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PROCÉDÉS DE TIRAGE

Il existe dans le commerce un assez grand nombre de sensibilisateurs, vendus en flacons prêts à Tusage, permettant à l'amateur de sensibiliser luimême les cartes postales.

Signalons le Panak , les sensibilisateurs Elgé, Romarol, Tambour, Reeb, etc. Il suffit pour obtenir des images acceptables^ de suivre les indications données dans les notices qui accompagnent ces préparations. Presque toutes d'ailleurs sont à base de sels d'argent (nitrate d'argent ammoniacal). On tire fortement en pleine lumière — au soleil même — on vire et on fixe comme d'habitude. On peut même, dans certains cas, supprimer le virage, la teinte rougeâtre obtenue par simple fixage n'étant point désagréable. Si l'on emploie les cartes postales de l'État — déjà timbrées par conséquent — on fera bien de les encoller préalablement. Notons, en passant, que nous pouvons parfaitement ne sensibiliser qu'une partie du papier. Pour délimiter Tespace voulu, on se sert d'une cache en papier paraffiné ou encore en papier ciré.

Au lieu d'acheter le sensibilisateur, il est plus économique de le préparer soi-même. Dans la plupart des cas, cette opération ne présente d'ailleurs absolument aucune difficulté. En faisant varier les bains, on modifie également les résultats, ce qui

permet d'éviter la monotonie. Nous allons passer en revue la plupart des procédés susceptibles dètre mis en œuvre par les amateurs.

T. PROCÉDÉS AUX SELS d" ARGENT

Papier au chlorure d'argent.

Il y a quelque vingt ans, tous ceux qui s'occupaient de photographie préparaient eux-mêmes leur papier positif. L'albumine régnait alors en maîtresse et personne ne songeait à s'en plaindre ; depuis lors, la gélatine et ses succédanés ont envahi le monde, à la grande satisfaction des amateurs. Ces derniers toutefois, auraient peut-être intérêt, comme l'indiquait M. Leeson, à revenir aux anciennes coutumes, de manière à proportionner les quantités de substances sensibles avec les sujets à reproduire, et en même temps à assortir la nature des papiers aux effets que l'on veut obtenir. On trouve, il est vrai, dans l'industrie une très grande variété de papiers et cartons sensibilisés, mais le prix en est assez élevé et comme on est généralement obligé d'acheter une pochette complète de chaque espèce, il s'ensuit que pour avoir un choix suffisant, on doit s'exposer à des frais exagérés. Il semble donc préférable de préparer ses cartes soimême. Dans le cas du procédé à V albumine, un peu démodé aujourd'hui, on commence par battre en neige l'albumine après que Ton y a ajouté 3 pour 100 de sel marin en poudre fine. Lorsque celle-ci s'est changée en liquide, ce qui a lieu en une nuit, on décante le liquide clair pour l'abandonner à luimême 15 jours en été, un mois en hiver. On filtre alors à travers de la flanelle. La liqueur exhale une

forte odeur animale. On y fait flotter le papier pendant cinq minutes environ. On sensibilisera avec un bain de nitrate d'argent à 18 "^/o. On peut aussi se contenter de 5 °/o (50 gr. pour 1000 ce. d'eaui, mais dans ce cas, il faut exposer le papier sec aux vapeurs d'ammoniaque. A cet eftet, on le place dans une boîte à couvercle contenant une soucoupe dans laquelle on a déposé quelques fragments de carbonate d'ammoniaque imprégnés de quelques gouttes d'ammoniaque.

Pour le papier à la gélatine. M. Leeson recommande le bain suivant :

Eau i.ooo gr.

Chlorhydrate d'ammoniaque. . ~ gr.

Gélatine 12 gr.

Après avoir fait flotter sur ce bain ou étendu au pinceau, on laisse sécher. On sensibilisera ensuite à l'aide d'une solution de nitrate d'argent, préparée en dissolvant d'abord 100 gr. de nitrate d'argent dans 500 ce. d'eau ; on ajoute de l'ammoniaque goutte à goutte jusqu'à ce que le précipité qui se forme tout dabord soit dissous. On divise le bain en deux parties, et à l'une, on ajoute de l'acide nitrique jusqu'à ce que le papier bleu de tournesol passe au rouge ; on mélange alors les deux liquides et l'on porte le volume à 1 litre en l'étendant d'eau distillée. On applique ce liquide au pinceau sur le papier disposé au-dessus d'une glace, en interposant une feuille de papier buvard, pour empêcher la liqueur de tacher le revers. On passe le pinceau à plusieurs reprises, tantôt en long, tantôt en travers, de façon que le liquide argentique soit en excès. Il sera bon de sensibiliser le papier, de l'impressionner

et de le virer dans les quarante-huit heures. Si Ton veut le conserver plus longtemps, on pourra faire usage de la solution suivante recommandée par M. Clark ; eau : 1 litre ; nitrate daroent : 120 2:r. ; acide citrique en cristaux, 60 grammes. On peut transformer le papier sensible albuminé en papier au bromure en le faisant flotter sur une solution de bromure de potassium à V2 %• Oi^ tii'^ P^i' contact et développe avec les révélateurs usuels. La préparation se conserve très bien. (Graham).

