‹ La captivité de BarceloneChapitre 136 sur 181 · LES ENQUÊTES RÉTROSPECTIVES ET LEURS RÉSULTATS · texte numérisé non relu

LES ENQUÊTES RÉTROSPECTIVES ET LEURS RÉSULTATS

Nous croyons devoir donner ici un aperçu des différentes recherches faites sur l’administration de la Catalogne durant les années 1808 et 1809. Cette étude est la préface nécessaire de tout Jugement critique sur plusieurs des documents que nous avons fréquemment employés, parce qu’elle explique les circonstances de leur rédaction.

Augereau avait fait partir Duhesme et l’avait dénoncé au ministre sans avoir examiné la valeur des plaintes portées contre ce général!. Le maréchal, revenu dans l’Ampurdan, avait créé à Girone (27 février 1810) une commission administrative qui devait originairement « rechercher les moyens de diminuer les charges du peuple sans nuire au Trésor public » ; dépassant ses attributions, cette commission avait déjà fait subir une enquête à Garriga?. Augereau conduisit bientôt la commission à Barcelone*; elle s’y occupa, du 16 au 19 mars, à réunir des

1. « Comment se défendre de l’idée que le maréchal à envoyé sa dénonciation avant que d’avoir recueilli ses preuves? » est-il dit dans le Résultat de l'examen des pièces envoyées par le maréchal duc de Castiglione contre le général Duhesme, s. 1. n. d. (Paris, août 1810 ?), Arch. G. (24 août 1810), pièce rédigée par la section dela Guerre du conseil d'Etat. (Voir plus loin).

2. Arrêté d’Augereau, Girone, 27 février 4810, Arch. G. (création de la commission) ; sur l'enquête relative à Garriga, voir notes des chapitres IV, section 1v ; V, 1x; VI, vi.

3. Les Renseignements sur Barcelone (Arch. nat., F'6554) et le Compterendu par Pelletier, Arch. G., 14 février 1841, placent l’arrivée de la commission à Barcelone le 16 avril, et ils donnent le 27 mars comme date de sa création. Il y a évidemment erreur sur les mois. Augereau revint de

données sur l’administration et les ressources de la Catalogne avant l'insurrection. Mais, le 20, le maréchal la chargea aussi de recevoir les comptes de toutes les autorités qui n’auraient pas été nommées par lui’. Le maréchal entendait surtout par là que la commission devait enquêter sur les actes commis par Duhesme et ses agents?; et ce fut bien ainsi que les commissaires comprirent leur rôle : « La commission, Monseigneur, ne perdra pas un instant ; elle s’occupera jour et nuit du soin de vous faire connaître ces ennemis du gouvernement français, ces hommes qui ne savent vivre que dans l’anarchie et je pillage. Votre commission, pour rendre justice, veut s’entourer de toutes les lumières dont elle a besoin pour connaître les vrais coupables ; elle le doit : ce sont les obligations que vous lui avez imposées*. »

La composition de la commission varia d’ailleurs, et deux de ses membres furent remplacés en avril, quand Augereau repartit pour Girone‘. Fut-elle au début, comme laffirma Duhesme, composée de gens intéressés à le perdre et d’ «auteurs des premières calomnies lancées contre lui ‘ » ? En tout cas, personne n’y montra à aucun moment l’esprit d'ordre et de lucidité qui eût été nécessaire pour pouvoir conduire l’enquête avec méthode et critique. Les membres de la commission

Girone à Barcelone le 16 mars (Rey à Clarke, Barcelone, 26 mars 1810, Arch. G.) et conduisit évidemment la commission avec lui (cf. l'arrêté cité à la note suivante). Les Renseignements et le Compte-rendu suivent sans doute un document fautif.

4. Compte-rendu par Pelletier ; Arrêté d'Augereau, Barcelone, 20 mars 1810, Arch. G.

2. Augereau à Clarke, Barcelone, 9 avril 4840, Arch. G.; et Girone, 17 avril, no 2, Arch. nat., AFrv 1695 ; la commission administrative à Augereau, s. 1. n. d. (Barcelone, fin mars), Arch. G. (31 janvier 4840) ; cf. Renseignements sur Barcelone.

Page 1