Valeur des pUos- Bénéflœs bruts Bénéfices nets
phates exportés (y compris le compte du domaine de
à Sfax. Ghahal et le compte du service d'au- Dividendes.
— tomobiles de Bourse à S£ax). —
1901 1.174.582 1.804.691 ÎK.>2.808 25' .
1905 9.4œ.n00 5.460.0rw* 4.786.473 60 •
/{apports, etc., passim. Rapport au président d^ la Hépuhlique, 1905, p. 660. De 500 francs à l'émission, les actions ont monté à 583 francs le 1" avril 11^102, 865 le 1" avril 1901, 1.488 francs le 31 mars 1905, 2.140 le 28 avril 190l>; elles se sont maintenues depuis l'hiver dernier à des cours compris enti^* 3.500 francs et 4.5(X) francs.
La publication américaine The Minerai Industry dunny 1903 évalue ainsi la production totale de phosphate dans le monde (p. 292, 2i>9, 300, 302) : Belgique, 1902, 1:35.850 tonnes. Canada, 1903, 1.205. France (Péronne, Marcheville, Beauval, 1902, 1.5-13.900. Polynesian (islands), 1<K)3, 67.257. Algérie (Bône), 19(«, 277.521. Algérie (Bougie), 1903, 20.350. Gafsa (d'après les rapports de la Compagnie, {^03), 4a3.029 1.454.383 tonnes métriques. Amérique, 1.600.813 longtons (tonnes de 16.000 kilogrammes). En 1906 Gafsa a produit 607.619 tonnes métriques. Les sociétés de Kalaa «^ Senam et Kalaa Djorda comptent exporter 600.000 tonnes en 1907 (De Faoes, op. cit., p. 27).
En septembre 1901, le prix de la tonne de phosphate rendue à Sfax était de 15 à 16 francs (179.267 tonnes pour 8.000.000 francs environ, d'après le Rapport anîiupl au Président de la République, 1904, p. 620). D'après des renseigné! lioru s puisés à des sources sûres, le fret et les assurances pour le ti*ansport des mOmns phosphates dans les ports français étaient de 8 francs environ, au.xqueU il convient d'ajouter 1 franc environ de perte de poids, escompte.
La Compagnie de Gafsa, encouragée par ces beaux résultats, se montre soucieuse de développer le chiffre de ses ventes et de tirer toutes les ressources possibles des gisements qui lui ont été concédés.
« A la suite de travaux de recherches méthodiques qui se sont étendus dans toute la concession, dit le conseil d'administration de la compagnie dans son rapport sur Texercicc 1904^ nous avons reconnu Texistence sur le versant nord, au djebel Redeyeff, d'un gisement important dont la teneur est plus élevée que celle du gisement de Metlaoui. La couche existant en cet endroit pourra fournir au moins 12 millions de tonnes d'un phosphate titrant environ 64,5 pour ci^nl de phosphate tribasique de chaux; elle se classe ainsi dans la qualité dite 63-68, et ses produits bénéficieront d'une notable plus-value par rapport à ceux de la qualité 58-63 que nous extrayons de notre mine actuelle. Dès cette importante découverte nous avons pris des mesures pour mettre en valeur le gisement de Redeyeff; sa mise en exploitation exige la construction d'un embranchement de 35 kilomètres de longueur, pour lequel un contrat vient d'être conclu avec un entrepreneur frant;im: la ligne projetée pourra être terminée en moins de deux ans» bien que son établissement présente quelques difficultés k la traversée d'une gorge de 9 kilomètres de long. Nous espérons donc pouvoir dès 1907 livrer à la consommation notre nouveau phosphate.
« Nos acheteurs retrouveront dans ce produit les qualités qui ont fait apprécier dans toute l'Europe le phosphate de Metlaoui : grande régularité de composition, faible teneur en carbonate de chaux, facilité exceptionnelle de mouture. La mine de Hedeyeff nous permettra, tout en conservant son activité â celle
courtage. Le prix de la tonne rendue en port français; vLûi iloin' tî<^LM fpîines environ. A la même époque la tonne de phosphate se vcn-LuLfi fr. '^^ l\iniliï de phosphate par mille kilogrammes, soit environ 'M) Inincs. L^ briiêlki^ <iaît donc environ de 6 francs par tonne. Le bénéfice net de la Cnjnpajt,'nie pour l'exercice KK>1 {Chemin de fer compris) a été de 1.711 [>! fr:iiics pour 455.797 tonnes vendues, soit 8 fr. 10 par tonne.
