‹ La Carotide intrapétreuseChapitre 11 sur 52 · SAS · texte numérisé non relu

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thèse des notions ainsi acquises et s’apercevra bientôt que ces notions laissent dans l’ombre certains points de l’anatomie de la carotide intra-pétreuse.

En effet, au cours de l’étude de los temporal le canal carotidien n’est pas décrit avec ses différentes parois ; certains rapports tels que ceux de l'artère et du massif apexien ne sont pas envisagés ; d’autres, tels que ceux de l'artère et du limaçon, le sont d’une manière imparfaite.

Ces quelques exemples nous montrent que les traités classiques ne pouvaient nous être d’un très grand secours pour écrire ce premier chapitre de notre thèse.

Les travaux de Bourguet, Girard, Rendu nous ont fourni certaines notions concernant la projection de la carotide interne sur la paroi profonde de la caisse, mais en réalité, dans les lignes qui vont suivre, nous exposerons presque uniquement le résultat des recherches auxquelles le D' Ramadier a bien voulu nous associer.

Voici comment, d’après le D' Ramadier (1), il convient de se représenter dans leur ensemble, le trajet et les rapports du segment artériel qui nous intéresse:

« Nous divisons le trajet de la carotide intrapétreuse en deux parties a peu près d’égale longueur : une partie ascendante et courbe à convexité

supéro-externe, qu’on pourrait appeler la « crosse de

1. Communication à la Société de Laryngologie des Hôpitaux de Paris, 21 février 1933.

Le

la carotide intra-pétreuse » et une partie horizontale. La limite entre ces deux parties correspond à peu près exactement à un plan voisin de la perpendiculaire à l’axe du rocher (intermédiaire entre un plan antéro-postérieur et un plan perpendiculaire à l’axe du rocher) et qui passe à la fois par l’extrémité antéro-interne de la trompe osseuse et par le bord antéro-interne de la base du cône limacéen (fig. 1).

Au point de vue des rapports, la partie ascendante et courbe doit elle-même être divisée en deux portions, une portion tympanique longue de 3 à 4 millimètres qui répond à la partie antéro-inférieure de la paroi profonde de la caisse, comprise entre le plancher de la caisse et le bord inférieur de l’orifice tubaire, et une portion intertubo-limacéenne qui chemine entre le canal musculo-tubaire (trompe osseuse surmontée du canal du muscle du marteau) en avant et le limaçon en arrière. Quant à la portion horizontale elle creuse en gouttière la face antérieure de la pointe du rocher. Nous reconnaissons donc à la carotide intra-pétreuse trois portions au point de vue de ses rapports : une portion lympanique, une portion intertubo-limacéenne (qui a elles deux constituent la crosse) et une portion apexienne ou partie horizontale. »

La carotide interne $e creuse en effet dans la pyramide pétreuse un canal (le canal carotidien) qui parcourt cette pyramide dans toute sa longueur de sa .base à son extrême pointe.

L'étude anatomique que nous allons en donner re-

RSA EE pose sur l'examen et les coupes de 25 temporaux.

TRAJET ET DIRECTION. — L’artère pénètre dans le rocher de bas en haut par l’orifice carotidien inférieur ou externe, se dirige d’abord obliquement en haut, en avant et en dedans en dessinant une courbe convexe en haut, en arrière et en dehors, prend ensuite une direction horizontale en avant et en dedans.

Elle se relève ensuite par un nouveau coude en émergeant de l’apex pétreux, pour se diriger en avant et en haut à l’intérieur du sinus caverneux.

On peut, d’après sa direction, distinguer deux segments, à peu près d’égale longueur, à la portion intra-

pétreuse du canal carotidien :

1° un segment oblique ascendant et courbe qu’on pourrait appeler « crosse » de la carotide intrapétreuse ;

2° un segment horizontal.

Nous croyons que cette division se rapproche beaucoup plus de Ia réalité que celle des classiques qui considèrent successivement une portion ascendante, un coude et une portion horizontale. En effet, dès que la carotide interne a franchi l’orifice inférieur du canal carotidien, elle n’est déjà plus uniquement ascendante, mais amorce aussitôt la courbe qui la fera devenir progressivement, presque insensiblement horizontale (1). À aucun moment on ne peut dire

qu'il y ait véritablement un coude.

1. La courbure du canal varie avec l'âge. Chez le fœtus de 5 à 6 mois le canal est presque rectiligne, oblique en avant, en

On peut repérer la limite supéro-interne de la crosse, c’est-à-dire le point où elle se continue avec la portion horizontale, par un plan intermédiaire entre un plan antéro-postérieur et un plan perpendiculaire à l’axe du rocher, rasant le bord interne du trou carotidien. Ce plan dont nous montrerons l’importance, passe en même temps par l’extrémité antéro-interne de la portion osseuse de la trompe d’Eustache, ainsi que par le bord antéro-interne de la base de la coque limacéenne (fig. 1 : ligne a-b).