Pour le papier salé, on choisira le coté le plus brillant du papier. On le fera flotter pendant cinq minutes à la surface du bain suivant :

Eau . I litre.

Chlorure de sodium 20 gr.

Citrate de soude 20 gr.

Le papier est séché par suspension, après quoi il est placé dans des portefeuilles ; il se conserve plusieurs années sans altération. On sensibilise comme d'habitude à Taide d'un bain de nitrate d'argent. On insole, lave, vire et fixe dans les solutions servant soit au papier albuminé, soit à certains papiers au citrate.

— A noter que, pour économiser le bain de nitrate, on peut sensibiliser en général le papier salé, albuminé ou gélatine, à laide de liqueurs plus faibles. Mais alors limage par noircissement direct ne serait pas suffisamment vigoureuse. Pour la renforcer, on la développe à Tacide gallique ou en se servant, comme on le dira plus loin, d'un des nombreux révélateurs combinés spécialement pour le tirage des papiers positifs. Exposer largement jusqu'à ce que Vimage soit complètement venue.

Variante pour tons noirs.

On a proposé remploi du phosphate de soude (Taylor 1866) qui donne des tons noirs. (Ce sel est utilisé avec succès dans certains bains de virage). La solution est composée de la manière suivante :

Eau loo ce.

Chlorure de sodium i gr.

Phosphate de sodium i gr.

On étend la solution au pinceau, puis on laisse sécher. Sensibiliser avec solution — également au pinceau — de nitrate d'argent à 10 7o- Sécher rapidement.

On peut ne sensibiliser qu'une place du papier ou de la carte. Toutes les opérations, même le fixage et le lavage peuvent s'effectuer au pinceau, ce qui permet d'économiser les solutions et d'opérer très rapidement.

Papier salé à la formaline.

On prépare une solution avec :

Eau 100 ce.

Gélatine 5 gr.

et on ajoute, en mêlant bien, autant de sulfate de baryte qu'il en faut pour rendre la solution d'un blanc laiteux. Sur cette solution chaude, on fait flotter les feuilles de papier pendant quelques minutes, puis on les suspend pour les faire sécher. Lorsqu'elles sont sèches, on les plonge totalement dans une solution de formaline (formol à 10 7o) esi les maintenant pendant 5 minutes. Avec ce traitement, la gélatine devient insoluble et retient ensuite l'image à la surface du papier. Après cette immer-

sion, les feuilles sont rincées dans Teau pure et on fait sécher.

Le papier ainsi préparé a une surface opaque d'un grain excessivement fin.

On sale ces feuilles dans un bain de :

Eau 100 ce.

Chlorure d'ammonium i gr.

et, après dessiccation, on sensibilise en faisant flotter, pendant 3 à 4 minutes, sur un bain de :

Eau distillée loo ce.

Nitrate d'argent 6 gr.

A cette solution, on ajoute de Tammoniaque jusqu'à redissolution du précipité formé dès le commencement. Pour l'impression, on s'y prend comme avec le papier albuminé.

Papier au citrate, tartrate... d'argent

On peut se servir pour sensibiliser les cartes d'une solution unique formée d'un mélange de nitrate d'argent et d'acides végétaux, tels que les acides tartrique, citrique, lactique. (On trouve d'ailleurs dans le commerce des papiers gélatines analogues (tartrate Tambour, lactate Guilleminot, citrate Lumière).

Les proportions à employer sont les suivantes :

Pour l'acide tartrique : Ou bien :

Eau distillée. . 3o gr. Eau distillée 6o ce. Azotate d'argent i gr. 5 Azotate d'argent 4 gr. Acide tartrique . 5 gr. Acide tartrique 4 &!*•

Pour l'acide citrique :

Eau 20 gr.

Azotate d'argent 2 gr.

