‹ La carrièreChapitre 15 sur 25 · XXX IV · texte numérisé non relu

XXX IV

S. M . — Le Général commandant la forteresse à S. A. /. l'Archiduc Paul. — P. O.

(( Monseigneur, le colonel du premier

régiment d'infanterie de la garde, qui allait prendre son service à la forteresse, s'étant trouvé subitement indisposé, j'ai l'honneur de faire connaître à Votre Altesse Impériale que Son tour de service se trouve ainsi avancé d'un jour, et je la prie, d'ordre spécial de Sa Majesté, de daigner rejoindre Son jwste en toute hâte. »

Le Grand Maréchal de la Cour à la comtesse d'Eschenbach.

(I J'ai l'honneur de faire connaître à Votre Excellence que, vu les prochains déplacements de la Cour, le voyage auquel elle a été autorisée par Sa ^ilajesté apporterait une grande perturbation dans le service s'il était différé plus longtemps. La volonté de lEmpereur est que vous j^artiez ce soir même, et que vous fermiez dès à présent votre porte à tous visiteurs afin de n'être pas troublée dans vos préparatifs. »

Le Ministre de la Police à l'Empereur.

{Rapport. )

Cinq heures et demie.

<( Les trois ambassadrices viennent d'arriver successivement. Elles omt paru surprises cjuand elles ont appris le brusque départ de la comtesse d'Eschenbach. La duchesse de Xaintrailles est arrivée dans la cour du Château juste à temps pour en voir sortir Son Altesse Impériale, à cheval, en tenue de service, et accompagnée de deux officiers d'ordonnance. Elle a paru également fort surprise. C'est, en vérité, la journée des dupes. »

Le jeune comte de V... à l'Héritier.

(( ]Monseigneur, je viens de l'échapper belle. Je ne sais rien du tout, sauf qu'à cinq heures dix, une grosse dame essoufflée a passé près de moi, heureusement sans me voir, et m'a balayé la figure de ses jupes. Puis elle a refermé les portes à double tour, et je serais encore emprisonné sans le bon Constant qui a des fausses clefs pour toutes les serrures.

(( J'ai fui en hâte, mais je viendrai demain prendre les ordres de mon cher Seigneur, à Sa toilette. J'espère qu'il me fera la grâce de m.e recevoir et j'ai soif qu'il me témoigne Sa tendre amitié avant la grande épreuve : car c'est à dix heures que je cours. »

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