendues, comme par des cultures séculaires ®.