Voir chapitre III, section 1v
2. C’est bien ainsi que Duhesme présenta au début ses demandes à la
junte. Nous le voyons, non seulement par le récit donné de la séance du 46 juin par Ferrer, Barcel. caut., t. Ier, p. 168-169, mais aussi par une lettre de Duhesme à Kzpeleta, Barcelone, 12 juillet 1808, Arch. G., où le général revient sur les moyens d'existence de l’armée et ajoute : « Je la prie de considérer qu’en faisant faire l'emprunt légalement, Elle (Votre Excellence) sert la Catalogne et le souverain de l'Espagne...» Il ne peut s'agir ici d’un emprunt pour la solde. Le premier fut couvert le 19 juin, le deuxième ne fut ouvert qu’à la fin d'août. Duhesme présente donc encore le 42 juillet la fourniture des vivres par la junte comme un emprunt, ce qui confirme le récit de Ferrer : «Illeur à ordonné de fournir 60.000 douros en numéraire, et 60.000 autres pour constituer les approvisionnements pour la subsistance de ses troupes, en fixant pour ce dernier paiement quelques délais d’ailleurs restreints : l'une et l’autre somme à titre remboursable (en calidad de reintegro). »
: 3. Mémoire abrégé du général Duhesme (présenté le 4 août 1810), Arch. G. (28 juillet 1810); Tableau des contributions levées par ordre du général Duhesme et de leurs emplois, Arch. G. (ibid.\ La somme de 400.000 pesetas est indiquée à la fois par Duhesme, dans le Résumé historique des opérations, et par Lechi, dans une lettre à l’'Ayuntamiento, Barcelone, Aer août 4808, Arch. mun. Barcel., of. recib., 4808 (Lechi dit 100.000 francs par semaine).
Barcelone au moins 400.000 pesetas par mois, et il ne pourrait jamais en être tenu compte à la ville que par le gouvernement de Sa Majesté Catholique, puisque l'Empereur n’avait pris à sa charge, lors de l’arrivée des troupes, que la solde. Et encore Duhesme demanda-t-il d’abord à la junte de lui avancer tous les mois 300.000 francs pour cet objet, à titre de prêt remboursable par le trésor impérial *.
On a déjà vu que, soit par mauvais vouloir, soit plutôt par impuissance, la junte ne répondit que très partiellement et très lentement aux demandes du général français. L'argent se cachait à Barcelone ? : on ne pouvait en tirer de la population que par des mesures très énergiques, que les membres de la junte ne tenaient pas à employer; et, tant que Lechi ne lui eut pas forcé la main par l'incarcération des otages, l’assemblée évita soigneusement de parler de l'emploi de la force pour recouvrer des fonds. Mais, si elle temporisa beaucoup et si elle agit peu, elle n’en prit pas moins quelques décisions importantes : elle consentit en juin à répartir un emprunt de 300.000 francs pour la solde entre les nobles, les propriétaires, le clergé et les négociants *. En juillet, comme le numéraire manquait, elle décida de rétablir la frappe des monnaies à Barcelone; elle adopta aussi l’idée d'établir sur les habitants aisés une contribution mensuelle extraordinaire, mais en déguisant à l'exemple de Duhesme cet impôt sous le nom d'emprunt‘. Lorsque Lechi resta seul à Barcelone, elle forma d’abord une commission qui tempo-