Voir chapitre IV, section
coup voyagé en France : après avoir vainement tenté de former des milices rurales, il s’avisa donc d'établir dans le pays qu’il était censé administrer des gendarmes à la facon française, en leur donnant l’uniforme, la solde et le rôle des gendarmes impériaux. L'idée n'était pas si mauvaise : et, ce qui le montre, c’est que Napoléon n'allait point tarder à envoyer lui-même dans les pays de guérillas des escadrons de gendarmerie régulière, qui devaient y rendre de grands services.
Le commissaire royal se mit donc en devoir, vers le mois de juin 1809, de former trois compagnies, dont deux à cheval et une à pied. Mais la difficulté était de les bien recruter. Or, il ne se présenta pour entrer dans la gendarmerie nouvelle que des « mauvais sujets », les uns Catalans, les autres Français des pays frontières, mais tous plus aptes à pratiquer le brigandage qu'à le réprimer. C’étaient des réfractaires, des vagabonds, des contrebandiers de profession, qu’attiraient pour quelque temps l’appât d’une fsolde régulière ou l'espoir de se procurer des armes à bon compte. Les gendarmes du commissaire royal nous sont signalés tantôt comme vexant les habitants qu'ils auraient dû protéger, tantôt comme escortant sans vergogne des voitures chargées de denrées prohibées. «Ils s’en retournaient presque aussi vite qu'ils entraient »; et, ajoutait Pelletier, « le commissaire royal n’a jamais connu la force du corps qu'il avait formé! ». En novembre 1809, l’ordonnateur Rey forçait Garriga à expulser d'un coup de sa gendarmerie une trentaine d’individus?; l'attention du maréchal Augereau venait d’être
1. Sur la gendarmerie de Garriga, Comipte-rendn par Pelletier, secrétaire : de la Commission administrative, Arch. G. (14 février 4811) : Renseignements sur Barcelone, 2 partie, Arch. nat:, F7 6554; Notes sur la Catalogne (du général Pino), 41 janvier 1810, Arch. nat., AF1iv 1695 : cf. les considérants d'un arrêté de Macdonald, Girone, 8 juillet 1810, Arch. G. : un arrêté de Decaen, Girone, 16 décembre 4811, Arch. G. (suppression et réorganisation sous le nom de guides calalans.)
2. L'ordonnateur Rey à Augereau, Figuières, 30 novembre 1809, Arch, G.
attirée sur les gendarmes du commissaire royal par une lettre du préfet des Pyrénées-Orientales, qui écrivait le 14 novembre : « de profite de cette circonstance, monsieur le Maréchal, pour vous faire rappeler la note qui vous fut remise par M. le général Augier, au sujet de l’uniforme adopté par la gendarmerie organisée à Figuières par M. Garriga, commissaire royal de Sa Majesté Catholique. Cet uniforme est le même que celui de la gendarmerie impériale. Celle-ci voit avec peine que son uniforme soit porté par des hommes qui ont été flétris par les tribunaux et qui, en France, seraient arrêtés pour être conduits dans un des bagnes de l'Empire‘... »
En arrivant dans l’'Ampurdan, Augereau ne put donc faire grand fond sur le corps créé par le commissaire royal pour pacifier la Haute-Catalogne. Or, tout en comptant sur « la connaissance... des troupes et des localités » que le maréchal était censé avoir acquise au cours des guerres de la Révolution, le ministre de la Guerre n'avait pas eru devoir laisser le duc de Castiglione partir sans avoir reçu quelques bons conseils. Il avait donc remis à ce dernier une « instruction » qui contenait les « idées générales » du ministre ou de ses bureaux sur les moyens de pacifier la Catalogne, en même temps que sur les opérations à entreprendre?. Ces « idées générales » étaient
1. Le général Martin, préfet des Pyrénées-Orientales, à Augcreau, Perpionan, 14 novembre 1809, Arch. G. Le général Augier commandait le département.
