UN LENDEMAIN
Enfin, ma chère Ele*cnore,' Tu l'as connu ce pe'clié si chai-manr.
Que tu craignais, même en le désirant- En le goûtant, que lu craignais encore.
Dominés puissamment dès l'enfance par cette mutuelle affection quâ est déjà la naïveté de l'amour, puis séparés par les évéuemens m-
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LA CARIOâTSJIlSi
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mullueux d'une vie diversement heurtée , ils se trouvaient, réunis par le hasard.
Lui — palpitant d'espoir devant l'avenir..
Elle — le trouble dans l'âme aux souvenirs du passé.
Aussi, confiante dans le compagnon de ses jeunes jours, elle n'implorait de lui que pitié pour sa nouvelle existence d'épouse, de mère, quand au langage de l'amitié, il faisait succéder celui de la passion.
Alors, lui, cherchant dans son cœur généreux le moven de rassurer une âme timidement aimante , il ne balançait pas à offrir le sacrifice de sa vie pour un seul instant de mystérieux bonheur.
— te Un seul ! disait-il, l'œil suppliant, puis après... le secret enfoui sous la pierre muette !
Et, elle, dans son incrédulité de jeune femme , elle souriait à ces protestations du délire. Elle souriait à son ami, mais elle repoussait toujours son amant.
fis étaient donc là seuls. — Seuls, comme on est pour distiller le bonheur, comme on cherche à l'être quand on ne l'ait que l'espérer.
Pour échapper l'un à l'autre, tout en étant ensemble, elle lui avait demandé de lire. — Car, pendant ce temps, au moins, elle pouvait le regarder sans craindre ses regards, entendre sa voix sai)3 y répondre, jouir de sa présence qu'elle aimait tant, sans avoir à la redouter. Puis son imagination la faisant heureuse, ses yeux cherchèrent comme un présage dans l'extrémité sombre de son appartement que la lampe n'éclairait pas. Ses pensées s'y réfugièrent comme dans un rêve. Elle, écouta l'avenir.. .
Il lui semblait y voir des ombres caressantes comme des sonces
voluptueux , d'illusions, de bonheur pour plusieurs vies Mais, à
travers ces nuages, dans le coin tout à fait.... c'était un point si incertain, si noir, qu'elle y voyait une figure lugubre , hideuse.... Et pour calmer l'effroi qu'elle-même se créait , elle regarda son ami et lui rendit son attention.
Arrivé au récit de Françoise de Rimini, lui, plein de trouble, lisait en ce moment avec une chaleureuse ardeur, car , sur ce passage, il basait un vague espoir :
Un jour que nous lisions l'amoureuse aventure De Lancelot , souvent , pendant celte lecture Qui nous charmait tous deux de la même façon . (Nous étions seuls alors et sans aucun soupçon) Souvent , sans y penser, nos yeux se rencontrèrent , E.t notre front pâlit et nos voix se troublèrent ! Mais un passage enfin dans ce livre si doux Décida notre sort et triompha de nous.
Quand nous vîmes l'amant de Genêvre en délire, Imprimer un baiser sur son divin sourire , Lui, que rien ne pourra me ravir à présent , Baisa ma bouche aussi , brûlant et frémissant. Et nous ne lûmes pas ce jour-là davantage.
Le lendemain, il était nuit partout, — mais nuit sombre et bien noire. L'éclair qui sillonnaitla nue montrait tout l'horrible de la nature dans ses caprices furieux, etsemblable à la mer houleuse qui enveloppe de ses mugissemens les chants insoucians du riverain, le tonnerre écrasait l'harmonie légère au bruit de laquelle se balançait toute une foule heureuse de plaisirs et de fête.
— Quel étrange orchestre vient contrarier le nôtre ? — Si Gustave
était ici, il improviserait des stances sur ce majestueux bacchanal. ■ .
Gustave ! comment! ignorerais-tu? — Quoi donc? — Ce malin il
s'est brûlé la cervelle.— -Bah ! et pourquoi! — On ne sait. — Fâcheux. C'était un charmant garçon. — Je ne conçois pas qu'on puisse se
brûler la cervelle aujourd'hui , au milieu d'événemens si dramatiques sans en attendre le dénouement. Dans six mois, je ne dis pas ; mais aujourd'hui , c'est une folie, parole d'honneur! — Mademoiselle, me permet trez-vous d'être votre cavalier pour la prochaine ? — Monsieur, je suis engagée pour les onze premières; à la douzième, ce sera avec le plus grand plaisir. — Trop heureux.
