VII. PROCÉDÉS AUX SELS d'uRANIUM
Il y a déjà très longtemps que les sels d'uranium sont employés en photographie, soit pour le virage des papiers au bromure d'argent, soit pour la sensibilisation. Dans ce dernier cas, ils sont associés en général, à d'autres sels : sels de cuivre, d'argent ou de fer. Il existe un très grand nombre de formules susceptibles de fournir des résultats intéressants. Nous allons en indiquer quelc|ues-unes.
Wothlytypie.
a) Argent et uranium.
Parmi les anciennes méthodes aux sels durane, on peut citer celle qu'a imaginée W'othly, dès 1863; elle repose sur l'emploi d'une solution d'uranium et d'argent :
Nitrate durane 8 p.
Nitrate d'argent. ... . . . i/8 p.
Alcool 8 p.
Cette solution est versée dans 24 p. de collodion. Si Ion remplace largent par le chloroplatinite de potassium, on obtient des épreuves au platine. On peut également supprimer le collodion et le remplacer par de l'alcool. Étendre la solution au pinceau.
Variantes :
Eau distillée . .
. . . . 100 ce.
ou bien
100 ce.
Azotate d'argent.
. . . 3gr.
6 gr.
Azotate d'urane .
.... 3o gr.
20 gr.
Conserver ces divers mélanges à l'obscurité.
On peut sensibiliser en faisant flotter le papier dans la solution ou en le badigeonnant à l'aide d'un large pinceau. Faire sécher dans Tobscurité complète. Si l'on a employé de l'alcool, le séchage est très rapide. Le papier préparé ne se conserve pas. On doit l'utiliser le jour même. Il est très sensible et ne doit être exposé que peu de temps sous le négatif. On imprime un peu moins que pour les sels d'argent. L'image doit être vigoureuse, elle est brune, quand le papier a été bien préparé.
Pour obtenir l'image définitive, on peut opérer de deux manières, comme pour les papiers au chlorure d'argent ; ou bien, tirer faiblement et développer dans un bain convenable; ou bien, faire venir l'image par un tirage suffisant et fixer simplement, avec ou sans virage.
Dans le premier cas (développement) on se sert de la solution suivante :
Eau additionnée de quelques gouttes d'acide
sulfurique 200 ce.
Sulfate ferreux 16 gr.
Acide tartrique 8 gr.
On révèle Timage dans ce bain, on lave à grande esLU et on fait sécher.
Dans le second cas (tirage direct sans développement), répreuve est simplement fixée dans un bain acide (eau acidulée par quelques gouttes d'acide nitrique). Renouveler deux ou trois foisFeau acidulée et terminer par un lavage à leau pure.
On peut virer Timage dans un bain d'or (solution étendue de chlorure d'or brun, additionnée de sulfocyanate d'ammonium). On obtient une teinte noirbleu. Laver ensuite à l'eau courante.
b) Cuivre et uranium.
Dissoudre dans une faible quantité d'eau:
Nitrate d'urane 72 gr.
Nitrate de cuivre ....... 20 gr.
Ajouter de petites portions de carbonate de soude, jusqu'à neutralisation, et de l'eau de manière à former un litre. Le papier, enduit préalablement de gélatine ou d'arrow-root, est sensibilisé en le faisant flotter deux minutes sur le bain. Lorsqu'il est sec, on expose jusqu'à apparition distincte de l'image, et l'on développe dans la solution suivante :
Prussiate jaune 8 gr.
Eau 92 gri'-
L'image une fois venue, laver simplement à l'eau courante. La teinte obtenue est rouge sanguin.
Pour le brun sépia, employer les proportions suivantes :
On dissout dans une petite quantité d'eau distillée :
Nitrate d'uranium 127 gr.
Nitrate de cuivre 8 g-r.
et on neutralise la solution avec de Tammoniaque pure ; on y ajoute ensuite suffisamment dVau pour porterie liquide à un volume de 1.000 centimètres cubes.
On sensibilise le papier en le faisant flotter, pendant une minute ou deux, sur cette solution, puis on fait sécher dans un milieu complètement obscur.
