‹ La carte postale photographique et les procédés d'amateursChapitre 12 sur 17 · CARTES POSTALES DIVERSES · texte numérisé non relu

CARTES POSTALES DIVERSES

CARTES POSTALES POLYCHROMES, CARTES POSTALES STÉRÉOSCOPIQUES, CARTES POSTALES TRANSPA- RENTES, CARTES POSTALES INDUSTRIELLES

Les divers procédés exposés précédemment donnent des images monochromes. On conçoit parfaitement cependant que, dans certains cas, ils permettent de reproduire plus ou moins les couleurs. En combinant diverses épreuves, on arrive parfois aisément à obtenir des résultats intéressants. La seule méthode à recommander à Tamateur est celle de Ducos du Hauron. Elle nécessite, comme on le sait, la prise de trois clichés d'une même vue. A cet effet, on charge ses châssis de plaques convenables (panchromatiques) et Ton pose pour chaque négatif le temps nécessaire en interposant sur le trajet des rayons lumineux des écrans rouge, vert et bleu. Les monochromes, jaune et bleu s'obtiennent facilement ; le monochrome rouge est plus long à impressionner. On peut employer également des plaques orthochromatiques que l'on prépare soi-même. Cette partie du procédé qui constitue l'analyse des couleurs, ne présente pas de sérieuses difficultés. La synthèse, au contraire, est beaucoup plus délicate

On peut avoir recours à diverses méthodes. Les meilleures reposent sur Temploi des mélanges bichromates. (Lumière, Vidal,., etc.)

Le procédé à la gomme bichromatée est notamment à recommander. Pour débuter, on se contentera de reproduire deux couleurs, le jaune et le bleu, par exemple, qui donneront également le vert. On emploiera le mode opératoire déjà indiqué, mais quand Tépreuve jaune sera terminée, on sensibilisera de nouveau le papier en l'enduisant d'une couche de gomme bichromatée avec couleur bleue. On insolera le monochrome rouge-orangé obtenu avec récran rouge orangé (de même que l'épreuve jaune avait été obtenue en insolant sous le monochrome bleu-violet produit avec l'écran bleu- violet).

Si Ton n'a pas l'habitude des procédés au bichromate, on pourra obtenir des cartes postales polychromes en reportant sur un support unique les images monochromes obtenues sur gélatine (aux sels d'argent, de fer, etc.). C'est ainsi que l'on peut pelliculer une glace au gélatino-bromure virée en bleu ou en rouge et transporter la pellicule sur une image jaune ou bleue d'une carte aux sels de fer ou d'argent. On peut de cette manière réaliser une foule de combinaisons extrêmement curieuses. En ayant recours au stéréoscope pour compléter la synthèse et en se servant des trois monochromes (donc, de trois clichés : rouge, jaune et bleu), on parvient à obtenir une reproduction très satisfaisante des couleurs. Dans ce cas particulier, on pourra tirer une épreuve stéréoscopique bleue (auferro-prussiate par exemple) sur papier gélatine transparent ou sur vélo-transport.

Cette épreuve sera retournée. Elle est destinée à

être collée sur la carte stéréoscopique comprenant les deux autres images, Tune jaune, l'autre rouge, images que Ton obtient soit par l'un des procédés exposés antérieurement, soit par virage convenable des cartes postales au bromure. Il est nécessaire d'opérer au pinceau, de manière à n'agir que sur l'une des images de la carte.

A l'aide de cette méthode qui, en somme, n'est pas très compliquée, l'amateur est à même de faire œuvre originale. S'il se contente des vues stéréoscopiques, il lui sera facile de les reproduire sur la carte postale dont les dimensions conviennent très bien à ce genre d'épreuves. Aucune observation spéciale n'est nécessaire. On tire comme de coutume en inversant les négatifs. Se servir de préférence de clichés doux et avoir soin de n'employer que des cartes postales à couche très fine (gélatine, celloidine, albumine).

Si l'on désire rendre les cartes postales transparentes, on pourra opérer de la manière suivante :

Enduire la carte d'un mélange de :

Huile de ricin 200 gr.

