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i8 LA GAFSA ANCIENNE ET MODERNE.
Cependant un aspect général assez net se dégage de Tenchevétrement des chaînes, des dômes, des gorges profondes et des vallonnements : le pays est formé d'une série de hautes plaines, cerclées de montagoes, communiquant entre elles par des gorges profondes, et descendant progressivement, en marches successives, de Fériana à Gafsa et au chott Rharsa; Chacune forme un bled, « un pays ».
La haute plaine de Toued Oum el-Ksob commence au pied du plateau de Msila (893) et de Fériana (801 m.), descend en pente douce jusqu'au dj. Nadour (752 m.) qui la sépare en deux cantons de grandeur égale, et conduit au lit desséché de Toued Oum el-Ksob, les thalwegs arides de ses affluents. Elle a 720 mètres encore à THenchir Saf, ^52 mètres seulement au Bir Mekkidès. Au sud-ouest, sur la rive droite de Foued Oum el-Ksob, elle se heurte à la longue et haute muraille des dj. Serraguia, Jellabia (i .000 m.) et Gafsa (885 m.) qui roulent leurs torrents jusqu'à Toued et forment une double terrasse au voisinage de TAïn Guettar; elle s'enfonce par la vallée de loued Lesfer jusqu'au dj. Bou Ramli. Au nord-est, elle s'arrête à l'oued Fériana et au dj. Sidi Aïch (1.089 m.) : au delà commencent d'autres plateaux.
L'oued Sidi Aïch marque la limite orientale de la plaine de rOum Ksob. Sur sa rive gauche commencent la garaat Sidi Aïch, puis le bled Souenia qui s'enfonce aux creux du dj. Souenia (680 m.), du dj. Hajorah, et communique par des routes faciles avec les plaines semblables du nord et de l'ouest.
Au sud du bled Souenia, séparé de lui par d'épaisses dunes de sable, s'étend le bled El-Hamra jusqu'au dj. Goussah, et aux dj. Biadah et Orbata (1.170 m.), i)eaucoup plus élevés et plus à pic que les chaînes plus septentrionales.
Cette haute muraille de TOrbata et du Biadah prolongée, au sud du bled Haknassy, vers l'est, par le dj. Bou Bellel et le dj. Bou Hedma, marque la limite septentrionale d'un inextricable chaos de montagnes et de roches, de collines pierreuses, sillonnées d*érosions profondes, de précipices abrupts, où s'en-
gorgent les vallées encaissées qui descendent vers le long couloir du bled Thala et la Sebkba en-Nouall : ravins de Sakket et de Sened, presque inabordables, même pour les piétons ^ sentiers de Mech, de Bon Hedma, d'El-Hafay, d'EUAyalcha, de Bou Amrane. Le dj. £1-Ayaïcba, composé de plusieurs murailles parallèles séparées les unes des autres par des crevasses très profondes^, est la limite méridionale de ce massif tourmenté, pays des embuscades et des surprises, et domine de toute sa hauteur la grande et basse plaine de Segui (79 m.) qui s'étend jusqu'au Cherb et sert de route naturelle entre Gafsa et Gabès. En effet par le seuil de Bir Harbot, entre le dj. Ayaïcha et le dj. Berda, le chemin gagne la dépression occupée par le bled Atra et la Sebkha d'El-Guettar, au pied de l'Orbata, et la vallée de Toued Baïach où s'élève Gafea.
C'est par l'étroite vallée de l'oued Baïach, formée de l'oued Sidi Aich et de l'oued Oum el-Ksob et creusée à travers le calcaire de la chaîne secondaire, que la haute plaine de l'Oum e1- Ksob, dont nous parlions tout à l'heure, communique avec le pays situé au sud de Gafsa. La descente est rapide : entre le Bir Mekkidès (khi m.) au nord, et le bled Cheria (20i m.) au sud, la différence d'altitude est de UO mètres, le niveau de l'oued Baïach baisse de 175 mètres (370 m. à 174^) en 25 kilomètres. La plaine quaternaire et sablonneuse de Cheria est à peu près exactement limitée par les lits de Foued Baïach et de l'oued Helah et parla garaat El-Oglat; au delà de ces thalwegs commencent les premières terrasses, tertiaires et secondaires, du dj. Rosfa, du Jellabia (i^lO) et du dj. Tfel (800) ' .
Par un passage assez étroit, connu sous le nom de Gourbata (137 m.), le lit de l'oued Baïach et de l'oued Helah réunis s'engage dans le bled Tarfaoui, vaste plaine qui descend jusqu'au