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généralisée, et un autre d’hyperesthésie croisée, chez un tuberculeux. Mais, il spécifie expressément qu'il s’agit là d’exceptions et que, dans l'immense généralité des cas, ces troubles de la sensibilité sont nettement systématisés à un seul côté du corps.
La description de WMolle diffère légèrement des précédentes ; pour lui, en effet, tandis que dans la tuberculose pulmonaire confirmée, l’hyperesthésie musculaire est unilatérale, au contraire, dans la forme de début, il n’est pas rare qu’on trouve une hyperesthésie symétrique et croisée siégeant au niveau de muscles formant le revêtement des sommets. C’est ainsi que lorsque le grand pectoral gauche est hyperesthésié, ce sera le trapèze droit qui présentera le même phénomène ; et réciproquement. Nous aurons d’ailleurs l’occasion de revenir sur cette particularité.
b) Manuel opératoire de la recherche des hyperesthésies musculaires.
Voici en quels termes Weuill décrit sa méthode personnelle : :
« Il suffit, pour constater cette hyperesthésie, de presser « légèrement les muscles, de les pincer pour déterminer «une réaction plus ou moins vive. On peut facilement «s'assurer, par la comparaison avec d’autres malades, «qu’il ne s’agit pas d’une susceptibilité physiologique du «sujet. Au reste, comme l’hyperesthésie est dans la plu- «part des cas limitée à un seul côté, la manœuvre sur les «museles sains fait ressortir très nettement l’hyperes- «thésie du côté opposé ».
« Pour larecherche de lasensibilité générale musculaire, « dit Lebard, Jacquet nous a enseigné le procédé suivant : «prenant le bord libre d’un muscle entre deux doigts, «du trapèze par exemple, nous le soulevons légèrement, «et en même temps nous le pinçons avec une certaine
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«brusquerie. A l’état normal, cette exploration réveille «une sensation particulière, toujours désagréable, même «par un pincement modéré, bien différente de la sensation «due à la pression de la peau et aisément distinguée par «le malade. Or, dans le cas d’hyperesthésie profonde, on «provoque ainsi, non pas une sensation désagréable, «mais une vive douleur, et il est aisé par comparaison avec «le côté opposé d'apprécier si cette hyperesthésie est ou «non unilatérale ».
Molle qui a, ainsi que nous l’avons dit, généralisé l’étude de ces phénomènes à toute une série d’états pathologiques, a rattaché à l’hyperesthésie musculaire ci-dessus décrite, ses hyperesthésies en zones dont la vérification exige une technique assez minutieuse.
Cet auteur a donc cru nécessaire de décrire certains de ses procédés, et il nous paraît intéressant de les reproduire au moins en partie.
L’exploration du grand pectoral est ainsi décrite : «Le malade ayant le thorax à nu, on le prie d’écarter légè- «rement les bras du corps, en contractant le moins pos- «sible les muscles de la région scapulo-humérale; la posi- «tion dite : «des poings sur les hanches» convient parti- «culèrement ; dans ces conditions, la paroi antérieure du «creux de l’aisselle est parfaitement tendue, isolée et «accessible ; cette paroi est alors saisie entre le pouce et «l’index de chaque main, simultanément d’un côté et de «l’autre, et pincée progressivement sur toute son épais- «seur jusqu'à apparition de la douleur ; il est possible «de cette façon de comparer très aisément l'intensité de «la douleur d’un côté à l’autre. »
Pour l'exploration des museles trapèze, «on procède également par pincement au niveau du bord supérieur de
«ces muscles rendus saillants par une attitude appropriée «de la tête... »
En ce qui concerne les hyperesthésies en zones, notre auteur attache plus particulièrement d’importance à
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l’exploration de trois régions principales : il décrit suecessivement une zone fessière, une zone abdominale, et enfin une zone rachidienne.
La zone fessière siège vers le tiers supérieur des masses des fessiers, vers le centre de la fosse iliaque externe ; il existe là une région assez limitée où l’écrasement des fibres musculaires entre le plan osseux et la pulpe du doigt produit une sensation douloureuse particulièrement désagréable quand l’hyperesthésie recherchée existe réellement.
La zone abdominale se découvre vers le tiers moyen du trajet du muscle grand droit de l’abdomen, entre la région ombilicale et l’insertion pubienne de ce muscle, c’est-àdire, vers la région correspondant à la zone ovarienne ; il est bien évident que cette dernière exploration doit être pratiquée de façon à respecter les organes abdominaux
‘sous-jacents.
Enfin, l'exploration de la zone rachidienne, à laquelle d’ailleurs Molle attache la plus grande importance, est ainsi décrite : « Le malade est assis sur une chaise sans «dossier, ou bien sur une chaise ordinaire, mais disposée «de telle sorte que le dossier ne puisse gêner les mouve- «ments de l’observateur. Ce dernier se place complète- «ment face à la gauche du patient, également dans la « position assise et aussi près de lui que possible.
« Ainsi disposé, il embrasse avec le bras gauche la ré- «gion thoracique antérieure du malade, la main placée «sur.le moignon de l’épaule droite. Il immobilise alors «solidement le corps du sujet en serrant vigoureusement «le thorax entre sa main d’une part, et sa propre épaule «gauche de l’autre, le bras arc-bouté n’exerçant aucune «constriction au niveau de la région sternale, constriction «qui, à elle seule, pourrait déterminer une sensation «d’oppression. Le patient ainsi fixé, l'exploration des « gouttières dorsales se pratique comme il suit : l'index «de la main droite recourbé en crochet est fortement «appuyé par sa face dorsale successivement d’un côté à
« l’autre, et de la même gouttière, sur différents points de «sa surface ; on arrive ainsi, par tâtonnements, à trouver «un point précis où la douleur revêt un caractère très «spécial et au niveau duquel le malade déclare éprouver «en tous cas une sensation fort différente suivant le côté «exploré...»
20 Hyperesthésies des troncs nerveux.
Weill a complètement passé sous silence ce genre de troubles ; Jacquet au contraire, les à mis particulièrement en lumière.
«D'une manière générale, dit son élève Lebard, cette «hyperesthésie est parallèle à celle des muscles avec «laquelle elle coexiste et qu’elle précède toujours. Elle «tend vers le type unilatéral ; tantôt, elle est partielle, «tantôt, elle peut se généraliser à tous les troncs nerveux «d’un côté, ceux du côté opposé à égalité de pression «restant à peu près indifférents. »
Comment faut-il explorer cette sensibilité des nerfs et de quelle façon arrive-t-on à démarquer leur hyperesthésie relative ?
Voici de quelle façon agit Lebard : « Nous recherchons «la sensibilité des troncs nerveux de la manière suivante : «par la pression douce et graduelle d’un nerf contre un «plan dur sous-jacent, osseux ou aponévrotique ; c’est «ainsi que nous explorons le radial dans la gouttière de «torsion humérale, le crural sur le plan musculo-aponé- «vrotique du pli de l’aine, le cubital dans sa gouttière «Cépitrochléenne ; le phrénique et le pneumo-gastrique «sont explorés par la pression entre les deux chefs du «muscle. sterno-cleidomastoidien..., la sensibilité des «troncs nerveux est facilement mise en jeu par ces pro- « cédés, et son exaltation reconnue aisément, si l’on a le «soin indispensable d'agir par comparaison avec les nerfs « du côté opposé. »