‹ La captivité de BarceloneChapitre 120 sur 181 · Avis cités, Diario des 10 et 11 janvier · texte numérisé non relu

Avis cités, Diario des 10 et 11 janvier

2. Duhesme entend par là à la fois les bayles, les régidors, et les alcades assesseurs des bayles.

3. Arrêté de Duhesme, Barcelone, 12 janvier 1810, dans le Diario du 15.

daient donc maintenant aux campagnes voisines. À vrai dire, le commissaire général n'avait plus grand’chose à faire à Barcelone. Dans une lettre du 14 novembre, Duhesme constate d’abord que, « malgré les nouvelles certaines de la paix signée avec l’Autriche, l'esprit de révolte et de fanatisme qui a toujours signalé cette province ne baisse pas »; mais il ajoute en contre-partie : « Quant à la ville de Barcelone, tout y est tranquille, et une partie des habitants commence à s'attacher à nous... » Dans une lettre du 4 janvier 1810, le général marquait bien d’ailleurs la valeur de cette tranquillité et de cet attachement : « Barcelone est très tranquille depuis

que j'ai fait pendre les chefs de la conspiration du mois de mai?. » C'était le calme d’une ville dépeuplée et terrorisée.

En dehors de Barcelone et de sa banlieue immédiate, les Français n’eurent pendant un an aucune police organisée. En 1808, dans leurs premières courses aux environs de la ville, Duhesme et ses lieutenants avaient donné l'exemple de brûler les villages d’où on tirait sur les troupes, et de passer par les armes les combattants irréguliers. Au mois d’août 1808, Ezpeleta ayant fait

4. Duhesme à Berthier, Barcelone, Â# novembre 4809, Arch. nat., AFiv 1625.

2. Duhesme à Augereau, Barcelone, 4 janvier 1810 (copie envoyée 1 12 janvier par Augereau à l'Empereur), Arch. nat., AFiv 1695.

». Voir chapitre IT, section vi. C’est le système qui avait été employé notamment le 16 juin 1808 à Matarô, où on avait brûlé plusieurs maisons et mis toute la ville à sac (ce qui n’empêcha point Duhesme d’y frapper une contribution) ; Résumé des opérations militaires, dée. 1808, Arch. nat., AF1iv 1621. Ce document avoue de nombreux faits analogues en juin, juillet, août 1808. Cf. Laffaille, Mémoires sur la campagne, p. 40; Clarke à l'Empereur, 20 mai 1809, Arch. nat., AFrv 1621 ; cf. encore Diario de Barcelona du 13 août, etc.

des représentations au nom de la junte sur cette singulière façon de pacifier le pays, le général « commandant en chef le corps d'armée des Pyrénées-Orientales » avait répondu : « Dans un état de guerre aussi atroce que celui auquel nous avons à faire face, il est difficile d’empêcher le soldat de livrer aux flammes l’édifice où se sont retranchés les bandits : pourtant je veille, dans la mesure du possible, à conserver les maisons, les biens, les granges et en général les fruits de la campagne. J'ai certes donné un grand exemple de modération, quand, trouvant les habitants de Matar6 et des villages entre cette ville et Barcelone sortis de leurs habitations abandonnées et établis dans les montagnes voisines pour s'y réunir aux gens qui fusillaient nos colonnes, je n'ai pas livré ces villages aux flammes, comme les droits de la guerre semblaient m'en faire une loi et un devoir’... » Plus tard, Gouvion-Saint-Cyr eut recours à l’occasion à un autre système, celui de déporter en France des otages ou des gens suspects. Jusqu'au printemps de 1809, on n’employa point d’autres moyens pour essayer d'assurer la tranquillité dans les pays où l'on passait ou dans ceux que l’on occupait de façon stable, c'est-à-dire dans l’Ampurdan.

Mais, parmi les soins que devaient prendre les commissaires royaux, celui de rétablir l’ordre, de châtier les rebelles et de protéger les biens et les personnes des gens paisibles était naturellement mis en première ligne par les instructions de Joseph?. Garriga dut done se mettre en devoir d'assurer, par des procédés plus réguliers et si possible plus efficaces que ceux quon avait employés jusque-là, le maintien de la tranquillité dans les communes voisines de Figuières. Le commissaire royal avait beau-

1. Duhesme à Ezpeleta, Barcelone, 31 août 1808, Arch. mun. Barcel., of. recib., 1808.

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