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que leur appellation le fait prévoir, ces manifestations sont unilatérales et elles siègent à la fois au sein de certaines masses musculaires et sur le trajet des troncs nerveux susceptibles d’être explorés ; nous allons, étudier successivement ces deux modalités d’hyperesthésies, en nous inspirant naturellement des descriptions qu’en à données l’auteur qui nous occupe.
19 Hémihyperesthésies musculaires :
Ces manifestations affectent elles-mêmes deux moda- ‘ lités distinctes : dans la première, l’hyperesthésie siège non pas dans la totalité d’un muscle donné, mais seulement dans une fraction limitée de ce muscle, en des «lieux d'élection» que Molle désigne sous le nom de zones d'hyperesthésie.
Dans la seconde, au contraire, l’exagération de la sensibilité s'étend à la totalité du muscle en exploration.
Ces deux modalités ont d’ailleurs des caractères généraux qui leur sont communs, aussi bien n’en ferons-nous qu’une seule et même description ; après quoi, nous décrirons le manuel opératoire de leur recherche.
a) Caractères communs aux hyperesthésies musculaires, qu’elles affectent une zone limitée du muscle ou la totalité de sa masse.
Nous devons noter tout d’abord, que d’assez nombreux. auteurs ont longuement décrit cette seconde modalité dans certaines affections et plus particulièrement au cours de la tuberculose pulmonaire ; nous citerons Weil, Jacquet et ses élèves J'annot et Lebard, tandis que M olle, tout en s'étendant sur la sensibilité musculaire totale, à. créé de toutes pièces la sensibilité en «zones», dont la. fréquence, d’après lui, est telle qu’il la considère comme un phénomène pour ainsi dire physiologique. | :
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Ceci dit, voici quelques-uns de ces caractères généraux.
Le premier, et sur lequel il est insisté dans toutes les: descriptions, c’est que ces troubles douloureux sont restés. presque toujours inaperçus du malade.
«Cette hyperesthésie musculaire, dit Weill, s’accom- «pagne parfois d’un fonctionnement douloureux des «muscles......, mais le plus souvent, le patient ne s’en Caperçoit pas, il l’ignore complètement et il faut la recher- «cher systématiquement. »
«L’hyperesthésie musculaire, dit Lebard, comme l’hy- «peresthésie nerveuse, sont généralement ignorées du ma- «lade ; il n’en a aucune conscience. L’exploration métho- «dique seule la met en évidence. » |
«On ne saurait trop insister sur ces faits, dit Didier, «ils permettent d’une part d'éliminer du syndrome la. «plupart des douleurs spontanées ressenties par les ma- «lades et qu’ils décrivent si volontiers à leur médecin, cet, d'autre part. nous savons aussi qu'il faut se donner «la peine de rechercher ces symptômes pour les appré- (€ CIET. »
Molle a particulièrement insisté sur les difficultés queprésentent parfois ces explorations :
«Il est nécessaire, dit cet auteur, de Le se com- «prendre au sujet examiné la portée des questions qui: «leur sont posées. C’est ainsi que beaucoup de personnes, «quand on leur demande : «Eprouvez-vous une douleur «ou unesensation quelconque ?» répondent étourdiment «par la négative. Comme en effet, ces sujets n’ont jamais. «ressenti spontanément de douleur particulière au niveau «de la région qui fait l’objet de l'examen, ils confondent «cet état normal avec le nouvel état de choses, déterminé «par l’exploration présente. Aussi doit-on leur donner- «des explications d'autant plus claires que la perception «de ces sensations est plus délicate. »
- Un second caractère est celui relatif à la variabilité observée dans l'intensité de ces manifestations hyperes-thésiques.
PTE ES
«Tantôt, dit Weill, le pncement des museles provoque -cune douleur légère, quoique très nette. Parfois, il arrache «au malade des cris, déterminant des mouvements de «recul, des soubresauts.., alors que, même dans les cas « d’hyperesthésie excessive, il peut arriver que le malade «ne souffre pas à l’occasion des mouvements... »
D'après Lebard, «l'intensité de la réaction provoquée «par l'exploration des muscles est des plus variàbles, «C’est tantôt une sensation légère mais pénible, devenant «peu à peu gênante, voire douloureuse, quand on insiste «par des pressions répétées. À ce degré, le malade mani- «feste sa sensation par des grimaces.. Dans d’autres cas, «c’est d'emblée une douleur très violente, tellement vive, « qu'elle arrache un cri au malade ; il a un brusque mouve- -<ment de retrait pour se soustraire à cette souffrance. »
Mholle décrit également «une douleur locale que le «sujet apprécie bien supérieure à celle que les mêmes «moyens déterminent du côté opposé...»
- Mais, à côté de ces troubles naissant et mourant sur place, il a observé la détermination de « phénomènes « sympathiques s’irradiant à distancez,, »
COn peut provoquer, dit cet auteur, à l'instant même, «une sorte d’oppression, de constriction à l’épigastre… » Il est vrai que ces derniers symptômes sont surtout observés au niveau des hyperesthésies en «zones».
Un troisième caractère se présente maintenant à notre -étude ; nous voulons parler de la distribution de ces troubles sensitifs à l’un et l’autre côté du corps, en un mot de leur systématisation au sens général du mot.
D'après Weul, «le champ de l’hyperesthésie a une
«étendue moyenne assez constante : seize fois sur vingt, celle se limite à une moitié du corps ; quatre fois, elle se «généralise aux deux côtés ; mais, dans ces derniers cas, «elle est toujours soit comme étendue, soit comme inten- -«sité, prédominante d’un côté... »
Lebard, d'après Jacquet, cite un cas d’hyperesthésie