Résumé historique des opérations
fonctionnaires « de la nouvelle marque ». A leurs yeux, le régent Medinabeytia était un plat valet; on ne lui pardonna point surtout d’avoir joué un rôle trop marqué dans la répression du complot, alors que l'affaire était pourtant instruite et jugée par une commission militaire : on se raconta qu'il avait appris leur métier aux forçats chargés de l'exécution et avait manœuvré devant eux la garrotte et la corde. Les plaideurs et même les criminels condamnés en première instance avant le parjure des magistrats ne voulaient pas aller en appel devant l’Audience, même quand ils étaient sûrs d'y gagner leur cause ou d'y voir réduire leur peine, déclare Ferrer”. On accusait les régidors de trafiquer sur la mouture des farines ; et peu de temps après la réorganisation de l’Ayuntamiento, le plus marquant des régidors, M. de Ferrater, faillit être assommé en plein jour par un inconnu*. On se consolait des platitudes de l’intendant et de ses nouveaux employés en constatant que le premier était Français d’origine et les autres de naissance‘. Les gens aisés ou riches, qui recevaient jadis, fermaient obstinément leur porte aux Français et plus encore à leurs partisans catalans.
En effet, et c’était bien là de quoi exaspérerles Catalans, Duhesme employait maintenant de plus en plus les étrangers. Parmi les nouveaux régidors, un était italien ; tout le
1. Ferrer, Barcel. caut., t. III, p. 465-466, 469, 500, etc. Cf. Blondel à Champagny, Barcelone, 31 mai 4809, Arch. des Aff. Etr., vol. 679, fes 124- 495 : « J'ai eu l'occasion de me trouver quelquefois avec le régent actuel de l’Audience, qui en était autrefois le fiscal... Il me parla plusieurs fois avec complaisance de son président, le général Duhesme. » D’après Blondel, Medinabeytia, qui avait lu « Montesquieu, Voltaire et Rousseau », se déclarait prêt à prêter serment à l'Empereur, et on peut le croire, en effet.