Arrêté du 13 septembre 1808, art
3. Dans un rapport à Duhesme, Barcelone, 6 mars 1809, le commissaire des guerres Penot critique vivement les répartitions faites jusque-là. Nombreuses mentions de remaniements de répartition dans les « avis » publiés par le Diario de Barcelona, de sept. à déc. 1808 : voir spécialement n°° des T0 HAM21,-26;Septtetc.
4. Dans le Mémoire abrégé présenté le 4 août 1810 (Arch. G., 28 juillet 1810), Duhesme écrit : « Les émigrations, la mauvaise volonté, même le manque de moyens de plusieurs contribuables rendaient la recette très difficile ; les autorités espagnoles trouvaient trop dangereux pour leur sûreté personnelle présente et à venir de presser leurs contribuables par des moyens de rigueur; elles invoquérent l'accomplissement de l’article 10 (Duhesme veut dire 41) de mon arrêté de mise en état de siège dans lequel jannonçais que des garnisaires français pôursuivraient la rentrée des coutributions ». Il est possible que Duhesme, pour se justifier, exagère ici la bassesse des autorités espagnoles. On a vu pourtant que la junte avait proposé la première de recourir aux garnisaires.
lé sieur Galceran, conserva ses fonctions ‘; mais un
article de l'arrêté de mise en état de siège informa les Barcelonais que le général aurait désormais recours à des moyens énergiques pour forcer les contribuables négligents à s’exécuter au plus tôt : « Toutes les contributions déjà imposées ou celles qui le seront à l'avenir seront appuyées (sostenidas) par la force militaire française ; en conséquence les personnes qui refuseront de payer celles du. mois courant seront taxées au double, et on leur imposera des soldats français à discrétion; ceux-ci seront maintenus chez elles jusqu’à ce que le paiement entier soit accompli ?. » Et, quelques jours après, par un nouvel arrêté, Duhesme décida qu'un commissaire spécial, le Français Raynal, serait adjoint au receveur pour accélérer les rentrées de fonds et rendre compte chaque jour de l’état des caisses; tous les soirs il prendrait note des contribuables les plus arriérés « pour envoyer chez eux des soldats à discrétion, et pour indiquer au général ceux qu’il faudrait conduire au Monjuich comme opiniâtrement rebelles » ; sous les: ordres du « commissaire aux contraintes » serait placée une compagnie spéciale de garnisaires, recrutée parmi les Français et Italiens sans emploi; on en enverrait des escouades chez les récalcitrants *. Le nouveau « commissaire aux contraintes » était, paraîtil, un ancien employé aux vivres de l’armée, révoqué pour
1. Compte-rendu .par Pelletier, secrétaire de la Commission administrative (Arch. G.. 14 février 1811).
2. Arrèté du 13 septembre 1808, art. 11 (dans le Diario du 17 septembre). Même menace dans un avis publié au Diario du 16.
3. Arrêté de Duhesme, Barcelone, 22 septembre 1808, dans le Diario du 23: «G. Ph. Duhesme, etc.; vu la lenteur que mettent les contribuables à payer les contributions extraordinaires ordonnées par la junte générale, arrète, etc. » Dans une lettre à l'Ayuntamiento, Barcelone, 9 octobre 1808 (Arch. mun. Barcel:, pièce reliée dans le Registre des Acuerdos de 1808), Raynal demande qu'on lui.cède une salle de la Casa consistorial (Hôtel de Ville) pour y établir son bureau. Il y eut en conséquence de fréquents emplois de garnisaires et des emprisonnements, qui firent, d'après Duhesme, beaucoup d'effet au début. Renseignements sur Barcelone, Arch. nal., F7 6554; Duhesme à Berthier, Barcelone, 4er mars 1809, Arch. G.
avoir perdu des pièces comptables pendant la seconde expédition sur Girone, et on ne l’estimait guère à Barcelone *.