Acide citriquf' .... 4 gi*-

On étend cette solution, au pinceau, en couche mince, sur la carte à sensibiliser, préalablement encollée, puis on laisse sécher dans Tobscurilé. On imprime fortement, à une lumière très vive, — de préférence au soleil, la préparation étant très lente, — puis on fixe dans un bain dhyposulfite acide :

Eau i.ooo gr.

H^-posulfite 5o gr.

Bisulfite i5 gr.

qui donne une couleur brun-rouge. ATaide du virage, combiné ou séparé, on peut obtenir tous les tons photographiques, jusqu'au noir bleu très foncé. Pour donner à l'image plus de finesse, on aura avantage à encoller préalablement le papier avec une solution plus ou moins étendue de gélatine. La solution pénètre alors moins profondément dans le support

ii. procédés mixtes aux sels

d'argent et de fer Procédé kallitype.

Daprès les inventeurs (W. Burton et T. Kondo) ce procédé est l'un des plus économiques ; il est d'une application facile, donne des images d'un noir pur avec les clichés légers : enfin, tous les papiers lui sont bons. Il est basé sur la propriété que possède Toxalate ferrique d'être sensible à la lumière, de se transformer ainsi en oxalate ferreux, sel qui réduit divers sels métalliques, notamment l'azotate d'argent.

Solution sensibilisatrice :

Oxalate ferrique 5 gr.

Nitrate d'argent 2 gr.

Eau 3o ce.

A l'aide d'un tampon de coton, étendre aussi également que possible cette solution sur le papier. Sécher /rès rapidement, même devant le feu. Le papier se conserve quelques jours dans un cahier fermé. La solution précédente suffit pour 3 mètres carrés de papier.

On expose au châssis-presse, limage est visible et analogue à celle du papier au platine. Lorsqu'elle est suffisamment venue, ce qui demande trois fois moins de temps que pour le papier albuminé, on révèle dans le bain suivant :

Sels de la Rochelle ou de Seignette (tartrate double de potassse et de soude) 5o gr.

Solution de borax à saturation. . 5oo gr.

Pour obtenir des blancs purs, on emploiera au moins 2 ce. pour 100 de révélateur de la solution retardatrice suivante :

Bichromate de potasse à i %.

L'effet du retardateur est considérable. Avec les clichés faibles, on pourra aller jusqu'à 7 ce. pour 100 de révélateur, mais il faudra exposer plus longtemps. L'image doit rester au moins un quart d'heure dans le révélateur. Si on la sort trop tôt, les blancs seront teintés en jaune. Après le développement, laver dans deux ou trois eaux, puis fixer dans un mélange de 1 ^/^ d'ammoniaque à 22 degrés et d'eau. Y laisser les épreuves un quart d'heure. Terminer par un lavage de 30 minutes à l'eau courante si possible.

On a proposé plusieurs variantes des formules précédentes. Rappelons d'abord que les papiers encollés donnent toujours de meilleure résultats. Le sensibi-

lisateiir restant à la surface, l'image est plus vigoureuse et plus brillante. Si Tencollage n'est pas suf fisant, on peut Taugmenter soit avec une solution de gélatine à 1 ^/o, soit avec de l'empois d'arrow-root à 2 7ff' 0^1 encore avec ime décoction de fucus crispus à 0,50 gr. pour 100. Appliquer au pinceau et laisser sécher.

Solution d'oxalate ferrlque à lo % 20 ce.

Acide tartrique 2 gr.

Nitrate d'argent cristallisé. ... i gr.

La liqueur se trouble quand on ajoute le nitrate; verser, goutte à goutte, de l'ammoniaque jusqu'à redissolution presque complète du précipité, en ayant soin de ne mettre que la quantité nécessaire, un excès d'ammoniaque donnant au développement une coloration jaune qui nuirait aux blancs de Tépreuve. Filtrer et étendre au pinceau à la lumière artificielle.

Autre variante.

Enduire le papier au pinceau de la solution suivante :

Oxalate de fer et de potassium. 7 gr. Eau i5o ce.

On peut aussi sensibiliser le papier en le faisant flotter une à deux minutes. Quand il est sec, on l'expose comme de coutume. La pose est suffisante lorsque les demi-teintes paraissent faiblement.

Le développement s'etfectue à l'aide d'une des solutions suivantes :

i) Azolate d'argent. . . . . . . i. 2 gr.

Acide citrique i gr.

Eau 240 ce.

Laver à l'eau pure.

2) Citrate de fer ammoniacal. . . 3o gr. Eau 3oo ce.

La teinte obtenue est rouge intense, passant au violet avec les acides et au noir pourpre avec les solutions alcalines d'or. Le développateur 1 n'exige qu'un temps de pose réduit; le second (au citrate) demande une plus longue exposition.