Alcool I litre

Appliquerau tampon jusqu'à translucidité parfaite, puis tremper dans un vernis très limpide à base d'alcool. On peut aussi se servir de cire ou de paraffine que l'on étend à l'aide d'un fer à repasser chauffé à une température suffisante. Enfin, on arrive au même résultat en plongeant les photographies dans un bain à 8O0 de paraffine (40 gr.) et d'huile de lin (10 gr.). Après les avoir extraites du bain, on enlève la graisse en les mettant entre des feuilles de papier buvard. On peut colorier le verso, ce qui produit le plus joli effet rappelant la photominiature.

Cartes postales du commerce.

On trouve dans le commerce des cartes postales aux sels d'argent, de fer ou de chrome que Ton traite^ comme les papiers préparés de la même manière. On trouvera, avec chaque pochette, le mode d'emploi le plus convenable.

Indiquons toutefois deux ou trois méthodes permettant d'obtenir des résultats intéressants : Développement des épreuves au chlorure, citrate.

On peut se procurer chez les fournisseurs des développateurs tout préparés (Perron, Lumière, Caméléon Cristallos surtout...), qui permettent d'obtenir des épreuves de teintes assez variées avec les papiers positifs ordinaires à noircissement direct. L'auteur a utilisé ces révélateurs avec divers papiers qu'il avait sensibilisés lui-même d'après l'une des formules données précédemment. Les résultats ont été des plus satisfaisants, notamment lorsqu'il s'agissait de cartes préparées avec des bains faibles en argent. L'image développée était beaucoup plus vigoureuse que l'image donnée par simple virage, de plus, la durée d'exposition est réduite à la moitié ou même au quart de la pose normale.

Il est facile de préparer soi-même un révélateur.

On fait une solution concentrée d'acide gallique dans l'alcool et une solution de 80 gr. d'acétate de soude fondu dans 150 ce. d'eau. Avant l'usage, on

ou bien (Warnecke) :

Eau .... loo ce. loo ce. Eau Acide gallique. 3 ce. o,5 gr. Acide gallique Acétate de soude. 4 ce. i gr. Acétate de soude

Aleool 8 ee. i gr. Aeide acétique

puis :

10 ce. de sol, d'acétate de plomb à 10 "

Le développement s'effectue assez rapidement (2 à 3 minutes). Agiter constamment l'épreuve. Laver et fixer dans un bain d'hyposulfite à 10 °/o. Rappelons que les révélateurs ordinaires et notamment Ihydroquinone, le métol, la métoquinone..., convenablement dilués et additionnés de bromure de potassium, permettent de développer également les papiers positifs.

Virage des épreuves au bromure.

Lorsqu'on emploie les papiers aubromure du commerce, on obtient toujours la même teinte allant du gris au noir. Aussi, pour éviter la monotonie, a-t-on cherché à composer des bromo-vireurs permettant de donner à l'épreuve des tons plus variés. On trouve dans le commerce des bains divers composés à cet effet par les fabricants. Signalons notamment les chromogènes Lumière. Il est facile de préparer soimême ces solutions, qui sont en général à base de nitrate d'urane. Nous allons indiquer quelques-unes de celles qui donnent les meilleurs résultats :

Rappelons qu'avant tout, il est nécessaire de fixer à fond l'image. Il sera donc bon d'employer un second bain d'hyposulfite à 20 *^/o et de laver copieusement ensuite à grande eau. Bien fixer, bien laver.

1] Bains de virage pour couleur rouge.

Solution A. Eau 25o ce.

Acide acétique 12 ce.

Ferricyanure de potassium ... i gr.

Solution B. Eau 25o ce.

Acide acéticpie 12 ce.

Nitrate d'urane i gr-

'Mélanger par parties égales au moment de s'en

servir. Plonger les épreuves dans le bain ou étendre ce dernier avec une éponge tampon de coton sur les épreuves placées sur plaque de verre.

Autre formule :

Solution A. Eau looo ce.

Ferricyanure de potassium. . . 2-3 gv.

Solution B. Eau looo ce.

Acide acétique lo ce.

Sulfocyanure d'ammonium ... 5o gr

Nitrate d'urane lo gr

Mélanger, par parties égales, au moment de remploi. Les épreuves, préalablement soumises à un bain acide (0,5 p. 100 d'acide nitrique , pour éliminer rhyposulfite, sont plongées dans le bromo-vireur. Un bain alcalin faible (carbonate de soude à 2 p. 100) permet de faire disparaître les taches jaunâtres produites par le bain acide.

