MÉMOIRE ABRÉGÉ DU GÉNÉRAL DUHESME
Je pourrais être dispensé de répondre à toutes demandes ou inculpations relatives à l'administration générale du corps d’armée que j'ai commandé, parce que je n’ai rempli ni les fonctions d’ordonnateur ni de payeur, ni celles d’intendant général espagnol, ni de directeur d'artillerie; que je ne me suis jamais opposé à rien des attributions de ces divers fonctionnaires qui, en conséquence, sont restés dans la responsabilité envers les ministres de Sa Majesté, comme tous leurs collègues dans de pareilles positions.
. Si, dans les comptes qu'ils doivent rendre, on en trouve qui émanent de mes ordres, ces ordres sur l’administration me placent seulement dans la responsabilité des motifs qui me les ont dictés et non dans celle de leur exécution; mais, comme l'éloignement de ces administrateurs est un obstacle à ce qu’ils fournissent à temps les rapports qu'ils doivent et pour qu’on ne m accuse pas d’éluder de répondre, je vais employer ce que ma mémoire et le petit nombre de matériaux qu’on m'a laissés me fournissent pour donner une assez juste idée de la marche des affaires administratives en Catalogne, pendant que j'avais l’honneur d’y combattre.
Mon commandement peut se diviser en trois époques quant à la partie administrative :
= La première, pendant que les autorités espagnoles ont été, à l'exclusion de l’administration de l’armée, les fournisseurs et distributeurs de subsistances. Cette époque commence depuis mon entrée sur le territoire espagnolle 9 février 1808 et finit au 1° juillet suivant.
La seconde, du 1° juillet 1808 au 1° janvier 1809, est distinguée de la première, en ce que les administrateurs de l’armée ont fait les distributions; mais les autorités espagnoles n’ont pas cessé néanmoins de fournir les denrées.
La troisième, du 1‘ janvier 1809 jusqu’à l’arrivée de M. le due de Castiglione, n'appartient plus guère à mes fonctions de commandant en chef, dont le général Saint-Cyr était alors revêtu, mais ce qui ne changea rien à la marche de l’administration.
Première époque (9 février au 1°" juillet 4808). — Toutes les rations furent distribuées par les agents espagnols dans les quotités et quantités voulues par les règlements français et l'on
n'eut point à s’en plaindre; nos malades furent traités à l’hô-
pital civil espagnol.
La surprise des forts, si essentielle à la sûreté des troupes de Sa Majesté, ne changea rien à l’administration des subsistances.
Vers la fin de février, je demandai au gouvernement espagnol l’emprunt de 100 000 francs pour la solde ; à défaut de payeur, le commissaire des guerres Augier reçut et distribua cette somme. À son arrivée, le 16 mars, le payeur de la division régularisa ce compte et remboursa le gouvernement espagnol.
Je sollicitai et obtins dans le même temps un emprunt de 6000 paires de souliers qui ne furent pas remboursées; il est bien entendu que les commissaires des guerres français en firent faire la distribution et que les corps doivent en avoir chargé leurs comptes et donné des récépissés. :
Seconde époque (1° juillet 1808 au 1°" janvier 1809). — Les insurrections de Madrid, de Saragosse et de Valence âvaient déjà éclaté que la Catalogne était encore tranquille ; cet esprit de révolte ne put s’y manifester que vers la fin de mai; mais, dès le 8 juin, il était prononcé.
Dans cette position, je ne pouvais plus me passer d’approvisionnements ni rester à cet égard, comme à tout autre, à la discrétion du gouvernement espagnol.
Le seul parti à prendre et auquel j'avais répugné jusque-là, était de former une administration française, et lui donner des magasins que les Espagnols seraient tenus d’approvisionner; cela eut lieu à la date du 1° juillet.
