Voir chapitre VII, section mr, et Appendice A
4. Et en effet le rapport du 9 août 1811 (Arch. G.) conclut, comme le Résultat de l'examen des pièces (Arch. G., 24 août 1810) à l'exactitude et même à l’absence de lacunes des explications fournies par Duhesme dans ses différents Mémoires.
5. Diario de Barcelona, Ferrer, pièces de lArch. mun. Barcel., Laffaille, etc.
fois à rectifier des dates, ou de petits détails du récit; mais les textes émanés d’autres auteurs ne contredisent pas les assertions de Duhesme, dans ce qu’elles ont d’essentiel ; ils montrent surtout que Duhesme n’a pas tout su, ce qui est bien naturel. Nous croyons même qu'il y a peu de documents narratifs qui aient autant de valeur et de précision.
Parsuite, il nous a parulégitime de faire confiance au «Résumé historique des opérations » sur les points où il n’était pas confirmé par d’autres textes. Ce genre de confirmation manque surtout pour les passages où le général explique ses actes, et où il les montre toujours comme déterminés par les circonstances. Ce système d'explication est simple et vraisemblable ; les circonstances elles-mêmes sont souvent signalées par d’autres témoins et les actes de Duhesme sont bien postérieurs aux circonstances invoquées (Voir surtout nos chapitres IIL et IV).
Mémoire abrégé du général Duhesme (Arch. G., 28 juillet 1810); Tableau des contributions (ibid). — Ces documents, dont Clarke avait demandé la rédaction le 28 juillet 1810*, furent remis le 4 août par le général. Nous les publions aux Pieces justificatives. Le « Mémoire » comportait des documents annexes, que nous avons le plus souvent, mais par le Diario de Barcelona. Duhesme y insistait surtout sur le côté financier de son administration. Les faibles réserves que nous pourrions faire au sujet de ce document sont celles que nous avons déjà indiquées à propos du « Résumé historique » ; nos raisons d'y avoir confiance sont les mêmes. Le « Tableau des contributions » rend compte uniquement des sommes versées à la caisse du payeur, non des sommes perçues sur la population. Les chiffres qui y sont donnés sont en partie confirmés par ceux qu’on trouve dans d’autres pièces, d’origine très différente (cf. notre chapitre V).
1. Nous n’avons de ces documents que les copies faites en 1897 par les soins de là section historique de l'état-major. Elles sont très soignées. Les titres complets sont : Mémoire abrégé du général de division Duhesme, présenté à S. E. le ministre de la Guerre le 4 août 1810, en exécution de sa demande en date du 28 juillet précédent. Tableau des contributions levées par ordre du général Duhesme et de leurs emplois.
2. Clarke à Duhesme, Paris, 28 juillet 1840 : « Général, S. M. L. et R. m'a chargé de vous demander le compte, tant des contributions que vous avez levées que de leur emploi, ainsi qu'un mémoire détaillé sur votre administration pendant que vous commandiez à Barcelone. Je vous recommande en conséquence de m'adresser ces renseignements dans le plus court délai. Recevez, etc. » (Arch. G., 28 juillet 4810). La minute de la lettre d'envoi de Duhesme (Arch. G., sous la même date) montre que les deux documents furent fournis en même temps au ministre.
Autres documents émanés de Duhesme. — Le 24 août, le ministre de la Guerre, mis en possession du « Rapport de la commission administrative sur la conduite de Casanova », demanda à Duhesmedes explications spéciales sur l’affaire Montfort et l’affaire Canton (cf. chapitre VI, section m1). Le surlendemain Duhesme remitau ministère la Réponse de M.le général Duhesme à Monseigneur le duc de Feltre, ministre de la Guerre (Arch. G., 98 juillet 1810). Il y répondait ‘ aux deux questions particulières qui lui étaient posées, par des explications fort plausibles et d’ailleurs confirmées sur plusieurs points par le « rapport de la commission » lui-même ou par d’autres pièces”.
Le 3 février 1811, Duhesme remit encore un autre travail, intitulé Mémoire présenté le 3 février 1811 (affaire du sieur Canton) à S. E. le ministre de la Guerre (Arch. G., 28 juillet 1810) ; il y entrait dans de plus amples détails et prenait à son tour contre Augereau une vigoureuse offensive.
En janvier 1812, Duhesme résuma enfin les torts qu'on lui imputait et la substance deses justifications dans le court Précis relalif au général Duhesme (Arch. G., 28 juillet 1810).
Ce n’est pas seulement par leur concordance avec les autres documents, mais aussi par leur concordance entre elles, que les diverses pièces que nous venons de passer en revue se recommandent à la confiance de l’historien. Dans ces conditions, il ne faut pointse laisser impressionner défavorablement par les passages où Duhesme exagère son propre mérite. La haute idée que ce général avait de lui-même donne à coup sûr prise à la critique : mais il ne s’est pas surfait aux dépens de la vérité matérielle.
