Duhesme à Berthier, Barcelone, 23 août 1808, Arch. G
3. Résumé historique des opérations; Ferrer, t. Ier, p. 169; le Tableau des contributions levées par le général Duhesme indique que l'emprunt fut versé le 19 juin, et « remboursé les 14 et 27 septembre 1808 » en lettres de change sur Perpignan.
4. Mémoire abrégé du général Duhesme ; Procès-verbaux de la junte en juillet et août 1808, Arch. mun. Barcel., of recib., 1808, séance du 5 juillet.
risa pendant plus de quinze jours : enfin, après l’incarcération des otages, cette commission vint proposer le 7 août à l'assemblée d'établir une loterie, projet qui n’eut pas de suite, d'élever un peu l’impôt sur la mouture des grains, ce qui ne pouvait rendre grand’chose, mais aussi de charger le corrégidor de procéder militairement au recouvrement de la contribution *. Ce n’était sans doute d’ailleurs qu'une manifestation, destinée à adoucir Lechi et qui n’eut point alors d’autres conséquences. Tous les votes, toutes les décisions de la junte ne parvinrent point à assurer au payeur les 50.000 pesetas requises ? ; le rendement de la contribution mensuelle, faible en juillet, diminua encore en août *; ce furent surtout les otages qui versèrent l’argent nécessaire pour permettre au fournisseur des vivres de continuer ses livraisons “* ; enfin « le service courant était si peu assuré que souvent on ne pouvait procurer les différentes distributions du vin et du réal en remplacement de la viande que le soir du jour qu’elles revenaient à la troupe * ».
Donc, quand Duhesme, revenu de son expédition sur Girone, se décida à s’occuper directement de la question financière, il n'avait point tort, étant donné son point de vue, de se substituer à la junte. Celle-ti n’avait proposé de mesures sérieuses que quand on l'avait effrayée, et elle n’avait pas obtenu assez de résultats; comme autorité
À. Procès-verbaux de la junte, séances des 19 et 29 juillet, du 7 août.
2, Le Tableau des contributions levées par ordre du général Duhesme indique les différents versements faits au payeur : il ne reçut, du {+ juillet au 30 septembre, que 100.000 pesetas au lieu de 150.000.
3. Nous avons, en annexe au Compte-rendu par Pelletier, secrétaire de la Commission administrative (Arch. G., 14 février 1811) la Note de l'argent reçu chaque mois par le receveur des contributions de Barcelone, Galceran (en douros); en comptant en pesetas, on à en juillet 236.907 pesctas, en août 108.065.
4. Ferrer, Barcelona cautiva, t. Ier, p. 323-324; Rapport de la division italienne du 45 juillet au 20 août 1808, Barcelone, 21 août 1808, Arch. nat., AFiv 1621.
5, Résumé historique des opérations.
agissante, elle avait échoué. Mais du moins cette assemblée avait pris des décisions de principe importantes pour l’avenir : elle avait rétabli l'hôtel des Monnaies, elle avait institué la contribution mensuelle extraordinaire sur les gens aisés, elle avait même indiqué le moyen de la faire payer. Dans l’organisation de ses finances, Duhesme devait tenir grand compte de ces indications : son rôle allait être, non point de transformer le système financier établi par la junte, mais de le compléter, et surtout de l'imposer aux Barcelonais, en l’enrichissant de vigoureuses mesures exécutoires.
Ce fut dans les derniers jours d'août et au cours du mois de septembre que Duhesme prit les mesures destinées à asseoir plus solidement les finances du gouvernement improvisé-'; il ne procéda point avec une grande ‘méthode, et à vrai dire il eût fallu, pour procéder méthodiquement, avoir des loisirs et ne point chercher avant tout la recette immédiate *. Aussi les arrêtés se succédèrent-ils pendant six semaines sans ordre apparent, en se complétant ou en se corrigeant les uns les autres. Les mesures les plus essentielles relatives à l’assiette, à la répartition et à la perception des impôts avaient déjà été prises, lorsque le commissaire Augier remit un travail d'ensemble sur la situation financière, travail où étaient indiqués le montant des arriérés, les besoins courants à satisfaire, et le but à atteindre *. Il semble qu'en bonne
4. Duhesme à Berthier, Barcelone, 20 sept. 1808, Arch. G.; cf. Résumé historique des opérations.
2. « Tous ces services ne pouvaient se faire qu'avec de l'argent et de l'argent comptant : car personne ne se présentait pour passer des marchés ». Résumé historique des opérations.
3. Rapport sur les finances de la province de Catalogne à l’époque du 22 septembre 1808, Arch. G. (sous cette date).
logique il eût fallu commencer par là. Mais on travaillait sans plan d'ensemble, on ne cherchait pas à construire rationnellement un édifice financier ; on était talonnépar des nécessités immédiates, et on se hâtait d'assurer des recettes pour les besoins courants avant même de bien se rendre compte de l’ensemble des dépenses auxquelles on avait à faire face !.