de Mellaoui, d'atteindre par nos ventes certaines régions qui ont rhabitude de consommer un phosphate plus riche; son développement paraît devoir être rapide, car aucun des gisements connus en Algérie-Tunisie ne contient de phosphate d'une teneur supérieure*. »
D'ailleurs la Compagnie a obtenu des permis de recherches de nouveaux gisements dans la région des dj. Jellabia, Sehib et Rosfa, au sud de Gafsa, et a obtenu, par une convention du 1*' août 190i avec le gouvernement tunisien, la détermination des conditions dans lesquelles pourra s'exercer le droit de préférence spécifié dans son acte de concession*. La même convention a décidé que les produits de tous les gisemenfs situés dans un rayon de 15 kilomètres au nord et de 35 kilomètres au sud du chemin de fer de Gafsa seraient exportés par celui-ci et parle port de Sfax; en outre la date à partir de laquelle la ligne pourra être rachetée par l'État tunisien a été reculée de quatorze ans (jusqu'en 1930) ^. Ce qui constitue pour la compagnie des avantages très appréciables.
Enfin le gouvernement tunisien ayant mis eu adjudication le 21 décembre 1904 les gisements de phosphates d'Ain Hoularès et du dj. Hrata, la Compagnie a exercé à leur sujet le droit de préférence que lui accordait la convention du 15 août 1896*. Ces gisements sont situés à une quinzaine de kilomètres au nord de la concession ancienne de la Compagnie, dans la haute vallée (le Foued Seldja. « Ils contiennent, dit le rapport du conseil d'administration pour l'exercice 190V, des couches de phosphate d'une teneur analogue à celle du dj. Redeyeff, c'estï\-dîrf* de la qualité 63-68; le gisement d'Aïn Hoularès en particulier, plus étendu et plus facile à exploiter que celui du
I Raitpfrfx, Dlc, KM}4, p. 1, 5; \\Kn\ p. 1. L'oiiibranchomont ost do 15 km.
i. nupporfs^ 1901, p. 5.
:^. lifjpfjtjrft, oti*., 1904, Assemblée oxlraordinaire, passim. Par la même convoiitiûii Ui Coiiipii^nie s'est engagée à prolonger le chemin de fer jusqu'à Totéur.
4, liappari au Président de la République, 1904, p. 113-115.
Hrata, paraît contenir 18 millions de tonnes environ de ce phosphate de la qualité supérieure. D'après les conditions de radjudication, les produits de ces gisements devront être exportés par le port de Sousse qui en est distant de 310 kilomètres environ; sur ce total il reste à construire 260 kilomètres de voie qui seront établis aux frais de TÉtat dans un délai maximum de cinq ans; Texploitatioii de la ligne sera concédée à la Compagnie Bône-Guelma dont le réseau comprend déjà la section de Sousse à Kairouan. Le prix des transports des phosphates sur cette ligne sera de 9',05 par tonne.
« Le cahier des charges impose au concessionnaire d'exporter annuellement par la nouvelle voie ferrée un tonnage qui sera au minimum de 50.000 tonnes pour la première année, puis devra atteindre 250.000 tonnes à partir de la quatrième.
« La réunion entre les mains de la Compagnie des concessions d^Aïn Hoularès et de Gafsa aura pour elle l'avantage d'éviter une concurrence qui aurait pu présenter quelque danger, caries mines de Moularès et de Redeyeff sont celles qui doivent fournir le phosphate le plus riche parmi tous les gisements ac* tuellement connus dans l'Afrique du Nord. Le gisement de Moularès est d'ailleurs jusqu'à présent le seul dans cette région qui, comme ceux de la concession de Gafsa, donne un phosphate à faible teneur en carbonate de chaux, et il importait de réserver à la Compagnie la spécialité de cette nature de produits qui est particulièrement apprécié des fabricants de superphosphate. La redevance à payer à l'État, l',52 par tonne, permet en outre de compter sur une exploitation suffisamment rémunératrice, et les dépenses d'établissement se réduiront à celles nécessaires pour la mine elle-même et pour rembarquement à Sousse.
