‹ La carrière agricole [microforme]Chapitre 5 sur 5 · LA CARRIÈ LE; AGRICOLE, T · texte numérisé non relu

LA CARRIÈ LE; AGRICOLE, T

la transformation de mauvaises terres en bons terrains. Personne a'ignore que la première condition d’une bonne exploitation est ou terre in,ce que prouved’ailleursleprix élevéqu'abtiennenten tout! ferresfertiles. Toutle monde sait ausaique sur de bannes terresles agriculteurs sont tous habiles a obtenirde riches etabondents produits, Celui a qui possède de mauvais sola ou des, terres, médiacres.et e dés. lors est forcé d'appeler à son aide toutes, les sciences, toutes les parine loire pr tous les porsotinnaments .n engrais les plus couteux, pour lutter aveo, ayantage, contre la nature ingrate et belle de son terrain, atteindra son:but, plus surement, plun Lg ha plus économiquement, s’il commence par améliorer son sol, par le transformer.en, bon fonds, ,aur lequel, ensuite, obtendee Hat peine, sans faux frais et sana incertitude, de riches rs xgellents produits, . La géologie agrinole ne saurait, alécarter da a théorie scientifique et se réduire à l'étude isalée des terres et de la manière de les amender, sous peine de no faira dans oette seience que quelques pas insignifants, et lagriculteur entraîné dans. l’étade: ap ofondie de cette science; sera frappé, de, l’admirable enchainement les phénomènes de la nature, lorsque dans le double fait du soulève ment successif et de la destruction lente des rocheset des montagnen,ib reconnaîtra l’une des lois les plus admirables, les plus importantes entre celles qui président aux haïnionies ét aux ‘Aéstinées de la création l'une de telles qui peuvent le mieux confondre A La des homme et révéler plus hautement ld sagesse et là iajesté de Dieu. La foudre, la gelée, le vent, la pluie, les sources, les torrents, arras wi chaque jour quelque chose aux res qui payant les.plus ipr déstructibles : c’est ainsi, que les montagnes les plus élévées comme

les plus humbles se trouvent forcées. à une désagrégation, à une

déstruction très lente, il est vrai, mais incessante;. c'est, ainsi que sont produits pour la plüs granue partie ces sables,ces limons,ces alluvioùs, que les fleuves entraînent perpétuellement vers la mer, qui chaque jour se comptent par milliers de pieds cubes et; qui sont à la fois Pexpression et le résultat.de cette loi si naturelle si vraie, si ancienne: ment reconnue, qu’on latrouve déjà formulée dans la Bible : ‘ Les montagnes seront abaissées et les vallées séront comblées.”

Si done on observe des montagnes très anciennes, des montagnes ui depuis des sièeles se trouvent exposées aux ravages de l'air et 8: l’eau, on comprendra sans peiae qu’elles ne soient pas RATE

ce qu’elles furent autrefois. Car, remarquez d’ailleurs que dans leur ensemble les surfaces'en sont arôndies, que’ la plupaft des roches: y sont même;et jusqu’à une profondeur variable,suivant la naturé dé‘la roche, dans un état d’altération manifeste où en complète décomposition, d’où la forme arrondie et surbaïisséé que ces montagnes tendent a prendre et qu’ont déjà prise lés montagñes les plus anciennes. Ainsi, à la faveur de cette destruction des montagnes, notre globe, partout couvert de débris.et de détritus, permet: au règne végétal dé se développer dans toutes sa fécondité. et de fournir à l’homme et aux autres habitants du sol, une nourriture abondante sans cesse renouve

e. ï f eft4 LE i t . Mais la fertilité de ces détritus ne saurait être de très longue durée:

Lés'meilleures tétrés se détériorent, s’épaisent : il fallait donc que 168 tétrés pussent renouveler incessamment ou dé loin en loin'pour ruaintenir à 'la sutfüce du globe l'indispensable fécondité des plantes. C'est à'votte nécésuité de preraler rdrs que répond surtout la lof qui nüus occupe, car tous ces débris de roche qui se répandent où Os éaux entrainent et distribuent snr les pentes, dans les bas fonds,dansiès vallées /sont'des terres neuves qui viennent succéder aux terres épuis6es ou lés'amendér. Or, quelque inépuisable que paraissent les massés montagneuses dont la destruction lente doit assurer ainsi la fertilité du:sbl, ces massés finissent par s’effacer ; et les montagnes et les évilines disparaissent, ve ne serait pas séblement leurs débris qui matiqueraient à l'entrèt

velle importance. ne

inarchés des prix impossibles. En vain avait-on fouillé les principaux champs de bataille de l’Europe. Les ossements des héros de tous les pays, tecueillis avec une scrupuleuse égalité, n’avaient pu suffire en- ‘coté & apaiser la faim toujours croissante de la patriotique Albion,

À ee sujet on.a poussé l’indiscrétion jusqu’à dire que l’intendance militaire, anglaise s'était reservé tout le blé ainsi produit des os de la vieille garde recueillie à Waterloo. Le pain qu’on en fit avait été soigneusement conservé et distribué dit-on, aux soldats anglais quelques jours avant la prise dn. grand Rédan. Ce fait d’armes, à lui seul n’établirait certainement pas l'efficacité du moyen employé pour donner aux troupes anglaises quelque chose de la valeur. héroïque de la vieille garde, : Aussi les journaux de la dernière malle nous apprennent-ils l’arrivée à Liverpool de deux vaisseaux chargés d’une nouvelle cargaison d’os recueillis cette fois en Crimée, probablement sur le champ de. bataille d’Alma, d’Inkerman, et puis de la tour Malakoff. Il est à souhaiter que la seconde expérience amènera de plus beaux résultats que la première.”

Je disais donc que les fouilles faites sur les champs de bataillé en Europe, malgré l’immense quantité d’os qu’elles fournissaient au commerce étaient Hrnpaissanies à apaiser la faim de la puissante Aïbion. La géologie à elle seule remédia au mal en indiquant les gisements d'animaux antédiluviens dont les os et les déjections pétrifiées renferment encore les matières fertilisantes les plus précieuses. Cette dé-

couverte amèna une industrie nouvelle et les copolites s’exploitent aujourd’hui en grand, amenant à leur suite la fertilité et la richesse. e toutes les sciences dont s’aide l’agriculteur ; la chimie est la pins intéressante chrque fois qu’il veut se rendre compte des nomreuses transformations que subit la matière dans le vaste laboratoire de son exploitation agricole. Qu'il y a loin des particules terreuses ue nous foulons aux pieds, au brillant de la fleur qui s’épanouit. ais quelle distance plus grande encore entre le buisson entrainé dans le ruisseau boueux et ce chef-d'œuvre sublime de la création l’homme, et partant, qui oserait nier que l’un ne soit le produit de l’autre ? Etudions un instant l’admirable enchaînement qui relie le sol, la plante et l’animal pour assurer à l’homme son existence. Le sol et l’atmosphère renfermant seuls la matière première de tout ce qui existe sur notre planète. Je suppose l’homme placé sur une île déserte il aura autour de lui tous les éléments nécessaires à sa subsistance, mais sous une forme si peu digestible il serait condamné à mourir d’inanition, même sur une étendue de terrain suffisante pour nourrir des millions d’habitans, si la végétation ne vient à son secours. Voyez cette graine de trefle, elle pousse ses racines dans les entrailles du sol, elle choisit les éléments dont elle a besoin pour consolider sa tige,

