I. — BATTEMENTS
M. le D' Ramadier a eu l’occasion au cours de trois observations, de dénuder la carotide sur une partie de son trajet intra-pétreux. Il a constaté que le vaisseau ainsi exposé semble dépourvu de battements.
Voici ce qu’il relatait au sujet des deux premières interventions dans l’article de la Presse Médicale du 25 février. 1935 :
« Il s'agissait d’un malade atteint d’otite chronique et chez lequel je découvris au cours de l’évidement pétro-mastoïdien une zone d’ostéite située au-dessous du promontoire, c’est-à-dire tout contre le flanc postérieur de la carotide ascendante. La trépanation du canal au point sus-indiqué fut des plus simples. L’hémorragie fut à peu près nulle. Surtout, fait qui ne manque pas de me surprendre, le vaisseau ne me parut animé d’aucun battement, c’est seulement à la loupe qu’il fut possible de percevoir quelques
pulsations légères de sa paroi.
Un peu plus tard, il me fut donné de refaire les mêmes constatations, d’une façon encore plus exacte et plus complète, chez un second malade où l’on était en droit de soupçonner l’existence d’un foyer apexien en raison des signes cliniques et des données radiographiques. Cette fois, la carotide interne fut découverte sur toute sa portion ascendante et sur une bonne partie de sa portion horizontale par résection de la paroi intercarotico-tubaire. Comme précédemment la paroi du vaisseau était dépourvue de battements et se laissait facilement déprimer par les instruments. Une curette introduite le long de son flanc postérointerne et la refoulant d’arrière en avant dans son canal élargi par la résection précédente, arriva aisément à pénétrer dans la face antérieure de la masse apexienne. »
Quelque temps après avoir fait ces constatations inattendues, M. le D' Ramadier eut l’occasion de lire un article d’un auteur américain, John Richards (1), où il est indiqué que cet auteur, ayant pratiqué chez plusieurs malades des résections subtotales du rocher, pour cancer ou pour ostéite diffuse de cet os, avait constaté que la carotide ne battait pas et avait l'aspect d’un vaisseau veineux.
Ainsi il faut admettre que l’artère examinée à l’œil nu semble dépourvue de pulsations. Si on la regarde a la loupe et si l’on force beaucoup l'attention on
devine, plutôt qu’on ne voit, un très vague frémisse-