2. Instruction pour le commandant du 7 corps, jointe à une lettre de Clarke à Augereau, 17 juin 1809, Arch. nat., AFrv 1621 : « Le témoignage de confiance », est-il dit dans la lettre d'envoi, « que V. E. reçoit de S. M. I. en cette occasion, les services importants que vous avez déjà rendus à l'Etat, la connaissance que vous avez des troupes et des localités, tout engage à penser que ce commandement ne pouvait être remis en meilleures mains et-que V. E. justifiera entièrement le choix de l'Empereur... » Augereau s'était en effet acquis « une réputation brillante à l’armée des Pyrénées-Orientales », comme le lui écrivait le Directoire le 29 floréal an IV. Il y avait servi depuis le 27 sept. 1793 comme adjudant-général chef de brigade, et y était devenu, le 3 nivôse an Il, général de division. (Arch. adm. de la G.). Sur ses victoires, voir notamment Chuquet, Dugomimier, p. 197-198, 255 sq., 315 sq., 393 sq., etc.
d’ailleurs à peu près celles que Gquvion-Saint-Cyr accueillait si fraîchement, en ce même mois de juin 1809.
Clarke attirait l'attention du maréchal sur les excès que les troupes avaient commis en Catalogne et dont le ministère commençait à être informé : « Il paraît constaté, d’après tous les rapports parvenus au ministre, que les troupes ont commis en Catalogne des excès. de tout genre, et que les Italiens surtout se sont extrêmement mal conduits. Ce n’est pas avec de tels procédés qu’on parvient à soumettre un peuple fanatique à l'excès, féroce quand il est excité et ardent à la vengeance. Il en est résulté que les habitants mêmes qui ne nous font pas la guerre fuient à l’approche de nos troupes, abandonnent leurs maisons, emportent leurs effets, et nous ôtent les moyens de vivre. Pour remédier à cela, il devient nécessaire d'établir la discipline la plus sévère dans cette armée, et de surveiller particulièrement les Italiens pour en faire, en temps et lieu, des exemples propres à faire impression ». Tout cela était à coup sûr fort raisonnable, mais ne pouvait donner de résultat qu'avec le temps. Le ministre recommandait encore comme particulièrement efficace la formation des gardes nationales, ce qui avait, paraît-il, réussi ailleurs : « Les Asturies sont restées tranquilles, malgré qu'elles fussent excitées par la présence de La Romana; la Biscaye continue à l'être. Des gardes nationales s’y sont organisées sur les côtes, et, dans quelques endroits, elles ont mis du zèle à repousser les débarquements des Anglais : de tels exemples doivent être cités et répandus; et l’on doit s’attacher à faire sentir aux habitants tous les avantages qui résultent pour eux de cette manière d'agir. »
Le ministre recommandait également l'emploi des colonnes mobiles : « Pour assurer encore d’une manière plus efficace la tranquillité du pays, il sera convenable de le faire parcourir fréquemment par des colonnes mobiles assez fortes pour n'avoir rien à craindre, et commandées
surtout par des officiers d’un grand choix pour la moralité, la fermeté et l'intelligence. » Enfin le ministre indiquait que, dans les rapports avec les habitants, il fallait savoir employer la rigueur, mais aussi la persuasion et la justice, et gagner les Catalans par un mélange habile de fermeté et de mesures protectrices : « L'esprit qui règne parmi leS habitants de la Catalogne rend également nécessaire d'apporter tout le soin possible à Y établir la tranquillité. On pourrait rendre dans chaque commune un certain nombre d'individus, parmi les plus notables, responsables de la conduite des autres, et en cas d'événements les faire arrêter pour servir d’otages. Il faudrait en même temps écarter avec soin ceux qui sont reconnus pour des boutefeux et les envoyer en France pour en purger le pays. On donnerait à ces communes l'assurance la plus formelle de faire respecter les propriétés, et des punitions exemplaires faites à propos, dans le cas où cette promesse serait violée, devront produire les mêmes effets que ce système a déjà obtenus en Navarre, en Biscaye, etc... À ces mesures, il conviendra toujours de joindre celles de la persuasion et de lexemple, Il faut répandre et propager avec soin les nouvelles des provinces d'Espagne qui ont assuré leur tranquillité par leur soumission et leur obéissance aux lois ».