Et , bien loin de là , dans une chambre qu'éclairait douteusement une pâle lumière , élait une jeune femme , seule avec ses larmes. —
Elle leva les yeux vers l'espace sombre l'image du
bonheur avait disparu. Il ne restait plus que la figure sinistre, la figure lugubre, — mais plus hideuse encore, car elle grinçait un affreux rire*..
Le comte Alexandre de B.j..
tilSTGlRE DE GIBERNE.
.... Et. moi qui ai fait la grimace à la mort quand j'ai entrevu sa hideuse tête, j'ai tremble en pensant rjno je pourrais la voir encore.
[,or.n Bvno
-Oh
poêle
oui , l'émotion -vive es/, m violent chaos dans la vie 1 dit
d'un air tout sentimental, un jeune grenadier au front pâle et aux noirs cheveux, en embrassant de ses deux jambes l'estimable du corps-de -garde.
— Eh bien, alors, comme je vous le disais, messieurs, j'ai fait usage du chaos figuré.
— Oh ! contez-nous donc ça , mon ancien. — Contez-nous donc ça, père Julien.
— Oh ! mon Dieu ! c'est pas la chose d'ambitionner la gloire de narrateur. Abus puisque ça m'est arrivé d'avoir de l'émotion , je vas tout simplement vous dire comment.
Celait en i823, pendant la guerre d'Espagne, la guerre aux procédés, vous savez, où on ne se tirait pas uni coup de fusil sans la préalable politesse d'un coup de chapeau. — Moi , ça m'était encore égal , parce qu'enfin si avec l'autre on nous entretenait pour la chose d'être féroces, ceux-là ils nous voulaient modérés. J'étais donc militaire civilisé , sans aller à confesse cependant. Mais ce n'est pas tout. J'avais pour capitaine un homme acharné après moi. — Vous savez, de ces espèces d'olibrius qui , sans raison ni conséquence aucune , s'attachent à mécaniser injustement un homme jusques dans les moindres détails de ses évolutions privées ; comme un de ces êtres tracassiers que 1' sort vous envoie dans un moment de guignon ; un chien fini, quoi.
— 'Oui, père Julien.
— Pour lors, moi, peu flatté de cette haine disciplinaire, je ne dis encore rien; mais voilà ce que, en matière de rancune, je méditai contre le paroissien. — Dans le cours de mon existence de garnison , j'avais déjà monté quelques factions à Toulon , et, après bien des doutes , bien des réflexions , les souvenirs de ma mémoire me firent, acquérir la certitude que mon capitaine n'était autre qu'un forçat des bagnes de Toulon, que je me rappelais parfaitement y avoir vu à plusieurs reprises. — Ainsi débarrassé du poids modérateur de la considération que tout troupier doit à son chef, je me dis : cré coquin ! plus d'égards , Julien ; et sans expliquer à personne la raison de mes motifs, j annonçai hautement l'intention d'accueillir par un soufflet la première injustice de l'individu. — Histoire de rire. — A quoi tout le monde d'applaudir, parce que , dans toute affaire chanceuse, chacun
aime mieux la voir entreprendre par le voisin que de s'en charger soi-même.
— C'est bien vrai cela.
— Mais Julien ne recule jamais. Ce que j'avais promis aux camarades, je le fis. Par une belle revue d'inspection -, l'individu s'arrête devant moi et me toise des pieds à la tête, comme un honnête homme aurait tout au plus le droit de le faire. Ma tenue était joliment soignée, j ose le dire , mais v'là-t-il pas que F particulier finit par me conseiller la salle de police pour apprendre à nettoyer le fourniment. Depuis long-temps la main me démangeait, et la réflexion me paralysait toujours , quand, ma foi , d'aligné que j'étais, je me disirais , et d'un revers du poing , je vous envoie mon vilain être embrasser le cheval du colonel. — Stupéfaction de toute la ligne , silence général ; on m'emmène en prison : v'ià qu'est bon , je m'y attendais ; je ne dis donc encore rien.
