Résumé historique des opérations
2, Résumé historique des opérations.
3. Proclamation d'Augereau, 44 novembre 1809, Arch. G. : l'ordonnateur
Rey à Augereau, Figuières, 30 novembre et 3 décembre 1809, ibid. ; Augereau à Clarke, Fornells, 25 octobre 1809.
tions‘. Là aussi, on vivait dans le provisoire et on parait tant bien que mal aux nécessités urgentes.
Avec la prise de Girone en décembre 1809 pour l’'Ampurdan, et pour Barcelone avec l’arrivée d’Augereau dans cette ville en janvier 1810, se termine ce que nous avons cru pouvoir dénommer le régime du gouvernement improvisé. Ce régime avait varié suivant les lieux : on avait vu à l’œuvre en Haute-Catalogne un commissaire royal à peu près impuissant et probablement plus théoricien que réaliste ; à Barcelone un général autoritaire, pratique, prompt à l’action et peu soucieux des principes. Aussi le gouvernement « intrus » n’avait-il guère eu de réalité que dans la capitale de la Catalogne.
Il n'avait d’ailleurs été établi que par degrés et à titre d’expédient., Il avait eu sa raison d’être dans des circonstances locales et en apparence très momentanées. Il avait été à peu près autonome en ce sens que toute impulsion, toute direction centrale avaient presque totalement manqué au créateur du régime et aux détenteurs de l'autorité. Il avait fallu longtemps pour que la population même fût nettement fixée sur une question fondamentale, le principe duquel émanait l'autorité, et sûtau nom de qui on essayait de la gouverner. Et la proclamation de lautorité joséphiste n'avait été en définitive qu’une sorte de fiction, qui avait permis au général Duhesme d'agir plus encore à sa guise que par le passé. Les institutions antérieures n'avaient subi aucune modification de principe ; leur fonctionnement était resté théoriquement le même, et n'avait été
1. Puig à Augereau, Figuières, 16, 18 octobre 1809, etc. (Arch. G.: il \ a des rapports de lui deux ou trois fois par semaine, en octobre et novembre 1809, toujours sur les mêmes sujets).
modifié par aucune réforme. On y avait superposé des institutions provisoires nouvelles, inconnues jusque-là dans le pays, mais sans penser à les implanter, sans les supposer définitives. Le gouvernement militaire s'était établi sans instructions précises ; ses détenteurs n'avaient jamais eu une pensée directrice, n’avaient jamais formé un plan d'ensemble, et leur programme avait été à peu près uniquement de faire vivre l’armée, de conserver une grande place et de contenir les habitants irrités.
Mais le régime du gouvernement improvisé avait suffi aux besoins de l’armée par des moyens financiers spéciaux et par des procédés de nature exceptionnelle ; il avait importé en Catalogne une institution nouvelle dans le pays, la police administrative à la française. Le fonctionnement des finances et de la police avait naturellement eu des conséquences, en contribuant à créer un étal économique et en agissant sur l'esprit public. Après avoir étudié les origines, le caractère et les transformations du gouvernement improvisé, il convient d'étudier son œuvre en elle-même et dans ses résultats.
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