LONGUEUR ET CALIBRE. — La longueur axiale de la portion intra-pétreuse du canal carotidien est d’environ 25 à 28 millimètres. Celle de la crosse est à peu près de 13 millimètres.

Le diamètre du canal osseux est de 5 à 6 milli-

mètres.

CONTENU DU CANAL CAROTIDIEN. — La carotide interne le remplit presque en entier. Elle est entourée de deux réseaux : le plexus veineux et le sympathique péricarotidiens.

Le vaisseau ainsi entouré reste libre de toute adhérence appréciable avec la face interne du canal carotidien qui, sur l’os frais, est tapissée par un périoste dense d’aspect dural (1).

dedans et en haut. Chez le nouveau-né la courbure commence à apparaître, mais à la naissance on peut à peine distinguer une portion ascendante et une portion horizontale (Grüber).

Ajoutons à ce propos que chez le chimpanzé adulte le canal carotidien est presque rectiligne et vertical

1. On a discuté pour savoir si elle est tapissée par un périoste dense (Rudinger) ou par la dure-mère évaginée (Soemmering, Recktorzick). Cette dernière notion ne repose sur aucune base solide.

J. Bousquet

Fic. 1. — Coupe du rocher droit, parallèle à la face antéro-supérieure de la pyramide pétreuse et passant : juste au-dessus du bord inférieur de l’orifice tubaire par la partie inférieure du limaçon, audessous du conduit auditif interne.

VIII3 : canal du facial descendant. c. p. : canal semi-circulaire postérieur, — Î : limaçon (partie inférieure du premier tour de spire). — a. p. : masse cellulo-diploétique de l’apex. — a. f. : axe de la trompe d’Eustache. — a. c. : axe du conduit auditif externe. — x. x : ligne tangente au flanc antéro-interne du cône limacéen.

La ligne en pointillé a. b. passe à la fois par l'extrémité antéro-interne de la trompe osseuse et par le bord antéro-interne de la base du limaçon elle marque la limite entre la crosse de la carotide intrapétreuse et sa partie horizontale.

(Le segment tympanique de la carotide est vu sur cette figure par trans-

parence).

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NS (En

a) Le plexus veineux péricarotidien. — Recktorzick a décrit sous le nom impropre de sinus carotidien un petit réseau veineux qui entoure l’artère dans son trajet intrapétreux.

Classiquement, il naît de l’angle postéro-inférieur du sinus caverneux, reçoit quelques veinules osseuses du temporal et de la caisse du tympan puis se résout vers l’extrémité externe du canal en 2 ou 3 branches terminales qui se jettent dans la jugulaire interne.

Les classiques attribuent à ce plexus veineux péricarotidien des dimensions assez notables. Rudinger l’a particulièrement étudié et lui a consacré une monographie. Il prétend que sinus et carotide se partagent de moitié la cavité du canal carotidien ; et son travail est accompagné de figures dessinées dans cet esprit.

Ce lacis veineux est dans la réalité extrêmement réduit et peut être même inexistant. Testut n’a pu consfater sa présence qu'après injection, sur des coupes de sujets congelés. Poirier reconnaît qu’il est surtout bien marqué au voisinage du sinus caverneux et souvent même n’existe que dans la portion horizontaie du canal. Haïcke a repris son étude en 1901. Il s'élève naturellement contre les assertions de Rudinger et affirme que, au niveau de la caisse, le réseau veineux n’a que de petites dimensions, sa blessure à ce niveau ne pouvant donner lieu qu’à une hémorragie insignifiante.

Notre maître, le D' Ramadier n’a jamais noté, même

à l’inspection à la loupe, la présence de ce plexus vei-

AL neux ni au cours de ses différentes recherches de médecine opératoire (1) ni au cours de ses interventions sur le canal carotidien chez le vivant. Il conclut que le plexus est non pas inexistant mais tout au moins « inapparent sur le cadavre et anatomiquement négligeable ». D'ailleurs, jamais au cours de ses interventions, la dénudation de l'artère n’a été gênée par une hémorragie traduisant la présence d’un réseau veineux de quelque importance.

Ces faits sont confirmés par les examens histologiques du professeur agrégé Roger Leroux qui a pratiqué une série de coupes transversales d’un rocher décalcifié, sans déceler nulle part autour de la carotide quoi que ce soit qui rappelle l'aspect d’un sinus veineux (communication à la Société anatomique de Paris. Le 21 février 1933).

b) Le sympathique péricarotidien, — Il fait suite au nerf carotidien. Celui-ci, né du pôle du ganglion cervical supérieur monte le long du flanc postéro-in terne de la carotide interne et un peu au-dessous de l’orifice inférieur du canal carotidien se divise en deux branches : interne et externe,

Dans la portion intrapétreuse, tantôt les deux branches se divisent en un très grand nombre de filets formant un véritable plexus ramifié autour du vaisseau, tantôt elles persistent en échangeant de nom-

bréuses anastomoses.

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