Duhesme à Savary, 30 nov
4. Clarke à Andréossy, Paris, 20 juin 1810 (Arch. adm. de la G., dossier Duhesme). k
5. Clarke à Macdonald, 43 juillet 1810, Arch. G.; Clarke à l'Empereur, 28 août 1841 (Arch. adm. de la G., dossier Carrion-Nisas).
6. Instructions pour M. l’adjudant-commandant Carrion-Nisas, du 13 juillet 1810, Arch. G. ; Clarke à Macdonald, 13 juillet : « Sa mission étant plus particulièrement relative à ce qui s’est passé en Catalogne avant l'arrivée de V. E... » Sur la vie et plus spécialement sur la mission de Carrion- Nisas en Catalogne, voir l’art. de M..G. de Grandmaison, Revue des Questions historiques, t. 62, p. 466-485.
7. Les « instructions » mettaient les deux généraux sur le même rang comme « se trouvant fortement impliqués dans des accusations de concession et d'abus de tout genre... » Dès son arrivée à Girone, Carrion-Nisas (à Clarke, Girone, 2 août 1810, Arch. nat., AFrv 1625) mit hors de cause « l'honnête » Chabran, qui était en congé pour raison de santé depuis le [1 mai. Mais, dans un des interrogatoires, Casanova avait déclaré « qu'il avait entendu dire que le général Chabran avait fait élargir moyennant un sacrifice de 4 à 500 piastres le nommé Bayona, condamné à la détention pour avoir pris part à une conspiration contre l’armée française ». Chabran ayant sollicité sur ces entrefaites une prolongation de congé, Clarke répondit en lui notifiant sa mise en réforme, le 27 sept. 1810. Trois ans plus tard, Clarke rappelait à l'Empereur que la cause essentielle en avait
fut invité à fournir par écrit des explications détaillées sur différents points relatifs à son administration financière; les différentes demandes du ministre reçurent rapidement réponses étendues et précises *.
Les rapports de Carrion-Nisas et les pièces qu’il envoya concentrèrent l'attention du ministre sur les actes de Casanova et de Lechi?. L’adjudant-commandant ne reprocha à Duhesme que des « excès » sans les préciser, et une vie privée peu décente. Il y eut juste dans ses rapports le nécessaire pour créer uneimpression défavorable sur Duhesme, nonde quoil’impliquer dans l'affaire Canton*. Vers la fin d'août 1810, la section de la Guerre du conseil d'Etat envoya au ministre un mémoire dont la conclusion disait : « Dans cet état de choses, une enquête serait superflue, et l’on doit à la vérité de déclarer qu'il n’y a pas lieu à accusation contre le général Duhesme *. »
Mais le ministre, qui semble avoir été en termes amicaux avec Augereau, ne voulait-il point donner tort au maréchal ? Etait-
été l’assertion de Casanova, et, le 46 mai 1813, Chabran était admis à la soldé de retraite. Sous la Restauration, Chabran prétendait avoir été disgrâcié pour les égards qu'il avait eus à Barcelone pour le prince de Conti, et la duchesse de Bourbon (qui y vivaient dans une profonde retraite en 1808). Il fut remis en activité de 1814 à 1817 ; son décès survint à Avignon en 1843: (tout cela d’après les différentes pièces du dossier Chabran, Arch. adm. de la G.).
1. Clarke à Duhesme, Paris, 28 juillet 1810, Arch. G. ; Tableau des contributions levées par ordre du général Duhesme, ‘Did. (28 juillet) : Mémoire abrégé du général Duhesme, ibid. (28 juillet).
2. C’est en effet le 2 août 1810 que Carrion-Nisas envoya de Girone le Rapport de la commission administrative sur la conduite de Casanova (Arch. nat., AF1iv 1625). La lettre d'envoi parlait des excès de Duhesme sans rien préciser; dans le Compte-rendu d’oct. 1810 (Arch. nat, AFtrv 1625), Carrion-Nisas déclare au contraire que les « excès » avaient été commis par Lechi « pendant les absences de Duhesme ».
3. Toutefois, le 24 août, Clarke demanda des explications à Duhesme sur son rôle dans l'affaire : Clarke à Duhesme, Paris, 24 août 1810, Arch. G. (28 juillet 1810). D'où la Réponse de M. le général Duhesme à S. E. Monseigneur le duc de Feltre, Paris, 26 août 1810, ibid. Plus tard, Duhesme revint encore sur son rôle dans les poursuites de 1809 (voir chapitre VI) par le Mémoire présenté le 3 février 1811 (affaire du sieur Canton) à S. E. le ministre de la G., ibid. Sur toutes ces pièces, voir Appendice B (Notes critiques).