La contribution était nécessairement fort lourde, et il paraît que certaines personnes devaient payer jusqu’à 3.500 et 4.000 pesetas par mois”. Ce qui est certain, c'est qu'en dépit des avertissements, des menaces, des garnisaires et des emprisonnements, on n’arriva jamais à obtenir le paiement intégral des sommes réparties : et, de septembre 1808 à mars 1809, le rendement le plus fort fut sensiblement inférieur à 400.000 pesetas, le rendement moyen à 300.000; et il tendit à diminuer toujours de mois en Mmois*. Ce fut en vain qu’on laissa aux contribuables la faculté de payer en métaux précieux non monnayés, et même pendant quelque temps en denrées *. Ce fut même en vain que Duhesme offrit aux personnes imposées qui désireraient quitter la ville la faculté de le faire avec son agrément, à condition de payer d’avance quatre mois de
4. D’après le Rapport sur Barcelone au 15 décembre 1809, Arch. des Aff. Etr., Mém. et Doc., Esp. vol. 210, fos 305-316. Le Petit Dictionnairé des hommes qui ont figuré en Catalogne (Arch. nat., F7 6352) dit de lui : « Il est soupçonné d’avoir traité avec les contribuables au sujet de délais à accorder et d’avoir tiré parti du placement des garnisaires qui étaient à sa disposition ». L'affirmation est peu catégorique. Les autres documents qui contiennent des accusations épargnent Raynal, exposé par son métier aux médisances.
2. « Que l’on consulte les registres des contributions qui sont entre les mains du sieur Raynel, .…... on verra des particuliers de Barcelone imposés à 800 piasires par mois, les autres 700, plus ou moins la contribution était exorbitante », dit Pelletier dans son Compte-rendu (Arch. G., 14 février AS14). En avril 4809, d'après Ferrer, t. II, p. 244-245, « Il y à quelqu'un qui paye environ 309 douros (1500 pes.) et d’autres plus... »
3. Les chiffres sont donnés dans la Note de l’argent reçu par le receveur Galceran, en annexe au Compte-rendu par Pelletier (Arch. &., 14 février 4811). Les voici (en réduisant en pesetas le compte fait en douros et en négligeant les réaux et maravédis) : juillet 1808, 256,907; août, 108,065 : septembre, 326,021 : octobre, 382,539 ; novembre, 351,334; décembre, 316,440 ; janvier 1809, 256,405 ; février, 254,772 ; mars, 200,910. Duhesme n’a donc point tort, dans le Mémoire abrégé, de donner comme chiffre moyen 300,000 francs.
4. Diario de Barcelona, avis publiés dans les nos des 9,11 et18 septembre 4808 : un avis publié dans le n° du 30 septembre 1808 infornre les contribuables qu'à partir du lendemain on n’acceptera plus les grains ou denrées.
contribution sur le pied du mois courant’. La plupart des Barcelonais désireux de s'enfuir préférèrent le faire en cachette, en confiant à leurs amis les objets de valeur qu'ils ne pouvaient emporter ?. Chaque mois, le nombre des contribuables « aisés » (pudientes) diminuait, et la quote-part des restants en devenait plus lourde; en novembre, on se décida à ajouter à la liste des gens aisés plus de 500 noms, pour essayer de maintenir la contribution à un chiffre respectable *. Quant aux contribuables qui restaient, ils ne payaient point sans maugréer : à chaque répartition, les protestations pleuvaient; chacun demandait une réduction et alléguait sa gêne ; les uns s’adressaient au général, qui les renvoyait à la junté; les autres à la junte, qui déclarait qu’elle tiendrait compte des réclamations le mois suivant *.
Mais Duhesme et ses conseillers étaient gens de ressources, et, craignant sans doute dès le principe que la contribution sur les habitants « aisés » ne füt point suflisante, ils s'étaient avisés de moyens subsidiairés pour se procurer des fonds. Le plus curieux fut l'institution de Padministration des émigrés. Déjà la police avait essayé d'enrayer la fuite des Barcelonais, parce que celle-ci désorganisait les administrations et surtout diminuait les ressources ,que la cité pouvait fournir à l’armée *; le
4. Arrètés de Duhesme, Barcelone, 27 septembre 480$, dans le Diario du 29 ; du 14 novembre, dans le Diario du 15. Sont exceptés les membres de la junte, les fonctionnaires civils et militaires, les curés, vicaires et supérieurs des couvents.
2. Considérants de l’arrèté de Duhesme, Barcelone, 20 septembre 1808, dans le Diario du 23, et avis de Raynal dans le Diario du 3 décembre 4808 ; cf. Résumé historique des opérations. L’arrèté du 27 septembre dut pourtant avoir un peu d'effet, car c’est en octobre qu'on perçut le plus gros chiffre de contributions. Mais la chose peut s'expliquer aussi en partie par la récente nomination de Raynal.
3. Note des contribuables qui n'étaient pas compris dans les répartitions antérieures, etc., dans le Diario du 16 novembre 1808.
