‹ La Capsa ancienne: la Gafsa moderneChapitre 88 sur 133 · CL^uJG^u^, op. t*7., p · texte numérisé non relu

CL^uJG^u^, op. t*7., p

LA POPULATION. lui

D'ailleurs, des ateliers de taille et des silex travaillés de toutes les époques, mêlés à des rognons intacts, ont été trouvés en grand nombre dans la plupart des ravins du dj. Orbata jusqu*à Lalla, aux environs d'El-Guettar et du Bir Marbot, au Saad el-Hamra, à Keroua, à loucd Besbès, à Oum Âli, Zelloudja, Hehamla; àBou Amran, El-Ayaïcha, El-Hajey, où l'industrie s'est perpétuée jusqu'à nos jours (pierres à fusil) ; à Ouderef, à El-Hamma et jusqu'à Gabès, au dj. Tebagua, à l'oued Akarit, à l'oued Melah; et principalement à Gourbata, au sud de Garsa, et au Djcrid. Hais au nord de Gafsa les ateliers sont de moins en moins importants et les pièces de moins en moins nombreuses à mesure que Ton s'avance vers Kairouan : on a relevé des ateliers au dj. Bou Hedma, à Sidi Aich, au Foum el-Maïla, et quelques pièces isolées dans les bleds de l'oued El-Hallouf K

Or l'ensemble de ces établissements paléolithiques et néolithiques correspond presque exactement à l'aire de répartition de celui des types ethniques de la Tunisie que l'on considère comme le plus ancien : le type djeridien. Cette race, absolument pure à Tozeur et àNefta, est encore très reconnaissable à Gafsa, elle devient de moins en moins dense et de moins en moins pure vers le nord, et les individus isolés disparaissent presque en même temps que les derniers vestiges de l'industrie préhistorique. Cette coïncidence permet de considérer les Berbères du type djeridien comme les descendants de la race primitive qui taillait la pierre dans le sud de la Tunisie, race unique à laquelle sont venus se mêler plus tard des envahisseurs plus civilisés^.

1. Ibid., p. 24 et sq. — M. Collignon explique l'absence d'inslrumonls {\i^ pierre polie par le manque de roches polissoires, et leur inuïiUti; relative dans un pays où le seul arbre véritable est le palmier, où les iruîijLrènes n'avalent à tailler ni grosses charpentes ni bateaux, où les habitations iiermaneïiies devaient être en torchis. Collignon, op. cit., p. 23.

2. Collignon, Étude sur l'ethnographie générale de la Tunisie, Huit, gvogr* com. tr. hist. et se, y 1886, p. 224. — Un groupe ethnique important :ilisolun>ent semblable à celui du Djerid, mais séparé de lui par des aggloniéraiioiii cùïiï-

132 LA GAFS4 ANClENiNK ET MODERNE.

Ce type berbère du Djerid est de grande taille : la taille moyenne des Ksouriens de Tozeur est de l'",691, celle des gens deNeftade 1"',683; àGafsaoùlesindîvidus de cette race forment une bonne partie delà population, elle atteint encore t",679, dépassant de 17''™ la moyenne des sédentaires de la Tunisie. Ce type a exercé une influence dans les régions montagneuses voisines, où il a pu résister facilement aux invasions postérieures : la taille moyenne est de l^jCTG à El-Oudiane, l'^jôSS au Nefzaoua, r',691 à Bou Amrane, I^'JIG à Chebika'. « Les Djeridis, écrit M. Collignon, ont le corps haut, mince, pour ne pas dire maigre, les épaules larges et carrées des statues égyptiennoî*, le thorax alTectant la forme d'un tronc de cône remarquablement étroit au niveau du bassin, les hanches fortes, les extrémités plutôt grandes, les avant-bras relativement courts. La maigreur de celte race peut être attribuée au climat réellement accablant du Djerid et à un vieux fonds d'anémie palustre ^ »

La couleur est brune, presque mulâtre, le crâne est nettement dolichocéphale à Nefta (72,88), à Tozeur (73,62), à El- Oudiane (74,23), et à Gafsa même (7i,45)^. Le front est bas et fuyant. *< De face, la figure frappe par sa hauteur et son étroilesse, ÏA' front est étroit, les yeux sont noirs et enfoncés, grands, bien ouverts, les pommettes sont saillantes, la bouche, graûde, est garnie de lèvres fortes, les dents sont ordinairement laides.

pacloj? de types différents, a été étudié en Kroumirie, par M. le D' Berlliolon {H. iuH., lw)5) : on doit, somble-t-il, en attribuer l'origine à une invasion rêc(>nii^ di^ Djerid iens.

l. CouHKNON, op. cit., j). '2()S. — Les tailles indiquées sont les moyennes des nïi^urca prises sur G3 soldats du l' tirailleurs originaires de Tozeur, 10 de Nefta, ;'!> de ^iafsii, 20 d'El-Oudiane, 7 du Nefzaoua, G de Bou Amrane, 3 de Chebika.

i. CoLuiiSOX, op. cil.j p. Ijll.

'.i. CoLi.irAON, op. cil., p. 213-'2l5. Les indices céphaliques que nous donnons sont tes moyennes des mesures prises sur 10 individus à Nefta, 60 à Tozeur, 33 à El'Oudiane, 3U h Gafsa (soldats du 4' t irai lie ui*s). L'indice céphalique est le rapport entre le diamètre transversal et le diamètre antéropostérieur de la f^ce. Les indices 72, 73, 74 sont ceux des dolichocéphales; 75, 76, 77, 78 ceux des mégalocéphales ; 70, 80, 81, ceux des brachjcéphales.

très sujettes à la carie, les oreilles très grandes et écartées de la tête «. »

Le type est très mésorhinien à Nefta (indice nasal : 79^81), à Chebika (78,25), El-Oudiane (76,83), à Tozeur (75,50). Mais à Gafsa, carrefour d'invasions et gîte d'étapes, Tinfluence de croisements postérieurs a atténué la mésorhinie de la race primitive, Tindice nasal n'est que 71,71. Néanmoins des individus très purs se rencontrent à Gafsa, et même dans les oasis où les croisements ont été plus nombreux encore : à El-Ksar, àLalla, à El-Guettar^.

Géographiquement, ces populations correspondent approximativement aux Gétules des anciens.

Antbropologiquement elles se rapprochent de la race européenne de Canstadt et de NéanderthaP, et, comme elle, datent du début de l'époque quaternaire, ainsi que l'indique la position des ateliers chelléens dans les terrains quaternaires les plus inférieurs. Toutefois il est impossible de définir les rapports que ces deux groupements humains si éloigni s ont pu avoir entre eux.

Hais il existe des affinités qui paraissent irréfutables entre les Djeridis, les tribus sahariennes et les population!^ claires, peu métissées de sang nègre, du Sénégal, du Soudan et de TAbyS' sinie : Maures, Peuhls, Abyssins et Somalis^.

D'ailleurs M. Collignon fut frappe d'une grande ressemblance entre les Djeridis et certaines statues égyptiennes, principalement le prisonnier kouschite du monument d'Amenophis III au Louvre. Il rappelle la parenté biblique étroite entre les Kouschites (Kusch) et les Libyens (Lehabim), issus de

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