4. Résultat de l'examen des pièces envoyées par le maréchal duc de Castiglione contre le général Duhesme, s. d., Arch. G. (24 août 1840). On peut admettre que la date est celle à laquelle la pièce à été classée, peutêtre à l'époque : ce n’est pas certain.
5. Ce qui semble prouver qu'il y avait amitié entre le ministre et Augereau, ce sont les post-scriptum aimables ou familiers que Clarke met souvent de sa main au bas des lettres destinées au maréchal, par exemple le
il fâcheusement impressionné par la vivacité, la jactance, le ton trop apologétique des défenses de Duhesme? Ou bien tout simplement ne connut-il jamais bien l'affaire, et jugea-t-il toujours plus sage de ne pas lui donner de solution positive afin d’être sûr de ne point se tromper ? Ce qui est certain, c’est que Clarke prit pour attitude l’absence de détermination, et proposa plusieurs fois à l'Empereur de nommer des commissions d'enquête pour examiner les actes commis à Barcelone, en réservant aux tribunaux la connaissance de l'affaire Canton.
Néanmoins Duhesme resta traité en suspect. Autorisé le 6 septembre 1810 à se retirer dans ses foyers?, il fut, malgré
10 avril 14840 (Arch. G.) : « Les fêtes du mariage ont un peu retardé la marche des affaires. L'Empereur était agréablement occupé. Mais tout va reprendre son cours habituel. Vos dames se portent bien ». On peut comparer aussi les reproches exprimés par Napoléon (à Clarke, 24 avril 1810, Corr. Nap., n° 16411), qui sont durs et presque brutaux, avec la traduction que Clarke en fait pour Augereau (CI. à Aug., 25 avril 4810, Arch. G.), en termes presque obligeants, et mêlés de compliments. Quand Augereau écrit pour se plaindre d’un article du Moniteur, Clarke écrit au coin : «M. de Vieusseux. Répondre convenablement ». (Aug. à CL, 24 mai 4810, Arch. G.)
4. Dès le 28 juillet 1810, Clarke propose de former une commission présidée par un conseiller d'État et composée de maîtres des requêtes. Napoléon annote ainsi le rapport : « Affaire à représenter au conseil. M’eu parler mercredi. Saint-Cloud, le 2 août 4810, N. » Il ne fut rien décidé ; car le 7 août Clarke propose de faire enquêter par une commission d'officiers généraux et d'ordonnateurs. Le 11 mai 1811, Clarke propose encore de soumettre les faits étrangers à l’affaire Canton à une commission d'enquête composée de l'archichancelier d'Empire (Cambacérès), du maréchal Serrurier, du comte Dejean, inspecteur général du génie (l’ancien ministre-directeur), et du comte Pelet de la Lozère (Conseiller d'Etat). Le 9 août 1841, on fait dans les bureaux un rapport pour Clarke, probablement le dernier qui soit relatif à une enquête sur Duhesme. Ce rapport résume les accusations d'Augereau, le contenu du Compte-rendu de Pelletier, de celui de Carrion-Nisas, du rapport de la commission administralive sur la police (toutes pièces qué nous avons), déclare que {ous les faits connus par ces documents sont également indiqués dans le Résumé historique des opérations, que Duhesme n’a point cherché à les cacher, qu’il n'y à pas lieu à établir une commission d'enquête, et qu'Augereau a accusé trop vite et trop à la légère. (Le tout d’après les pièces contenues au dossier de Duhesme, aux Arch. adm. de la G.).
2. Clarke à Duhesme, Paris, 6 sept. 4810, avec en post-scriplum de la main du ministre : « Les formes de la justice sont lentes, parce que les enquêtes dont elle a besoin pour prononcer avec certitude exigent souvent beaucoup de temps : mais l'Empereur qui la fait administrer l'a toujours rendue à tous ses sujets et vous ne pouvez douter un instant, général, qu'il ne vous la rende pleine et entière. Recevez, etc ». Duhesme demandait à s’en aller, son séjour dans la capitale « n'ayant d’autres résultats que d’accumuler sur lui des désagréments de loute espèce ». Dossier de Duhesme. Dès le 4 septembre, le secrétaire général du ministère avait délivré à Duhesme un certificat d’élat de services. Arch. G. (28 juillet 1810).
