Compte-rendu par Pelletier
2, « Avant l’arrivée de M. le maréchal, il existait à Barcelone plusieurs juntes et divers tribunaux; ils étaient peu coûteux, ils allaient tant bien que mal, ils avaient à leur avantage l’empire de l'habitude; ils furent détruits spontanément, et remplacés par l’ordre de choses d'aujourd'hui. Une bonne police existait à Barcelone ; elle fut à l'instant désorganisée, il serait trop long de vous dire comment... » Lacombe-Saint-Michel à Macdonald, Barcelone, 11 juin 1810, Arch. nat., AFrv 1625. Au contraire dans un arrêté du 8 mai inséré le 10 au Diari del Gobern, Lacombe-Saint-Michel qualifiait l'époque de Duhesme de « temps de confusion ».
3. Ce rapport est le Compte-rendu par Pelletier, étudié aux Notes critiques. (Arch. G., 14 février 1811). La suppression de la commission fut ordonnée le 15 Juin 1810 par Lacombe-Saint-Michel (Renseignements sur Barcelone, Arch. nat., F'6554 ; Carrion-Nisas à Clarke, Girone, 2 août 4810, Arch. nat., AFiv1625) : mais évidemment Macdonald y avait donné son assentiment. Carrion-Nisas dit dans la lettre mentionnée : « Je ne hasarderai ici aucune opinion contre la dissolution de la commission. V. E. sait quelle est la fureur et le danger des réactions; et il est vraisemblable qu'on à eu. des raisons puissantes pour arrêter, dans les circonstances présentes, le mouvement d'une procédure qui aurait fini par ramener en scène les moindres faits relatifs à l’armée française... » D'une façon générale, Macdonald réagit à son tour contre la « réaction » d’Augereau.
4. Pelletier à Casanova, 17 juillet 1810, Arch. G. ; Casanova à Pelletier, 29 juillet 4810, ibid. (17 juillet 1810). Cf. Casanova à Duhesme, Barcelone, 27 juillet 1810, Arch. G. Les raisons données par Casanova sont : 4 Il n’a pu faire des réponses aussi contradictoires et aussi incohérentes : % les lois exigent d’ailleurs que l'inculpé signe sur-le-champ ses dépositions.
>. Renseignements sur Barcelone.
pouvait pas être du ressort d’un tribunal catalan », avait déclaré quelque temps auparavant le gouverneur. Et en effet l'enquête resta en suspens à Barcelone; mais elle allait être bientôt reprise à Paris.
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Au lieu de s'arrêter à Montpellier, comme Augereau le lui avail prescrit, Duhesme s'était rendu en hâte à Paris. Mais Clarke lui ayant ordonné aussitôt d'aller attendre à Rouen une décision impériale?, ce fut dans cette ville que le général rédigea son premier mémoire justificatif, envoyé au ministre dès la première quinzaine de mars 1810°; en avril Berthier, avec qui Duhesme avait eu d’«anciennes relations », reçut également un exemplaire de ce travail et le communiqua aussitôt à l'Empereur. Mais Napoléon ne lut pas le mémoire et fitavertir Duhesme par le major général de rendre compte au duc de Feltre *.
4. Blondel à Champagny, Barcelone, du 43 juin au 19 juillet 1840, Arch. des Aff. Etr., vol. 683, fos 58-62. Le mot est signalé comme du 13 juin.
2. Duhesme à Savary, Bourgneuf., 30 novembre 1810, Arch. nat. F76564 ; Clarke à l'Empereur, 13 mars 1810, Arch. G. Il n’est pas inutile de remarquer que les pièces que les Arch. G. possèdent sur l'enquête faite au sujet de Duhesme, Lechi, Casanova, etc., sont certainement loin de représenter tout ce qui est arrivé au ministère ou y a été minuté relativement à cette affaire. Encore ne doit-on la présence de beaucoup d’entre elles qu’à la communication, en 1897, des papiers de famille de Duhesme, dont il fut fait des copies (presque toutes groupées assez arbitrairement sous la date du 28 juillet 4810). L'hypothèse qui explique le mieux l’absence des pièces relatives à l'enquête n’est point celle de la soustraction ou dela destruction. Il est plus probable que le ministère constitua, vers la fin de 1810 ou le début de 1811, un dossier des pièces qui se rapportaient de près ou de loin à l'affaire Canton, et que ce dossier fut transmis d’abord à la Cour de cassation, puis au Tribunal de la Seine : c'est-à-dire qu’il est perdu pour l'historien. On est donc réduit à reconstituer les phases de l'affaire d'après les quelques copies des papiers de Duhesme qu'on à aux Arch. G., d'après quelques pièces des Arch. adm. de la G. et d’après quelques documents des Arch. nat., dans les séries AFiv ou F7. C'est-à-dire que des faits peuvent nous rester inconnus, et que certaines phases de l’affaire peuvent nous échapper.