L'impression est complète, en 8 ou 10 minutes, à la lumière diffuse.
On développe Timage dans une solution de :
Eau 200 ce.
Ferricyanure de potassium ... 7 gr-
On termine par un lavage répété et soigné dans l'eau pure.
c) Uranium seul. Procédé Boivin.
Ce procédé est un perfectionnement du procédé Niepce de St Victor.
Solution sensibilisatrice :
Eau distillée 120 gr.
Azotate d'urane 20 gr.
Gélatine Nelson 10 gr.
Acide acétique qq gouttes.
Porter le tout sur un feu doux, non pas jusqu'à ébullition, mais seulement jusqu'à ce que la gélatine soit fondue. Immerger complètement la feuille de papier ou carton dans ce bain pendant 2 à 3 minutes,
puis suspendre dans Tobscurilé jusqu'à séchage complet. Activer au besoin le séchage par la chaleur. Exposer dans le châssis-presse. La durée de la pose est assez longue : 3 à 4 heures au moins pour un bon cliché de force moyenne. Pour développer l'image, peu apparente, on immerge d'abord le papier pendant quelques minutes dans l'eau tiède, puis dans un bain de ferricyanure prussiate rouge à 10*^/o. L'image apparaît immédiatement avec un beau ton vif sanguin, très chaud, à eifet artistique. Laver abondamment, puis immerger dans une eau acidulée par l'acide nitrique pour obtenir des blancs purs. Le fixage, qui dure 4 à 5 minutes, s'effectue dans un bain d'alun à 3"/o. On termine parmi lavage d'un quart d'heure avec eau renouvelée cinq à six fois. Faire sécher rapidement,
d) Fer et uranium.
On enduit le papier avec une solution de :
Eau distillée 12 5 ce.
Azotate d'uranium 22 gr.
puis, une fois sec, on l'impressionne pendant 10 minutes au soleil et on lave à Teau chaude. On développe ensuite dans une solution de prussiate rouge de potasse au 2 °/o. L'épreuve devient rouge dans ce bain.
Pour avoir l'image noire, on plonge l'épreuve, préalablement lavée dans l'eau pure, dans une solution de :
Eau distillée 100 ce.
Perehlorure de fer liquide. ... 5 gr. Aeide chlorhydrique i ?r.
où sa couleur devient verdâire et se transforme en noir après qu'elle a été lavée et séchée.
Pour les images violettes, au lieu de les développer dans la solution de prussiate rouge de potasse, on développe dans une solution de chlorure d'or au 1 °/o, en les laissant dans cette solution pendant4à8 secondes environ.
Procédé Poitevin.
Solution (i). Eau.
Perchlorure de fer.
Solution (2). Eau.
Ni traie d'urane.
Mélanger à égales parties. Pour sensibiliser le papier, on commence par le faire flotter quelques secondes dans un bain d'eau pure ; puis, on le place sur un verre, le côté sec étant tourné en haut. On verse alors dessus la solution sensibilisatrice en rétendant avec soin; puis on chasse l'excès du liquide, et on met sécher le papier. On expose sous un cliapositif 15 à 20 minutes au plein soleil. L'exposition est suffisante lorsque les grandes lumières, primitivement jaunes, ont complètement blanchi. On développe à laide d'une solution d'acide gallique ou pyrogallique (2'^/o) et on lave, ce qui fixe les épreuves.
Vni. PROCÉDÉS AUX SELS DE MANGANÈSE.
Procédé Lumière.
Le procédé qui a donné les meilleurs résultats à MM. Lumière est le suivant :
On introduit dans un ballon maintenu vers 15° par un courant d'eau froide :
Eau distillée 5o ce.
Permang-anate de potasse. ... 6 gr.
On ajoute petit à petit :
Acide lactique (D=i.225) i6 ce.
puis Formate de potasse 3 gr.
Lasolution est filtrée et versée dans une cuvette placée dans un laboratoire éclairé par la lumière artificielle.
