‹ La Caravane des sombrerosChapitre 6 sur 23 · III I · texte numérisé non relu

III I

On louvoya tout doucement pendant le reste de la nuit ; mais, au matin, le capitaine fit connaître au colonel Ovaton qu'il lui faudrait virer de bord, vers midi au plus tard.

À ce moment, on se trouvait au milieu de vastes prairies onduleuses qui s'étendaient vers le nord à perte de vue. L'air était vif et pur; Jacques assura à Welland qu'ils approchaient des régions les plus salubres du globe.

Au milieu du jour, le bateau se rangea vers la rive, le débarquement des hommes et des che-

vaux fut effectué avec la plus grande facilité. Ensuite le petit vapeur recula jusqu'au milieu du courant, et> après un échange d'adieux, s'élancâ comme une flèche suivant le fil de Feau,

Bientôt les quatre voyageurs se trouvèrent seuls au milieu du désert immense, incommensurable.

Ils étaient descendus sur le rivage nord- est du Colorado, leur intention étant de cheminer sur la droite du fleuve, en remontant son cours.

11 peut être curieux pour le lecteur de con* naître dans quelques détails quel était Tordre de leur marche et la manière dont ils procédaient dans leur expédition.

Tous quatre étaient supérieurement montés et armés : chacun avait une fine carabine à deux coups, une paire de pistolets, ui{ ÎQng et traiK

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chant couteau de chasse, de la poudre, des balles et autres munitions en abondance.

Deux chevaux de bât portaient leurs bagages, leurs provisions de bouche, leurs ustensiles de cuisine et tous les objets utiles dans une pareille expédition.

Le colonel Ovaton étant un homme sans éducation, ses commanditaires ne pouvaient attendre de lui que des rapports verbaux sur ses observations de route ; son journal de voyage, au lieu d'être roulé en manuscrit dans sa poche, reposerait tout entier dans sa mémoire : à vrai dire, elle était prodigieuse, et, lorsqu'il le voulait bien, d'une fidélité incroyable.

Les négociants qui avaient organisé ce voyage avaient pour but principal de faire explorer les régions centrales et septentrionales du Texas. Le colonel Ovaton avait donc reçu pour mission d'étudier les richesses naturelles ou commerciales, les productions diverses au point de vue de la pêche et de la chasse, la topographie, la géologie, et surtout l'état hydrographique de ces territoires presqu'entièrement inexplorés.

Durant la marche, le colonel marchait en tête, sondant l'horizon d'un œil perçant et infatigable, pour reconnaître l'approche du Comanche, du Lipan ou de quelque fauve dangereux.

Jacques ou Welland marchait derrière lui, peu-

dant que Goujon le silencieux fermait la marche,

conduisant les deux chevaux de somme.

De temps en temps Ovaton descendait à l'arrière-garde ; alors la tâche de guider la marche était dévolue à Welland ou à Jacques.

Ils arrivèrent, sans s'arrêter, jusqu'en vue des collines du Colorado qui se dressent en amphithéâtre autour du Llano Estacado, et s'allongent ensuite sur une direction parallèle à la rivière.

Vers la tombée de la nuit, un petit ruisseau se présenta, serpentant à la hase d'un monticule gazonné. Le colonel Ovaton fut d'avis d'établir en ce lieu leur premier campement : l'herbe y était abondante et parfaite pour le pâturage des chevaux : l'atmosphère s'était rafraîchie au point de rendre agréable un feu clair et pétillant ; on l'alluma donc, mais aveçla prudente précaution de le cacher dans une profonde anfractuosité qui ressemblait à un gigantesque terrier.

— Les Comanches viennent quelquefois aussi loin que cela vers l'est, observa Welland ; mais je parierais bien que les plus proches, en ce moment, sont bien à deux cent milles de distance.

— Il y a un pari à perdre aussi bien qu'à gagner, répartit sentencieusement Jacques.