On peut substituer le nitrate de fer à l'oxalate et sensibiliser avec la solution suivante :

Eau distillée 20 gr.

Nitrate de fer 2 gr.

Nitrate d'argent i gr.

Acide tartrique 2 gr.

Faire dissoudre et filtrer. Le développement et le fixage sont les mêmes que pour l'oxalate. L'azotate ferrique se prépare facilement en traitant le fer par l'acide azotique. Le fer se dissout en donnant une solution brune, qui, par la concentration et le refroidissement, peut être amenée à cristallisation ; mais il faut pour cela qu'elle renferme un excès d'acide.

Autres procédés au fer et à l'argent.

MM. Arndt et Troost, de Francfort, fabriquent un papier très sensible en étendant sur des feuilles la composition suivante :

Eau distillée i.ooo gr.

Ammonio-citrate de fer. . . 80 à 100 gr.

Nitrate d'argent 12 à 20 gr.

Acide tartrique i5 à 20 gr.

Gélatine 10 à i5 gr.

Ce papier ne contient pas de chlorure. Il se conserve pendant plusieurs mois. Il est cinq fois plus sensible que le papier au ferro-prussiate. Il devient

jaune à la lumière ; après lavage, cette coloration passe au brun sombre.

Procédé Valenta.

On prépare deux solutions :

i) Citrate de fer ammoniacal

(variété verte) .... 25 gr.

Eau distillée 25o ce.

2) Nitrate d'argent .... 35 gr.

Eau distillée i5o à 200 ce.

A la solution 2, ajouter, goutte à goutte, de l'ammoniaque, s'arrêter quand le précipité formé au début s'est redissous. Au cas où Ion aurait ainsi introduit un excès d'ammoniaque, on rajouterait goutte à goutte une solution très diluée d'acide sulfurique, jusqu'à disparition de l'odeur ammoniacale. Le mélange doit s'effectuer dans l'obscurité. Conserver les solutions également à l'abri de la lumière.

A défaut de citrate de fer ammoniacal vert^ on peut employer le citrate hrwi, ou bien encore le tartrate de fer ammoniacal ; mais, dans ce cas, on neutralisera la solution 2 par l'acide citrique, et non par Tacide sulfurique. Comparé au sensibilisateur au citrate, celui au tartrate donne des images plus vigoureuses, mais sa conservation est plus difficile.

Pour sensibiliser les cartes postales, on épaissit la solution en lui adjoignant, avant son étendage, un empois d'arrow-root, préparé à consistance de crème. La surface enduite du mélange est séchée à l'obscurité; l'impression a lieu au châssis-presse. Ouand l'image a l'intensité voulue, on fixe par une immersion de cinq minutes, au plus, dans une solution d'hyposulfite à 5 7o additionnée d'un peu de sulfite

de soude; rincer ensuite rapidement. On obtient ainsi des tons sépia que Ton peut varier en procédant, avant fixage, à un virage aux sels d'or.

Procédé Namias.

Le professeur Namias a indiqué une variante du procédé précédent. La méthode suivie est dune grande simplicité ; elle donne des images variant du ton sépia au brun noir selon les papiers employés. Les meilleurs résultats sont obtenus avec les papiers bien encollés et résistant aux bains.

On étend sur le papier choisi une solution sensibilisatrice composée de :

A) Eau distillée loo ce.

Citrate de fer ammoniacal. . . /\o gr.

Acide citrique lo gr.

B) Eau distillée loo ce.

Nitrate d'argent 25 gr.

Pour lusage, on prend :

p]au 4 P-

Ce mélange peut se conserver quelques jours. On retend avec un pinceau ou un tampon douate hydrophile, et on laisse sécher le papier dans l'obscurité en le suspendant par un angle. On peut, si on est pressé, activer le séchage en présentant la feuille à un feu doux.

L'impression se fait au châssis-presse, à la lumière du jour. La durée d'impression est sensiblement la même qu'avec les papiers ordinaires. On ne doit pas pousser le tirage à fond. L'image apparaît en jaune orangé, mais, après un lavage à grande eau, les sels

de fer se dissolvent, et répreuve gagne beaucoup en netteté et en détails, en même temps quelle prend un aspect jaunâtre assez désagréable. Pour le fixage, on emploie une solution d'hyposulfite de soude à 5%; cette opération ne doit pas durer plus de deux minutes. On termine par un lavage à Teau courante, pendant dix minutes. L'image remonte en ton en séchant.

Les épreuves peuvent être virées avant le fixage dans un bain à for ou au sulfocyanure ; elles se conservent très bien après ce traitement.

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