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DE L'INDIFFÉRENCE EN SIATIÈRE DE POLITIQUE

Parmi la classe des êtres bien aimables , comme les appelle Henry Monuier, on en distingue deux espèces dont l'éducation sociale est singulièrement arriérée : celle des individus riches et fainéans de

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LA CAEÏCATURE.

naissance, et celle des individus dont toutes les facultés sont absorbées par une seule occupation spéciale.

L'opulent se trouve par position à même de colorer son ip-norance d'une teinte superficielle desavoir; c'est encore un des privilèges de l'or; l'or seul n'est jamais sot.

L'homme qui ne veut pas se donner la peine d'étudier, apprend aujourd liui , malgré lui , l'histoire de son pays et de celui des autres, dans les romans; l'histoire moderne, dans les conversations; l'histoire des mœurs, aux théâtres; l'histoire du monde, dans les salons; et de ce déroulement continuel de tableaux divers, il reste toujours une apparence de connaissances même pour l'imagination la plus paresseuse.

Mais pour l'homme spécial , qu'un comptoir, une fabrique , ou une science exigeante retiennent toujours loin du mouvement des humains et des choses, il résulte unesingulière réalité dedisparatccl d'étrangeté avec l'époque, lorsqu'il se hasarde pour quelques minutes à mettre le nez à la croisée afin de respirer un peu l'air de la civilisation.

Aussi ces gens ne conçoivent-ils rien à l'avidité p-énérale de nouvelles, de faits qu'on hume, qu'on s'arrache , qu'on colporte, sur lesquels on devise pendant douze heures , pour le lendemain , deviser a frais nouveaux sur ceux qui leur succéderont.

Chez eux, indifférence complète pour ces éphémérides, qui n'ont aucun rapport avec leurs spéculations particulières, et partant pour la politique, science fatigante an possible, car il faut apprendre tous les matins une leçon nouvelle. Dès lors, cent ans de distance entrera et leurs contemporains, aujourd'hui que les semaines marchent à pas de siècle; de là égoïsme stupide, maintenant qu'une même sympathie réunit tous les Français, comme elle finira peut-être dans l'avenir par réunir tous les peuples....

Ce sont ces gens là qui vous annoncent qu'il v aura une révolution à Paris, tel jour, à telle heure , parce qu'ils ont vu cela dans le Moniteur, en y cherchant les spectacles ;

Qui , lorsqu'on parie devant eux de la hausse et de la baisse , vous donnent complaisamment le degré d'élévation où se trouvait la rivière la veille;

Qui croyent faire partie de Y Association j parce que, tourmentés par les patriotes de i83o, ils ont signé le refus de l'impôt sous Charles X; '

Qui assurent que l'armée polonaise marche à sa perte, parce qu'elle se permet de battre régulièrement une fois par semaine le voyageur aux Balkans, le vainqueur de Varna; a

Enfin, qui n'étant pas sortis de chez eux les 27 , 28 et 29 juillet prétendent qu'il n'y a rien de changé, que le gouvernement actuel est absolument le même qu'auparavant, si ce n'est qu'il siège au Palais-Royal au heu de siéger aux Tuileries, et qu'au lieu daller tous les jours a la chasse, il va tous les jours à Neuilly....

Adonc , un de ces êtres bien aimables, quitte avant-hier l'aune à mesurer la perkale, endosse l'habit à succès, s'orne d'une badine d une couche de pommade et d'une paire déperons, puis arrive dans un magasin de nouveautés , où un essaim de jeunes personnes toutes plus aimables les unes que les autres , achèvent l'éducation de monsieur Alcide Junior, et applaudissent volontiers à ses calembours à condition qu'ils soient voilés, comme il est de rigueur pour tout c'a-

lembourg à l'usage de

jeunes personnes.

ure trouver un

Mais M. Alcide Junior trouve tous les visages soucieux . toutes les oreilles sourdes a ses propos spirituels ; une grande affaire occupe les esprits, depuis celui de madame jusqu'à celui du trottin de la maison ■ une étoffe d une nouvelle couleur vient d'arriver, et depuis une bei toutes les imaginations sont en travail sans pouvoir lui nom qui puisse faire fortune.

— Comment , cœurs de tourterelles, s'écrie M. Alcide Junior c'est cela qui vous embarrasse qui donne à vos charmantes physionomies la fallacieuse apparence de la tristesse et de l'antipathie prononcée mais attendez, on va vous trouver un nom... un nom propre, même une couleur nouvelle... dam !.. Cendre de Praga !.. Sane Polonais ' '

A voir pareille indifférence, on prendrait M. Alcide Junior pour un Croque-Mitaine politique, pour un D. Miguel de la rue des Lombards. — Eh bien, point. Seulement l'aune à perkale, depuis sent heures du matin jusqu'à huit du soir, et la queue de billard, depuis huitjusquadix, absorbent toutes ses capacités instinctives, et il ne prend part a aucune question politique , ce qui pourrait fort bien un de ces jours le mener tout droit en prison.

Cependant, on lui a inspiré du repentir sur cette légèreté féroce et après réflexions inaccoutumées, il a promis de baptiser uu noul veau Casimir qui va paraître : couleur sueurs du peuple.

Le COMTE AlEXAKDBE DE B...

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CrIAPiTHE PîiREMEP.-T âBmimSTT.&TlT.

Repas de noces. — Fin du crû. — Coup-cCœil d'une mariée. — Coup de tête d'un maire. — Coup de pied du sort.