En conséquence, le commissaire des guerres Augier, investi des fonctions d’ordonnateur, constitua ces administrations et s’entendit dès lors avec les autorités espagnoles en tout ce qui avait rapport aux subsistances et à l'exécution de mes ordres y relatifs.
Le premier effet de l'insurrection avait été de faire cesser tout revenu public. Les caisses se trouvaient épuisées, et l’intendant espagnol qui, outre son service courant, était requis de fournir les denrées avec lesquelles l'administration française devait commencer le service au {er juillet, ainsi que les approvisionnements de siège pour les forts et une somme assez considérable
pour la solde des troupes, s’adressa dans sa détresse au capitainegénéral de la Catalogne, qui assembla une junte composée des premiers magistrats et des députés des ordres de la ville (Voyez
- pièce n° 1). Cette junte détermina de se servir d'abord de plu-
sieurs dépôts publics, d'élever une contribution extraordinaire
‘ sur les citoyens les plus aisés de la ville, que le receveur de la - ville fut chargé de percevoir ; et, comme la rareté du numé-
raire commençait à se faire sentir, cette junte créa encore
: un hôtel des Monnaies, dont la direction fut confiée à une
commission tirée des différents ordres de l’assemblée (Voyez
‘ pièce n°2).
Au moyen dé ces dispositions, l'intendant général effectua le 19 juin dans la caisse du payeur-général français le prêt de 300 000 franes pour la solde des troupes : mais il fut obligé, pour assurer les fournitures qu'il avait à nous faire, d’avoir recours à un marché d'entreprise qu'il passa avec une maison française établie à Barcelone. Elle exigea, entre autres garanties, celle du général et de l’ordonnateur français au nom de l'Empereur (Voyez le marché, pièce n° 38).
Pour suppléer à la rareté de la viande et sur la proposition de l’intendant espagnol et de l’ordonnateur, j'en fixai l’indemnité représentative à un réal par ration.
Comme toutes les dépenses, excepté la solde, devaient être à
da charge du pays, j'exigeai que, pour celles dont l’administra- ‘ tion française maniait les deniers, comme manutention, artil-
lerie, etc., l’intendant ferait verser les fonds nécessaires dans
Ja caisse du payeur général de l’armée; ce dernier en ferait
recette, ainsi que des sommes que le pays fut en outre tenu de verser (Voyez le tableau des contributions levées d’après mes ordres, fourni avec ce mémoire).
Le 16 juillet, je partis pour ma seconde expédition sur Girone ; elle dura un mois pendant lequel toute communication avec Barcelone était interrompue. J'avais confié cette importante place à la majeure partie de la division italienne et le commandement au général Lechi, dont la vigueur y était essentielle.
Pendant ce temps, le fournisseur, faute de paiement, avait abandonné son marché, tous les services étaient sur le point de manquer ; les forts cessaient d'être approvisionnés et Barcelone était menacée. Le général Lechi crut, dans cette fâcheuse position, devoir recourir à la mesure extrême des otages ; elle occasionna peut-être des motifs de plaintes et d’accusations, mais
produisit les ressources dont on avait besoin dans ce moment critique. | | Je rentrai à Barcelone le 20 août; la mesure des otages avait cessé ; elle avait accru ies émigrations que les contributions de toute espèce, bien qu’elles fussent faites par les autorités du pays, occasionnaient sans cesse. Je menaçai les fugitifs par des proclamations de la saisie de leurs biens ; je dus même, autant pour créer une ressource de plus que pour produire une véritable crainte, accomplir cette menace. Je nommai en conséquence (Voyez pièce n° 4) une commission qui fut chargée, avec lintervention des autorités locales, de faire inventaire des objets laissés par les émigrés et qu'on employa dans les hôpitaux et autres établissements publics. Cette commission fut encore chârgée de faire recette des amendes imposées aux émigrés qui rentraient, de leur rendre les objets saisis et de toucher les revenus des absents ; elle a été mise en compte avee l’intendance espagnole; elle était tellement utile que le général Saint-Cyr, lorsqu'il me releva dans le commandement en chef, la maintint dans ses fonctions, quoiqu’elle eût alors déjà moins d'importance.