ses larges feuilles s’étalant dans l’air, absorbent les gaz nécessaires à

sa nutrition. Déjà les particules terreuses se sont ainsi transformées en composés mucillagineux , dont les organes digestifs de l’homme ne saurait s’accommoder exclusivement, mais dont les herbivores sauront tirer parti. Voyez ce troupeuu d’animaux gras broëûtant à l’envi dans ce riche pâturage. Avec quel empressement ils transforment ces tiges de trèfle, en une nourriture beaucoup plus succulente et plus assimilable pour l’homme, représentée par le plat national Anglais, ie ‘ Roust beef of old England.”

Avec les yeux de la chimie, l’agriculteur suivra donc avec intérêt ces changements successifs de la nature, guidés par ses soins intelligents. Au moyen de labours répétés il exposera les particules terreuses à l’action si puissante des agents aimosphériques dont le résultat

gur le sol sera de rendre solubles et assimilables les éléments dont il

se compose.

La matière première ainsi préparée il choisit dans tout le règne végétal la plante qui profitera le mieux des substances nutritives de son terrain il la sème et bientôt son champ se couvre d’une riche récolte de même que par l’analyse il aura déterminé la composition de son sol et celle de la plante qui doit s’en accomoder le mieux, de même aussi par l’analyse de la plante qu’il récolte et des produits

u’il désire, il saura à qu’elle transformation il devra soumettre celle- À our en obtenir soit de la viande, soit du lait, soit du travail soit de la laine. Ces connaissances d’application journalière exigent pour être utilisées une étude longue et suivie dont on ne saurait nier l’importance.

Presque tous les phénomènes qui se passent à la surface du globe, sont généralement plus ou moins influencés par l’atmosphère, qui intervient, soit par son action mécanique, soit.par son action chimique. Si l’on ignorait la nature de l’air atmosphérique et sa manière d’agir on

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serait dans l’impossibilité d'expliquer pourquoi une plante végéte. Il suffit de mettre dans le vide de la machine pneumatique une ‘plante vivante pour se convaincre que l’action de l’air est indispensable à son existence parce que soustraite à la pression que l’air exérce sur elle, son'organisation se détériore ; secondement, parce qu’elle ‘ne trouve plus une partie des éléments qui lui sont indispensahles pour se développer.

Il n’y a pas une seule plante soumise à l’action destructive dufeu, qui ne laisse un résidu composé d’une partie des éléments que l’on retrouve infailliblement dans le sol ou cette plante a végété. Certains principes fixes sont donc aussi indispensables à l’existence des plantes

jue les principes gazeux. Or si certains principes fixes sont une con-

ition de l’existence des plantes, il sera indispensable de connaitre s’ils existent dans le sol que l’on destine à recevoir ces plantes. L’analyse peut seule donner cette connaissance et à l’étude de l’atmos-

hère doit succéder l’étude de la composition des terres. Cependant a terre n’agit pas sur les plantes seulement par la quantité et la qualité de ses principes ; elle agit aussi comme masse comme véhicule, comme agent mécanique en un mot. Les céréales demandent des terres riches en phosphates et en silicates alcalins; mais il pent se faire qu’un sol riche de ces deux substances soit néanmoins inapte à faire prospérer le moindre grain de froment, par exemple, s’il est trop poreux, s’il est trop compact, s’il est trop pierreux ou s’il est trop divisé. L’étude de la nature du sol ne doit donc pas porter exclusiverent sur ses éléments, mais aussi sur ses qualités physiques.

La connaissance de la nature d” sol pourrait, dans quelques cas être une donnée insuffisante ; elle doit se compléter par la connais sance des principes fixes des plantes que l’on veut cultiver. Onsait qu’il y a des végétaux dont les cendres sont riches en alcalis, d’autres en phosphates ou en silicates. Il est évident que dans ce cas, la connaissance du sol suffit pour bien choisir les différents genres de culture. Cependant l’agriculture étend tous les jours ses limites ; elle fait de nouvelles conquêtes. Des plantes étrangères lui sont offertes, et alors il faut ou que lé cultivateur s’abandonne aux chances du tâtonnement et de l’essai, on qu’il s’éclaire, par la connaissance immédiate et préalable des principes minéraux de la nouvelle plante ; la marche qu il se propose de suivre pour sa nouvelle exploitation. 11 faut donc

airé suivre l'étude de la composition du sol par l'étude de la composi-

‘tion des cendres végétales, sous un point de vue général.

Chaque récolte enlevant au sol une partie plus ou moins considérable de ces élémens, un moment arrive où la même récolte n’est plus possible ; en cultivant successivement sur la même portion de terre la même plante, on s’aperçoit que les récoltes vont en s’amoindrissant ; mais on pourra obtenir plusieurs bonnes récoltes successives si, au lieu de semer la même plante sur le même terrain plusieurs fois de suite, on fait suivre la culture d'une plante donnée, par la culture d’une plante d’une autre famille. Grâce à ce fait, il est facile de comprendre que chaque plante choisit dans la terre ce qui lui convient ; et que deux plantes différentes, cultivées l’une après l’autre dans le même endroit, peuvent trouver de quoi satisfaire à leurs exigences, si

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LA CARRIÈRE AGRICOLE. dl leurs exigences sont différentes. Une plante riche en principes calcaires pourra succéder à'une plante riche en principes siliceux; si'le sal qui les a soutenues renferme du calcaire ét dé k silice. La première aura trouvé les éléments de sa prospérité, sans porter'atteinte pr éléments destinés à la prospérité É la plante qui doit lui succéder. «.fbbe Pa #46 a ina Toutes les considérations, tous les développements qui se rattachent à ce fait capital, constituent ce qu’on ape ta théorie des assolemens : théorie qu’on ne peut aborder qu’à la condition de connaître préalablément la nature du sol et des principes fixes des plantes. La connaissance la plus profonde de ce qui se passe dans les assolemehs laisse intact ce principe fondamental, qui'est pour ainsi dire, la pièrre angulaire de toute l’agriculture : il faut rendre au sol ce que les plantes lui enlèvent. Peu importe que le sol ait été affamé par une culture bien ou mal entendue ; toujours est-il que pour entretenir sa fertilité, il faudra lui rendre tôt ou tard ce que les plantes lui ont enlevé. Oneffectue cette restitution en introduisant dans le sol ce qu’on appeus les engrais dont l’étude doit être considérée non seulement sous e rapport de leur composition mais encore sous le rapport de leur conservation, de leur valeur relative et de leur emploi.