4. Diario de Barcelona, avis publiés dans les no des 11, 16, 21, 26, 30 sept., 4 oct., 10 nov., 3 déc. 1808, etc.
5. Diario de Barcelona du 15 juillet 4808. Voir d’ailleurs chapitre VL.
23 août, Duhesme avait informé la junte qu'il consentrait à laisser sortir les habitants pauvres, mais non point « les propriétaires, les fonctionnaires publics, les commerçants ayant bureaux ou boutique ! ». Quelques jours après, le 29 août 1808, pour tirer du moins de lémigration tout le parti possible, Duhesme signait un arrêté pour l'exécution des mesures déjà annoncées à la junte. « Considérant que beaucoup d'habitants de cette ville l'ont abandonnée, non seulement par haine pour l’armée française, mais aussi pour faire cause commune avec les insurgés ; que les plus riches d’entre eux se sont flattés de se soustraire par leur émigration au paiement de la quote-part qui leur a été imposée par l'administration de la province. ; considérant qu'il ne serait pas juste d’ajouter cette nouvelle charge à celles que portent déjà les habitants qui restent pacifiques à Barcelone », une contribution extraordinaire serait mise sur les émigrés à proportion de leurs facultés et de leur rôle parmi les insurgés; s'ils ne la faisaient pas payer par leurs parents ou fondés de pouvoirs, on mettrait sous séquestre leurs biens meubles et immeubles. Une commission spéciale serait ultérieurement formée dans ce but. La commission se mettrait en possession des maisons ou logements abandonnés, et ferait l'inventaire de ce qu’elle y trouverait; elle ferait transporter aux magasins militaires les denrées et comestibles, aux hôpitaux le vieux linge sans valeur; les autres effets et les meubles seraient vendus et le prix en serait encaissé par un receveur spécial *. La cominission des émigrés fut presque immédiatement constituée, et se mit à l’œuvre dès le 6 septembre *.
1. Lettre de Duhesme à Ezpeleta et à la junte, Barcelone, 23 août 1808, publiée dans Ferrer, Barcel. caut., t. IL, p. XXXVII-XL.
2, Arrêté de Duhesme, Barcelone, 29 août 1808, dans le Diario du 1 septembre.
3. On le voit par une lettre adressée à lAyuntamiento, Barcelone, 6 septembre 1808 (Arch. mun. Barcel., of. recib., 1808) et signée : « Les
Le 20 du même mois, Duhesme, «informé que beaucoup de personnes de la ville de Barcelone recélaient dans leurs maisons de la ville ou de la banlieue des meubles, des marchandises, des bijoux, de l’argenterie et divers autres effets appartenant à des gens sortis de la ville... », enjoignait par un arrêté aux dépositaires de déclarer à la commission, dans les trois jours et sous peine d'amende, les objets confiés à leur garde; les fermiers de domaines, les locataires de maisons appartenant à des émigrés devraient de même faire une déclaration et verser entre les mains du receveur, qui en donnerait quittance, le montant des arrérages ou loyers échus ; mieux encore, « tous les débiteurs d’émigrés, à quelque titre que ce soit, seront obligés de faire leur déclaration à la susdite commission dans les vingt-quatre heures. et de verser le montant de leurs déttes dans la caisse au jour de l'échéance : à défaut de quoi ils seront condamnés à une amende égale au montant de la dette, sans préjudice d’autres poursuites contre eux. » Et, dans le même arrêté, Duhesme rappelait que la commission allait prendre sans retard les mesures nécessaires pour se mettre en possession des biens des émigrés, et en particulier de ceux des fonctionnaires civils et militaires ; il ordonnait de plus que les meubles, les vêtements et le linge fussent emmagasinés et vendus, ou bien mis à la disposition des officiers français qui en feraient la demande, ou enfin envoyés aux magasins militaires ‘. À en croire plusieurs témoignages, la commission des émigrés, aidée par la police, se serait alors livrée à un véritable pillage; suivant Pelletier, quatre cents maisons au moins auraient été mises sous le séquestre, et plusieurs millions de francs de membres de la commission des contributions extraordinaires imposées aux émigrés, Lachaise, officier de l'état-major général ; Ollivier, président ; Vignes, receveur. »
