Voir chapitre second, 1v
2. Rapports de Mollien à l'Empereur, 13 et 27 juillet 1808, Arch. nat., AF1v 1610. \
3. Il faut signaler, parmi ces premiers paiements, celui de 300.006 francs de traites tirées par Duhesme sur Perpignan pour remboursement d’un emprunt fait sur place ; rapports de Mollien ci-dessus cités.
4. Dans quelle mesure la caisse du payeur du 7° corps (qui résida ordinairement à Perpignan) fut alimentée par le Trésor public de France, on ne peut le savoir de façon précise, les papiers du ministère du Trésor public ayant disparu en 1871 dans l'incendie du ministère des Finances. On peut souvent y suppléer quelque peu, il est vrai : 4° par les rapports de Mollien à l'Empereur, dans la série AFtv; 2 par les lettres de Napoléon à Mollien dans la Corr. Nap., et dans les Lettres inédites de Napoléon I, éd. Lecestre (il en manque d’ailleurs beaucoup, selon toute apparence) : 3° par les Mémoires d’un ministre du Trésor public, où il y à beaucoup de faits précis etimème de lettres de Napoléon, certainement authentiques (on peut s’en rendre compte par comparaison avec celles de ces pièces, qui ont été publiées postérieurement, soit dans la Corr. Nap., soit dans les Lettres inédiles, etc.)
Or, il n'y a, ni dans la série AFrv, ni dans les lettres de Napoléon, ni ‘dans les Mémoires, aucune mention d'un envoi de fonds pour la Catalogne entre juin 1808 et septembre 1809. À cette dernière dafe, on trouve mention d'un envoi de 800.000 francs de Perpignan à Figuières (Delcros, payeur du 7e corps à Augereau, Perpignan, 10 septembre 1809, Arch. G.\. Toutefois, le Trésor fit certainement des envois de juin 1808 à septembre 4809, car le payeur du 7e corps, en écrivant à Augereau (Perpignan, à juillet 4809, Arch. G.) dit incidemment : « Les fonds que le Trésor public me fait pour le paiement de la solde de l’armée... » Donc il y a eu des envois de fonds entre juiu 1808 et septembre 1809. À combien se sont-ils montés, et quelle était leur proportion aux besoins? On ne peut l'indiquer. Ce qui est certain, et nous le montrons plus loin, c’est que la solde souffrit des retards considérables, au moins dans certaines divisions, celles qui étaient éloignées de l'Ampurdan surtout. Cela appelle naturellement l’explication suivante : la solde manquait par l'impossibilité où on était de faire parvenir le numéraire. Mais, si cette explication suffit à expliquer de légers retards, de deux ou de trois mois par exemple, elle ne suffit point à expliquer les
arriérés de six mois et d’un an pour la garnison de Barcelone: s’il avait
suffi d’un transfert de fonds, on pouvait le faire bar lettres de change (on s'était servi du moyen au début, en 1808). On est donc obligé, tout en admettant à titre partiel la première explication, de faire appel à une autre raison, l'insuffisance des fonds mis à la disposition du payeur du 7e corps. Napoléon peut très bien, une fois la guerre commencée en Catalogne et dans toute l'Espagne, avoir considéré l’article 3 de la convention de Fontainebleau comme sans valeur, et avoir compté en partie sur les contributions extraordinaires levées dans le pays pour solder les troupes (cette question
Te
qu'au bout de quelque temps, on signale pour la plupart des corps de grands retards dans les paiements : or la solde était nécessaire, non seulement pour garnir le gousset du soldat, mais aussi pour entretenir l’habillement et l'équipement. En janvier 1809, la solde est « arriérée de plusieurs mois » dans les divisions Chabran et Lechi; le 6 mars suivant, Gouvion-Saint-Cyr signale que ses troupes sont « sans solde » et par suite « sans souliers etune grande partie sans vêtements ». Un officier envoyé en mission par Clarke écrit quelques jours après dans son rapport : « La solde est due à plusieurs corps depuis sept mois, et les officiers ne vivent que de leur ration de pain ». Le 4 septembre 1809, il y a huit ou neuf mois d’arriéré pour la garnison de Barcelone; le 14 novembre, il y en aunan°, Du moment où on était en état de guerre ouverte et prolongée, l'Empereur comptait probablement sur les contributions extraordinaires pour alimenter, au moins en partie, les caisses de ses payeurs en Espagne.