Le génie rural s’inspirant des données de la chimie et de la physiologie végétale, créait le drainage et les irrigations : d’un côté délivrait le sol d’un excès d’eau mortel pour les jeunes plantes, de l’autre il étanchait la soif des sols du midi, exposés aux rayons d’un soleil trop chaud, en répandant sur les prairies une eau fertilisante, détour-

née de quelque ruisseau voisin.

Dans le cas où le sol n’a qu’une faible pente, la plus grande partie de l’eau de pluie reste dans sol plus ou moins perméable, car elle ne peut se perdre dans les couches poreuses souterraines, arrêtée qu’elle est par la couche imperméable d’an sous-sol rétentif; la terre est donc superficiellement humide un certain temps après chaque pluie ; l’eau ne peut s’échapper que par l’évaporation ; le sol se crevasse dans les sécheresses, mais la partie proche du sous-sol reste humide presque constamment. Si en outre le sol lui-même est retentif, tous les inconvénients de l’eau stagnante se rencontrent : l’humidité rend les labours difficiles, retarde leur exécution ou les rend tout-à-fait impossibles ; toutes les de aa du sol sont d’un prix élevé; le manque d’aération des particules terreuses limite la couche active, empéche que les amendements et les engrais produisent tout leur ‘bon effet: l’eau stagnante dans le sous-sol cause un refroidissement continuel, car toute l’eau qui s’évapore à la surface prend sa chaleur de vaporisation au sol et au sous-sol ; il en résulte un véritable abaïssement, de température du solet de l’air ambiant, et par suite un retard dans la maturation qui peut même être complètement empêchée. Dans le sous-sol, l’eau stagnante non aérée empêche l’accroissement des racines pivotantes charnues qui se putréfient ainsi que les tiges,

Les bons effets d’un drainage complet, bien exécuté, seraient donc de réchauffer le sol, car la chaleur solaire ne sera plus employée à évaporer l’eau surabondante du terrain, mais le sol lui-mème ; la hâtivité des récoltes s’en suivra. Lorsque le drainage sera fait sur

une grande étendue, il y aura dans ce lieu un bon équilibre entre les saisons sèches et humides, le sol ne se crevassera plus, les plantes ne seront plus déchaussées, les pluies, les: rosées. pénètreront dans la terre et l’enrichiront de principes gazeux utiles à :la végétation. : Le sol devenu friable et sain, sera en tout temps accessible aux charriots, aux instruments de préparation du sol ; les läbours et les façons pourront se faire en temps. opportun sans exiger des attelages nombreux. L'action des gelées ne sera plus aussi nuisible. aux plantes, car l’6quilibre d'humidité obtenu régularisera l’action des gels et dégels en les rendant plus leuts.

Le drainage équivaut à un approfondissement de la couche arable, car il produit une sorte d’ouverture générale des pores du terrain; le sol et le sous-sol sont aérés par suite de la friabilité de la terre et de la pluie tombée qu’entraîne en passant de la surface jusqu’aux drains, de l’air agissant sur les molécules terreux. Les amendements et les engrais, par cette aération, produisent tout leur effet, l’approfondissement. du sol actif permet la culture des plantes racines et aux plantes ordinaires l’extension de leurs radicelles à une grande profondeur. Tous ces effets se résument en définitive en trois espèces de résultats importants pour l’agriculture : Economie des travaux, augmentation des récoltes, diminution relative de la fumure.

Ce qui caractérise surtout les progrès faits en agriculture depuis un siècle, c’est le nombre et la variété d’instruments perfectionnés nécessaires aujourd’hui à l’industrie agricole. Il semble qu’en s’améliorant elle eut voulu faire de chaque opération un travail parfait, qui put lui garantir le succès de toutes les opérations précédentes et à venir. Autrement une négligence de détail comprometterait peut-être un ensemble de travaux toujours coûteux. Pour ne parler que du hersage qui recouvre les semailles, quelle importance dans cette opération si simple et dont dépend toute la récolte. Si ce hersage est fait à temps inopportun ou avec un instrument imparfait, la semence mal recouverte ne germera pas. Que deviendrait alors les nombreux travaux qui ont précédés, les labours d’abord,les hersages et roulages ensuite, enfin les engrais mis en terre? Tout cela constitue un capital dont une partie sera perdue et l’autre ne portera pas intérêt. L’Angleterre a parfaitement compris la position faite au cultivateur d’aujourd’hui, aussi à l’aide d’encouragements prodigués avec intelligence, elle est arrivée à posséder une collection d’instruments aratoires, pour toutes les opérations de la ferme, bien supérieure à tout ce que peuvent offrir en ce genre les autres pays de l’Europe. Non seulement elle a spécialisé les charrues, selon les circonstances de sols et de culture qu’elles ont à rencontrer, mais encore les herses, les rouleaux, en un mot tous les instruments de culture. Après avoir autant fait pour la perfection du sol, elle devait placer la semence dans les meilleures conditions possibles, non seulement de germination mais encore de végétation, pour réaliser dans le produit de la récolte,ce que le cultivativateur doit espérer de ses nombreux travaux. Et c’est ici peut-être que l’agriculture a fait le plus de progrès; la perfection des semis mécaniques est arrivée à ce point que l’on peut, quelque soit le relief du terrain, semer par arpent une quantité variable de graine, à une

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press var'able, selon les circonstances de terrain:et de culture. s machines à battre ‘glaises ne sont pas moins parfaites ; j'ai vu de ces machines qu:. ioutissaient les gerbes d’un côté, de Pautre emmagasinaient d’eli: +-inèmes la paille battue et ensachait le grain, séparé en première, seccade et troisième qualité. L’agriculture-arrivée à ce point de perfection, ne se contenta plus de chevaux, comme force motrice, il lui fallait la vapeur et sa puissance. Cette introduction dans laferme qui ne date que de quelques années est aujourd’hui générale en Angleterre et promet de Pêtre avant peu en France, en Belgique, aux Etats-Unis. Partout la vapeur est économiquement employée pour le battage des grains, l’approvisionnement de l’eau, le coupage des pailles, foins, racines, le concassage des grains. Depuis quelques années une nouvelle application de la vapeur menace d’opérer une réduction complète dans l’économie agricole, Les labours qui veulent être faits à temps opportun, à une époque déterminée ont exigé jusqu’à ce jour un certain nombre d’attelages correspondants en général à l’étendue labourée annuellement ; quant aux autres travaux de la ferme ils sont insuffisants pour occuper économiquement les attelages pendant le reste de l’année. Retrancher le labour ce serait donc retrancher plus de la moitié des attelages nécessaires c’est ce qui est arrivé en Angleterre, par l'emploi de la charrue à vapeur, dont l'invention n’est pas une rêverie d’utopiste, mais bien un fait accompli et pratique pour plus de 40 fermes anglaises.