— Parfaitement ; comme aussi on pourrait se demander s'il fera pluie ou beau temps cette nuit. J'approuve fort que le colonel Ovaton

prohibe soigneusement toute imprudence de nature à compromettre la sûreté de notre caravane, et je conçois très-bien la nécessité de cacher notre feu à tout regard ennemi. Mais il ne fera nuit que dans une heure ou deux ; je pro pose de faire une tournée dans la montagne :

auriez-vous quelque objection à cette idée, colonel Ovaton? poursuivit Welland en se tournant vers le chef.

— Qu'avez-vous à faire par là-haut ?

— Rien de particulier, si ce n'est de voir un peu ce qui pourrait convenir à nos rifles.

— C'est un triste moment pour la chasse, à cette heure ; si vous vous mettez en campagne, bien certainement nous ne nous reverrons pas avant demain matin.

— Bah ! qui est-ce qui parle d une partie de chasse ? il ne s'agit que d'un tour dans le bois.

— Il sera temps demain, répliqua le Colonel en secouant la tête.

Welland ne répondit rien : il se serait bien gardé d'engager aucune discussion avec son chef sur un sujet aussi minime. Cependant il ne put s'empêcher de penser qu'il n'y aurait pas toujours lieu de supporter ainsi un arbitraire absolu. Welland ne s'étaiL point engagé dans ce voyage autrement que comme amateur; cette position ne l'obligeait point à une soumission com-

plète,de telle manière qu'il prit intérieurement la résolution de ne consulter à l'avenir que sa propre volonté, sans consulter celle d'aucun autre.

Pierre était le cuisinier de la troupe: il dépeça parmi les provisions de bouche, un riche morceau de venaison, l'embrocha sur une baguette de fusil et le fit rôtir artistement. Cette opération culinaire terminée, les parts furent distribuées et dévorées en un clin d'œil : pour arroser ce repas rustique, on but de l'eau claire du ruisseau ; au bout d'un quart d'heure le festin était terminé.

Alors chacun s'enveloppa dans son ample couverture, on tira les pipes de leur étui, et, groupés autour du feu, les quatre voyageurs savourèrent le plaisir d'un repos silencieux. S'ils eussent été unis par les liens d'une vraie amitié, cette soirée . aurait été pour eux un moment plein de charmes: les histoires, les récits aventureux, les confidences, les souvenirs auraient été échangés dans le cours d'une intarissable causerie; groupés contre le danger, ils auraient partagé leurs plaisirs ; mais il n'en était point ainsi parmi.eux. Le colonel Ovaton était raide et silencieux ; d'ailleurs, Welland avait dans l'esprit les germes d'une secrète défiance contre lui. Pierre n'était pas une société; c'était un : être abstrait, qui ne figurait dans la réunion que pour mémoire.

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Jacques offrait peu de sympathie à Welland; mais comme, en définitive, c'était l'unique individu avec lequel il y eût moyen de dire une parole, Welland était quelque peu entré en communication avec lui.

— Qui fera sentinelle, cette nuit? demanda Jacques à Ovaton.

— Lui, répondit ce dernier en indiquant Welland.

— Ah ! voilà le beau moment pour vous, observa Jacquesen s'adressant au jeune Américain: il s'agit de faire votre apprentissage ici, car nous aurons de la peine à vous confier une mission aussi importante lorsque nous serons au milieu des Corna nch es, des Apaches ou des Lipans. Vous ne connaissez pas leurs diableries, et vous pouvez compter les avoir sur le dos au moment où vous vous y attendrez le moins.

— Vous pouvez compter sur toute ma bonne volonté, répondit chaudement le jeune Américain. Il est entièrement dans mes projets de partager fidèlement avec chacun de vous les plaisirs et les peines de notre expédition; j'entends bien remplir ma tâche autant que les autres.