3. Clarke à l'Empereur, 13 mars 1810 ; Duhesme à Savary, 30 novembre 1810.
4. Berthier à l'Empereur, Compiègne, 26 avril 1810, Arch. nat., AF1v 1623B ; le même à Duhesme, à Rouen, Compiègne, 26 avril 1810, Arch. G. (28 juillet 1810) : « J'ai reçu, M. le général Duhesme, avec votre lettre du
Quand le duc de Feltre avait reçu le mémoire de Duhesme, il n’avait encore que fort peu de données sur l’affaire ; il n'avait reçu que le rapport violent mais vague d’Augereau, des dénonciations anonymes peu précises, enfin une lettre assez insigni-
fiante du général Nicoias'. Le tout avait été communiqué à l'Empereur, qui avait renvoyé avant le 19 mars le dossier à l’examen de la section de la guerre du conseil d'Etat?.
Quand Berthier rappela en avril l'affaire à l’attention de Napoléon, celui-ci ne se montra pas mal disposé pour Duhesme. Mécontent de la façon dont Augereau conduisait les opérations*, l'Empereur marqua dans deux lettres à Clarke son désir d’avoir des renseignements plus précis avant de condamner un général qui avait « rendu de grands services ». Il fallait donc faire la lumière sur les actes de Duhesme : « S'il est innocent, il doit être lavé sur-le-champ de toute inculpation ; s'il est coupable, perdre la tête sur l’échafaud* ». De son côté, Champagny demandait, non sans quelque étonnement, pour quelles graves raisons on avait maltraité le vice-consul de France*. Le duc
16 de ce mois, le Résumé historique de vos opérations... J'ai envoyé le rapport à PEmpereur. C'est au ministre de la Guerre que vous rendrez directement compte de votre conduite ; mes anciennes relations avec vous m'inspirent le sentiment que vous n’avez pas cessé de mériter les bontés de $S. M. » "
1. Analyse du rapport envoyé de Girone le 6 février, Anal. de la Corresp., t. [er, p. 236-237, Arch. G. ; les rapports d’Augereau, Barcelone, 9 avril, et Girone, 47 avril, arrivèrent à Paris ensemble, le 23 avril 4840 ; ils y furent apportés par un aide de camp du maréchal : Clarke à l'Empereur, 23 avril 4810, Arch. nat., AFrv 1625; cf. Clarke à Augereau, 25 avril 4810, Arch. G.
2. Clarke au général Andréossy, président de la section de la Guerre, 19 mars 1810, Arch. G. : « M. le comte, — Jai reçu la lettre que vous m'avez fait l’honneur de m'écrire aujourd’hui 419 mars, pour me prévenir que S. M. avait renvoyé à la section de la Guerre, etc... »
3. Corr. Nap., nos 16411, 16445, 16451. Les troupes d'Augereau, après être arrivées jusqu'au voisinage de Tarragone, avaient dû rétrograder rapidement sur Barcelone et de là sur Girone. De là l’envoi immédiat de Macdonald en Catalogne.
%. À Clarke, Compiègne, 26 avril 1810, Leftres inédites de Napoléon Le, éd. Lecestre, no 606, Cf. déjà à Clarke, Compiègne, 24 avril 4840, Corr. Nap., no 16411. ;
5. Champagny à Clarke, Paris, 4 mai 1810, Arch. G. Champagny avait sans doute été informé par un rapport de Blondel que nous n'avons pas, mais qui est probablement la lettre de Barcelone renvoyée par ordre de l'Empereur à Clarke, Anal. de la Corresp., t. IT, p. 3-4, Arch. G. Champagny disait notamment : « S'il à été reconnu que les mesures prises envers lui n'étaient pas fondées, je désire que V. E. puisse m'en donner la certitude, afin de détruire entièrement les préventions que cette circonstance
de Feltre dut donc demander à Augereau des renseignements précis, les interrogatoires, le résultat des enquêtes de la commission, etc. !. Duhesme put revenir à Paris, en mai?; il fut reçu par le ministre et apprit de Clarke, le 21 juin, que l’Empereur ordonnait une enquête approfondie *; la veille, d’autres pièces avaient encore été envoyées par le duc de Feltre au conseil d'Etat *.
Pendant que le conseil d'Etat examinait les documents reçus, le ministre cherchait à avoir de plus amples renseignements. Il envoyait le 13 juillet en Catalogne un de ses protégés, l’adjudant-commandant Carrion-Nisas, et le chargeait de rechercher particulièrement « quelle a été la manière dont le général Duhesme a dirigé les choses dans l’origine, tant dans le pays qu’à Barcelone et quelle est l'opinion qu’on peut se former de son administration $ »; Carrion-Nisas devait aussi prendre des renseignements sur Lechi et sur Chabran‘. En juillet Duhesme
pourrait inspirer contre lui, si les dispositions qui ont été prises à son égard avant qu’on se füt assuré de leur légitimité n'étaient pas révoquées ensuite avec une espèce de publicité. »
4. Clarke à Augereau, 25 avril 1810, Arch. G.; (surtout Clarke au général Rey et à Gouvion-Saint-Cyr, 2 août 1810, Arch. adm. de la G., dossier Duhesme).
2. Duhesme à Clarke, Rouen, 28 avril 1840, et note de service de Fririon à Besson, 30 avril 1810 (Arch. adm. de la G.. dossier Duhesme) ; Duhesme à Savary, Bourgneuf, 30 novembre 1810, Arch. nat., F7 6564.