Vraiment en présence d'un pareil résultat on se sent justement fier de pratiquer un art élevé si haut, non seulement par son importance pour le bien être social, mais encore pour l’ensemble des connaissances qu’il exige et des moyens tout-puissantsdont il dispose. Le temps n’est plus où l’idiotisme de l'individu le prédestinait à la carrière agricole. Loin de là, l’agriculture aujourd’hui compte assez d’hommes haut placés dans les sciences, pour que les plus grands talents de tous les pays, malgré l’étude et les connaissances que je leur suppose ne puissent gagner quelque chose au contact des hommes occupant les premiers degrés dans l’échelle du mérite agricole. Nous avons vu sommairement ce que pouvaient la géologie, la chimie et le génie rural en agriculture, voyons maintenant la nécessité des connaissances zootechniques dans les soins à donner aux animaux domestiques.

L'agriculture c’est le bétail. Ce principe, la base de toute bonne agriculture, fut longtemps méconnu dans le monde agricole, et ce n’est qu'après de longues et savantes discussions, éclairées par les faits, qu’il a été justement accepté par tous. Le bétail est un mal nécessaire avait-on dit, et cette fausseté avait fait son chemin suivie de près par les conséquences les plus désastreuses. En acceptant ce principe, le cultivateur ne voyait plus dans son bétail qu’une consommation improductive dont le seul rôle se bornait à la production exclusive des engrais. Dès lors tous les individus avaient à peu près la même valeur à ses yeux. Tous pouvaient consommer ses fourrages et les convertir en engrais, peu lui importait donc la perfection des formes, le choix de reproducteurs puisque le bétail était rigoureusement un mal nécessaire. Bien plus pour être conséquent avec son principe, et réaliser la production économique des engrais, le cultivateur devait

de préférence adopter dars ce cas, car alors, le capital engagé étant indre, de même que les chances de pertes accidentelles, il en résultait une économie 6 a one dans.le produit, les fumiers, : En un mot le cultivateur était pet vis-à-vis de son bétail. lans l’obligation rigoureuse -de lui appliquer ce principe absurde que ‘“ l’argent épargné est le premier gagné.” fi

mation du bœuf d'engrais, et que le bœuf d’engrais serait une - impossibilité comme bœuf de travail.

Je m’explique : la vache laitière possède une poitrine rétrécie, un ventre volumineux, des muscles émaciés, ure encolure longue, : des extrémités grêles. Le bœuf d’engrais au contraire, veut une poitrine large, des extrémités courtes et bien musclées, une ossature fine, tandisque le bœufde travail exige une ossature grossière, et pas trop de largeur de poitrine qui détermine toujours l’écartement entre. les membres antérieurs, par cela même un déplacement considérable du centre de gravité pendant la marche et comme conséquence nécessaire le lenteur dans les allures.

Le perfection nbtenue dans l’espèce bovine se reproduit également dans les autres espèces domestiques. Le cheval n’a pas £té négligé dans cette œuvre d’amélioration, non plus que le. porc et le mouton mais le temps me manque pour entrer dans.de plus grands détails.

Mais pourquoi continuerai-je cette énumération des applications.de Ja science. à, l’agriculture, ne faudrait-il pas. des volumes pour en

“donner une idée quelque peu exacte et je ne puis disposer que de quelques instants. Que ne puis-je vous transporter là où les faits parlent aux yeux le langage de la conviction. En Angleterre nons verrions lesterrains humides parfaitement égoutés au moyende tuyaux

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souterrains, les terrains n’ayant pas l’humidité nécessaire, irrigués par des prises d’eau habilement conduites. . Nous verrions les instruments les plus parfaits exécuter toutes les façons données aux sol et l'emploi des engrais les plus puissants. ‘Nous verrions encore les plus beaux types de conformation chez les animaux de toutes espèces destinées à une aptitude spéciale. 11 semblait que le progrès agricole ne povyait aller au-delà, pourtant, l’agriculture anglaise .à su résoudre ‘an problème plus difficile encore qui consiste dans l'irrigation des terres cultivées au moyen d’engrais liquides. Ces engrais préparés dans la cour de ferme:se distribuent au moyen de tuyaux souterrains

-sur toute l’étendue de la: ferme et tombent au gré de lagriculteur:en

‘pluie fertilisante, dirigée au moyen d’un conduit.en caoutchouc sem-

lable à ceux dont on se serten-6t5 pour abattre la poussière de nos rues. Avec cette disposition, non seulement on peut donner au sol les engrais les plus riches présentés sous la forme la plus assimilable mais encore les distribuer à mesure queles plantes les réclament pour assurer une végétation luxuriante. Depuis longtemps déjà l’Angleterre employait le guano importé à grands frais du Pérou. Cet engrais

ulvérulent était répandu en couverture sur les récoltes qu’ikdevait ‘éconder bien souvent en pure perte lorsqu’une rosée aboncante ou

“ane légère pluie, en le rendant soluble, ne l’incorporait avec: le sol.

‘Aujourd’hui l’agriculteur anglais sème son guano à l’époque la plus

‘favorable de la végétation et fait suivre le semis par un arrosage. On

conçoit qu’avec ce système on obtienne les plus hauts rendements.

Dans le midi de la France nous verrions les eaux de la Durance venir fertiliser par le dépôt de son limon des places d’une stérilité inconcevable hier et donnant en récoltes les plus hauts rendements aujourd’hui. L’homme en cela. a imité la nature, il a fait une prise d’eau à la rivière, l’a conduite dans son champ et retenu là par une légère digue haute de deux ou trois pieds. Le sol jonché de petits cailloux roulés entre lesquels se hasardaient quelques timides brins d'herbe à peine visibles, s’est couvert d’un premier dépôt, les eaux se sont écoulées par un canal, un nouveau dépôt a été formé et ainsi de suite, jusqu’à ce que le sol artificiellement créé ait atteint 18 pouces d'épaisseur, ce qui arrive dans l’espace de 4 à 5 mois. La charrue alors prépare le terrain pour la semence et l’agriculteur obtient les plus hauts rendements ; après un certain nombre d’années de culture épuisante un léger dépôt répare tout et restitue au sol sa fertilité première.