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Documents dérivés de l’enquéte de la commission administrative. — La commission, qui enquêta à Barcelone de mars à
1. Nous n'avons de ce document et des deux autres signalés un peu plus bas que les copies faites en 1897 à la section historique.
2. Sur l'affaire Montfort, outre le Rapport de la commission administrative lui-même, nous avons en effet les Renseignements sur Barcelone (Arch. nat., F’6554). Sur l'affaire Canton, outre les textes cités dans les notes de notre chapitre VI, section 1v, nous avons la confirmation de ce que Duhesme dit sur l'enquête confiée à Laffaille et à Guinard dans plusieurs pièces rédigées par Laffaille en 1816 (Arch. adm. de la G., dossier Laffaille).
juin 1810, prétendit, conformément aux instructions d’Augereau, étendre ses recherches, non seulement aux actes du gouvernement improvisé, mais aussi à l’administration provinciale et municipale antérieure à 1808. Elle réunit beaucoup de documents et reçut un grand nombre de dépositions de toute nature. Malheureusement les papiers de la commission, qui furent apportés à Paris vers la fin de 1810, n’existent pas dans les dépôts d'archives où nous avons effectué nos recherches, et nous n’avons en somme que quelques travaux rédigés au moyen de ces papiers aujourd’hui perdus, et quelques copies de pièces annexées au grand rapport de Pelletier. Ce qui nous reste, ce sont donc des œuvres de seconde main, rédigées sur des données abondantes, mais souvent peu claires même pour le rédacteur. Nous avons déjà indiqué (chap. V, section vi, et Appendice À) que les commissaires n’arrivèrent pas à prouver grand’chose sur les actes délictueux commis en 1808 et 1809. Force nous a bien été néanmoins d’utiliser ces médiocres pièces auxquelles, sur bien des points, rien ne pouvait suppléer.
Le Compte-rendu par Pelletier, secrétaire de la commission administrative (Arch G., 14 février 1811) fut rédigé peut-être en juin et juillet 1810, peut-être en décembre 1810 et janvier 1811‘. C’est évidemment l’œuvre d’un homme de bonne foi, mais présomptueux, naïf et médiocre, dépourvu de toute compétence sur la plupart des questions qu’il est obligé de traiter ?. Incapable de mettre un ordre logique dans les faits appris, les témoignages recueillis, les papiers accumulés, Pelle-
1. La seconde date est la plus probable, mais la première est possible. Les papiers de la commission administrative restèrent à Barcelone jusque vers la fin de novembre 1810 (Renseignements sur Barcelone, Arch. nat., F°6554 : Clarke à Macdonald, Paris, 7 novembre‘ 1810, Arch. G.). Or, Pelletier resta à Barcelone jusque vers le 15 ou 20 juillet, après quoi il rejoignit son corps à Girone (Carrion-Nisas à Clarke, Girone, 2 août 1810). Le 7 novembre suivant, Clarke ordonna à Macdonald d'envoyer à Paris Pelletier et de lui faire porter les papiers de la commission : ce qui fut exécuté (Pelletier à Clarke, Paris, 22 avril 1811, Arch. adm. de la G., dossier Pelietier). La rédaction du rapport se place probablement lors de l’arrivée” de Pelletier à Paris.
Nous n'avons d’ailleurs pas du Compte-rendu l'expédition faite pour Clarke, mais une copie destinée à Augereau (comme le prouve une dédicace initiale), et venue aux Arch. G. des papiers d’Augereau. Cette copie fut faite par un copiste très inintelligent, qui distribua la ponctuation au hasard, et estropia beaucoup de mots. C’est une difficulté de plus dans l'utilisation du Compte-rendu.
2. Voir appendice A. Carrion-Nisas déclare pourtant le capitaine Pelletier « très digne d’estime et de confiance » dans sa lettre du 2 août : sans
tier se borna à classer chronologiquement les procès-verbaux des séances, les dépositions, les lettres écrites et reçues, etc. : puis il cita, résuma ou invoqua chaque pièce d’après ce classe-" ment enfantin!. Si deux témoignages se détruisent, ils n’en sont pas moins rapportés, chacun à l'emplacement assigné par la date : si une donnée est incompréhensible en elle-même, Pelletier ne se charge pas de la rendre intelligible par des explications. Quand les recherches de la commission aboutissent réellement à innocenter un enquêté, Pelletier conclut le plus souvent qu’il y alieu à un supplément d’enquête. Se retrouver dans toute cette confusion n’est pas toujours chose aisée. Nous avons dû l'essayer pourtant. Mais la critique de chaque détail était nécessaire (nous avons essayé d’en donner une idée dans les notes de nos chapitres V et VI). Heureusement Pelletier annexe à son Compte-rendu des tableaux détaillés des différentes recettes et dépenses. Ici il n’a eu qu’à copier, non à rédiger ; il a au moins su transcrire scrupuleusement, comme le montre l’exactitude des totalisations. Grâce à ces tableaux, à des rapprochements entre les passages ou avec d’autres documents, nous avons pu arriver à comprendre à peu près ce qui s'était réellement passé, non sans beaucoup de peine?.
