AVANT-PROPOS III
furent tous en relations avec Madrid et dont l’histoire ne peut se séparer totalement de celle du gouvernement Joséphiste central.
3 Enfin Napoléon à tenté en Catalogne ce qu'il n’a pas essaye ailleurs ; il a dès 1807 pensé à l’annexion du pays: en 1810, il a recommandé d’y « agir dans l’idée » qu’il voulait « réunir cette province à la France » ; en janvier 1819, il a d’abord signé, puis ajourné l’annexion pure et simple de la Catalogne à l’'Empire : il a dès lors tenté la « francisation » administrative du pays, y a envoyé des conseillers d'État, des préfets, des souspréfets, etc. ; il a prescrit d’y introduire les impôts, la Justice, la législation, bref toutes les institutions de l'Empire. La province à ainsi été un champ où se sont exercées successivement plusieurs formes de la domination impériale.
Nous présentons dans ce volume l’histoire de la première période de cette domination ; et, quoique le livre soit relativement mince, on le trouvera sans doute bien gros pour ce qu'il contient. Il est vrai que le souci de l'exactitude nous a amené à décomposer beaucoup. Nous nous interdisons la généralisation prématurée, et nous nous gardons de comparer, puisque les points de comparaison manquent. (Il n’y a pas d’études faites sur le régime de l'occupation militaire en Espagne.) Aussi notre horizon reste-t-il limité, et nous ne pensons point mériter d’autres éloges que ceux d’avoir travaillé assez consciencieusement et d'exposer avec une certaine précision les résultats de notre travail.
Nous avons eu beaucoup à nous louer, à tous les points de vue, de la bienveillance et de la complaisance extrêmes des archivistes qui ont aidé nos recherches et parfois attiré notre attention sur des fonds et des séries peu connus. Nous les remercions surtout d’avoir en général mis beaucoup de bonne grâce dans l'interprétation et l'emploi de ces savants règlements qui, maniés sans dextérilté, peuvent tant gêner les travailleurs. C'est pour nous un agréable devoir de témoigner ici notre gratitude à MM. les archivistes des Archives nationales, des ministères de la Guerre, des Affaires Étrangères, de la Justice, à Paris ; des archives historiques de Simancas et de Madrid, des différents dépôts d’archives de Barcelone et des Archives municipales de Girone. Ils ne s’offenseront pas de nous voir remercier plus spécialement ceux d’entre ;eux avec qui nous avons eu un