Le colonel Ovaton fît entendre un grognement significatif, comme pour prophétiser à Welland que, sans nul doute, ses voeux seraient surabondamment exaucés.,

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C4ependant î il était tard, le feu s'éteignait, le sommeil appesantissait toutes les paupières, on se prépara au repos : chacun se roula dans sa couverture et s'étendit moêlleusement sur le gazon, les pieds tournés vers le brasier.

Welland, seul, resta debout ; avant de souhaiter une bonne nuit au colonel Ovaton, il lui demanda quelques instructions pour la nuit.

— Eh 1 eh i tenez vos yeux ouverts et actifs, lui répondit celui-ci : ne souffrez pas qu'un oiseau chante, sans voir sur quelle branche il est perché ; faites feu sur tout objet que vous verrez se mouvoir d'une manière suspecte.

— -Ne faudra-t-il pas vous éveiller ?

^ Carrai! nous nous éveillerons bien tout seuls, soyez-en sûr. Finalement, si vous apercevez une douzaine de Peàux-Rouges, faites feu : faites feu encore si vous n'apercevez même qu'Un cheval sauvage. À mon avis, vous ne verrez pas grand'cht)se : en tout cas, si quelque ennemi nous arrive, ce sera de ces montagnes là-bas.

Muni de ces recommandations, Welland eommenca sa faction nocturne.

Ni lune ni étoiles n'étaient visibles. Un large groupe de nuages obscurcissait le ciel du côté du couchant, et s'étendait graduellement sur l'horizon. Cependant leur apparence ne pouvait les faire considérer comme précurseurs d'une tem-

pête, et la vue pouvait discerner les objets à soixante ou quatre-vingts pas de distance.

Les chevaux avaient été liés à des piquets dans le lit même du torrent, à environ une trentaine de pas des dormeurs : leurs longes étaient disposées de façon à ce qu'ils pussent, à leur gré, traverser et re traverser l'eau.

Le doux et paisible murmure du ruisseau, le léger craquement des herbes broutées étaient les seuls bruits qui parvinssent à l'oreille de Welland ; parfois aussi, comme un lointain murmure de l'océan, le vent apportait des bruis-

sements de feuilles, des. voix mystérieuses écloses comme des échos, sous son haleine, dans les forêts .

Le jeune Américain ne craignait point de s'endormir ; néanmoins, pour prévenir toute défaillance involontaire, il plaça son fusil sur son épaule, et se mit à marcher d'avant en arrière : il se transportait ainsi du foyer au pâturage des chevaux, en passant sur une éminence d'où il pouvait surveiller la prairie dans toutes les directions : c'était incontestablement le meilleur point de surveillance qu'il pût choisir.

Il commença par prendre la ferme résolution d'obéir en tout point au colonel Ovaton : se promettant bien de veiller, jusqu'à l'aurore, avec une vigilance extraordinaire, et de ne pas lais-

ser mouvoir aucun atome sans s'en apercevoir. Ce n'était pas qu'il eût peur du danger ; mais il savait parfaitement que toutes sortes d'éventualités pouvaient se produire, et que son propre intérêt était engagé à^ faire la plus exacte surveillance. Au surplus, la mission qu'il avait à remplir n'était pas au-dessus de ses forces, et dans toute autre circonstance il s'en serait parfaitement acquitté.

Mais, deux puissantes préoccupations se disputaient sa pensée : Irona Seraville et le déplaisant inconnu du steamer. Peu à peu, sous cette double influence, Ross Welland se laissa entraîner en une rêverie si profonde qu'il devint étranger, insensible, à tout ce qui pouvait se passer autour de lui.

Pour la centième fois, il se livra à la désolation en se remémorant la grossièreté emportée avec laquelle il s'était conduit envers la charmante créature qui avait été pour lui son seul amour, et dont il était également la première et l'unique affection. Regrets du passé ; appréhensions pour l'avenir ; incertitudes cruelles sur le point de savoir si, ou non, toute cette tendresse était à jamais perdue pour lui ; transes jalouses ; découragement inexprimable; toutes les amertumes d'un amour malheureux débordèrent dans son âme et la bouleversèrent.