Dans le nord nous verrions près d'Anvers l’exploitation agricole dans toute son activité vigoureuse. Nous verrions un seul agriculteur faisant valoir 900 arpents de terre dont moitié en Betteraves et moitié en blé. Le blé trouve un débouché facile sur le marché voisin, la paille sert à l’alimentation du bétail. Les betteraves sont transformées en sucre brut puis rafiné dans la même exploitation. Les résidus de cette fabrication sont les mélasses et les pulpes, les premières sont distillées sous formes de flegmes à 509, rectifiers encore dans la même exploitation pour former les alcools de 909. Les pulpes servant à l’alimentation de 400 bœufs soumis à l’engraissement et tenus à l’étable pendant toute l’année. Le personnel de la ferme

s'élève habituellement de 200 à 300 ouvriers et ouvrières. Voilà lagriculteur d’aujourd’hui. A Dans le Milanais nous verrions des irrigations qui font à juste titre la gloire de l'Italie. Là, grâce au climat ee dont jouit l’agriculteur il n'a qu’à se garder de quelques jours de froid qui arrêtent la végétation l’hiver, et il y réussit aux moyen des irrigations. Si la gelée s’annonce il fait couler'sur.ses prairies une légère couche d’eau, dont la chaleur protège les plantes contre l’abaissement de la température ; les beaux jours reviennent et les prairies sont verdoyantes pendant que: sur la route qui les borde la neige, en couches épaises, sera longtemps à se fondre. Grûces à ces dispositions habiles, les prairies donnent le produit énorme de cinq coupes de foin par année. Les rivières qui les:environnent jouissent des mêmes avantages dûs à l’irrigation. C’est ainsi que l’agriculteur d’aujourd’hui s’aide de tous les moyens de la science pour utiliser son art. Il devance même les siècles et dessèche les mers pour convertir en récoltes leurs riches dépôts, jusque là improductifs. La Hollande nous en a donné un magnifique exemple dans le dessèchement actuellement réalisé de la mer d’'Harlem. Une large digue l’isola de l’océan, puis un système de canaux fut creusé à l’intérieur, de manière à assembler les eaux dans deux réservoirs principaux. Un système de pompes puissantes se mit à fonctionneret fonctionne encore pour maintenir le niveau des eaux intérieures de plusieurs pieds plus bas que celui de la mer, séparée seulement par la digue. Quel contraste ! aujourd’hui la charrue ouvre paisiblement son sillon là ou pendant des siècles grondèrent tant de tempêtes, ensevelissant sous les flots plus d’une barque désarmée dont les épaves, à demi ensablées, s’élèvent tristement dans la plaine. Oubliant, dans mon enthousiasme ce que ses débris rappelaient de scènes déchirantes, je Vos en eux autant de monuments glorieux à l’art dont la puissance défiant la fureur de l’Océan, savait

imposer la vie là où l’homme n’avait jusque là rencontré que la mort.

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te titre culteur a végéa gelée u, dont rature ; endant ra longprairies Les rià l'irritous les ême les s riches un masé de la ystème es eaux issantes niveau la mer, ’hui la >S gronbarque nt dans s rappeuments , Savait a mort.

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loa 9760 00. S'NDANT AANGOHT ADP HAINE à HA, aHiUb .deme: suis efforcé dans la prete partie de celte lecture de. vous faixe un historique, des progrès réalisés, en Europe jusqu'à. nos. jours et. de l’anoblissementide la cerrière agricole. , Permettez-moi de. ter: miner, en, rappelant à grands.traits les progrès réalisés chez nous, que je. lerai suivre, des.voies.et moyens. d'améliorations que réclame notre agriculture pour devenir une carrière marchant lg e, des. carrières professionnelles, 4: juin ao: innmiocravuuc oL agnatovithus eût Hier encore notre pays, n’était qu’une immense; forêt peuplée. .de quelques tribus indigènes,.sans, relations commerciales, vivant des ressources de l’industrie individuelle. Libres comme l’homme au remier jour, elles sillonnaient notre fleuve, labouraient pee sol, habitaient nos bois, vivaient des produits de la pêche, de la ct asse,, de la culture et parcouraient lPimmense, étendue de, leurs possessions, sans autres limites que celle: de leur puissance, sans aufre lois que celle .de leur liberté. Dans.ces circonstances la cultut Sur, Un sol ençore vierge et enrichi par. les débris d'une végétation laxuriante eväit..se résumer aux, opérations les plus simples pratiquées à l’aide,des instruments les plus primitifs et cette culture Fée suffire am, plement aux besoins de la famille, c'était là: son seul but. Une pr0dugtion plus abondante eut été sans valeur n'étant pas échangeable, par le fait que tous les individus subvenaient, pprronnaient à leur propre besoin et se trouvaient en conséquence également bien pour. vus ; mais à peine le Canada est il appelé Nouvelle-France, qu’une population active tire du sol d’immenses produits exportés à l’étranger, où. ils trouvent un débouché, avantageux et permettent au colon Canadien d’obtenir en échange les articles de, commerce dont la civilisation lui a fait un besoin. , A peine la colonie prend elle plus.de déveléppements que son commerce s’étend, les centres se forment et les voies de communications dévenues plus faciles, ouvrent un meilleur débouché aux produits. Alors la production de son côté augmente; mais le sol, depuis longtemps fertile en récoltes, est, partiellement épuisé ; il Jui aut upe culture plus parfaite, une division plus grande de sa couche arable utilisant bien les derniers éléments. C’est alors que les instruments aratoires se perfectionnèrent -et que la tenue du bétail est dévenue nécessaire pour s'ippléer par les engrais à l’épuisement des récoltes., L’élévation dans les prix de vente permet de rencontrer ce surcroit de dépenses dans les frais de production, et l’agriculture en se perfectionnant devient pluslucrative, Siaujourd’hui onjette un coup d’æil sur notre industrie agricole dans le voisinage des certres, on ÿ retrouve les instruments, le bétail et les cultures de la civilisation la plus avancée, Le haut prix de la propriété foncière, la

facilité des débouchés non seulement dans nos centres de commerce et d’industrie mais encore grâces à nos voies ferrées, à nos canaux et à nos vapeurs transatlantiques, jusques dans les centres commerciaux de la vieille Europe, voilà le pourquoi des développements rapides du Canada agricole, hier au berceau, aujourd’hui luttant de progrès avec les vieilles sr ter DES Européen. à

En partant ainsi de l’enfanca de Part nous : pu suivre pas à pas lenfat qui grandit avéc les siècles. D'hbord là Vprêt recule dent la hache des premiers colons et-bientôt l’art agricole exporte ses produits. Aux récoltes succédent les récoltes, jusqu’à ce que le sol épuisé refuse de produire : les débouv:h6s augmentent avec lesvoies dt conjmanication, ävéc là population des:centres, et autour dés vite: lé cuhtiväteur adopte un Men An dé ‘production basé sur de ce acquise ét sur les engrais. La nécessité faït loi et généralisée qe cüfture meilleure déns ün rayoh tous les joürs plas grand. Plus tardl lé bruit des progrès réalisés én Europe, rétentit jasque sous le toit dé nos cultivateurs, le gouvernement s’en émeut et vote une loi à l’encou:

gernent de l’agriculture ; des sociétés s'organisent, un, feu LE Ù fonte ét l’a sols à eiñé softidu bérceau'est'attivé à l'age mûr ‘Telle éét'en sübétance l’histoire dé cet enfant de nôtre énergie ! N'a t-on pas droit de s’en Éénorgueïllit ‘au souvenir des fatigués et des sueurs qu’il a coufés ? qu’on se rappelle ce qu’il a fallu aux premie colons dé vrai courage pour s'attäquer à l’Epaisse forêt, dont le ‘codvert impénétable semblait protéger si paissamment notre belle vallée, d'cette forêt qui, Semblait-il, dévait derneurét là, debout ‘pour jamais, rampart devant lüquellé #arrétérait la hache impuiusahte d'une poignée d’hories. Qu'on se: elle ce qu'il a fallu de aval pére ét persévérant dans cette lutte de tous les jours, exprimée par 7,000,