1. Arrêté de Duhesme, Barcelone, 20 septembre 1808, dans le Diario du 23.
meubles, effets, linge, ete., gaspillés, détournés et volés”. Il paraît que, sur les trois membres de la-commission, l'un étaitun vieux capitaine, brave homme mais complètement sourd ?; le président, le sieur Ollivier, était un véritable aventurier, qui devait se mêler plus tard à des intrigues très louches, sinon à une véritable conspiration contre les Français *: le receveur enfin aurait au moins tenu fort mal sa comptabilité; les inventaires auraient été établis de la façon la plus singulière; les ventes auraient été faites de gré à gré par un simple subalterne, le gardemagasin Marinelli, sans l'assistance d’aucune autre personne ‘. FR
Ce qui est bien certain, c’est que le produit en argent, soit par vente de meubles, soit par recouvrement de dettes ou dé fermages, soil enfin par mise en location des maisons séquestrées, resta très minime. Îl ne s’éleva pour l’année 1808 qu’à 86.904 franes, lesquels furent versés non
1. Compte-rendu par Pelletier, secrétaire de la commission administrative (Arch. G., 14 février 1841) ; Rapport sur Barcelone etles événements de l’année 4808 (de Blondel), Arch. des Aff. Etr., Corresp. diplom., Esp., vol. 677, fos 495-525 : « Ce fut un pillage» ; Renseignementssur Barcelone, Arch. nat., F6554.
2, Renseignements sur Barcelone ; Petit dictionnaire des hommes qui ont figuré en Catalogne, Arch. nat., F76352 : « On n’a pas trouvé à son égard la moindre trace de culpabilité, ce qui n'a pas été ainsi à l'égard . d'Olivier...»
3. Voir la note précédente : Beaumont-Brivazac, commissaire général de police, à Savary, Barcelone, 4 janvier 4813, Arch. nat., F76343. Müis, dans le Résumé historique des opérations, Duhesme affirme gravement que « le sieur Ollivier. mérite de toutes ies manières la confiance du public ».
4. Compte-rendu par Pelletier : « La commission administrative fit appeler le sieur Ollivier... elle l'invita à lui faire remettre les inventaires qui avaient été-dressés dans les maisons des absents... À la première inspection qu'elle en fit, elle vit des papiers sans ordre, des iiasses qui contenaient des soi-disants inventaires : dans beaucoup d'iceux, il n'est point parlé d’argenterie, bijoux, soit en or ou argent, ni en diamants, parce que les commissaires chargés d'y procéder n'avaient pas l'habitude d'en faire mention (réponse de M. Ollivier au S' Lansat, pièce n° 10, dans les archives de la commission). » Renseignements sur Barcelone ; Rapport sur Barcelone au 15 décembre 1809, Arch. des Aff. Etr., Mém. et Doc. Esp., vol. 210, fes 305-316. Suivant Augereau (à Clarke, Barcelone, 9 avril . 4810, Arch. G.), la commission et Duhesme auraient travaillé à faire
émigrer mème les riches. Augereau manquait de perspicacité.
dans la caisse de la junte, mais dans celle du payeur de Parmée ‘. La faiblesse de ce produit peut d’ailleurs s'expliquer par une autre raison encore que par des malversations constatées : dans l’état de gêne où étaient les Barcelonais, ils ne pouvaient offrir des meubles ou effets mis en vente qu'un prix bien minime; et de plus la plupart d’entre eux devaient éprouver de la répugnance à se monter de cette façon en meubles, bijoux et vêtements.
Aussi s’avisa-t-on de bonne heure que le meilleur moyen était encore d'essayer de tirer de l’argent des émigrés euxmêmes et de les encourager à verser, par des intermédiaires, leurs deniers dans les caisses du gouvernement, qui mettrait alors une certaine complaisance à ignorer leurs actes à l'extérieur. Dès le 13 octobre, « considérant qu'il est juste d'établir une distinction entre les personnes qui sont sorties de Barcelone, non par malveillance, mais pour leurs affaires, pour cause de maladie ou pour d’autres motifs légitimes, et celles que la haine a égarées au point de les amener, les unes à abandonner les emplois publics qu’elles exerçaient dans la cité, les autres à faire cause commune avec les insurgés », Duhesme décida que les émigrés qui feraient payer en leur nom au receveur Galceran leurs contributions arriérées et quatre mois d'avance, en donnant caution pour les versements ultérieurs et en versant en outre deux mois à titre d'indemnité à la commission pour les opérations déjà faites, le tout avant le 30 octobre, seraient radiées de la liste des émigrés, rentreraient en possession de leurs biens non vendus, et pourraient même rentrer dans la ville et en sortir à leur guise. Les ventes de meubles et d’effets seraient suspendues jusqu'au 1° novembre et on continue-
4. Dont 1.3 francs en argenterie : Tableau des contributions levées par ordre du général Duhesme, Arch. G. (28 juillet 4810) ; même chiffre dans l'Etat des contributions extraordinaires reçues par le payeur soussigné (Delcros), Girone, 5 juin 1810, Arch. G.