En ce qui concerne les vivres, Napoléon entendait dès le début qu'ils fussent entièrement fournis par les autorités espagnoles; et il consentit seulement à expédier le grain nécessaire pour former à Barcelone un petit approvi-
ne semble pas, pour l'Espagne en général, avoir été clairement réglée au début avec Joseph). Lors de l'expédition de Junot en Portugal, le Trésor publie fournit la solde au début, pendant le passage des troupes en Espagne; mais ensuite l'Empereur ordonna de prendre cette dépense « sur les contributions du royaume de Portugal ». (A Mollien, Milan, 23 décembre 1807, dans les Mémoires de celui-ci, t. Il, p. 265, n. 1; même ordre dans une lettre à Clarke du même jour, Corr. Nap., n° 13412). On procéda de même en Autriche en 4809 : à Mollien, 8 août 1809, Corr. Nap., no 45628. Remarquer qu'en mars 1809, Saint-Cyr déclare « la solde de plusieurs corps arriérée depuis sept mois », c’est-à-dire depuis fin août, date de la formation du 7e corps.
4. Mollien, Mémoires d'un ministre du Trésor publie, t. II, p. 72, n. 1.
2. Gouvion-Saint-Cyr à l'Empereur, Villafranca, 23 janvier 1809 (Arch. nat. AFrv 4624) et à Berthier (Valls), 6 mars 1809 (Arch. G.); rapports de Noaiïlles à Clarke, Paris, 23 et 27 mars 4809, ibid.; Duhesme à Clarke, Barcelone, 4 septembre 1809, Arch. nat., AFrv 1625 ; Duhesme à Berthier, Barcelone, 44 novembre 1809, ibid.; Résumé historique des opérations politiques et militaires du général Duhesme, Arch. G. (première quinzaine de mars 1809).
sionnement de siège pour la Gitadelle et le Monjuch. Lorsque l'insurrection éclata, il ne changea naturellement point, en principe, sa façon de voir. Toutefois, il tenait avant tout à ne point perdre Barcelone’, et Duhesme, le plus souvent bloqué, déclarait que le manque de vivres était ce qui risquait le plus de faire tomber la place’. Dans ces conditions, l'Empereur consentit à aider sérieusement Duhesme, soit en lui faisant expédier par mer et pour le compte du gouvernement de grands convois’, ce qui n’allait pas sans difficultés à cause des croisières anglaises, soit en accordant aux commerçants, qui se risqueraient à porter des vivres à Barcelone, le droit d’introduire en France des denrées coloniales’. L'Empereur
4. À Berthier, Bayonne, 16 juin 1808, Corr. Nap., n° 14100 ; Berthier à Duhesme, Bayonne, 46 juin 1808, Arch. G.; Laffaille, Mémoires sur la campagne du corps d'armée des Pyrénées-Orientales en 4808, p. 133.
2. Berthier à Duhesme, Bordeaux, 2 août 1808, Arch. G. Cette lettre, écrite sur ordre verbal de l'Empereur, roule entièrement sur la nécessité de « porter la plus grande attention à Barcelone ».