O'd’ärpents'de terre défrichée ! V'SB ESFORONEES rsédE ‘ Pour moi, ce courage sans éclat, à l'ombre dé la forêt siléncivuse est mille fofs plus Beañ que là bouillante ardeür du 86ldat emporté par le prestige éblouissant de la gloire. Certes, je sérais le dernier peutêtré à refuser à nos dyeux la vaillance bien Connue qu’ils tenaient de leurs pères et qu’ils ont léguée, j’espère à leur neveux ; mais en estimant leur travail opiniâtre à Pégal de lour vaillance, je crois ajouter up, fleuron de plus à la couronne de brillants, attachée à leur souvenÿr,

Le Canada ainsi lancé dans les voies du progrès ne s’arrètera pas, en si beau chemin, il suffit de jeter un regard sur Montréal pour nous convaincre de l'énergie rigoureuse avec laquelle notre population sait créer des merveillés. Pas un étranger ne verra sans admiration ces quartiers populeux dont lés constructions élégantes semblent avoit HE de sous terre sous la baguette magique d’une fée, qui a nom, ‘6 Pindustrie.”” hs

Mais si les quartiers de cette ville font l’orgueil de Montréal, lé. pont Victoria sera l’orgueil du pays, car il donnera la mesure des moyens gigantesques employés au développement de notre commerce, cette artère principale de la richesse des nations,

Dans les sciences et les lettres nous pouvons regarder avec com-

plaisance, l’Université Laval dont la création est un fait accompli, et. d’autres institutions nouvelles qui, pour être nées d'hier, ne.

nous laiss,at pas moins tout espérer pour l’avenir. Au milieu de ce développement vigoureux des lettres, des sciences et des arts l'agti: culture est-elle condamnée à rester stationnaire ? Jé'ne le crois pas ; mai LA est lent à se mouvoir, les 2,000,000 de cultivateurs ui compte he: sont pas encore bien persuadés de la nécessité d’avan-: cer. ‘Si, près des villes nous voyons de magnifiques cultures rivali: Sant avec les champs les mieux cultivés de l’Angleterre, nous voyons aussi,loin des centres, cette bonne vieille routine que prätiquaient nos x. : L'agriculture ainsi rédnit à l’état de métier ne trouve pas beaucoup d’adeptes parmi nos jeunes Canadiens ayant quelque édu: Cation'et TRS apprécier les jouissances plus relévées que’ ptomettent les professions libérales et le séjour des ‘villes. * C’est ainsi ie la. carrière agricole perd journellement les jeunes intelligence que fa providence semblait lui avoir destinés,et qui vont grossir le nombre des surnumérairés dont abondent toute les carrières, “la carrière agricole exceptée.” : di LE ai Mur

LES 13 Fe) $ f $ id E 1 + Je.crois avoir tracé le pourquoi de cet état de choses: le. voioi,. An arr dmcollége nous avons les préjugés. les plus faux visrè-vis. des çarières; industrielles, parceque dans les sociétés de. antiquité qui ont.été le premier séjour de notre jeunesse, lee Sléments de, l’ordre 80+ cial.étaient entièrement différents de ceux des peuples modernes ; ue ces.derniers.la puissance. des sociétés réside dans leurs richesses e Tin lugtrie étant la seule source de.toute richesse, elle serait plar she au premier rang parmi les occupations ntiles et honorables, si nous n'avions toujours à lutter contre les, idées perçues dans notre premier âge, et qui nous font chercher ailleurs les qualités et les occupations, qué méritent l'estime et la cousidération des hommes, Ce préjngé çar c'en est. un, dans l’état actuel de nos sociétés modernes, où, l'in térêt pnblic n’est que le faisceau formé de tous les. intérêts privés, était venu merveilleusement à appui de cette opinion .de.nos gentils hommes qui eussent cru déroger à leur noblesse, en se livrant à, une industrie quelconque. Où, sont-ils aujourd’hui ? pour s'être trop livré au çulte: de leur blason, nous avons vu nos meilleures familles descendre de bien haut, jusqu'aux derniers dégrés. de, l’échelle sociale, wristes victimes de leur morgue orgueilleuse. La carrière agricole présentes, il est vrai,dans les idées de nos jeunes gens, quelque chose quila classe à part parmi les occupations qu'ont pour but la production: pourtant si l’agriculture nous est présentée comme honorable, dans les nations de l'antiquité, ce n’est pas comme industrie et comme moyen d’acquérir l’aïsance et la richesse, ce n’est pas ainsi qu’elle se présente à nos jeunes imaginations, comme si on avait craint de la souiller par ce rapport avec d’autres industries lucratives: c’est parce qu’elles prometune vie indépendante, parce que l’hommié du l'exerce se rapproche de la nature, parce qu’elle favorise la pratique de toutes les vertus, qu’on l'offre aux jeunes têtes ardentes comme üne noble carrière digne de l’homme libre, et ami de son pays. Mais qu’il y a loin dé ces phrases pompeuses à la pénible réalité telle qu’elle existe ponr la-presque totalité de nos cultivateurs. Ah ! si l’agriculture avait sa science et son art, la carrière agricole n’aurait pas à redouter la concurrence que lui font aujourd’hui les carrières professionnelles. Com-