« L'attribution à la compagnie du gisement d'Aïn Moularès doit enfin, à notre avis, avoir un heureux résultat au point de vue du marché des phosphates ; on pouvait redouter que la mise en exploitation à brève échéance, de plusieurs mines nouvelles en Tunisie n'entraînât une surproduction qui eût
déprimé les cours. L'exploitation de Hoularès notamment élail susceptible d'avoir à ce point de vue une influence prépondérante en fournissant à elle seule un tonnage élevé. La situation se trouve modifiée par le fait que cette mine a été concédée à notre compagnie qui en possède déjà d'autres en pleine produclion, tout en observant exactement les conditions de son cahier des charges, nous pourrons éviter de désorganiser le niarciir par un développement trop rapide ; nous sommes convaincue néanmoins que grâce à l'accroissement constant de la consommation, nos nouvelles exploitations atteindront au bout de peu d'années un tonnage important*. »
D'aillours une convention conclue le 20 mars 1906 entre le gouvernement tunisien et la compagnie de Gafsa donne à celleci le droit de raccorder à ses frais la ligne de Metlaoui au Rcdeyeff par l'oued Tabcddid à la ligne de Sousse à Thenchir Sountir (embranchement de 20 km.) et d'extraire des gisements de la concession de Gafsa les tonnages de phosphates que la convention de 1905 l'obligeait à exporter d'Aïn Moularès, par la ligne de rhenclûr Souatir à Sousse : cette nouvelle convention, en permettant à la compagnie de retarder la mise en exploita Uon de la concession d'Aïn Moularès et de concentrer iur un môme point ses travaux d'extraction, rend sa position plus avantageuse encore, tout en réservant au chemin de fer et au port de Sousse le trafic que leur assurait la concession (les gisements d'Aïn Moularès et du Dj. Mrata -.
1. nnfiftorta, Qic, p. 8-10; lOiKÎ, p. 5, î). La Compagnie compte oxtrain^ do sc's frisj^nn nts» en UH)S, si elle s(» procure facilement la main-d'œuvre nécessaire, tlTNj.fKKi tonnes de [)hosphate, dont 200.000 provenant du Rcdeyeiï. — La consommation ne cesse de se développer, non seulement en Europe, mais en Amérique et au Japon.
-^. lloftporlSj etc., lîH)5, {). 28 et 130. Cette convention prévoit que rembrancljetuent de l'oued Tabeddid à l'hcnchir Souatirpourrait être gratuitement repius )ïar rÈtat Tunisien si celui-ci usait de son droit de rachat de la ligne de Sfa\ à Metlaoui (à partir de 1030) ; l'État pourrait de môme reprendre en VXS, u îV^pî ration de la concession de Gafsa, la partie de la ligne comprise entre Mclbtoui et l'oued Tabeddid. En revanche la convention porte de *3j.f«J0 à njl HKrancs le chiffre de re:!ette kilométrique à partir duquel la Compagnie devrii doubler la voie de Sfax à Metlaoui.
Enfin la région comprise entre Gafsa et Gabès s'ouvre également à Tactivité des colons. Il est question notamment d'exploiter des gisements de phosphates et de manganèse dans cette partie du sud de la Tunisie et le gouvernement de la Régence a inscrit au programme des grands travaux de 1906 un crédit de 5.000.000 de fr. pour l'établissement à Gabès d'un port en eau profonde qu'il n'hésiterait pas à construire en même temps qu'une ligne de chemin de fer, si de nouvelles exploitations minières pouvaient être concédées dans le pays.
Ainsi la prospérité industrielle de la région de Gafsa se trouve assurée pour de longues années : l'exploitation de gisements du Seldja, celle, toute prochaine, des gisements du Redeyeff et d'Aïn Moularès, assurent au pays l'exportation abondante de produits qui ne sont pa^ sujets à souffrir des variations climatiques; elles fournissent des salaires qui suffisent à la subsistance de toute une main-d'œuvre nouvelle et profitent dans une certaine mesure aux agriculteurs et aux marchands gafsiens, fournisseurs naturels des populations campées autour des mines.
Le chemin de fer de Sfax à Metlaoui, bientôt prolongé jusqu'au Redeyeff et à Tozeur, traverse le pays gafsien dans toute sa largeur. Il met la région en communication rapide avec la mer, procure à ses produits une voie de sortie sûre et peu coûteuse et rend facile sa pénétration économique. Dans un an, la ligne de Sousse à Thenchir Souatir et à l'Oued Tabeddîd ouvrira dans les mêmes conditions le nord-est du pays gaisien au commerce, à l'industrie et à la colonisation et rattachera directement Gafsa à Kairouan, la ville sainte, et à Tunis la capitale de la Régence.
Non seulement les antiques cultures des oasis et les trou-