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Puis, tout-à-coup, au travers du dédale de cetterêverie, surgissait l'image détestée de l'inconnu : alors Welland éprouvait comme un réveil en

sursaut, il se lançait, à cœur perdu, dans ce champ nouveau de conjectures inquiètes et fatigantes. — Qui était ce quidam si désobligeant ?. . . D'où, venait son influence antipathique?... — Ces questions, reprises sous toutes leurs formes, restaient sans réponse. Sous forme de conclusion Welland arrivaà se figurer que cet être singulier n'était autre chose qu'un trappeur ou un chasseur obéissant à ses goûts instinctifs pour la solitude, et dont les manières incivilisées étaient de nature à inspirer de la répulsion. Finalement, le jeune Américain se dit qu'il y avait, de sa part, grande naïveté à se préoccuper ainsi d'un individu totalement inconnu, avec lequel il n'avait jamais eu, avec lequel il n'aurait probablement jamais affaire, et que le parti le plus raisonnable était de l'oublier complètement.

Soudain Welland revint à la conscience de ses actions, et se demanda avec effroi pendant combien de temps il était resté égaré dans les régions imaginaires. Il lit, en toute hâte, plusieurs pas au hasard ; écoutant, s'arrêtant, écoutant et observant encore. Rien d'extraordinaire ne se faisait entendre : les chevaux chargés des bagages broutaient activement, les autres s'é-

taient couchés ; du reste, nul autre bruit, si ce n'était les soupirs interrompus de la brise nocturne au travers des bois.

Se sentant les jambes lasses, Welland s'assit près des chevaux pour se reposer un peu. À l'instant même, il entendit distinctement dans la prairie le galop d'un quadrupède. Sa première pensée fût qu'une de leurs montures avait rompu sa longe et courait au hasard; car, il n'y avait pas à s'y tromper, c'était bien le trépignement d'un cheval qui frappait l'oreille de Welland. Mais un simple regard sur le campement suint pour le convaincre qu'aucun de leurs coursiers ne manquait à rappel. Il eut alors l'idée que citait un animal sauvage attiré par l'odeur de leur cuisine ; puis, se souvenant des recommandations du colonel Ovaton, il résolut d'éclaircir ses doutes en vérifiant la chose des yeux.

Mais il eût beau regarder, il ne put rien apercevoir. Cependant le bruit avançait rapidement; il y eut même un pas dont le cliquetis annonça que le pied avait porté sur une pierre. Welland se leva pour courir dans la direction du bruit ; mais aussitôt il songea qu'il allait commettre une imprudence, dangereuse pour luimême et pour ses compagnons, en quittant son poste. Effectivement, il pouvait y avoir là le manège de quelque ennemi désireux de

faire éparpiller les forces de la petite caravane.

Il revint donc vivement sur ses pas et se rapprocha du feu, alors si bas qu'à peine les dormeurs pouvaient être distingués à ses lueurs mourantes.

En ce moment, le pas d'un cheval se fit entendre de nouveau, très-rapproché, et Welland aperçut le profil ténébreux d'un cavalier. Avant que le jeune factionnaire eût le temps d'épauler sa carabine, il avait disparu.

Dire que Welland avait été effrayé se rapprocherait sans doute beaucoup de la vérité : cette apparition avait été si soudaine, si inattendue, que le jeune Américain en resta comme abasourdi pendant quelques instants.

Cependant il revint promptement au sentiment de sa situation, et se promit bien de faire feu sur la première apparition qui se présenterait, dans le cas où il n'en obtiendrait pas une réponse satisfaisante.