Dans son travail, le commissaire Augier ne dissimulait point la gravité de la situation, mais il prétendait indiquer en même temps les moyens d'y remédier. IL évaluait à 500.000 pesetas la somme nécessaire pour l'entretien et les services de l’armée, à 100.000 celle qu'il fallait pour payer les appointements des fonctionnaires et employés espagnols. Il proposait en conséquence de porter à 600.000 pesetas par mois la contribution mensuelle sur les habitants aisés. De cette façon, l'énorme arriéré déjà existant, arriéré partiellement antérieur à l'insurrection et même à l’arrivée des Français, ne s’augmenterait plus ; Augier allait jusqu’à prétendre qu'on pourrait éteindre graduellement les dettes laissées par les autorités espagnoles, en y appliquant les ressources extraordinaires qu'on pourrait se procurer occasionnellement et les économies qu’on pourrait faire, quand les troupes tiendraient la campagne. Or cet arriéré s'élevait à près de quatre millions de pesetas, dont 818.125 pour fournitures faites aux troupes françaises. Le commissaire Augier ne s’en effrayait point et tenait surtout à amortir la dette vis-àvis des fournisseurs ; il concluait gravement : « Il sera
Balthazar Augier, né à Lyon le 8 janv. 1764, soldat et sous-officier de juillet 1782 à oct. 1793, était devenu commissaire des guerres provisoire en 1793 et commissaire titulaire en 4795. Son dossier (Arch. adm. de la G.) contient des notes très élogieuses. Voir aussi Appendice À.
1. On à vu plus haut que, en juillet et août, on n'évaluait les besoins mensuels qu'à 400.000 pesetas. (A partir d'ici, nous réduisons tous les chiffres, qui sont exprimés tantôt en douros, tantôt en pesetas, tantôt en réaux, tantôt en francs, à l'équivalent en pesetas ou en francs, en négli-
geant les fractions de pesetas ou de francs, dont il est d’ailleurs tenu compte dans les totalisations.) |
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glorieux pour vous, en présentant un jour cette seconde capitale des Espagnes à Sa Majesté Catholique, de pouvoir lui dire : « Je vous lai conservée paisible; et si elle a « connu mon pouvoir par l'effet des malheureuses cir- « constances qui affligent tout le royaume, je n’en ai fait « usage que pour améliorer vos finances dans l’une de « vos plus belles provinces, en éteignant, par des moyens « doux et presque insensibles sur les habitants, une dette « considérable qui ‘aurait pesé un jour sur son trésor « public *.
« améliorer » les finances du roi Joseph: l'essentiel était
» Duhesme ne tenait guère sans doute à
pour lui d'assurer, par des « moyens doux » ou par des moyens rudes, les services de l’armée; même après le rapport d’Augier, il ne demanda que 500.000 pesetas à la contribution mensuelle, en souhaitant sans doute de pou-
voir réellement les obtenir *; les employés et fonction-
naires espagnols vivraient comme ils pourraient, et l’arriéré ne serait point comblé : on aurait assez de vivre au jour le jour.
En homme pratique, Duhesme ne chercha à obtenir que l'indispensable ; il se résigna même vite à renoncer aux emprunts pour la solde, et après avoir imposé à la fin d'août un deuxième versement remboursable de 300.000 francs au commerce barcelonais, il ne renouvela plus cette
tentative *. Il ne chargea point non plus les caisses
1.11 y à bien son. Augier veut-il dire le «Trésor public » de la province, ou est-ce une inadvertance pour « votre »? Je pencherais pour la seconde explication ; il est d’ailleurs possible que son représente V. M. C., forme qu'Augier n’a point employée, mais à laquelle il à pu penser. Ces confusions dans les adjectifs possessifs ne sont pas rares, à l’époque impériale, chez des gens peu habitués à la syntaxe spéciale nécessitée par le rétablissement des Majestés, des Altesses et des Excellences.
2. Mémoire abrégé du général Duhesme, présenté le 4 août 18140, Arch. G. (28 juillet 1810); Résumé historique des opérations, Arch. G. (première quinzaine de mars 1809). S -
3. Du moins jusqu'en avril-août 1809. L’emprunt ouvert en août 1808 n’alla point sans difficulté (d’après Ferrer, t. Ier, p. 338-344) : les versements ne furent faits qu’en trois fois, les 5 et 23 sept., et le 10 octobre : ils ne produisirent que 297.335 francs, qui furent remboursés le 22 oct. « en
publiques des frais nécessaires pour sa police, et cette dernière pourvut elle-même à son entretien par des recettes Spéciales *, Grâce aux livraisons de grains déjà faites par le fournisseur Durand, à des réquisitions dans les villages voisins, à des razzias dans le Vallés, à des saisies de blé caché par des négociants émigrés et à d’autres moyens encore, On avait amassé avant la fin de septembre de la paille, de lavoine et du grain pour quatre mois environ. Duhesme ne chercha point, pour le moment, à en accumuler davantage aux frais des habitants ?. La somme à verser par la junte dans la caisse du payeur allait, il est vrai, être portée bientôt de 50.000 à 70.000 pesetas; par mois *. Mais, dans l'ensemble, Duhesme s’en tint à peu près à ses exigences premières. Il lui fallait, outre l'argent à verser au payeur, du vin, des vivres pour la troupe, de la viande pour les hôpitaux et l'indemnité représentative d’un réal pour les soldats *. Le reste était secondaire: : et, à vrai dire, 500,000 pesetas par mois représentaient plus de vingt-cinq fois le chiffre normal du cadastre à Barcelone * : c'était déjà beaucoup pour une:ville où la traites sur Perpignan à l'ordre des divers négociants qui ont participé à ces deux versements ». Note des emprunts faits par M. le général Duhesme,
en annexe au Tableau des contributions levées par ordre du général Duhesme et de leurs emplois, Arch. G. (28 juillet 4810). ’