3. « Je ne puis m'empêcher d'annoncer que Barcelone ‘tombera, faute de subsistances, si on ne prend pas de moyens efficaces pour lPapprovisionnement », écrit Duhesme à Berthier, Barcelone, 25 janvier 1809, Arch. nat., AFrv 1621. Cf. l’ordonnateur Rey à Dejean, Perpignan, 23 octobre 1808, Arch. G. Cf. encore Duhesme à Berthier, Barcelone, 14 avril 1809, Arch. nat., AFrv 1621 : « Le salut de Barcelone est donc attaché à la prompte ouverture des communications par terre et à la protection des arrivages par mer... » Ge qui montre d’ailleurs le mieux l'importance que Napoléon attachait au ravitaillement de Barcelone, c’est qu'il fit courir à une partie de son escadre de Toulon un risque sérieux pour l’assurer (voir la note suivante).
4. Un premier convoi partit de Collioure à la fin de novembre 1808; Gouvion-Saint-Cyr à Berthier, Figuières, 30 novembre 1808, Arch. nat., AFrv 1621. Un autre, beaucoup plus important, protégé par toute une escadre partie de Toulon sous le contre-amiral Cosmao, jeta dans Barcelone, le 27 avril 1809, 17.031 quintaux de blé et 8.391 de farine : Napoléon : à Ganteaume, Paris, 29 mars 1808, Corr. Nap., n° 14970; Dejean à Clarke, 27 avril 1809, Arch. G.; Decrès à Dejean, 13 mai 1809, 40:d.; Gouvion- Saint-Cyr à Clarke, Vich, 12 mai 1809. 5did., ete. On fit encore une tentative de grand convoi en octobre 1809, mais elle échoua complètement; le convoi, attaqué par les Anglais, dut se réfugier à Rosas et y fut en grande partie brûlé ; à Decrès, Schœænbrunn, 18 juillet 4809, Corr. Nap., n° 15553; Clarke à l'Empereur, 2 novembre 1809, Arch. nat., AFrv 1618. Au mois de novembre, on s'occupait pourtant encore d'organiser un nouveau convoi; feuille de travail de l'administration de la Guerre, 29 novembre 1809, Arch. nat., AFrv 968.
5. Voir notamment décret impérial de Wolkersdorf, 7 juillet 1809, Arch. nat., AFrv plaq. 2885 (et plusieurs autres analogues).
entendait bien d’ailleurs ne fournir de vivres que dans la mesure où Duhesme ne pourrait se les procurer aux dépens du pays. Et ce général dut, pour nourrir ses troupes et ses chevaux, avoir recours en outre à des saisies, à de fréquentes réquisitions sur les villages voisins, enfin à des courses audacieuses, véritables razzias qu'il poussait jusque dans le Vallés, à sept et huit lieues des murs de la - place‘
Quant aux troupes de Gouvion-Saint-Cyr, qui devaient opérer en rase campagne, l'Empereur entendait bien ne plus avoir à les nourrir, dès qu'elles auraient passé la frontière *. Nul n’a plus que lui pratiqué l’axiome : « La guerre doit nourrir la guerre ». En donnant « carte blanche » au nouveau commandant du 7° corps, Napoléon lui faisait écrire : « Votre direction générale doit avoir pour principes les dispositions suivantes : 1° Secourir le général Duhesme. 2° Faire à Figuières des magasins considérables aux dépens de l’ennemi. 3° Soumettre les vallées et faire porter à l'ennemi tout le poids de la guerre”, » Saint-Cyr et son ordonnateur ayant réclamé avec instance des secours sérieux‘, le ministre-directeur de l’'administration de la Guerre D répondit d’abord que l’on devait trouver des vivres en Catalogne comme ailleurs et qu'il ne pouvait plus rien fournir, sauf du biscuit, sans un ordre spécial de Sa Majesté”. Devant les vives représentations de Saint-Cyr qui, s'adressant directement à Napoléon,
1. Résumé historique des opérations, Arch. G. (premiôre quinzaine de mars 1809) ; Résumé des opérations militaires, déc. 1808. Arch. nat., AFiv 1621 ; Duhesme à Clarke, Barcelone, 13 décembre 1809, ibid.: arrêté de Duhesme, Barcelone, 22 décembre 1808 (pour l’organisation des réquisitions) dans le Diario de Barcelona du 26, elc., ete.