Barcelone était plus resserrée que jamais, l'insurrection générale était bien organisée dans toute l'Espagne et 15.000 hommes, majeure partie de troupes réglées, campaient à deux lieues de la place. Cet état de choses accrut la mauvaise volonté qui ajoutait aux difficultés que les autorités espagnoles avaient d’être obéies; il fallut employer la mise en état de siège pour que, dans cette extrémité, je prisse, supérieurement au capitaine-général, l'autorité toute entière, mais je le conservai dans ses attributions ainsi que l’intendant et la junte (Voyez mon arrêté de mise en état de siège, pièce n° 9). Je fis précéder cette solennelle déclaration par la déroute des camps retranchés qui menaçaient Barcelone.
Cette brillante expédition me rendit encore maître d’une assez grande étendue de pays. J'en profitai pour cantonner la moitié de mes troupes, pour faire des recherches de grains, au
1. Le comte Ezpeleta, alors capitaine-général, refusa de reconnaitre l’autorité que me donnait la mise en état de siège et devint dangereux ; je dus l'envoyer à la citadelle et je. le remplaçai par le plus ancien lieutenant-général espagnol, M. le marquis de Vilalba.
M. d’Azanza, intendant général, se sauva quelque temps aprés; je donnai ses fonctions au plus ancien commissaire des guerres espagnol, M. de Clanet. (Note de Duhesme).
moyen desquels et de quelques magasins secrets saisis en ville, l’approvisionnement de la place fut assuré pour quatre mois, ce qui dispensa la junte d'acheter pour nous pendant les mois de septembre et octobre 1808.
Tous ces enlèvements de grains dans ia ville furent l’objet de procès-verbaux dont une expédition fut remise aux particuliers non émigrés, pour leur secours.
Tous les versements dans les magasins ont constaté leur
origine d’une manière précise, et l’ordonnateur doit mieux que moi fournir des renseignements sur cette matière.
Il pourrait encore donner sur le comité des subsistances, qui était une émanation de la junte et qui était présidé par l’intendant espagnol, des détails intéressants, parce qu'il assistait presque habituellement à ses séances pour le diriger à l’égard des besoins de l'armée. C’est ce comité qui passait les marchés, distribuait les fonds du receveur de la ville et en réglait les comptes.
Le service de l’armée avait été estimé 500.000 piécettes par mois : cette somme avait été en conséquence imposée sur les citoyens les plus aisés, mais les émigrations, la mauvaise volonté, même le manque de moyens de plusieurs contribuables rendaient la recette très difficile; les autorités espagnoles trouvaient trop dangereux pour leur sûreté personnelle présente et à venir de presser leurs contribuables par des moyens de rigueur ; elles invoquèrent l’accomplissement de l’article 10 de mon arrêté de mise en état de siège dans lequel j'annonçais que des garnisaires français poursuivraient la rentrée des contributions.
Pénétré de la nécessité de cette mesure pour contraindre les retardataires, je pris l'arrêté (pièce n° 6) par lequel je nommai un commissaire aux contraintes près le receveur de la ville et organisai une compagnie destinée à ces exécutions.
Cette institution fit un bon effet et porta la rentrée des contributions à 300.000 piécettes environ ; outre cela, les négociants de la ville furent forcés de prêter 300.000 francs au payeur de l’armée, qui leur donna des traites payablés sur Perpignan.
