‹ La captivité de BarceloneChapitre 30 sur 181 · Duhesme à Berthier, Barcelone, 26 avril 4808, Arch. G · texte numérisé non relu

Duhesme à Berthier, Barcelone, 26 avril 4808, Arch. G

tranquillité un bruit absurde, qui courut à la fin du mois d'avril en dépit des déclarations formelles de Duhesme, n’était peut-être pas étranger : on disait dans la populace que l'Empereur venait de reconnaître Ferdinand VII”.

Mais en nrai il devint impossible aux Barcelonais de garder cette illusion. Les événements se précipitèrent : chaque courrier de Madrid apportait « des brandons », selon l’expression de Duhesme*; peu à peu celui-ci dut se rendre compte que l’incendie allait enfin éclater. Ezpeleta apprit le premier l’échauffourée du 2 mai à Madrid, et fit une proclamation pour engager les Barcelonais à la sagesse et à la modération; il leur rappelait que « les droits les plus sacrés sont anéantis par la turbulence et le désordre ». Il ajoutait : « L’infant D. Antonio et la junte suprême qui gouvernent la nation en l’absence de Sa Majesté sont les premiers à reconnaître que la tranquillité des peuples est nécessaire. » et il terminait par un appel aux classes supérieures pour maintenir l'harmonie entre la population et les troupes’. Duhesme de son côté ne laissa « pas ignorer à cette multitude ignorante et pré-

somptueuse la répression vigoureuse de la sédition de Madrid‘ ». Mais il n’était plus aussi sûr de l’avenir. « Le vœu des honnêtes gens, écrivait-il au major général le 8 mai, est pour la tranquillité et je leur inspire de la confiance. Mais le grand nombre d’ouvriers sans pain et sans ouvrage, la présomption naturelle des Catalans, dont la tête est encore montée, donnent de la prise aux agita-

4. Dühesme à Berthier, Barcelone, 28 avril 1808, Arch. G. Peut-être ce bruit était-il dû simplement à ce que les placards d’Ezpeleta portèrent enfin à ce moment et pour quelques jours, l'en-tête : « Don Fernando, por la gracia de Dios, Rey de Castilla, etc. »

2, Duhesme à Berthier, Barcelone, 8 mai 1808, Arch. G.

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