Résumé historique des opérations
2. Ce n’est qu’en janv. 1809, qu’apparaîtra le « secrétaire du commandement général de Catalogne », Guinard. Cf. Duhesme à Berthier, 19novembre 1808. Arch. G.
3. Laffaille, p. 134, en note. Duhesme avait eu jusque-là en qualité de chef d'état-major le chef d’escadron Ordonneau, qui partit sur Figuières. avec Reille et rentra pour quelque temps en France avec un congé.
Porte (Jean-Gille-Denis), né le 9 octobre 1759, devint procurcur-syndic du district de Grenade ; inscrit comme chasseur dans la Légion des Pyrénées depuis le 5 novembre 1792, capitaine dans ce corps le 1er février 4793, il abandonna ses fonctions administratives et son foyer (il était père de famille) pour l’armée des Pyrénées-Orientales, où il devait se distinguer
= surtout en 1794 en Cerdagne (Chuquet, Dugommier, p. 347 sq.) et recevoir
deux blessures, le 2 brumaire an III (23 octobre 4794) : il étaitalors, et depuis le 44 brumaire an Il, adjudant-général chef de brigade. La paix faite, il fut nommé au Corps législatif et siégea aux Cinq-Cents jusqu’en l’an VII; il y rapporta le projet de loi sur la réorganisation de la gendarmerie. Le 18 pluviôse an VIIL, il fut nommé sous-inspecteur aux revues. Il servit en cette qualité, en l'an VIII et en l'an IX « dans la Franconie » avec l'armée gallo-batave, où il fit sans doute la connaissance de Duhesme. En l'an XII et en l’an XIV, on le trouve employé à l’armée du Nord, et en 1806, ilest en Hollande. Envoyé à Barcelone en mars 1808, il devait rester à l'armée de Catalogne jusqu’en mai 1811. Ii ne semble pas avoir été inquiété lors des enquêtes faites en 1810, et les rapports d’Augereau, etc.,: à cette date ne contiennent rien contre lui (voir au chapitre VII et à l’appendice A). Toutefois, à partir de l’arrivée d’Augereau à Barcelone en janvier 1810, il ne cessa de solliciter un congé : il en obtint un de deux mois en mai 1841 ; au 31 mars 1812, il cessa de compter à l'armée de Catalogne. Mis à la retraite sans être monté en grade le 24 septembre 1845, il mourut en 1835. Au temps de la Convention il s'était montré ardent patriote et chaud républicain (le tout d’après son état de services dressé sous l'Empire et son dossier, aux Arch. adm. de la G.).
général en chef. Mais il est probable qu’il ne les inspira guère, car personne ne songea jamais à l’en rendre responsable. Les auxiliaires réels de Duhesme furent plutôt Lechi etle commissaire général Casanova pour les mesures de police et de sûreté générale, le commissaire des guerres Augier pour les mesures financières '. C’étaient eux qui présentaient à la signature du général les arrêtés qui leur paraissaient nécessaires, et qui lui en exposaient les motifs ; ils le faisaient sans doute le plus souvent de vive voix, rarement par écrit, contrairement aux règles ordinaïres de l’administration impériale?. Ces arrêtés n'étaient point enregistrés par l’'Audience, comme auparavant les édits des capitaines-généraux. S'ils devaient être connus du public, ils étaient simplement publiés au Diario de Barcelona sans autre garantie d'authenticité que le contreseing du chef d'état-major. Duhesme augmenta même une fois le montant des sommes à verser dans la caisse du payeur par une simple lettre à la junte et sans prendre d’arrêté*. Bref, l’organisation du gouvernement resta tout à fait sommaire.
Les préoccupations de son chef restèrent également très
4. Le contre-seing de Porte figure sur les arrêtés publiés au Diario de Barcelona à partir du 7 sept. 1808 ; cf. nes du 13, du 23, du 29 septembre, etc. Le rôle considérable de Lechi et de Casanova dans les décisions du gouvernement est attesté par Duhesme lui-même, dans le Résumé historique des opérations, dans le Mémoire présenté le 3 février 1811 à $S. E. Monseigneur le ministre de la Guerre (Arch. G., 27 juillet 4810), dans la Réponse de M. le général Duhesme à S. E. Monseigneur le duc de Feltre, ministre de la Guerre, Paris, 26 août 1810 (Arch. G., à la même date), etc. ; par Blondel,dans son Rapport sur Barcelone au 15 décembre 1809, Arch. des AfF. Etr., Mém. et doc., Esp., vol. 210, fos 305-316, et par l’auteur des Renseignements sur Barcelone (Lautrec), Arch. nat., F7 6554 ; celui d'Augier par Duhesme, dans le Mémoire abrégé du général Duhesme (présenté le 4 août 1810), Arch. G. (28 juillet 1810).
2. Un seul rapport figure pour cette période dans les papiers de Duhesme (en copie aux Arch. G.) : c’est le Rapport sur les finances de la province de Catalogne à l’époque du 22 septembre 1808 (Arch. G.), du commissaire Augier. Or, ces papiers comprennent presque toutes les pièces que Duhesme mentionne dans ses différents écrits comme reçues par lui.
3. Tableau des contributions levées par ordre du général Duhesme, Arch. G., 28 juillet 14810.
limitées : après comme avant l’état de siège, Duhesme ne s’intéressa guère qu’à la sûreté de l’armée, qu'aux subsistances et à la rentrée des contributions’. Administrer, c'était à ses yeux presque uniquement s'occuper de la police et des services financiers ; et, quand il exprimait à Berthier son désir d’être secondé par des auxiliaires civils, c'était dans les termes suivants : «J’ai bien établi un commissaire de police, mais il me faudrait un homme qui ait travaillé dans les bureaux de France pour la bien organiser. J’aurais besoin d’un bon administrateur et intendant des finances, car je ne puis pas suffire à tout...? » Aussi est-ce presque uniquement par d’énergiques mesures fiscales et policières que s’attesta l’activité du nouveau gouvernement. Il est vrai que les nouveaux organismes financiers et surtout la police étaient fort envahissants et réduisaient par suite le rôle des autorités maintenues en fonctions *.
Celles-ci ne s’en plaignaient sans doute point; elles semblaient ne demander qu’à échapper à lattention et profitaient de l'indifférence de Duhesme pour ne rien faire. Elles étaient d’ailleurs désorganisées par l’émigration. A la suite de l’emprisonnement des otages, le secrétaire général de la province s'était enfui; après la mise en état de siège, le régent de l’Audience et plusieurs membres de cette cour en firent autant; vingt jours après ce fut le tour de M. de Witte, maréchal-de-camp, gouverneur et corrégidor de Barcelone, qui avait d’ailleurs résigné ses fonctions depuis le mois d'août”; enfin au début de
1. Duhesme à Berthier, Barcelone, 20 septembre, 11 et 19 novembre 1808, Arch. G.; Résumé historique des opérations; etc. Tous les arrêtés. de Duhesme insérés au Diario du 13 septembre au 17 décembre 1808 sont relatifs à ces questions.