On fait alors flotter à la surface du liquide une feuille de papier légèrement gélatine. Après une minute de contact environ, il convient d'enlever le grand excès de solution sensible en plaçant la feuille entre des papiers buvards; après quoi, elle est suspendue pour sécher à l'obscurité . L'exposition a lieu sous une image positive. Si l'on a bien opéré, l'impression exige un peu plus de temps que l'impression du papier albuminé. Lorsque les grands blancs de l'épreuve sont complètement décolorés, on immerge l'épreuve dans une solution de chlorhydrate de paramidophénol (à 5 °/o). L'épreuve atteint rapidement l'intensité convenable et il ne reste plus alors qu'à éliminer par un lavage le plus grand excès des sels solubles qui imprègnent le papier, ce qui n'exige que quelques minutes.
La teinte légèrement jaunâtre que prend l'image peut être enlevée à l'aide d'une solution faible d'acide chlorhydrique. On achève comme s'il s'agissait d'épreuves aux sels d'argent. En faisant varier la composition du révélateur, on réussit à obtenir une gamme de teintes extrêmement variées. L'auteur se souvient avoir vu chez ^DL Lumière, une série de photocopies dont les couleurs étaient extrêmement agréables (vert, bleu, jaune, violet, rouge). De plus,
les épreuves ainsi obtenues sont très stables : exposées pendant trois semaines au soleil, elles nont subi aucune altération.
Procédé ozotype.
Le principe de Tozotypie est des plus simples : Un papier gélatine, ou plus simplement un papier de simple transfert tel quon le Aend chez les fournisseurs de produits photographiques, est recouvert, soit par immersion, soit par badigeonnage au moyen d'un pinceau très doux, de la solution suivante :
Eau. 100 ce.
Sulfate de manganèse 14 gr.
Bichromate de potasse 7 gr.
Mettre sécher dans Tobscurité. Insoler sous un cliché jusquà apparition en brun jaunâtre, — comme pour le platine, — de limage avec tous ses détails, puis laver jusquà disparition du bichromate et sécher à nouveau. Il reste alors sur ce papier une image légèrement visible quil s'agit de transformer en épreuve au charbon. A cet effet, on prend un morceau de papier au charbon mixtionné que l'on fait baigner pendant une minute dans :
Eau 1000 ce.
Hydroquinone i gr.
Aeide acétique 3 ce.
puis, dans ce bain, on fait adhérer, en chassant les bulles soigneusement, le papier impressionné avec celui au charbon. Ces papiers sont placés couche contre couche ; on racle et on laisse sécher. Après dessiccation, on fait tremper Tensemble des deux feuilles pendant une demi-heure dans l'eau froide et
pour finir, on transporte le tout dans un bain d'eau chaude à 40 degrés.
La gélatine du papier mixtionné se ramollit rapidement et se gonfle. Au bout d'une minute, l'effet est suffisant pour que la séparation se fasse sans difficulté. On jette le papier support et on continue dans le même bain le dépouillement de la feuille portant l'image qui est elle-même recouverte d'une partie de la mixtion colorée. Au bout de quelques instants, limage est obtenue.
Comme on le voit, ce procédé, qui donne des épreuves au charbon ou à la gomme avec image visible, — donc plus d'incertitude pour le temps de pose, — et sans transfert, esL parfaitement à la portée de l'amateur. Avant d'entreprendre lui-même la préparation de ce papier, il pourra s'entraîner en utilisant celui que l'industrie met à sa disposition. UOzotype Company, de Londres, met, en effet, en vente depuis quelques mois des papiers spéciaux donnant de bons résultats :
Une image visible est faite par contact à la lumière du jour sur le papier spécial et sensibilisé par l'application d'une solution brevetée. On trempe un emplâtre (pigment plaster) dans un bain acide pendant environ 30 secondes et on le juxtapose dans ce bain à l'image primaire. On fait adhérer les deux feuilles au moyen d'une raclette et on les laisse en contact pendant 20 à 30 minutes. Les deux feuilles ainsi collées sont placées dans un bain d'eau chaude (42M6°); elles se séparent facilement et l'image définitive apparaît, en dépouillant à l'eau chaude le pigment non insolubilisé.
Pour le mixtionnage, on se sert d'un bain acide contenant de l'acide sulfurique et du sulfate de fer,