‹ La captivité de BarceloneChapitre 39 sur 181 · Arteche, Guerra de la Independencia, t. Ier, p · texte numérisé non relu

Arteche, Guerra de la Independencia, t. Ier, p

5. À Murat, Bayonne, 30 et 31 mai 1808, Corr. Nap., nes 14029 et 14031 ; Berthier à Duhesme, Bayonne, 30 mai 180$, Arch. G.: à Murat, Bayonne, 10 juin 1808, Corr. Nap., ne 14083 ; Résumé des opérations militaires du corps d'armée des Pyrénées-Orientales, Arch. nat., AFiv 4621. Ce document, rédigé sous la direction de Duhesme au fur et à mesure des événements, envoyé par fragments à Berthier à chaque occasion et en entier à Clarke en décembre 4808, ne fait pas double emploi avec le Résumé hislorique des opérations politiques et mililaires du général Duhesme, déjà souvent cité, Arch. G., Le carton de mars 1809 (Voir aux Notes critiques de la fin).

de grosses contributions sur les villes insurgées de Manresa et de Lérida*.

La colonne la plus forte était celle de Chabran ; pendant sa marche sur Tarragone, tout alla assez bien. À en croire Duhesme, Chabran aurait même été « reçu par tout le pays où il avait passé avec les démonstrations de l'amitié que devait inspirer la bonne conduite de ses troupes ». Arrivé à Tarragone le 8 juin, il trouva la ville à peu près calme. « Il y passa vingt-quatre heures qui furent employées à recevoir la soumission entière de toutes les autorités, de chaque corporation, des députations d'un très grand nombre de villages et la parole d'honneur du corps d’officiers du régiment suisse de Wimpfen, qui promirent de servir avec fidélité le gouvernement de l'Espagne présidé par $. A. I. le grand-duc de Berg et de ne jamais manquer à ce que prescrivait leur capitulation envers l’Empire français. » C’étaient là de belles promesses ; mais, si l'état-major du régiment tenait bien à rester neutre, les soldats, qui se souciaient assez peu des capitulations, n’attendaient que le départ de Chabran pour passer aux iINSUTLÉS ?

À. Les instructions de Duhesme, confiées au colonel Foresti, furent perdues par celui-ci et recueillies par les insurgés, qui les publièrent; elles sont reproduites entièrement par Blanch, t. Ier, p. 86, n. 1. Les contributions de Manresa et de Lérida étaient destinées à subvenir aux besoins de l’armée. Dans la suite de la guerre, Schwartz se révéla-comme un très médiocre officier.

2. Résumé des opérations militaires du corps d'armée des Pyrénées- Orientales, Arch. nat., AF1v 1621. Toutefois, quand le colonel du régiment suisse fit, en 1815, son rapport général au gouvernement de Soleure, il se félicita d’avoir empêché la réunion de ses troupes aux Français. Maag, Geschichle der Schweizertruppen, Ÿ. Ier, p. 221-225. Bien que nous nous imposions beaucoup de réserve en cette matière, nous croyons de quelque intérêt de donner ici l’état des services antérieurs de Chabran, qui fut un

des principaux lieutenants de Duhesme, d’après son dossier aux Arch. adm. de la Guerre : |

Chabran (Joseph), né le 21 juin 1763 à Cavaillon (Vaucluse), capitaine au 5° bataillon de volontaires nationaux des Bouches-du-Rhône, le 4août1792; capitaine de canonniers nommé provisoirement par le général en chef de l’armée d'Italie la 4e oct. 1792 ; adjoint à l'état-major du général Dumerbion le 12 mai 1793 ; nommé provisoirement adjudant-général chef de bataillon par les représentants du peuple près l’armée d'Italie le

