‹ La captivité de BarceloneChapitre 34 sur 181 · Duhesme à Berthier, Barcelone, 19 mai 1808, Arch. G · texte numérisé non relu

Duhesme à Berthier, Barcelone, 19 mai 1808, Arch. G

2. À Berthier, Bayonne, 15 mai 1808, Corr. Nap., n° 13891; Berthier à Duhesme, Bayonne, 15 mai 1808, Arch. G. ; Duhesme à Berthier, Barcelone, 15 mai 1808, 2bid.

lans ont tenue dans cette circonstance‘... » Un placard du cômte d’Ezpeleta fit connaître le 20 aux Catalans l’autorisation donnée par Murat?. Le capitaine-général, dont le principal vœu était l’'apaisement de la province, ne pen sait certainement pas à autre chose qu’à flatter l’amourpropre catalan : mais, dans l’état d’énervement et de sourde irritation où se trouvait le peuple, cette publication fut tout autrement interprétée.

Déjà, le 19, on se racontait à Barcelone que le Conseil de Castille faisait des difficultés pour accepter la renonciation de Charles IV*. Depuis quelques jours, le bruit courait même « que la Catalogne allait être appelée à s’armer afin d'être prête, au premier moment, à défendre la religion et la monarchie », Dans les villes et les campagnes, on pensa qu Ezpeleta donnait le signal de la prise d'armes. Les généraux français soupçonnèrent même une trahison : « On ne douta pas que quelques membres du conseil de Madrid, infidèles et factieux, n’eussent conseillé ce décret et ne s’en soient servis pour propager et hâter les moyens d’insurrection en Catalogne“. » Napoléon, très mécontent, s'en prit à son ambassadeur en Espagne, La Forest, qui aurait dû « éclairer le grand-duc de Berg » et non « l’entraîner à faire des sottises ». Murat s'élait, selon l'Empereur, laissé jouer par le Conseil de Castille : « On aurait dà profiter de l'événement de Madrid

1. Murat à l'Empereur, Madrid, 14 mai 1808, Corr. Murat, n° 307. Môme

explication dans une dépêche de La Forest du 11 mai. (G. de Grandmaison, Correspondance de La Forest, t. Rp. 7-8)

2. Bando d'Ezpeleta, Barcelone, 20 mai 1808, Arch. G. (publié le lendemain dans le Diario de Barcelona).

3. Rapport sur l’esprit public de la ville de Barcelone et du reste de la Catalogne, du 10 jusqu'au 20 mai, Arch. G. (20 mai 1808).

4. Duhesme à Murat, Barcelone, 20 mai 1808, Arch. G. ; Résumé historique des opérations.

5. La Forest n’avait pas encore le titre d'ambassadeur, mais il en touchait le traitement et en remplissait les fonctions ; il en avait même la qualité vis-à-vis des autorités françaises. (Napoléon attendait l'installation de Joseph à Madrid pour l’accréditer officiellement.) Décret daté de Bayonne, 30 avril, Arch. nat., AFiv plaq. 2207.

pour désarmer le plus possible, loin d'encourager à armer ». Cependant, continuant à juger la situation par les seules données stratégiques, il ajoutait : « La Catalogne æ toujours été tranquille... il n’y a rien à en craindre, puisque je suis maître des forts et que j'y ai beaucoup de troupes ‘. »

= Cependant les artisans de la capitale catalane profitaient de la bévue de Murat, et Duhesme en était informé : «Le petit peuple s’est véritablement porté à l'achat des armes avec une joie d'enfant, et l’on assure que plus de 4.000 armes ont été achetées à Barcelone dans ces jours derniers *.. » Quatre ou cinq soldats sont assassinés coup sur coup, des officiers, des sentinelles insultés * ; des colporteurs de mauvaises nouvelles arrivent de Madrid; des « agitateurs, partis de Barcelone », vont répandre le décret de Murat à Tarragone, à Mataré, à Lérida ; dans cette dernière ville, on arrache « avec violence toutes les affiches qui y paraissent de la part du gouvernement ». Le 24, on en fait autant à Barcelone. « Hier nous crûmes que nous serions obligés d’en venir aux mains à Barcelone ; la populace se porta en foule vers les affiches qui annonçalent la renonciation de Charles IV et de sa famille, les arracha avec violence, en vociférant contre les Français, et même contre le capitaine-général, à qui ils ne pardonnent pas la surprise des forts. J'avais prévu cette explosion; nos piquets étaient prêts, et je priai le capitainegénéral de faire remettre d’autres affiches et de faire arrêter les premiers factieux qui les arracheraient. Quelques-unes ont reparu, mais ont été arrachées pendant la nuit*. »

{TA Champagny, Bayonne, 17 mai 1808, Corr. Nap., n° 43913. Cf. à- Murat, Bayonne, 24 mai, ne 13971. La Forest défendit assez vivement (mais

à tort) la mesure du grand-duc (dépêche du 21 mai, Corresp. de La Forest, t. Ler, p. 30-31).

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