Il aurait été tenté de supposer que ce cavalier était un espion Indien, rôdant autour d'eux pour savoir s'ils se tenaient sur leurs gardes, s'il ne lui avait pas paru invraisemblable qu'un être rusé et discret comme un Sauvage vint opérer

une reconnaissance à cheval ; c'est-à-dire dans des conditions défavorables pour lui, Welland resta aux aguets, dans un état d'an-

xiété nerveuse, pendant près d'une heure, sans rien voir ni rien entendre. Il commençait à se fatiguer de cette tension d'esprit et de corps, lorsqu'il crut entendre de nouveau îe galop d'un cheval ; en regardant dans la direction du bruit, il aperçut comme une forme indécise, ou un fantôme qui disparut instantanément.

Néanmoins, il continua d'entendre le cliquetis des pas sur les rocailles formant le bord du torrent : sans nul doute l'invisible rôdenr circulait d'une manière obstinée, dans les environs du campement.

Tout-à-coup la tête d'un cheval se fit voir dans l'ombre et s'approcha successivement jusqu'à une cinquantaine de pas. Là, il s'arrêta, faisant face à Welland, qui, de cette distance, pouvait presque distinguer le visage du cavalier.

— Qui va là ? demanda "Welland.

Il attendit vainement pendant une minute ; aucune réponse ne se fit entendre.

— Qui va-là? dis-je 1 répéta t-il d'une voix plus forte.

Le cheval et le cavalier demeurèrent muets et silencieux comme des statues.

— Encore une fois, et c'est la dernière, je vous somme de répondre, s'écria Welland en épaulant son rifle, je vous accorde deux secondes.

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Deux secondes, dix secondes s'écoulèrent dans le même silence : alors Welland se mit à viser aussi bien que le permettait l'obscurité. Au moment où son doigt pressait la détente, le cheval devint si peu visible que le jeuDe factionnaire releva la tête pour s'assurer de la bonne direction.

À son grand étonnement, tout avait disparu.

Cette inexplicable disparition n'était pas la seule cause qui excitât sa stupéfaction : c'était encore le silence complet avec lequel elle s'était effectuée. Enfin, que ce fût un pressentiment ou une réalité, il lui avait semblé, au moment de coucher en joue, que le fantôme n'était autre que l'inconnu qui les avait quittés la veille, lui et ses compagnons.

— Homme ou démon ! murniura-t-il, je ferai feu sans aucun avertissement, à la première occasion .

Puis il se remit à guetter, regrettant sa lenteur maladroite et brûlant du désir delà réparer sans retard.

Peu à peu il se rapprocha du foyer, tout en prenant soin de se placer dans l'ombre, de façon à n'être pas aperçu, et il se mit à surveiller les alentours avec une sorte d'exaspération impatiente. Il était depuis une heure dans cette attente fiévreuse, lorsque, soudainement, ses yeux

restèrent grands ouverts, fixés sur le cheval et le cavalier dont l'apparition n'avait été révélée par aucun bruit, et qui se trouvaient si proches que Welland pouvait distinguer les yeux noirs du cavalier.

11 reconnut parfaitement le détestable étran-

ger.

— Cette fois, mon gaillard, pensa Welland, je vais changer de méthode pour t' apostropher.

Alors, mettant vivement enjoué, il lit feu. La détonation stridente et l'éclair qui l'avait précédée furent suivis d'un autre éclair, d'une autre détonation ; une bahe siffla à un pouce de l'oreille du jeune homme et alla blesser assez gravement l'infortuné Jacques Choutier qui dormait du plus profond sommeil.

Instantanément le colonel Ovaton et Pierre Goujon furent debout, aux côtés de Welland.

Ce dernier leur raconta précipitamment ce qui venait de se passer ; alors tous deux partirent en faisant un grand circuit dans la prairie, pour tâcher de surprendre ce dangereux espion. Mais leurs recherches furent vaines, il avait disparu sans retour: Ovaton, de fort mauvaise humeur, se préoccupa de la blessure reçue par le pauvre Jacques qui souffrait cruellement, sans trop se plaindre.

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