20 LA CARRIÈRE AARICOLE.

) y MOINE té ! ALL (2° Dit ER LA EN ment voulez-vous que le jeune homme le mieux disposé du, monde, à moins d'être aveuglé d’idiotisme, préfère le, métier agricole à l'ayehir que, promet à son travail, et à ses talents, l’expérience de nos premiers hommes qui mieux avisés,ont laissé la, campagne Part a A Lever au plus hauts postes de la fortune, et de la considération. Vo là le grquoi, du peu d’aspirants à la carrière, agrigole, et par contre .de Pérararriéré de notre agriculture, Et tant qu’elle, ne saura, ntiliser que l'intelligence des bras, tant qu’on refuseraà nos jeunes Canadiens cette éducation spéciale complète qui peut seule faire de l’agricu ture un, art.et une science, je serai le dernier à me récrier contre la désertion des campagnes par mes jeunes compatriotes , que le Le nd g et l’ambition du succès entraînent irrésistiblement vers nos villes. aisque vous ne savez pas utiliser. vos talents allez faire la gloire des carrières professionhelles,ct laissez dans son ornière,le char du progrès agricole trainé par la routine et l'ignorance. ou ab Le mal est d'autant plus grand que nous ne voulons pas en guérir, A =c'notre système de gouvernement basé sur la volonté du grand no 1bre, quelle influence énorme auraît notre population rurale le jour où elle voudrait une éducation spéciale! à: son art: Mais trop feible par caractère pour imposer ses volontés, trop souvent elle mar. che à la suite de quelques meneurs peu soucieux de ‘ses véritables intérêts. Ils proclament bien l'excellence de l’agriculture ; c’est le premier et le‘ plus ‘utile des arts; c'est la base la plus solide de la richésée des nations... Dans les salons, à la tribune, ces vérités sont répétées sous toutes les formés: mais, lorsqu'il est question de sortir du'cerele des idées abstraites pour entrer sur le terrain de la pratique et du positif, il semble qhe chacun pense qu’on a fait assez pour l’agriculture en la décoränt d'expressions poétiques, et'en lui conférant en quelque sorte des titres de noblesse ; peu d’hommes quittent le parquet'de leurs salons pour aller se livrer à cette vie que l’on proclame si séduisante et 8i noble dans'les cercles de la société et s’il s’agit de travailler à une loï établissant dans notre pays, un ‘système d’enseignemént ed n0s hotimes d’état croient qu’ils ont assez fait lorsque däns un discours d’appoint ils ont montré l’agriculture comme la principale source des richesses publiques et privées. C’est que pour tous en dépit de la raison èt des raisonnements, l’agriculture n’est presque que de la poésie! ! à

Il est vrai que notre gouvernement a créé des sociétés d'agriculture de.comté auxquelles il a voté des fonds d’encouragement, mais voilà qu'apréa un fonctionnement de quelques anr:es, l’expérience a prouvé que les résultats n’étaient pas ce qu’il devaieni être. Mais au contraire, pour nous, les résultats ont été ce qu'avec un peu de réflexion, on devait certainement prévoir. Le problème de l’amélioration de l’agriculture d’un pays, dans son bétail, dans ses modes de culture, n’est pas si facile à résoudre qu’on puisse le poser aveuglement entre les mains de n’importe quel directeur, de n’importe quelle société. d’Agriculture.. Il eut été important selon nous de s’assurer d’abord sur quelles bâses s’appuieraient les soeiétés dans leurs appréciations de, telle.ou telle race, pour tel service, pour telle aptitude, dans l’appréciation de tel instrument, de tel système de culture? On aurait vu

que, pour un grand nombre, la seule bâse était la pratique! Cette toute puissante pratique qui s’insurge. avec tant de chaleur côntre tout Ce qui est science, et trop souvent tranche es questiüns les plus difficiles avec toute l’assurance du non-savoir, sans même douter, car elle ne raisonne pas. Que dirait-on d’un arracheur de dents, d’un hâbleur de villäge, ou d’un sacristain exalté dont les prétentions n’iraient rien moins qu’à imposer leurs opinions sur les questions les plus délicates de la science médicale, du droit ou de la théologie ? Sans doute médecins, légistes et théologiens se lèveraient comme un seul homme pour protester contre cette usurpation des droits de la science par le charlatanisme. Ils crieraient bien haut'que le fait seul d’avoir cassé quelques mâchoires, plaidé devant quelque juge de paix, ou décoré quelques chapelles ne constitue pas à lui seul un

evêt de science en droit, en médecine ou en théologie; et personne de se récrier. Mais s’agit-il de science agricole, c’est-à-dire de physiologie animale ou végétale, appliquée soit à l'éducation du bétail, soit à la production des récoltes, de chimie et de physique appliqués soit aux transformations que subissent les engrais dans l’alimentation des végétaux, soit à l’action des agents atmosphériques sur. les molécules terreux, de mécanique appliquée à la construction des instruments aratoires : , Oh! alors, la science est infuse pour tous, et. les opinions, sur les questions les plus difficiles,se comptent à poids 6 dans nos sociétés d’agriculture.

C’est donc pour avoir. méconnu Ja nécessité de connaissances agricoles approfondies, que la province a fait une expérience qui, lui a coûté Dinours milliers de dollars, assez cher, ce semble, pour l’engager à agir avec plus de prudence à l'avenir. Aujourd’hui la nécessité d’une éducation agricole acceptée, plusieurs institutions se sont fondées et sont en présénce. Dans les circonstances actuelles ellés doivent pérer beaucoup de bien nécessairèment, mais aucune d’elles ne saurait remplir le rôle destiné à un institut provincial agronomique tel que nous le comprenons. . Sans doute le moment n’est pas arrivé; on né comprend pas encore la nécessité d’un haut enseignement, on veut surtout faire de la science à la portée de tout le monde, comme si toute la science agricole pouvait se résumer à quelques prescriptions toujours invariables, quelque chose, comme les recettes du ‘“ 80N cuisinier.” Trop de science, nous écrit-on souveñt, au sujet de notre journal. Trop de science ? et pourtant noùs nous sormmés gardés de toute discussion vraiment $cientifique ; foujours nous nous sommes bornés à l’énonicé des principes les plus élémentaires. Quel contre sens déplorable! Quoi, Messieurs les praticiens, vous voulez: im: poser votre opinion sur les probléines que toute la science agricole a peine à résoudre,et vous ne pouvez déchiffrer les grosses lettres de cette sciente.' Evidemment la position n’est pas tenable. Avouez que des données sûr les croisements, : sur la' théorie des assolements, dès rotations, sur la phÿsiologie animale et végétale, sur la construction des inStrüments aratoites,né sauraient nuir à votre PRATIQUE qui après tout, n’est que la dopie servile dés procédés de la localité, modifiés quelque peu, par quelques années Sobsstfitions ét d'expérience personnelle. : Loin de rejeter la science, appelez-là au contraire à votre

secours : aidés de ses moyens vous serez forts. Rappelez-vous que le grand niveau social aujourd’hui c’est l’instruction, et tant qu’aveuglés par les préjugés, vous vous refuserez à son influence, vous demeurerez ce que vous êles, c’est-à-dire, trop souvent le marchepied sur lequel s'élèvent des ambitions d’une nullité certaine pour le bien public, lorsqu'elles ne lui sont pas pernicieuses.

