‹ La carrière agricole [microforme]Chapitre 4 sur 5 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

Dès l'enfance de la société civile, les. soins de la culture se bornèrent à quelques faÇons bien simples, données au sol à l’aide d’instruments primitifs... Riche encore de toute sa fertilité la terre fournissait amplement aux besoins des populations peu nombreuses qui enaitendaient leur subsistance. , Le grain de semence trouvait autour de lui tous les éléments nécessaires à une végétation luxuriante et arrivait.à maturité en dotant le cultivateur d’une riche récolte, fruit de la fécondité toute gratuite du sol. Dans ces circonstances, l’homme devait nécessairement se dispenser de ces labours profonds, de ces énormes fumures, destinées à suppléer d’un côté à la puissance, de Pantre, à la richesse épuisée d’un fonds cultivé dès longtemps. Toutes ses opérations devaient se résumer à recouvrir quelque peu la semence, une nature prodigue:fesait le reste. Lestravaux qu’exigeaient cette culture étaient donc peu nombreux ne demandaient ni force ni intelligence.. Aussi étaient-ils laissés à la partie la moins intelligente des populations et ce n’est que plus tard, alors que le sal épuisé refusa de produire que l'intelligence eut son utilité en agriculture... 1,

Avec eux les progrès de la civilisation devaient.entrainer, comme conséquence nécessaire, les progrès de. l’industrie agricole, . La civilisation voulait descentres manufacturiers, pouvant satisfaire aux mille besoins qu’elle sait créer, elle voulait aussi des: communications faciles, permettant Léphange des proc indigènes surahondants, contre les produits en demande de l'étranger; or toutes ces conditions se

rêtent admirablement aux progrès agricoles. Car du raoment que ‘ centres ,populeux, consomment ses produits, l’industrie agricole n’a plus pout but. unique de subvenir aux besoins immédiats de la famille elle devient une source de proâts pour le cultivateur ;: devenu industriel il échange l’excédant de, ses produits contre les objetsdont disposent, les industries manufacturières et commerciales. . Plus les centres sont populeux, meilleurs sont doncles débouchés et plus. le, culiiva: teur doit g’efforcer de produire pour rençontrer les besoins de. la consommation. À une époque plus reculée, la valeur du sol étant nulle, en raison de l’immense étendue de terrain alors à la disposition d’un

etit nombre de possesseurs le cultivateur n’avait garde de rendre per

e travail au sol épuisé sa fertilité première. Le seul fertilisateur, économiquement possible pour lui, devait être ‘ le temps,” aidé des agents atmosphériques, qui désagrègent les raolécules terreuses et préparent aux plantes des aliments nouveaux.

, Lespluiesetles rosées, non seulement rafraichissaientetsuppléaient la végétation de l’humidité nécessaire, mais encore entrainaient avec

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LA CARRIÈRE AGRICOLE. ÿ i Mi)90O 11% hi Ag TC fe BE EE A SEX 6 0 O0 JTE ST OI elles les: balaypurs, de, l’atmosphère,, riches .d'atômes, fertilisants. L’atmosphère x était un milieu dans.lequel puisaif sbondamment la plante qui végète, s'élève, fruotifie et meurt. :Par sa mort xeatituant au 80] tout ce qu’elle avait pu.en soustraire à l’aide du.ehe- -velu de sesraqines, plus ce, qu’elle avait.soutiré: de. l’atmosphère.à l’aide de ses rameaux feuillus. Les années en.se succédant amenaient toujours de nouveaux éléments de fertilité, et ilarrivaitun moment où Je terrain. épuise avait: retrouvé sa, fécondité première, à. l’aide: du “temps”,senl, aidé. des agents atmosphériques et. de la végétation. Aujourd’hui le, temps'ne suffit plus pour.restituer. au . sol la fertilité enlevée par:les récoltes, le cultivateur doit.prodaire sur taute l’éténdue de son terrain et sanpléer à l’épaisement ps les engrais. Cette, augmentation dans les frais de production le, lorce.à ne négliger rien des . façons à. donner au .s0l pour en augmenter:la puissance, de manière . à. utiliser tout ce que l'engrais renferme, d’élémens nutritifs; labeurs profonds et.multipliés, hersage, roulage, égoûtements paxfaite, le.cul tivateur ne néglige rien, Ce changement dans le syatôme, de culture n’a 6t6 amené. tout entier que,par la.civilisation, qui, en. déterminant la formation des .cenires, maaufacturiers, populeux, ouvre .des débou: chés aux produits agricoles. Ceux-ci en augmentant. de valeur .élèt vent le loyer de.la propriété foncière et fant au cultivateur.une nécessité de tirer de son terrain tout. l'effet utile possible. … Voyons.plutôt Pagriculture, Flamande aveu ,ses, cultures industrielles, ses, engrais liquides, sa stabulation permanente, en un motiavee ces milles moyens qui. en font l’agriculture classique dont Cordier. à dit: ‘ La Flandre Française, placée au sommet de la civilisation, renferme, comme.un réservoir immense, des connaissances agricoles, qui: se répandent eur les contrées les plus éloignées, de même que les glaciers des. Alpes, situés sur.les pics les plus hauts, versent les fleuves: et la fécondité jusqu'aux extrémités, KE la terre... 10% tunis anolto3aG 9% Le sol de la Flandre est uni, fertile, profond, et; coupé de rivières presque navigables naturellement. La population pressée dans ces plaines férondes,, en raison de la richesse du sol, de la facilité. des communications, s’est civilisée plutôt et à ouvert un, vaste débouché aux produits agricoles. Le climat est tempéré: . les A ors et les froids ont peu d’intensité et de durée, les changements de température ne sont jamais br'usques le printemps et l’automne sé prolongent logtemps et anticipent sur l’été et sur l'hiver ; ét l’air à la fois doux et humide est le plus favorable à la végétation. Grâce à ce climat, le férmier flimand peut varier sa culture avec tant d’art et disposer si admirablémént son travail que chaque saison en raison de la longugur des jours, présente une même quantité d’onvrage à faire, chaque Jour il sèmé où P plante et chaque jour il cueille. La même graine peut être semée pendant six mois et récoltée au printemps, en été où en automne ; la terre est toujours labourée nettoyé ou amendée ; chaque ‘année un Champ produit et chaque année ‘le même champ est'en jachère. Cette culture active est alimentée par lé voisinage de fabriques, de villes peuplées et commetçantés dont l’influence sur sa prospérité se conçoit aisément. La Flandre française possède plus de moitié de toutes les fabriques de plusieurs espèces ‘établies dans la France entière. Les grands bénéfices qu’elles donnent

