‹ La Carie Dentaire Chez Les TuberculeuxChapitre 12 sur 18 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

Nous venons de développer les considérations techniques qui nous permettent d'exposer avec fruit quelques faits cliniques s’y rattachant.

En somme, il nous suffira de décrire chez des sujets tuberculeux atteints de carie dentaire, d’une part la topographie exacte des lésions pulmonaires, et de l’autre la disposition des dents atteintes de carie spontanée, le rapprochement de ces deux descriptions devra -comfirmée les lois que nous venons de reproduire.

Il est bon de signaler encore que, étant donné la rareté relative de la carie dentaire spontanée, surtout chez les individus d’un certain âge, les observations ci-après ne se rapporteront qu’à des sujets relativement jeunes, et en outre présentant pour la plupart, des lésions pulmonaires récentes ; les lois de systématisation de Molle, comme cet auteur a le soin de le déclarer, présentant leur maximum d’exactitude dans la tuberculose au début.

C’est dans ces conditions seules que cette vérification est possible, et il est utile d’en avertir les observateurs qui, autrement, risqueraient de tomber sur des faits en apparence contradictoires.

OBSERVATION 1re

Tirée de la thèse de Didier, élève de Molle et complétée ultéricu rement par cet auteur au point de vue des lésions dentaires.

P... Josefa, Pavillon n° 8, lit n° 7. Service du D: Molle, âgée de 15 ans.

Rien à noter dans les antécédents héréditaires ou personnels. L’affection actuelle aurait débuté il y a trois mois environ ; examinée pour la première fois le 9 décembre 1911.

Signes stéthoscopiques. — Sommet droit. — Matité très nette au niveau des fosses sus et sous-épineuses. Exagérations des vibrations à l’auscultation ; obscurité, respiration légèrement soufflante ; il n’y a pas de craquements, ni de râles.

Ces phénomènes se retrouvent sous l’aisselle et aussi, quoique plus atténuées dans la fosse sous-claviculaire ; il est très aisé deconstater en particulier à ce niveau une tonalité beaucoup plus élevée à la percussion qu’au niveau de la fosse sous-claviculairegauche ; il y a également de l’obscurité, mais moins accusée qu’en arrière ; pas de râles.

Sommet gauche. — La respiration est partout normale, en particulier dans la fosse sous-claviculaire.

Troubles nerveux. — La malade choisit le décubitus latéral droit pour son sommeil ; elle est très affirmative sur ce point et reconnaît avoir toujours agi ainsi.

Le grand pectoral gauche est très hyperesthésié relativement à celui du côté droit. C’est au contraire le trapèze droit qui est hyperesthésié relativement à son congénère gauche.

La zone rachidienne gauche présente. une hyperesthésie très notable, relativement à son homologue de droite ; en outre, unepression un peu vigoureuse à son niveau détermine des sensations angoissantes s’irradiant jusqu’au niveau de lépigastre, et une légère dyspnée.

Une compression même légère au niveau du muscle grand droit gauche (zone abdominale) dans la région juxtaovarienne donne des résultats analogues ; il est à noter que le point de départ de ces troubles réside bien dans la paroi, et même dans l'épaisseur de la peau, un pincement un peu pis d’un pli cutané déterminant les mêmes phénomènes.

La zone fessière gauche est aussi très notablement hyperesthésiée. Les gros troncs nerveux des membres supérieur et inférieur gauchessont également très douloureux ; enfin, la compression du pneumogastrique gauche décèle une hyperesthésie locale manifeste.

Il est à noter que cette systématisation de ces troubles nerveux

Page 1