Autres formules, sans sels d'urane.

Faire une solution de sulfate de cuivre à 1 °/oi y verser peu à peu une solution saturée de carbonate d'ammoniaque. Lorsque le précipité d'abord formé est dissous, ajouter 0 gr. 2 de ferricyanm^e de potassium. Plonger les épreuves bien lavées dans ce bain ; elles passent au lilas, rouge-violet et enfin rouge vif. Laver à fond.

Préparer la solution suivante :

Bromure de potassium 20 gr-

Sulfate de cuivre 20 gr.

Eau 100 ce.

Prendre une partie de cette solution pour dix parties d'eau. Les épreuves blanchissent dans ce bain. Laver et développer dans un révélateur faible. Le rodinal à 1 p. 100 convient. La teinte varie avec le

réducteur clioisi. Opérer en plein jour. Laver et fixer comme de coutume.

Ce procédé est en somme un mode de renforcement. Si répreuve est trop vigoureuse, on peut TafTaiblir dans le réactif Farmer très étendu (hypo et prussiate rouge) ou dans un bain de perchlorure de fer :

Eau 1000. Perchlorure de fer 4 g"r. Acide citrique 8 gr.

Au lieu de bromurer les images à l'aide du bromure de cuivre comme on vient de l'indiquer, on peut les chlorurer. Le bichlorure de mercure employé pour les plaques convient également. On noircit ensuite l'épreuve ou on la brunit aA^ec une solution étendue de sulfite de soude, ou d'hyposulfite, ou d'ammoniaque.

Si l'on préfère le bichlorure de cuivre au bichlorure de mercure, on réussira à obtenir de fort jolies épreuves sanguine en opérant de la manière suivante :

Plonger l'image dans une solution de bichlorure de cuivre à 15 ° o- EH^ disparaît complètement en se transformant en chlorure d'argent. Laver avec soin et immerger dans un bain de ferrocyanure de potassium à 5 ° 0- Laver et plonger à nouveau dans un bain à 2 °/o seulement : la teinte obtenue est rouge sanguine. Les lavages doivent être faits avec soin.

Autre formule pour tons brun-rouge (sans sels d'urane).

Au moyen du chlorure de potassium.

Trois solutions sont préparées :

Solution A. Eau looo ce.

Oxalate de potasse 3oo gr.

Solution B. Eau looo ce.

Chlorure de potassium .... i3o gr.

Solution C. Eau looo ce.

Sulfate de fer pur 4^ gr.

Acide citrique 4 gr.

Bromure de potassium .... 4 e^'-

Le papier doit recevoir une pleine exposition, puis être plongé dans Teau pure.

Mélanger alors :

Solution A 20 ce.

— B 5 ce.

— C 5 ce.

Plus on prend de B, plus les tons obtenus sont bruns.

Autre formule au citrate.

a) Citrate de potasse à lo %

b) Sulfate de cuivre à lo «/o

c) Ferrocyanure de potassium . . à lo °/o

Prendre : 25 p. de a), 3 V2 ^^^ ^^)^ ^^ ^ P- ^^^ ^) 5 mélanger dans Tordre indiqué et employer immédiatement. L'épreuve est plongée dans ce bain où elle prend une couleur qui va du noir et du brun chaud au pourpre et finalement au rouge profond. Il se produit en même temps un léger affaiblissement.

2) Bains de virage pour couleur bleue.

Tons noir-bleu.

Eau 280 ce.

Sulfocyanure d'ammonium . . . o gr. 2. Chlorure d'or o g-r. i3.

Plonger l'épreuve, face en dessus dans la cuvette, agiter pendant quelques minutes. Laver lorsque la teinte est obtenue et aluner.

Ton bleu.

Eau 5oo gr.

Oxalate ferrique o, 32.

Ferricyanure de potassium ... o, 32.

