EVENEMENT DRAMATIQUE ET EMBARRASSANT
C'est avec la plus bienveillante impatience , moyennant qu'ils soient rassurés par un grillage sépa'ratif, que les Parisiens attendent l'apparition du Lion de Misaure , drame naturel où figureront tous les élèves de la ménagerie Martin , et où l'on verra des solos de perroquets, des danses d'ours, des pas de sapajous, des ariettes de panthères et des chœurs de lions.
Plusieurs fois déjà la première représentation a été différée pour cause d'indisposition du jeune premier (le lion), très-sujet aux migraines et aux rhumes de cerveau.
Cela se voit tous les jours chez des artistes d'une autre espèce, rien donc jusque là que de fort usité; mais ce qui l'est beaucoup moins, c'est que hier, assure-t-on, le susdit jeune premier a, dans un accès de tendresse, dévoré madame son épouse, qui devait remplir le rôle de îa jeune première.
On dit aussi que mademoiselle Déj... s'est dévouée jusqu'à offrir de remplacer la victime; mais M. Martin, tenant à ne pas mélanger sa troupe d'artistes, va promptement procurer une autre épouse au trou sensible Lion de Misaure.
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Leduc de Modène, duc fort ingénieux, puisqu'il a su mettre un terme à sa disponibilité, vient de découvrir, à lui tout seul, un système de sécurité à l'usage de tous les princillons absolus. Pensant qu'il est impossible de gouverner agréablement avec des sujets , il a
rendu une gracieuse ordonnance par laquelle il fait pendre la moitié des siens et exile le reste. — Dans un repas brillant qui eut lieu il y a quelques jours à Milan, un général autrichien dit, en buvant du Champagne : « Voilà mon vin favori, nous en sablerons bientôt, j'espère, à Paris. — Vous pensez donc, Monsieur, lui répondit la maîtresse de la maison, que les Français traiteront généreusement leurs prisonniers! » ■ — Jeudi dernier, aux curieux débats du procès Cavaignac, égaré dans les détours tortueux des corridors du Palais, uu brave caporal, qui avait perdu son escouade, la redemandait à Grands cris, et voulait prendre chacun au collet pour la recomposer à toute force. — il résulte de la lettre de Louis-Philippe à l'autocrate , que ces deux princes sont frères. Ils ne sont pas cousins.' — Dix-huit courriers ont été arrêtés dans leur trajet sur les routes de Bayonne , Bordeaux et Avignon par la nouvelle de leur destitution. Le système destilutionnel va la poste. — M. Gourdin, citoyen ivrogne, commissionnaire conspirateur,, colportant la république dans une voiture à bras, comparaissait comme accusé dans le terrible procès qui fixe aujourd'hui l'attention générale. Mais sa défense a été courte et logique; à chaque accusation, il répondait par : cest faux. « Cependant, lui dit le président , telles sont les charges portées » contre vous. » « Eh bien, ce sont de mauvaises charges, répliqua » Gourdin. » In vino veritas. — M. Smith, l'un des premiers carrossiers de Londres, vient de mourir, laissant a33 enfans illégitimes. H lègue à chacun deux 3oo,ooo francs , en tout 69,900,000 francs. 11 a de plus cinq enfans légitimes et une femme, à chacun desquels il a laissé 75,000 francs de revenu annuel, sans compter tes meubles, maisons, terres, chevaux , etc. Dans l'intérêt de la morale et de sa profession , fiiabile et fécond carrossier s'est arrangé de manière à ce que toute sa nombreuse famille pût avoir équipage. — Le procès de la violation du domicile de M. Dupin , dans les journées de février, a donné lieu à la lecture d'une lettre anonyme adressée à ce député, laquelle a beaucoup égayé l'auditoire. En voici quelques parties : «Mosieur le sau- » venir. , vous vous fichez sur le pied de vexer les mendians! Pas » tant de bagout , s'il vous plaît, ou lu sauterat le pas. J'en ai tordus n de plus malins que toi! A revoire et porte-toi bien en attendant » que je têtu! » — «Une femme mariée est une lettre parvenue à son adresse; une demoiselle est une lettre non encore envoyée: une vieille fille est une lettre oubliée à la poste restante. » ( Opinion d'un facteur. ) — M. Aubert publie aujourd'hui le portrait de Père- Scie , inventeur de la conspiration sans but. — S. Al. l'empereur de toutes SesRussies possibles, a reçu des trois grandes puissances l'autorisation officielle de pouvoir se faire battre par les Polonais aussi longtemps que cela lui paraîtra agréable. — M. Dupin, en apprenant la victoire des Polonais, s'est écrié : bon ! j'ai encore sauvé la Pologne ! — M. Persil est un beau talent en herbe. ■ — De tous les révolutionnaires de juillet, il ne reste plus à payer que les pavés : M. Desmortiers se propose de les piler. — Les révolutionnaires qui auraient été oubliés dans la distribution des.... procès , sont invités à se présenter à toute heure au parquet de M. Desmortiers, il sera fait droit à leur réclamation. — Une prime d'encouragement sera tirée au sort par tous les révolutionnaires mis en jugement, elle se composera de mille écus d'amende et cinq ans de prison. ■ — 'Voulez-vous une monarchie républicaine?... un gouvernement à bon marché?... Prenez mon ours.
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