Pendant ce temps, le général Schwartz se dirigeait, par la route de Lérida, sur Manresa; il comptait « visiter et fouiller Le couvent du Montserrat où l’on savait qu’il existait de grands rassemblements ». Sa colonne « traversa d’abord paisiblement » plusieurs bourgs « et elle fut même assez bien accueillie par leurs autorités constituées ». Mais, quand elle fut engagée, au pied du Montserrat, dans les défilés qui aboutissent au col et au village du Bruch, la scène changea : les hauteurs étaient couronnées de paysans armés, et, à dix lieues à la ronde, les cloches sonnaient, battant à toute volée au sommet des tours des églises. C'était la fameuse sonnerie du somaten, qui jadis appelait tous les hommes valides à se lever en masse, et qu’on n’avait plus entendue depuis un siècle. Schwartz repoussa d’abord les paysans mal armés et mal organisés qu'il avait en face de lui et couronna même les hauteurs; mais des renforts arrivaient aux insurgés, précédés d’un tambour qui battait furieusement la charge. Schwartz eut peur d’avoir affaire à des troupes régulières et, à vrai dire, il y avait parmi les combattants des soldats échappés de Barcelone, mais isolés; il apprenait « que, dans tous les endroits où il était passé le matin et la veille, on gâtait les chemins, on coupait les ponts et on barricadait les rues ». Il se décida à battre en retraite (6 juin). Il dut éviter les villages et laisser en route un de ses deux 95 février 1794 ; adjudant-général chef de brigade et maintenu à l’armée d'Italie le 13 juin 4795 ; général de brigade le 23 mai 1797; commandant la force armée dans le département des Basses-Alpes le 47 oct. 1797; commandant le département des Bouches-du-Rhône le 43 sept. 4798 ; employé à l’armée d'Hélvétie le 26 mov. 4798; passé à l'armée du Danube le 29 avril 1799 ; général de division le 23 juin 1799; passé à l'armée du Rhin le 6 décembre 1799 ; employé à l’armée de réserve le 25 février 1800 ; rentré dans ses foyers le 47 septembre 1800; compris sur le tableau de l'état-major général et disponible le 27 avril 1801; commandant la subdivision formée par les îles d'Aix, de Ré, d'Oléron et d'Yeu de la 12e division militaire le 9 juillet 4803, commandant la 17° division militaire le 17 sept. 1805, commandant la première division du corps d'observation des Pyrénées-Orientales le 20 mars 1808. (Une lettre de ce général à Clarke,

Toulouse, 25 mars 1808, apprend qu'il dut partir dans la nuit du 26 au 27.) Voir à l’appendice A pour la suite de la carrière de ce général,

canons ; dans la nuit du 7 au 8, plusieurs charrettes qui portaient ses blessés rentraient dans Barcelone”.

Chabran partit de Tarragone le 9 pour rentrer à Barcelone ; il eut lui-même beaucoup de mal à percer jusqu’au Llobregat : « Des bandits réunis de tous les points de la Catalogne avaient envahi Vendrell, Arbos et Villefranche [Villafranca] et avaient soulevé ces villes et toute la population environnante... » Des Suisses et tout un bataillon espagnol caserné à Villafranca s'étaient joints à eux, après s'être débarrassés de leurs officiers. Le soir du 9, Chabran dut cerner Arbos : « L’intention du général Chabran était d’épargner les habitants en faisant justice des brigands ; mais femmes, enfants, vieillards, tous s'étaient joints à eux et tous étaient dans ia plus grande fureur ; une grêle de coups de fusil partaient des maisons ; des poutres, des pierres étaient jetées des fenêtres et des toits sur nos soldats qui voulaient y pénétrer, en sorte que, pour épargner la vie de nos braves, on fut obligé de mettre le feu de tous les côtés et d’exterminer ainsi les rebelles par un incendie général”. » Il fallut encore combattre à Villafranca où « le général Chabran eut le bonheur de forcer les brigands sans être obligé de mettre le feu aux maisons; il se contenta de faire fusiller les chefs de l’insurrection de cette ville * ».

Pour faciliter la rentrée de Chabran, Duhesme dut balayer les paysans insurgés qui, après leur victoire du Bruch, avaient envahi la banlieue de Barcelone, « où ils exigeaient des vivres, prenaient les armes et emmenaient la jeunesse. Ils avaient porté l’audace jusqu’à attaquer un de nos caissons de cartouches, escorté par cinquante hommes, à une portée de fusil de la ville. Matar6, la seule ville qui nous fût restée fidèle, avait été entraînée

1. Résumé des opérations militaires; Blanch, t. Ier, p. 84 sq.; Arteche, t. I, p. 86-95; Ferrer, Barcelona cautiva, t. Ier, p. 116 sq : etc.

2. Résumé des opérations militaires ; cf. Blanch, t. Ie, p. 100-102; Arteche, t. II, p. 96-99.

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