ses réclamations réitérées!, maintenu en disgrâce et en inactivité pendant plus de trois ans. La police signalait ses déplacements, et les lettres qu’on lui adressait étaient ouvertes?. Quand il venait à Paris en alléguant des affaires à régler, le duc de Feltre lui recommandait de ne point paraître « dans les lieux où LL. MM. pourraient se trouver » et abrégeait ses séjours. Enfin, en novembre 1813, quand l'Empereur eut besoin des hommes de courage et d’action, de nouvelles demandes d'emploi eurent plus de succès *. Duhesme, d’abord nommé au commandement supérieur de Kehl, fut bientôt employé, au cours de la campagne de France, dans le 2 corps”; il se signala à plusieurs reprises, notamment à Montereau. Inspecteur général d'infan-
1. Mémoire présenté le 3 février 1811 (affaire du sieur Canton), Arch. G. (28 juillet 1810) ; Précis relatif au général Duhesme, janvier 14812, Arch. G. (28 juillet 1810) : « Le général Duhesme est en disgrâce.. Le général Duhesme ne peut préciser les dénonciations, car on ne les lui a point fait connaître, et il n’a été ni interrogé, ni entendu, quoiqu'il n'ait cessé de le solliciter... » Duhesme à Clarke, Bourgneuf, 25 mai 1812 (Dossier de Duhesme, arch. adm. de la G.); etc. Cf. Duhesme à Savary, Bourgneuf, 30 novembre 18410, Arch. nat., F7 6564.
2. Clarke à l'Empereur, Paris, 9 avril 4814, Arch. nat., F1 6564. Une lettre de Laffaille à Duhesme, Barcelone, 14 décembre 1810, fut ainsi ouverte; copie en fut transmise au ministère de la Guerre, et un passage mal compris valut beaucoup plus tard des désagréments à Laffaille (extrait de la lettre incriminée, et lettres de Laffaille au général de Caux, Paris, 21 novembre 1816, à Clarke, 20 janvier 1817, etc., dossier Laffaille, Arch. adm.-de la G.). Cf. Appendice B, Noles critiques.
3. Clarke à Duhesme, Paris, 31 décembre 1810, Arch. G. (28 juillet 1810); Clarke à Duhesme, Paris, 28 janvier 1812, (dossier de Duhesme),
4. Duhesme à l'Empereur, Bourgneuf, 15 oct. 1813, et à Clarke, Paris, 20 nov. 1813 (Arch. adm. de la G., dossier Duhesme). Napoléon à Clarke, Paris, 25 novembre 1813 : « Présentez-moi un rapport sur le général Duhesme. Y a-t-il contre lui des choses telles qu'on ne puisse pas l’employer? » Dern. lettres inédites de Napoléon Ier, éd. de Brotonne, t. II, p.480. Clarke ne semble avoir répondu, le 4er décembre, que par le bref rapport suivant : « Sire. L’intention de V. M. étant d'employer M. le général de division Duhesme, qui est en non-activité, j'ai l'honneur de lui proposer de donner à cet officier général le commandement de Kehl. Je joins iei . l’état des services de cet officier général. Je prie V. M. de me faire connaître ses intentions sur cette proposition. » (Dossier de Duhesme).
5. D’après l’état de services de Duhesme, Arch. adm. de la G.; cf. Clarke à Duhesme, Paris, # déc. 1813. Duhesme à Clarke, Kehl, 19 déc. 1813 ; l'état de services porte qu'il passa le 25 déc. au commandement de la 8° division du 2e corps (d’abord sous le duc de Bellune, puis sous Gérard) ; cf. Ordres de l'Empereur, 21 déc. 1843 ; à Berthier, Paris, 23 déc. 1813, Corr. Nap., n° 21024 et 21032. Cf. no' 21143, 21144,
6. Ceci d’après les nouvelles officielles publiées au Moniteur, n° du 6, du 21 février, du 1er mars : « Le général Duhesme culbuta l’arrière-garde ennemie qui y (à St Dizier) était encore et fit quelques centaines de prisonniers.. Le général Duhesme s’est fait remarquer en conservant la Rothière
terie sous la Restauration, mis pendant les Cent jours à la tête des deux divisions de la jeune garde, nommé pair de France avant la campagne de Belgique, il fut mortellement blessé le soir de Waterloo! 4
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Si les différentes pièces reçues au ministère avaient amené la mise hors de cause de Duhesme?, elles avaient en revanche décidé le ministre à Sévir contre Lechi, Casanova et leurs complices présumés. Le général Lechi fut arrêté le premier, conduit à Paris et mis à la prison de l’'Abbaye* ; puis, conformément à un ordre donné par le ministre le 7 novembre, Casanova, le
(147 février). Le général Duhesme, officier d’une rare intrépidité et d’une longue expérience, déboucha sur le chemin de Sens ; l'ennemi fut poussé dans toutes les directions (18 février). Le général Duhesme à enlevé Barsur-Aube à la baïonnette, et en faisant des prisonniers (27 février)... » Le 20 février, Gérard écrivait à Berthier de Pont-sur-Yonne : « Monseigneur, J'ai déjà rendu compte à V. A. S. que la conservation des ponts de Montereau était due principalement aux troupes des généraux Duhesme et Chataux. Le général Duhesme, à la tête de ces troupes, à passé ces ponts en même temps que l'ennemi et s’y.est maintenu. Cette action ajoute aux titres que cet ancien officier général a depuis longtemps à la bienveillance de l'Empereur. » Et le lendemain, un décret impérial de Nogent-sur-Seine conférait à Duhesme le titre de comte de l'Empire (Arch. nat., AFiv plaq. 6874).