Persuadé, selon toute apparence, que les Catalans seraient bien vite ramenés par son éloquence, son esprit de fermeté et de justice impartiale, Augereau s'était mis en devoir, pendant son séjour à Perpignan, de gagner les habitants de l’'Ampurdan par des proclamations grandiloquentes, où il exécutait des variations, toujours sur le même thème : en cas de soumission, l'Empereur comblerait les Catalans de ses bontés, et ils pourraient compter sur la bienveillance du maréchal; mais la persistance delarébellion attirerait sur eux les plus rigoureux châtiments'. Les pro-
1. Les rapports d'Augereau, de septembre 1809 à avril 4810, sont toujours pleins de l'espoir de la prompte soumission des habitants (Arch. nat.
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elamations du maréchal amusèrent fort les plaisants du 7° corps et ne firent pas grand effet sur les Catalans : la première fut mème spécialement mal reçue, s’il en faut croire le médisant Gouvion-Saint-Cyr : « Le maréchal avait fait en 1794 une guerre heureuse dans cette province et se flattait de posséder la confiance de ses habitants. Avant d’avoir, selon les formes usitées, pris possession de son commandement, il adressa, Le 2 juillet, aux Catalans, une proclamation sur laquelle il comptait beaucoup pour les amener à reconnaître la nouvelle dynastie qu'on leur imposait; il envoya afficher cette proclamation dans les villages de la Catalogne par des gens appuyés d’un détaehement équivalent à un bataillon; mais, le 6 juillet, à peine parvenu à la frontière, ce détachement fut mis en déroute, vers San-Llorens de la Muga, par des troupes du colonel Porta, avant d’avoir pu afficher trois proclamations: et le reste de la troupe parvint, avec peine, à regagner Perpignan, pour rendre compte au maréchal de l’irrévérence avec laquelle on avait reçu sa proclamation »*.
Aussi, lorsque le maréchal eut pris en personne le commandement du 7 corps, vers la fin de septembre, dut-il, comme Duhesme, se présenter d’abord aux Catalans plutôt en justicier qu’en bienfaiteur; et dans les proclamations qu’il fit alors ilne put montrer seulement dela clémence et de lamagnanimité : « Catalans'!Je vous avais promisjustice et sûreté! Je vous ai tenu parole : tous ceux de vos concitoyens qui sont rentrés dans leurs foyers et qui sont restés tranquilles ont été protégés par l’armée francaise. Mais ceux qui se sont armés contre nous ont trouvé une punition sévère. Catalans, je vous le répète, rentrez dans
AFtv 1621 et 1625). Sur les proclamations du maréchal et l'effet produit, Compte-rendu par l'adjudant-commandant Carrion-Nisas. Arch. nat. AFrv 1623. Texte de la première de ces proclamations (Perpignan, 2 juillet 4809) inséré au Diario de Barcelona du 20 juillet ; de même la proclamation du 41 novembre 1809 fut insérée au Diario du 28 novembre suivant.
1, Gouvion-Saint-Gyr, Journal de l'armée de Catalogne, p. 209-210.
vos foyers, le jour de la clémence est passé. Jetez vos regards sur la ville d'Hostalrich, elle fume encore. Le feu a été mis à toutes les maisons où l’on a trouvé-des habitants qui se défendaient et les hommes armés ont été fusillés. L'armée française n’allait point pour combattre, mais bien pour porter des paroles de paix... Que cet exemple terrible et juste fasse trembler les méchants. Le jour de la justice est enfin arrivé. Ainsi toute ville et village qui à avenir fera feu à l’approche des troupes françaises, les maisons de ceux qui seront trouvés armés seront brûlées et les hommes fusillés. Catalans, résister sans espoir, c’est périr sans honneur »’, Les Catalans mettaient précisément leur « honneur » à « résister sans espoir ».