Mais quand arriva le conseil de guerre, où le capitaine , mon accusateur, me chargeait avec tout l'acharnement dont il était susceptible, et qu'on me demanda quelle raison avait pu me porter à une* pareille extrémité, alors je rompis la dissimulation et déployai mes facultés.
« Colonel, que je dis, je me suis laissé aller à l'apparence fallacieuse d'une insubordination flagrante pour la seule chose de démasquer l'infamie. Maillard, portant les épauleltes de capitaine, n'est autre qu'un forçat échappé des bagnes de Toulon , et , pour toute défense, je demande, que, sur-le-champ, l'épaule de Maillard soit mise à nu. »
Là-dessus , je relevai victorieusement ma moustache , en fixant Maillard qui, pourun scélérat, faisait, ma foi, assez bonne conlenance pendant qu'on le déshabillait. ■ — Dans ce moment , je l'avouerai , soit effet de l'imagination ou de la peur , la contraction de ses traits me fit presque douter de sa ressemblance avec le forçat ; la venelle me prit ; elle fut encore augmentée par le silence profond du conseil ébahi el par la solennité d'un instant si décisif. Tellement que quand on en vint à enlever la chemise, je sentais mon cœur descendre la garde comme un conscrit.
L'épaule nue , je me précipite dessus pour lire mon absolution
dans le signe de l'infamie Pas plus de signe que sur ma main. —
Je m'étais trompé.
— Oh ! mon Dieu !
— Caporal , voulez-vous, s'il vous plaît , me faire l'obligeance d'un verre de punch : ça réchauffera le récit.
Quand je dis que je mêlais trompé, ça en avait tout l'air. Mais
le désagrément de la circonstance me rend du cœur , je me ravise , je lève la main , je frappe vigoureusement sur l'épaule de Maillard , et , par l'effet du procédé , je parviens à y voir pour un moment la marque des lettres T. P. — T. P. ça veut dire galérien. C'était tout ce qui me fallait.
Messieurs , voici quatre heures , il faut
L'officier du poste.
relever les sentinelles.
Allons silencieusement rêver ! — dit le jeune homme au front pâle et aux noirs cheveux.
Le Narrateur , entre ses dents Oui, allons rêver — l'arme au
bras , — comme dit monsieur, avec ses physionomies de rhétorique ; mais en attendant, caporal , faites-moi donc l'obligeance d'un dernier verre de punch ; j'en ai trop bu cette nuit, et j'espère que celui-là m'en fera passer l'odeur.
Henri IS
at0e0.
— Au dernier des rares concerts donnés cet hiver , un beau jeune homme et une femme charmante se trouvaient assis près l'un de l'autre, comme si le hasard les avait réunis pour entendre l'admirable symphonie qu'on exécutait en ce moment. Celait un morceau de Beethoven , partition aussi pleine de charme que d'éclat.
Il y un moment où tous les instrumens s'arrêtent d'un mouvement spontané. L'effet est merveilleux. Vous n'en avez pas d'idée, si vous
ne l'avez entendu. C'est un crescendo, crescendo, crescendo
Puis, tout-à-coup, un silence complet. Or, cette fois, on entendit distinctement le son dune petite voix flûlée, qui, prise au dépourvu par le jeu des instrumens , modulait distinctement la fin d'une phrase d'amour. — « Tu m'aimeras toujours! — Oh ! toujours ! répondît une basse-taille. — Et la symphonie reprit son train.
EuGÈHE Mo HISSE AU.
Cu. niiuroN.
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A Paris, en envoyant, franco, un bon sur la poste on sur une maison de Paris, au grand magasin de caricatures d'Âubcrt, passage Ve'i-o-Dodat — A Lyon, chez Baron, libraire, rue Clermont. — A Londres, chez DeJaporte, Buriingtrn arcade Piccacliïly, corner of Burlington g;irJen. — A Strasbourg , chez Alexandre, dépositaire des journaux. : — ■ A. Bruxelles, chez Dero Beckcr, Montagne de la Cour, n° 17. , — A Gjîkève, chez Baibczat
et Cor
trnîe, libraires.