Le 8 novembre, 20.000 hommes de troupes régulières et 10.000 paysans aux ordres de M. de Vivés replièrent mes cantonnements; je montai à cheval et fis reprendre l'offensive à mes troupes, je battis et repoussai cette armée, quoique n’ayant avec moi que cinq à six mille hommes. Cette tentative m’en
annonçait d’autres et prochaines ; en effet, vingt jours après, je fus attaqué par les généraux Vivés et Reding réunis; je savais à l'avance que ce dernier arrivait à marches forcées de lAndalousie ; je dus, en prévoyant des circonstances aussi difficiles, apporter une nouvelle sollicitude pour les approvisionnements. Le fourrage devenait rare dans la place, les transports manquaient ; j’ordonnai aux corps de fourrager à l'extérieur et de faire rentrer en ville leurs approvisionnements, ce qui en produisit pour plus de deux mois, malgré les désordres inséparables d’une telle mesure ; elle procura en outre beaucoup d’autres denrées.
J'ordonnai que le clergé verserait à la Junte 100.000 francs en monnaie ou argenterie et que cette somme serait exclusivement affectée à des achats de blé.
Par un arrêté (pièce n° 7), j’autorisai les non-contribuables à quitter la ville, les contribuables à la quitter après avoir payé d'avance quatre mois de leurs impositions, et j'exigeai qu’il ne restât que les supérieurs des couvents. Je prescrivis que ce qui se trouverait de comestibles à la douane entrerait dans nos magasins, et enfin que les bâtiments qui se trouvaient dans le port sans propriétaire, seraient mis à la disposition de l’ordonnateur pour le chauffage des troupes.
Toutes ces dispositions administratives étaient urgentes, l'ennemi se renforçait sans cesse et il était incertain que notre poignée de braves pût toujours résister au nombre. Le 5 décembre, le corps de Reding enleva la gauche de nos retranchements; je quittai le lit qu’une maladie produite par la fatigue me forçait à garder ; je repris toutes mes positions à la baïonnette, et pour la troisième fois je rejetai loin des murs de Barcelone des armées qui prétendaient s’en emparer.
Enfin l’arrivée du général Gouvion-Saint-Cyr le 17 décembre pour prendre le commandement du corps d'armée, termine le second chapitre de ce mémoire.
Le général Saint-Cyr avait amené avec lui l’ordonnateur Rey ; le commissaire des guerres Augier, qui jusque-là en avait fait les fonctions, lui rendit ses comptes dans un rapport dont copie est ci-jJointe (voyez pièce n° 8). Ce rapport entre dans les détails qui peuvent éclairer sur tout ce qu’on pourrait trouver d’obscur ; et, comme rapport sur l'administration, il a sur ceux que je pourrais faire le caractère authentique, puisqu'il est des fonctions seules des commissaires des guerres de rendre de tels comptes.
CoxARD. 90
Le général Saint-Cyr ne changea aucune des dispositions qui avaient été prises sur l’administration militaire et civile, sur la police et les finances : il y ajouta seulement, un mois après, que les circonstances le permirent, le rétablissement des droits d'entrée, de ceux du fisc et d’autres tombés en désuétude pendant les événements précédents, ou supprimés par le comte Ezpeleta et la junte.
Troisième époque. (1* janvier 1809 au 26 janvier 1810). — Elle commença à la fin de décembre ; le général Saint-Cyr prit le commandement en chef et me donna celui de la province.
L’ordonnateur Rey s'établit à Barcelone et succéda au commissaire Augier pour tout le service administratif et financier, avec cette différence qu’étant titulaire dans son grade, il prenait beaucoup plus sur lui; je l'étayais de mon autorité quand il la réclamait ; mais il était en rapport directavec le général en chef pour tout le détail de son service. Ainsi, jusqu’au 1° juin, époque du départ de cet ordonnateur, l'administration roula entièrement sur lui.
Au mois de mars, le général Saint-Cyr vint à Barcelone, exigea le serment des fonctionnaires publics; le plus grand nombre s’y refusa. Il les fit arrêter et remplacer, tant en les désignant lui-même qu'en m'en chargeant; par suite, il décida qu'il n’y aurait plus de capitaine-général espagnol et que ces fonctions seraient remplies par le commandant de la province; il consolida et augmenta les attributions de la commission de police‘ el y maintint le sieur Casanova comme commissaire général (Voir l'arrêté du général Saint-Cyr, pièce n° 9). Enfin il renvoya devant les tribunaux du pays l’affaire du nommé Canton que je lui avais soumise.