Comme au temps de Saint-Cyr, la plupart des villages et des bourgs se vidaient à l'approche des troupes? ; et, quand par hasard les habitants rentraient, on ne pouvait se faire grande illusion sur leurs sentiments : « Les habitants des villages rentrent presque tous », écrivait Souham au maréchal peu après la prise de Girone; « je présume que ces hommes, qui ont l’air de véritables miquelets ou somatènes, ne peuvent être que de la bande de Clarés el Rovira »°. Pour rétablir l’ordre, le maréchal était obligé de compter beaucoup plus sur les colonnes mobiles que sur les gardes nationales : « J'ai aussi organisé des colonnes mobiles de cent et de cinquante hommes, commandées par des officiers actifs ou des sous-officiers, qui sont chargées de purger le brigandage, qui existe dans l’Ampurdan; déjà elles ont eu du succès et ont fait beaucoup
1. Proclamation d’Augereau, au quartier-général (Fornells). le 41 novembre 1809, imp., en français et en catalan, Arch. G. (sous la date du 9 novembre 1809) : « Augereau, maréchal d'Empire, duc de Castiglione, grand-aigle de la Légion d'honneur, dignitaire de l’ordre de la Couronne de Fer, grand-cordon de l'Ordre de Charles Il, commandant en chef de l’armée de Catalogne, aux habitants de la Catalogne :... » Carrion-Nisas n'avait point tort, dans son Compte-rendu, de se moquer dustyle du « bon et respectable duc de Castiglione ».
2. Augereau à Clarke, Fornells, 1e° décembre 1809, Arch. nat., AF1v 1621. 3. Souham à Augereau, Olot, 26 décembre 1809, Arch. G.
d’arrestations.. Il n’y a plus que quelques voleurs dans les bois, mes colonnes en feront justice »'. La rigueur restait en somme le seul procédé praticable, et les menaces n’assuraient la tranquillité qu'à condition d’être exécutées, comme l'indiquait Souham dans la lettre déjà citée : « Notre apparition a fait le meilleur effet, ainsi que la proclamation de Votre Excellence, puisqu'on leur à tenu parole en accrochant aux balcons des maisons et aux arbres sur les routes ceux de ces brigands pris les armes à la main. » Et en effet Le maréchal, après la prise de Girone, avait prévenu les « brigands » de ce qui les attendait : « Tout homme pris les armes à la main vingt-quatre heures après la publication de la présente proclamation sera pendu sans autre forme de procès comme voleur de grand chemin; la maison où il fera résistance sera brûlée, tout y subira le même sort »*. Quelques jours après, le chef d'état-major Rey écrivait au duc de Castiglione dans son rapport quotidien : « Le paysan qui sortait de Girone avec des cartouches a été pendu cet après-midi, deux déserteurs de La Tour-d’Auvergne ont été fusillés »°. Comment les Catalans eussent-ils pu douter encore que « le jour de la justice » n’eût succédé au « jour de la clémence » ?
Dans le plat pays, on employait donc sous Augereau la méthode de Duhesme : brüler les maisons d’où partaient les coups de feu, exécuter les « brigands », réprimer et non prévenir, parce qu'on ne pouvait prévenir sans une force de police disciplinée, régulière et sérieuse. Par les rigueurs sommaires, les pendaisons, les incendies, on obtenait peut-être plus de tranquillité apparente qu’en
1. Augereau à Clarke, Fornells, 1er décembre 4809, Arch. nat, AFiv 1621. Sur les rigueurs d’Augereau, cf. Toreno, Historia del levantamiento, guerra y revoluciün de España, t. IL, p. 60.
2. Proclamation d'Augereau, s. d. (milieu de décembre 4809 : la prise
de Girone y est présentée comme toute récente), envoyée à Clarke de Fornells, le 28 décembre 1809 (Arch. G., sous cette date).
3. Rey à Augereau, Fornells, 3 janvier 1810, Arch. G. On pourrait multiplier les citations de cette nature, entre octobre 4809 et mars 4840.
exhibant des uniformes de gendarmes, mais on s’aliénait les habitants aussi sûrement qu’en mettant leur liberté, leurs biens et leur vie entre les mains d’un Casanova : Augereau ne faisait pas mieux que Duhesme, et peut-être faisait-il pis encore.
