Résumé des opérations militaires
Ar
dans l'exemple général par une troupe de paysans qui élait venue au secours des factieux de cette commune ». Le 10 juin, Duhesme attaquait, avec les troupes de Schwartz ralliées et renforcées, les villages du bas Llobregat et les emportait à la baïonnette : « Leurs villages éprouvèrent la juste fureur de nos soldats. » En d’autres termes, il y eut massacre et pillage effréné, « L’incendie de San-Boy qui, depuis notre entrée à Barcelone, avait été un foyer d’insurrection, a porté la terreur dans les villages des environs de la capitale ‘, »
Quelques jours après, les soldats de Lechi entraient à Mataro, y commettaient crimes sur crimes, et pillaient sans merci la petite ville : « J’ai vu, écrivait trois semaines après l'agent de Champagny, sur la promenade publique porter ouvertement le fruit de la rapine. Des officiers italiens portaient à leurs doigts, montraient à ceux de leurs femmes les diamants qui avaient été leur partage. On nomme le magasin où le général de cette division a pris son lot. » Et, après avoir raconté quelques-unes des atrocités commises et des représailles exercées par les Catalans, l’agent ajoutait, non sans quelque courage « Si cette guerre devait durer sous les auspices sous lesquels elle a commencé, elle deviendrait bientôt un enchaînement d'horreur et de forfaits particuliers. J'ai frissonné d’entendre dans le salon d’un négociant français menacer que Sa Majesté ferait de l'Espagne un vaste cimetière.. Je serai peut-être le seul par lequel il pourra parvenir jusqu'à Sa Majesté quelque notion de ce qui s'est passé *... »
1. Résumé des opérations militaires ; sur les pillages, Ricort G. Riera, Un recort de la Guerra de la Independencia, art. de la Renairensa, 1886, p. 469-173. (C’est la transcription d’une relation insérée dans le registre mortuaire du bourg de Molins-de-Rey par le curé Bartolomeu Rafols : massacre, pillages, profanations, incendie. L'article et le texte y inséré sont en catalan) ; Ferrer, Barcelona cauliva, t. Ier, p. 146-148 ; cf. Blanch, t. fer, p. 100-402. ;
2. Blondel à Champagny, Barcelone, 8 juillet 4808, Arch. des Aff, Etr.,
La province entière, sauf la Cerdagne, Figuières et Barcelone, était au pouvoir des insurgés ‘. Les communications avec la France devenaient difficiles par mer, impossibles par terre. Du gouvernement de Madrid, on était sans nouvelles, les autorités locales espagnoles étaient « sans initiative et sans prestige”? ». Duhesme dut dès lors « se regarder comme le mandataire du souverain dont il commandait l’armée » et, par la force des choses, prendre la direction « des actes du gouvernement ». C’est donc à partir de juin 1808 que les Français, isolés au milieu d’une population hostile et prévenue par le souvenir de leurs actes passés contre tous leurs actes futurs, prennent par nécessité la charge et la responsabilité d’administrer en Catalogne. La tâche était rude.
vol. 675, fos 332-334. On trouvera des citations plus étendues du rapport dans Geoffroy de Grandmaison, L'Espagne et Napoléon, p. 292-293.
4. Augier, général commandant le département des Pyrénées-Orientales, à Berthier, Perpignan, 24 juillet 1808; Arch. G.
2. La dernière lettre qui paraît être parvenue de Barcelone à Madrid fut écrite le 3 juin par Ezpeleta « qui demandait sa retraite » (cf. chapitre rm) au ministre O’Farrill. Elle parut de fâcheux augure : La Forest à Champagny, Madrid, 16 juin, Correspondance de La Forest, t. Ier, p. S7. Le 3 juillet, La Forest écrit : « Quant à la Catalogne, voilà un mois qu’on n’en reçoit pas plus de nouvelles que si elle élait isolée de la monarchie ». Ibid., p.140. Elle l'était en effet.