1. Etat de services de Duhesme; Corr. Nap., nos 22062, 22095 ; H. Houssaye, 1815, Walerloo, p. 421.
2. Rapport à Clarke, 9 août 4811, Arch. G. Il y eut aussi une petite enquête contre Augier, l’ancien conseiller financier de Duhesme, à la suite de plaintes de Macdonald contre son mauvais caractère (Macdonald à Clarke, Girone, 19 juin 1810, Arch. nat., AFiv 1625) et sa prétendue mauvaise volonté (Macdonald à Clarke, Girone, 27 juillet 4810, ibid). L’Empereur fit alors suspendre le commissaire des guerres (A Clarke, 3 juillet 1810, Dern. lettres inéd., éd. de Brotonne, ne 1081 : lire Augier au lieu de Ozi). À cette occasion, on fit aussi des recherches sur son administration financière dans les bureaux du comte de Cessac. Une quantité de témoignages sur le zèle d’Augier, signés des ordonnateurs Rey et Bourdon, de Lacombe-Saint-Michel, enfin de Macdonald lui-même, arrivérent alors aux ministres. Dès fin juillet 1810, Lacuée était convaincu. Il fit toutefois prendre d’autres renseignements en 41811, nolamment en Catalogne, et le 27 juin 1811 Augier était relevé d’une suspension qui datait de près d’un an. Augier mourut à Erfurt, le 29 novembre 1813. (Dossier d’Augier aux Arch. adm. de la Guerre, et dossier spécial placé aux Arch. 6., 14 juin 1811).
3. Nous ne pouvons fixer la date précise. Lechi était déjà à l'Abbaye en nov. 1810, d’après Clarke à Macdonald, Paris, 7 nov. 1810, Arch. G. (Ordre d’arrêter et d'envoyer à Paris Casanova, Sagarra, Aspero, Anniquint, Morell, Calamini).
Coxann. 26
commissaire Sagarra, le sous-lieutenant Calamini et trois agents de police furent arrêtés à Barcelone et acheminés sur Paris, à la grande satisfaction du P. Ferrer : « La déportation de ces vils Espagnols fait voir de façon palpable la providence du ciel, qui leur envoie le châtiment par les mains de ceux pour qui ils ont eu tant d’idolâtrie...! » A la fin de 1810 et encore en mai 14811, le ministre semblait vouloir livrer aux tribunaux les coupables du meurtre de Canton et du vieux domestique du geôlier. Carrion-Nisas avait rapporté de Barcelone un assez grand nombre de pièces relatives à cette affaire”. Le capitaine Pelletier avait reçu l’ordre d'apporter lui-même au ministre son grand rapport et les papiers réunis par la commission administrative*. Le 6 juin 1811, la Cour de cassation décida que l'affaire était de la compétence des tribunaux français et renvoya Lechi, Casanova et leurs complices devant le juge d’instruction du tribunal de première instance de la Seine‘. Le juge d’instruction ne trouva-t-il point l’affaire assez claire ? Ou, ce qui est plus probable, l'Empereur, après réflexion, voulut-il éviter de donner de l’éclat à un crime fâcheux pour la réputation de ses officiers italiens? En tout cas, le conseil privé rendit le 3 mai 1812 une décision portant que Lechi, Casanova et leurs complices seraient maintenus en détention, mais comme « prisonniers d’État 5». Lechi fut relâché en octobre ou novembre 1813, mais Casanova était encore en prison en avril 1814, ainsi: que les autres comparses”.