Les épreuves prennent clans ce bain une belle couleur bleue analogue à celle des épreuves au ferroprussiate. Le bain ne se conserve pas. Ce procédé est applicable également aux images sur papier salé ou albuminé. La teinte bleue obtenue peut être virée au violet en se servant de la dissolution ammoniacale de cuivre (préparée en faisant dissoudre 1 gr. de chlorure ou sulfate de cuivre dans 100 gr. deau, puis en ajoutant du carbonate d'ammoniaque jusqu'à ce que le précipité qui s'était formé soit complètement dissous). En prolongeant l'action de ce bain, on vire au rouge. Pour le violet, il faut donc sortir l'épreuve au moment voulu.

A noter que dans les procédés de virage au ferrocyanure de fer, il ne faut pas trop prolonger les lavages, parce que les alcalins, — et l'eau est toujours riche en carbonates alcalins, — agissent comme faiblisseurs.

Bleu-verdâtre.

Le nitrate d'urane permet également d'obtenir des épreuves bleues. A cet effet, on prépare une solution de nitrate d'urane à 1 o/o et une solution de ferricyanure de potassium à 1 '' o également. On prend parties égales de chacune et l'on vire les épreuves, on lave et on plonge dans un bain de perchlorure de fer.

Eau 5 parties.

Perchlorui'e de fer à lo %. . . i partie.

Bleu de Prusse.

Même solution que précédemment ; mais, après virage, tremper dans la solution de perchlorure à 10 ^0.

Au lieu de nitrate d'urane, on peut également se servir de nitrate de plomb, mais l'opération est plus délicate.

Eau loo p. Nitrate de plomb 4 P- Prussiate rouge 6 p.

L'image blanchit. On développe alors, — au pinceau, par exemple, — à l'aide de solutions variées (perchlorure de fer 1 p. 100 eau : bleu ; chromate neutre de potasse 4 p. 10 eau : jaune ; chlorure de nickel 1 p. 10 eau : vert... etc.)

Bleu et vert. Les épreuves, déjà virées partiellement à Furane par l'un des procédés indiqués plus haut, le sont ensuite au fer à l'aide des solutions :

a) Prussiate rouge lo gr.

Eau distillée 626 ce.

b) Perchlorure de fer 10 gr.

Oxalate d'ammoniaque ... 2,5 gr.

Eau distillée 625 ce.

Mélanger a et b à parties égales.

Indiquons encore deux méthodes donnant des images assez agréables.

La première est fondée sur l'emploi d'un bain de prussiate rouge :

Ferricyanure de potassium. ... - gr. Eau 100 ce.

Lorsque l'épreuve a blanchi, on lave soigneusement et longuement, puis on vire dans l'une des solutions suivantes :

Pour le bleu :

Sol. de chlorure ferrique 5 ce.

Acide chlorhydrique i ce.

Eau loo ce.

Pour le rouge cuivre.

Chlorure de cuivre 5 «rr.

Eau loo ce.

Pour la teinte sépia (solution faite à chaud)

Chlorure de sodium 20 gr.

Azotate d'urane i gr.

Eau 100 ce.

La seconde méthode repose sur la chloruration des épreuves. On a déjà indiqué diverses formules permettant de bromurer ou chlorurer l'argent réduit. Gest ainsi que le bromure de potassium et le chlorure de sodium en présence du bichromate de potasse produisent la réaction désirée. Lorsqu'il s'agit de chlorure, on emploiera une solution de chlorure de sodium (4 à 5 7o) et de bichromate de potasse (2 7o) à laquelle on ajoute quelques gouttes d'acide chlorhydrique. On lave bien à l'eau pure pour éliminer tout le bichromate. L'image est alors composée uniquement de chlorure d'argent que l'on peut développer comme pour les papiers au chlorure d'argent ou simplement exposer en pleine lumière : le chlorure devient violet. Au lieu du bain chlorurant au bichromate, on aurait pu utiliser celui au chlorure de cuivre :

Eau 60 ce.

Sulfate de cuivre 2 gr.

Bromure de potassium ou chlorure

de sodium 2 gr.

Comme on la dit, on développe ensuite pour obtenir des tons noirs.

Ces divers bains sont très avantageux pour traiter les épreuves mal venues au premier développement. On réussit dans bien des cas à les améliorer, soit parce que ce procédé les renforce légèrement, soit parce qu'il fait disparaître la teinte jaune de certaines images.

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