Dans l’Ampurdan comme à Barcelone, le système qu’on était réduit à employer pour imposer aux habitants un semblant de soumission, pour garantir la sécurité des soldats et la conservation des points occupés élait en somme le système des menaces perpétuelles, des prescriptions vexatoires et des rigueurs qui s’exerçaient forcément à peu près au hasard. Mais du moins, dans l’Ampurdan, ces rigueurs n’étaient-elles point exercées comme à Barcelone par l'intermédiaire et avec le concours d’un individu méprisable, parti de rien, arrivé en peu de temps à une situation considérable et à la fortune par l'impudence, le crime et la fourberie. Il ne fallait point demander aux plus calmes des Barcelonais d'apprécier la valeur théorique, l'utilité incontestable en temps ordinaire d’une police hiérarchisée, disciplinée, spécialisée, alors que celle qu’ils voyaient à l'œuvre dans leur ville n'avait été organisée que contre eux : le rôle de cette police n’avait jamais été de les protéger dans leurs personnes et dans leurs biens, mais toujours de les espionner, de les arrêter et de les contenir. Elle avait empiété sans cesse sur les institutions existantes, annihilé les juridictions ordinaires, déjà si atteintes par le fonctionnement des commissions militaires, et privé PAyuntamiento des attributions que Philippe V lui-même avait cru devoir laisser à ce corps, héritier au moins apparent de l’antique Conseil des Cent. Elle avait inspiré les actes les plus rigoureux de l'autorité militaire, collaboré à l'oppression fiscale, et montré un zèle odieux lors de la répression de la conspiration de mai 1809.
Pour ceux qui s'étaient servis d’elle, la police de Barcelone avait peut-être été une « bonne police », comme on l’écrivit plus tard, puisqu'elle avait rempli son rôle essentiel, et avait protégé l’armée contre les habitants. Mais pour ceux qui ne l'avaient connue que par ses rigueurs, ses exactions, ses empiètements et ses excès, elle avait été simplement un « brigandage organisé »‘. A son point de vue, tout français, tout impérial, Duhesme (qui ignorait d’ailleurs les faits matériels les plus graves dont on pouvait charger l'institution créée par lui) était fondé à se féliciter d’avoir institué ce corps, « sentinelle du gouvernement », « appui de la sûreté générale », « terreur des conspirateurs et des malintentionnés ». Mais il était fâcheux pour le général, et désastreux pour la réussite des projets de l'Empereur sur la Catalogne, que le gouvernement improvisé eût été obligé de mettre sa confiance dans une troupe recrutée à peu près à l'aventure, de prendre et de garder comme instrument et souvent comme inspirateur un aventurier cupide et effronté, un jouisseur ambitieux et criminel. Il n’était pas moins désastreux pour l'avenir que les seules lois françaises appliquées aux Catalans par les généraux eussent été précisément celles que le « législateur » avait forgées pour comprimer des vaincus.
1. La première appréciation, est de Lacombe-Saint-Michel, dans une lettre à Macdonald, Barcelone, 44 juin 4810: Arch. nat., AF1v 469% : « Une bonne police existait à Barcelone ; elle fut à l'instant désorganisée, il serait trop long de vous dire comment ». La seconde est de Beaumont-Brivazac, commissaire général à Barcelone, dans un rapport à Savary, Barcelone, 25 juin 1812, Arch. nat., F7 7014 : « La police n’a été longtemps iei qu'un brigandage organisé, son nom seul épouvante ». D'ailleurs, dans un rapport écrit peu après (à Savary, Barcelone, 30 juin 1812, Arch. nat, F7 6554), Beaumont-Brivazac, tout en déclarant que « le retour » de Casanova « serait une calamité publique », demande qu'on libère deux agents impliqués dans l'affaire Canton : « D’après tout ce qu'on me dit à l'avantage de Morell et d’Aspero, qui ont des talents rares en police et de la probité, je les regrette beaucoup... ». Dans la même lettre, Beaumont-Brivazac dit ce qui suit, intéressant pour la réputation laissée par Casanova : « Le sieur Casanova inspirait la terreur à tout ce qui l’entourait.. Il n'y allait pas moins que de la vie à ne pas exécuter sur-le-champ tout ce qu'il avait conçu. »
Les expressions de Duhesme, citées un peu plus loin, sont tirées du Résumé historique des opérations, Arch. G., première quinzaine de mars 1809.