— Picrix

, un repas de noces est un bien succulent passe-temns mon ami. L " '

— Jsais pas, monsieur le maire , moi j'y étais pas.

— Ce que c est que de ne pas être doué de l'expérience des choses.

Oh. vin appétissant mariée du crû... oh! homme légal, suis-ie

heureux ! a J

— Monsieur le maire , voilà une lettre qui est venue pendant votre absence.

— Dis donc ma délicieuse absence, rustre trop peu poétique.

— Votre absence trop peu poétique, monsieur le maire

— (Après lecture)... Hain!.... Qu'est-ce à dire?... comment... quoi... Pierre, qui t'a remis cette lettre anonyme?

— Le facteur, monsieur le maire

— Ah! on se permettra d'effrayer l'autorité constituée, bicorne et en echarpe , par des moyens insidieux; et encore sur quel sujet s'il vous p ait, sur 1 un des sujets les plus poétiques depuis le 20 juillet (après 1a mariée et le vin du crû cependant) sur l'association patriotique... qui réalise la grande ronde de Béranger.... gaillard nui s'y entend cclui-la... en fillettes, en vin du crû et en patriotisme Ah' on croit me faire peur. Pierre , l'individu qui t'a remis celtc'iettié etait-il arme, avait-il un visage bien sinistre?

factovr1™8'0"' ' '' étah 3rmé dW b0''e' C' U avl>" Un visaSc dc

— Ah! non. je n'ai pas peur... , et je leur prouverai... Vouloir intimider un fonctionnaire public; mais il y a là crime prévu par h loi. Il y a conspiration flagrante !... Ah .'... c'est l'opinion du roi qu'il ne faut pas empêcher Chariot casse-tête de revenir tronquer nos ins Ululions et nos individus... — Ali ! les motifs de blâma ont une force particulière a 1 égard des employés du gouvernement... Voyez-vous ça. On va congédier les fonctionnaires parce quils sont ennemis de 1 ancien ordre dc choses, de sorte que, persécutés également sous celui-ci ou sous 1 autre , il ne leur resterait plus qu'à se faire naturaliser Portugais.... Al er se faire pendre pour ne pas mourir de faim Comme cest probable ...—Voilà maintenant que l'effort spontané de 1 appui le plus sympathique... on pourrait même dire ici poétique

est un acte dc l opposition la plus déclarée. — Oh ' précieux ' As' surer la défense du pays est. le devoir du gouvernement , delà eardë nationale, de 1 armée et des citoyens; mais ce devoir n'appartient à aucuns antres... Ah! b.en gentil!... Mais, puisque la garde nationale 1 armée et les citoyens .orment eux-mêmes celle association, où diable peenera-t-on les aucuns autres ?... Qu'est-ce que c'est que ca les aucuns autres... Ah ! on prend les lunettes d'un maire pour un op'tique à mystifications!... Cest ce que nous allons voir... — Pierre, donne-ioi mon bicorne, Pierre; et puis ma canne à dard , Pierre.

— Monsieur va sortir à l'heure qu'il est?

— Oui , la dignité outragée veut qu'on sorte à toute heure S'il pouvait pleuvoir à verse même, ce sera là la véritable poésie du devoir iCfftîi I *

■ — Monsieur, ça tombe justement à sciaux.

— Eh bien alors, donne-moi mon parapluie, Pierre... — Oui c'est précisément demain matin que paraît le journal de l'arrondissement et, en mettant au net un tas de belles pensées, beaucoup pluïnoél tiques les unes que es autres , on verra comment je sais répo ndie^ux menaces anonymes ... Allons eu route et en avant le courage civil et le discernement individuel. a et

Le lendemain du repas de noce , les rayons d'un soleil printanier éclairait également de leur équitable lumière et le réveil' des non" veaux époux , et celui du maire, et celui d'une foule de bien dluUes encore que nous n enumèrerons pas ici . vu la quantité.

Le réveil des époux fut monotone comme un après-dîner: celui du

maire, sai comme r.„ „,,; i. l. . -i, r. ' . .

journau

article qui lui semble être le plus remarquable publié depuis l'inven

aire, ga, comme un vainqueur de bataille. Depuis lon.c- emn urnanx 1 attendaient : il ouvre celui de l'arrondissement et vol,

>s ses oit son

fion de la presse périodique. Il le lit une fois, deux fois , trois fois , puis enfin le laisse là, parce qu'à chaque nouvelle lecture il le trouvait toujours mieux. Par devoir il ouvre le Moniteur.. .

Oh! lecteur! pour m'éviter la peine de vous l'expliquer, faites-moi le plaisir de vous figurer à vous-même l'aspect tout apoplectique que doit prendre le visage d'un maire, quand ce maire voit rehaussé du titre d'officiel un article qu'il vient de réfuter, nous savons comme!

Mais cependant il n'avait reçu qu'une lettre anonyme C'est

que, dans le grand nombre , une était partie sans la signature du souspréfet.

Et, comme souventes fois il arrive que les plus petites choses décident d'événemens de plusieurs pieds de haut ., il advint celle-ci , que M. le maire qui, avant tout, voulait être un homme administratif, rentra dans la catégorie des simples particuliers portant lunettes , parce que, entre une démission et une bassesse, M. le maire trouva a démission beaucoup plus poétique.

Fag-khe Mortsseau.

Fa

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