rait seulement les inventaires ‘. On devait obtenir ainsi le singulier résultat que constatera en 1810 l’intendant de Luppé : « Parmi les personnes qui paient leurs contributions à Barcelone, il en est un grand nombre qui non seulement sont absentes, mais qui encore sont citées comme chefs d’insurgés ou comme membres de juntes insurrectionnelles ?. » D'ailleurs, par son arrêté même, Duhesme avouait pour ainsi dire qu’il n’agissait contre les insurgés que pour des raisons fiscales. Ce qui le montrait mieux encore, c'était que, tout en autorisant les gens aisés restés jusque-là dans la ville à sortir en payant quatre mois à l'avance, le général encourageait les non-contribuables à en faire autant, d'abord contre versement d'une petite somme d'argent, puis ensuite avec un simple passeport*. Duhesme ne tenait à conserver que les gens qui pouvaient financer; le départ des autres était plutôt désirable. C'était autant d'ennemis de moins dans la place.
Enfin, grâce à la réouverture de l'hôtel des Monnaies, Duhesme put encore trouver une autre source de revenus en employant l’argenterie des églises à la fabrication du numéraire. I ne fit d’ailleurs que suivre en cela l’exemple donné par Ezpeleta, qui avait déjà ordonné aux couvents d'envoyer à la Monnaie l’argenterie non nécessaire au culte‘ ; et, quand Lechi avait procédé, en juillet, aux
1. Arrêté de Duhesme, Barcelone, 13 octobre 1808, dans le Diario du 15.
2. De Luppé à M. Mathieu, Barcelone, 18 septembre 1816 (Arch. G., 5 juin 1810). Dans le Résumé historique des opérations, Duhesme dit : «Gette commission subsiste encore aujourd’hui ; elle s'occupe de la recherche des biens des émigrés. On peut la regarder comme un principe d’une chambre des domaines nationaux. » Pour justifier l'arrêté du 43 octobre, le général dit : « Il fallait conserver des moyens de contribution. »
3. Arrêtés de Duhesme, Barcelone, 27 septembre 1808, dans le Diario du 29, du 44 novembre, dans le Diario du 15 ; du 28 novembre, dans le Diario du 29.
4. Ezpeleta l’avait fait discrètement d'ailleurs, sans prendre d’édit public, par une simple invitation aux supérieurs des couvents ; mais le fait est attesté dans une lettre du supérieur et des religieux du couvent de la Merced à l’'Ayuntamiento, Barcelone, 25 novembre 41808, reliée dans le registre d’Acuerdos de 180$, Arch. mun. Barcel.
visites dans les couvents pour la recherche des armes, on
avait profité de l’occasion pour dresser déjà quelques\ inventaires sommaires des trésors conventuels'. [arrêté
de mise en état de siège sembla même annoncer la pro-
chaine utilisation de toutes les richesses des couvents,
églises et chapelles :
« Les chefs de tous les corps ecclésiastiques, des fabriques des églises paroissiales et de leurs annexes, les curés, les vicaires, les chanoines etles supérieurs des ordres réguliers de l’un etde l’autre sexe demeurent responsables de tous les objets d'argent qu'il y avait dans les églises antérieurement à l’arrivée des troupes françaises à Barcelone ; en conséquence, comme on ne peut avoir de doute sur l’existence d’inventaires de l’état de cette argenterie à ladite époque, les personnes ci-dessus mentionnées seront obligées de présenter à M. l’intendant général, à la première réquisition qu'on leur en fera, ces inventaires et aussi les objets y indiqués?. » Ce qui montre que Duhesme considérait les métaux précieux comme une grande ressource éventuelle, c’est qu’il édictait par le même arrêté la peine capitale « contre toute personne qui ferait sortir de la ville, par mer ou par terre, de l'or ou de l’argent », ainsi que contre les accapareurs ou exportateurs de grains et denrées *.
Toutefois, en 1808, Duhesme ne fut pas obligé d'aller aussi loin dans cette voie qu'ilavait paru en avoir d’abord l'intention ; au début de novembre, il demanda au clergé de verser 100.000 francs en numéraire ou en argenterie dans la caisse de la junte, et l'assemblée des représentants du clergé se chargea de répartir le paiement de cette
1. Ferrer, Barcel. caut., &. Je, p. 244, 250-951, 252-953, 957-264, etc. Ces inventaires, ayantété dressés par des officiers, ne devaient pas être bien sérieux ; ils étaient peut-être destinés surtout à préparer opinion. .
2. Arrèté de Duhesme, Barcelone, 13 septembre 1808, art. 43, dans le Diario du 17.