Le jour'ou l’agriculture de notre pays sera dotée d’une école spé: eiale, nous aurons fait dans la voie du progrès un pasimmense. Toutes les questions agricoles soumises à la discussion par un corps enseigran ‘eombplet arriveraient bientôt à une solution prompte basée sur

données de Ju science aidée de la pratique. Notre pays aurait bientôt ses traités sur les diverses branches de l’industrie agricole, etde nombreux élèves se répandant dans nos différents comtés popularisesaient les bonnes pratiques chez notre population rurale. C’est alors que la résidence à la campagne aura ses charmes parce que l’agriculteur y ramènera des habitudes eh rapport avec les circonstances dans lesquelles il est appelé à vivre.

Dès qu’on a eu considéré comme une espèce de honte la résidence de la campagne, ceux là même qui ne l’avaient pas quittée, adoptèrent comme une sorte de compensation et + se rapprocher autant qu’il était possible des affaires de la bonne société, les usages et les habitudes que les convenances de la vie urbaine y avaient introduites, dans la distribution des habitations, dans les vêtements, dans les ameublements, dans la division du temps pour chaque journée, et dans toutes les habitudes de la vie privée, c’est-à-dire, dans toutes les cireonstances qui exercent le plus d’influence sur les jouissances et le bonheur de chaque jour. Chez les propriétaires habitant encore la cainpagne, tont fut calqué sur les usa: ges sgopéen à la ville, comme si une position et des circonstances si différentes ne devaient pas exiger des habitudes et des usages souvent entièrement opposés. Tout le monde a voulu être citadin, même au village et l’on s’est laissé ainsi entrainer à une multitude d’habitudes qui y rendent la vie tellement génante et incommode, qu’on a fait disparaître presque tout le charme qui s'attache à la vie rurale, pour les hommes qui la comprennent et qui savent en adrnettre les conséquences. Lorsqu'un habitant des villes fait un séjour à la campagne, la difficulté qui domine particulièrement ses pensées c’est de savoir comment il -mploira ses soirées ; mais l’homme qui sait vivre hors des villes, n’“jrouve guères cet embarras les soirées ne lui sont pas à charge ! car il n’en.a pas ; mais en revanche il a de charmantes matinées, parce qu’il se couche et se lève de bonne heure ; et si dans les journées les plus courtes de l’hiver une couple d’heures précédent le souper qu’il prend immédiatement avant de se livrer au repos, il trouve cet espace bien court, parce qu’il connait les douceurs de la

je de famille et prree que dans le nombre des. occupations qui ont e l'attrait pour lui il en est toujours de #édentaires, bien plus qu’il h’en, faut, pour occuper quelques heures de la journée. Au-retaur de la course du matin, 1] ne i:rde guères à sentir qu'il s’est déjà écoulé longtemps dépuis le déjenn:: qu’il a pris avant de sortir, il dîne à midi et il trouve bien saremer* c::':1 soit ucorb trop tôt: ayant pris

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LA CARRIÈRE AGRICOLE. ss son repas à la même heure que ses ouvriers, aucun moment de ls

journée n’est perdue pour la surveiliänee des travaux qu'il fnit exévu-

ter. Lorsqu'il revient deschamps avec les gros souilliers ferrés qui sont smch sure favorite, parce qu’elle eet la plus commode à la campagne, dès que les pieds y sont habitués, il entre key hui librement et sans vrainte, et y amène ses amis botés comme lui, Ses vêtements sont ceux qui lui conviennent le mieux pour ses occupations de tous les jours, et il visite ses voisins vêtus comme il setrouvé, pâree qu'une vaine étiquette ne vient point se mêler à ses relations amicales : fl eét beureux, parce qu’autour de lui, tout est en harmonie avec les circotis: tances dans lesquelles il se trouve chaque jour.

Il est facile de prévoir que la vie rurale reprendra bientôt ses droits À la considération, dans la classe des propriétaires aisés : du more rt ue les populations auront des places et des faveurs à déce». ner on sera plus disporé à se rapprocher d'elles. Cependant one peut se dissimuler que le retour aux habitudes de la campagne ser leat parmi nous; et il est facile de prévoir que le principal obstacle se trouvera dans l’éducation que reçoivent les jeunes gens, parmi les propriétaires qui jouissent de quelque aisance : cette éducation est encor: la suite de la tendance qui a porté jusqu'ici cette classe de la société vers la résidence des villes : si l’on habite encore la cam on forme au moins le dessein de rendre sa fille digne de tenir u## place dans la société des villes, parce qu’on croit lui faire monter ainsi un degré de l’échelle sociale, On la place dans un pensionnat ou elle sera façonnée au ton de la bonne société, c’est-à-dire, qui tend à la détourner à jamais de la vie rurale, voilà à peu près tout ce que recueille une jeune personne de son éducation, au lieu d’y avoir puisé les connaissances, les habitudes et les goûts qui pourraient lui faire trouver tant de ch::nes dans les soins de famille et de ménage qui doivent remplir touie'la vie de l'épouse d’un propriétaire qui habite la campagne.

On me trouvera sévère peut être, mais cette sévèrité, vous la comprendrez, Mesdames, en réfléchissant à tout l’intérêt que je dois porter personnellement à cette question. L’avenir dira que j’ai été le premier à embrasser franchement la carrière agricole comme spécialité ; mais dira-t-il aussi que j’ai été la première victime de son impopuis parmi les dames....voilà ma préoccupation, qui doit tout ex-

iquer. S : Cette lecture je crains à été trop sérieuse : Si je n’eusse écouté que mon cœur, loïn mesdames de vous parler géologie, chimie, génie rural ou zootechnie, je vous aurais conduites par un étroit sentier, gravissant une colline gracieusement accidentée, sous les frais ombrages d’un groupe de pins verdoyants. Nous nous serions arrêtés sous un berceau rustique, élevé là, tout exprès pour nous abriter de la chaleur quelque peu intense d'un beau jour de juin, et penchés sur la croisée, nous aurions trouvé un regard d’admiration mêlée de frayeur pour le ruiseau voisin, tombant de cascade en cascade jusque dans le sombre abime, béant à nos pieds. Que de pages écrites dans les cours de vingt ans par ces tableaux d’une nature incomparable dans sa suave réalité !...Mais avançons encore. que voie-je.. tout près de

ce lieu de rêverie, une croix que l’amitié a.su parer de modestes omements. Approchons et nous lirons le nom d’une sœur. Ah! c’est que pour l’âge mûr, chez les âmes trempées aux grandes choses qui.se passen: sans cesse sous les yeux de l’agriculteur, la pensée du sommeil éternel n’effraie pas, elles n’y voient qu’un long repos où l’amitié réunie goûtera, dans un bonheur muet, des jouissances indicibles,

Mais laissons là les rêveries et répandons-nous dans ces allées d’un brillant parterre, dont chaque fleur dans son langage discret vous dira, mesdames, mille choses que je n’oserais penser tout haut, Cueillez un bouquet, et gardez le, je vous prie, comme un souvenir éloigné de la carrière agricole, que. je voudrais parer à vos yeux des plus vives couleurs.

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