A la fin de mars, le général Saint-Cyr repartit pour Girone ; el depuis le défaut de communication, me privant de ses ordres, me replaça dans la position d’un commandant en chef.
Les fonctions de capitaine-général me rendirent président de la Royale Audience, de la junte et de toutes les administrations ; en cette qualité, J'ai dû recevoir et rejeter des requêtes dé toute espèce, prendre en séance de Junte générale plusieurs arrêtés
1. Cette commission, instituée autorité locale par l'acte de mise en état de siège, à rendu des services très importants qui ne peuvent être égalés par les torts, réels ou supposés, dont on peut Paccuser; que l’on considère l'opinion et le caractère des habitants de cette ville de plus de cent mille ämes! EL lon verra si, à moins d'intérêts puissants, on y pouvait trouver des hommes dévoués à espionner les autres! (Note de Duhesme).
essentiels qui sont consignés dans les registres de cette assemblée; les plus importants sont ceux de l'emprunt forcé de 60.000 piastres (environ 300.000 francs) sur les plus riches contribuables; l'établissement d’un impôt sur les maisons pour suppléer à la contribution personnelle, dont la longueur du blocus faisait chaque jour diminuer le produit; un droit de 5 p. 100 sur la sortie des marchandises.
Toutes ces recettes étaient recueillies par les agents et par les caisses espagnoles sous la direction de l’intendant.
Comme je m'étais rendu maitre de la campagne, dès que la moisson fut faite, je chargeai le commissaire ordonnateur de faire des réquisitions en blé et en orge ; les procès-verbaux ont constaté la rentrée d’environ 3.000 quintaux, ce qui augmenta nos approvisionnements. (Voir l’état donné par le commissaire, pièce n° 10.)
I y avait dans les magasins publics des objets qui me furent présentés comme inutiles, tels que papier, soufre, vitres, etc. ; J'ordonnai à l’intendant général d’en disposer pour couvrir des paiements arriérés et se procurer de nouvelles ressources.
Les rentrées des denrées de réquisition furent effectuées dans les mois de juillet et août ; les marchés pour du grain qui se firent par la junte produisirent aussi près de 3.000 quintaux qui furent versés dans les magasins en septembre, octobre et novembre 1809.
En septembre, je dirigeai une expédition sur le couvent de Montalègre ; et jy trouvai de telles ressources en vin que j'en fis entrer dans nos magasins près de 60.000 pintes, suivant l’état de l’ordonnateur (pièces déjà citées, n° 9 et 10).
Conformément à l'article 13 de mon arrêté de mise en état de siège, l’intendant général espagnol avait fait dresser des inventaires notariés de l’argenterie des églises, vérification faite des inventaires antéricurs à l’arrivée des Français.
Au mois de novembre, les besoins du service m'obligèrent de faire entrer àla Monnaie toute l’argenterie des couvents, excepté ce qui était nécessaire au service du culte. Cette opération se fit sur les inventaires dressés cinq à six mois auparavant et par les soins des autorités espagnoles ; l'administration française n'y eut aucune part.
La plus grande partie de cette argenterie était encore à la trésorerie espagnole avant mon départ.
Toutes ces mesures avaient Lellement augmenté nos magasins
et nos ressources qu'à la fin de décembre je calculais qu’elles pouvaient suffire pour attendre la moisson.
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Sur la demande du capitaine-général, je dus prescrire au colonel Fabre de remettre une certaine quantité de bronze et de cuivre à la disposition de l’intendant général qui la réclamait pour des besoins urgents ; du reste je ne sache: pas qu'il soit sorti autre chose en plus que les munitions de guerre consommées par les troupes.