Pour le Rapport de la commission administrative... sur la conduite... de Casanova * (Arch. nat., AFrv 1625), on voudra bien se reporter à ce qui en a été dit aux notes du chapitre VI, section 11, et à l’Appendice A.
Renseignements sur Barcelone (Arch. nat., KT 6554). — Ce gros document fut envoyé par le commissaire général de police de Perpignan au duc de Roviso en mars 1811. Il était l’œuvre d’un parent de Carrion-Nisas résidant à Barcelone“, c’est-à-
doute ne trouvait-il pas d'autre éloge à en faire. Pelletier dut d’ailleurs à son rapport la décoration de la Légion d'honneur le 14 juin 1811 (grâce à l'appui de Carrion-Nisas). Il fut tué en 1812 à Polotsk (Dossier Pelletier).
A. Cette méthode n’est pas mise en évidence par la disposition du Compte-rendu. Mais il y à un assez grand nombre de dates données par le texte pour qu'on puisse affirmer que Pelletier elassa et utilisa bien les différentes pièces comme nous l'indiquons ci-dessus.
2. Les grandes dimensions du document nous en ont interdit la publication aux Pièces justificatives : il eût d’ailleurs fallu en ce cas y mettre des centaines de notes qui eussent exigé beaucoup plus de place encore.
3. Copie faite à l'époque au ministère de la Guerre, pour être transmise à l'Empereur, avec le rapport de Carrion-Nisas du 2 août 1810. .
4. Renouard, commissaire général, à Savary, Perpignan, 13 mars 1811 : «Monseigneur, M. le baron de Carrion-Nisas.….. m'a communiqué un travail
dire très vraisemblablement de Xavier-Toulouse de Lautrec, neveu de Carrion-Nisas et chef des bureaux du gouvernement de Catalogne !. Lautrec, qui n’était arrivé à Barcelone que vers août 1810, n’avait pas connu les faits par lui-même. Mais ses fonctions et surtout une enquête à laquelle il avait pris part l’avaient mis à même de prendre connaissance des papiers de la commission administrative avant leur envoi à Paris. Au reste non seulement la comparaison du document avec les deux pièces précédemment étudiées, mais encore son contenu luimême ne laissent aucun doute sur l’origine des renseignements qui y figurent.
Lautrec est à coup sûr beaucoup plus intelligent que Pelletier ; et des papiers de la commission il tire une œuvre beaucoup moins informe, plus amusante, souvent plus critique, où il sait montrer à plusieurs reprises les bévues commises par la commission. Il s’entend à l'insinuation malveillante. Mais il se garde bien de s'engager dans les questions trop obscures, insiste sur les anecdotes, et parlerelativement peu des questions de finances, si ce n’est,dans ce qu'elles ont de facile à comprendre. Les grands avantages du travail sont : 1° de contenir une histoire de la commission administrative elle-même; 2° d’aider à comprendre certains passages obscurs de Pelletier, à reconstituer le sens et à saisir la portée réelle des témoignages déjà utilisés par le premier.
Enfin le Petit dictionnaire des hommes qui ont figuré en Catalogne depuis le mois de février 1808 (Arch. nat., FT 6352) pourrait bien être également l’œuvre de Lautrec ; car Lautrec est presque le seul des fonctionnaires employés à la fin de 1810 dont ce document ne dise point de mal. Le « Petit dictionnaire » fut également envoyé parle commissaire général de Perpignan, en mars 1811?. La valeur en est médiocre. A côté de détails évidemment puisés dans les papiers de la commission adminis-
fait par un de ses parents résidant à Barcelone... Je lui ai demandé la permission d’en prendre une copie que j'ai l'honneur d'adresser à V. E... » Arch. nat., F'6554.
1. Ces renseignements sur Lautrec d’après deux rapports du conseiller d'Etat Chauvelin à Montalivet, Barcelone, 13 juin et 14 juillet 1812, Arch. nat 174"
2. Renouard à Savary, Perpignan, 11 mars 1811 : « un petit ouvrage intitulé Dictionnaire...., composé par une personne qui réside depuis quelque temps à Barcelone... » Arch. nat., F76352. Le document peut donc avoir été fourni par Carrion-Nisas à Renouard en même temps que les Renseignements sur Barcelone.
trative, il y en a d’autres qui sont la répétition des commérages barcelonais. Il y a chez l’auteur un tel parti pris de médisance universelle, une telle malveillance vis-à-vis de toutes les personnes mentionnées, qu'on doit être en grande défiance contre toutes celles des assertions du document dont la substance au moins ne se retrouve pas ailleurs. Tout au plus le « Petit dictionnaire » confirme-t-il légèrement ce qu'on sait déjà par d'autres pièces.