6 LA CARRIÈRE AGRICOLE, ici, ont porté les gens de la campagne, eux-mêmes à s'en occuper, chaque village où Mie une grande mariufacture, chaque maison à son atelier de Alature, detissage et sa population encouragée par les ressources qu'offre l'industrie agricole, manufacturière, croit rapidemetit ets dé plus en plus sûr chaque point de ce pays. ‘Tels'sotit les: tats ri mb à la Plandre par les circonstance toutes spéciales dans lesquelles elle se trouve. Sa nombreuse popu- 4 par Lt evait amener la aivision dela propre. té fonvière enunie infinité de parcelles; appartenant À autant de propiétaires. Pour vivre de son ait sur des:éténdues de terrain aussi pe-

tés':15 ouAivateur: Flamand doit donc employer tous les tien: ‘auesi la Flandre est-elle rigoureusement un immense jardin'dont chaque catré/est représenté par une exploitation ngaoéle. Bin

M y 28 ere irait man e et Aa s'étonne à justetitre des produits fabuleux :6btenus da nos jours dans'un aussi pett/ooin de terre. : Mais à mon'sens l’agriculture flamande ne caractérise. pas l'agriculture du 19ième siècle, l’agriculture d'aujourd'hui. Le cultivateur flamand n’est qu'un jardinier dünt tous lés travaux sont exévutés à/bras d'homme, c'est en vain qu’on Aa ane ces inétraments perfectionnés d'invention récente, deslifiés à: remplacer les

bras par une-force aveugle'et; considérée à ‘ee point de vue, l’An

terre à laies6e la Flandié bien loin derrière elle. : Douée d’un climiat égal, nd à sa disposition des capitaux énormes et un immense dé: bouché pour ses produits dans sa population manufacturière, l’agri- ‘éulturé “anglaise devait nécessairernent marcher la première:dansila voix du progrès. Les Bakewell et lés Collins étontièrent bientôt le monde par la création de leurs races de Bétail perfectionné ; et le gou-

veérmiement anglais cédant à une inspiration heureuse votait 2,000,000 sterlings à légoûtement dés terres par tuyaux souterrains, c’est-à-dire, au draîhage. Des lors l'élan fut donné, les instruments d'agriculture se perfectionnèrent, les concours s’ouvrirent à la rivalité des productions'et les produits doublèrent. 5" | L'agriculture avait dont cessé d’être métier et s’élevait au degré d’art et allait bientôt devenir une science. Les savants naturalistes descendant des hautes ‘sphères où ilk s'étaient maintenus jusqu'alors voulurent bien gratifier la terre des fruits de leurs opérations. :

. La géologie envisage le sol et le sous sul à tous les points de vue qui peuvent intéresser la production et la mise des terres en plein rapport. Elle enseigne à reconnaître l’origine, la nature, la composition des sols et des sous-sols, leurs bonnes et leurs mauvaises qualités; elle fournit les moyens d'en corriger les défauts.et d'en accroître la fécondité ; elle détermine la nature et la proportion des amendements divers que réclame chaque variété de sol ; elle ens:igne à rechercher dans.le voisinage le plus rapproché ces amendements nécessaires ou à défaut, des équivalents minéralogiques qui puissent produire à peu près les mêmes résultats ; enfin elle permet de reconnaitre l'existence des matières exploitables de toutes espèces que le sous sol recèle si fréquemment, et qui semblent avoir été surtout départies, aux mauvais sols comme une compensation à leur infertilité. Le but spécial de la géologie est donc surtout l'amendement des terres on plus exactement

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