Tout ce que l’on a recueilli en armes dans le désarmement du pays, ainsi que toute l'artillerie prise sur l'ennemi, a été mis aux arsenaux ; on a dû en faire sortir quelques armes pour le service des corsaires qui doivent les rendre.
Voilà donc à peu près le tableau succinct de mes opérations administratives ; je l’aurais étendu si, entre les procédés arbitraires que l’on a eu la coupable inconvenance d'exercer à mon égard à Barcelone, on n’eût pas eu celui de fouiller une malle où j'avais une partie de ma correspondance, et forcé mon secrétaire à livrer les registres et papiers qu'il avait à m'envoyer.
Au surplus, je répète que, à moins de faits personnels, les détails administratifs regardent les administrations et que ma responsabilité porte seulement sur les ordres que j'ai donnés. Mais ma première responsabilité était dans la conservation de Barcelone que j'ai dù garantir pendant deux ans, même ses dehors, tout en contenant sa tumullueuse population de 100,000 âmes au moins et repoussant des armées souvent quadruples et sans cesse renouvelées, quoique je n’eusse pendant la première année que dix mille combattants et la seconde cinq.
La force des circonstances a dirigé toutes mes mesures : si elles n'étaient justifiées parle succès le plus complet, je pourrais montrer que j'étais autorisé à les prendre par les instructions que j'ai reçues : Je n’en citerai que deux pour faire connaître que l'Empereur lui-même sentait combien, dès le commencement des hostilités, ma position était difficile, hors de toute règle ordinaire, et qu'il a élé satisfait de mes efflorts!,
[Arch. de la Guerre, 2$ juillet 1810].
1. Suivent, en effet, la lettre de Berthier à Duhesme, Bayonne, 16 juin 4808, et celle de Clarke à Duhesme, Paris, 20 janvier 1810. Le document se termine par une Note sur l'expédition de Granollers du 21 janvier 4810 et par un Résumé relatif au voyage à Barcelone au cours de cette expédition.
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TABLEAU DES CONTRIBUTIONS LEVÉES PAR ORDRE DU GÉNÉRAL DUHESME ET DE LEURS EMPLOIS.
Année 1808.
État des recettes effectuées par le payeur de l’armée des Pyrénées-Orientales pendant l’année 1808, savoir :
Contributions de la ville de Matard (arrêté de M. le général Duhesme du 24 juin 1808) :
Piéceites.
Versement du 27 juin (1er acompte). 10.500 11.200 fr. — du 6 juillet (2e acompte). 3.427 3.655 fr. 45 | 22.955 fr. 54 — du7 juillet (3° acompte). 1.4204/2 1.515fr. 41 ne + — du 13 juillet (4° acompte). 6.177 6.584 fr. 68 Observations. — Cette contribution fut frappée pour une
somme de 200.000 fr: ; mais cette ville ayant souffert lorsqu'elle fut enlevée de force, les principaux habitants s’étant enfuis, on ne put en tirer que la somme ci-contre dans les différentes fois où l’on y pénétra ; on fut d’autant plus obligé de la ménager que c'était encore le seul endroit où les habitants ne fuyaient pas en masse à notre approche et que les troupes qui y séjournèrent à différentes fois y furent toujours nourries par les soins des habitants qui avaient resté (sic).
Contribution de 50.000 piécettes par mois à compter du 1° juillet, imposée à la caisse de la province par arrêté de M. le général Duhesme du 21 août 1808 pour servir aux frais de manutention de divers services, etc. ; portée à 70.000 piécettes à compter du 1* septembre, suivant sa lettre du 10 octobre de
la même année : a Versement du 26 juillet . . 42.1871/2 piécettes %4.971 fr. 87\
— dusmriaont .-. 112500 — 13.325 — |
— du 14" — 2500 — 13.325 —