‹ La captivité de BarceloneChapitre 33 sur 181 · Diario de Barcelona du 15 au 22 mai · texte numérisé non relu

Diario de Barcelona du 15 au 22 mai

5. Il est évident que peindre sans atténuation le mécontentement publie en Espagne eût été maladroit et aurait pu blesser l'Empereur : C'eût été une forte critique contre sa politique. Cette préoccupation — ne pas paraître désapprouver la politique de. l'Empereur — a faussé dans le sens optimiste tous les renseignements qu'il s’est fait donner dans les six premiers mois de 1808. Il fallait même une certaine hardiesse à Duhesme pour oser en dire tant, surtout après la lecon que l'Empereur lui avait fait donner par Murat. Relativement aux autres généraux, il avait le parler très franc.

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lancés par la malveillance et des agitateurs sans doute soudoyés par les ennemis du continent. L'esprit public, semblable à un vaisseau que l’inconstance des vents fait louvoyer, continue, malgré les fausses directions que les factieux et les alarmistes cherchent à lui donner, à tendre au désir prononcé de voir le sort de l'Espagne assuré par une dynastie plus forte et plus éclairée que l’ancienne”. » A Rosas, où Napoléon n'avait pas voulu que Duhesme envoyât de troupes françaises, parce qu’il devait éviter d’éparpiller ses forces, la garnison espagnole laissait la croisière anglaise canonner dans le port un bateau français, qui y avait cherché un refuge”.

Une décision assez malencontreuse de Murat acheva de tout gâter. Comme la nouvelle du 2 mai n'avait pas provoqué en Catalogne d’agitation immédiate, il en conclut un peu vite que les Catalans méritaient sa confiance. « Je ne crains plus, écrivait-1l à l'Empereur le 14 mai, que la tranquillité publique soit troublée, puisque la province que j'avais le plus de raisons de soupçonner n’a pas même éprouvé les premiers symptômes d’insurrection, qui se sont manifestés dans les autres provinces. Je veux parler de la Catalogne, Aussi ai-je saisi avec empressement l’occasion de faire en sa faveur quelque chose qui lui sera extrêmement agréable, Un édit rendu sous Philippe V avait interdit à ses habitants Le port d'armes. Je viens de lui rendre le même privilège dont jouissent les autres provinces, et cela pour la bonne conduite que les Cata-

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