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IX. PROCÉDÉS AUX SELS DE PLATINE

La préparation du papier au platine est parfaitement à la portée de lamateur. Elle comprend trois opérations distinctes : rencollage du papier, la préparation des solutions sensibilisatrices et la sensibilisation du papier.

Pour les cartes postales, il faut choisir un papier (Wattmann ou Canson à grain très fin. L'encollage se fait à Tarrow-root ou à la gélatine.

Arrow-root lo gr.

Eau distillée 200 ce.

Faire bouillir l'arrow-root bien divisé dans Peau, pendant dix minutes; laisser refroidir pour enlever la pellicule qui s'est formée à la surface et ajouter, en iDattant bien, 50 ce. d'alcool à 90°. Passer à travers une mousseline le mélange et appliquer au pinceau large sur le papier. Repasser à plusieurs reprises le pinceau imbibé de la décoction d'arrowroot jusqu'à ce que le papier offre une surface lisse. Suspendre et faire sécher (E. Garbe).

L'encollage à la gélatine se fait avec une solution de 5 gr. de gélatine dans 100 ce. d'eau chaude additionnée de 1 gr. d'alun. Appliquer au pinceau comme précédemment. La solution sensibilisatrice se prépare, — dans le laboratoire éclairé par la lumière artificielle, — de la manière suivante :

On fait dissoudre :

a) Alun de fer ammoniacal. ... 96 gr. Eau chaude à 45° 5oo ce.

b) Carbonate de soude crist. ... 84 gr. Eau 200 ce.

Lorsque la solution a) est refroidie, verser peu à peu b) dans a). Laver le précipité par décantation en renouvelant Teau deux fois de suite.

Recueillir le précipité sur un fdtre et laver jusqu'à ce que les eaux de lavage ne donnent plus la réaction alcaline (p. tournesol). Laisser égoutter aussi bien que possible, de manière à obtenir une bouillie très épaisse. D'autre part, introduire dans un vase 49 gr. d'acide oxalique en poudre, puis mélanger la bouillie obtenue précédemment. Peu à peu le mélange se liquéfie. Après deux heures, tout le précipité est dissous. Filtrer alors et ajouter de l'eau distillée pour obtenir 185 cmc. On a ainsi préparé la solution sensibilisatrice d'oxalate ferrique. Nous indiquerons plus loin une méthode permettant d'obtenir ce composé en partant du perchlorure de fer.

Avant d'employer la solution d'oxalate ferrique, il est bon de s'assurer qu'elle n'a pas subi de commencement de réduction. Pour cela, on fait un essai avec Quelques gouttes de la solution que l'on verse dans une dissolution à 1 Vo tle prussiate rouge. La liqueur doit demeurer verdâtre (et ne pas passer au bleu de Prusse).

Pour préparer la solution sensibilisatrice, on

prend :

Solution de chloroplatinite de potasse (i gr. pour 6 gr. d'eau distillée) 6 ce.

Solution d'oxalate ferrique ... 6 ce.

Eau distillée 3 ce.

La solution de platine se fait par agitation, à froid. Le mélange doit s'effectuer dans le laboratoire, à l'abri de la lumière du jour.

La feuille à sensibiliser est fixée sur un carton ou une planche au moyen de punaises. On étend la liqueur à l'aide d'un pinceau plat. Passer plusieurs couches en tous sens. Laisser le papier s'imprégner de la solution pendant 10 à 15 minutes. Sécher vivement à une température de 25 à 30 degrés. Employer le papier le plus tôt possible, car il ne se conserve pas.

On peut développer à chaud ou à froid comme les papiers du commerce ; à chaud, avec une solution d'oxalate neutre de potasse (100 gr. pour 300 ce. d'eau) ; à froid, dans le bain suivant :

Eau distillée loo ce.

Phosphate de soude 3o gr.

Oxalate neutre de potasse. . . . 8o gr.

Acide oxalique o,io

Préparation de l'oxalate fernique.

Ce sel ne se trouve pas dans le commerce à cause de son altérabilité, mais il est facile de l'obtenir en opérant comme on vient de le dire ou en procédant de la manière suivante :

Dissoudre 100 gr. de perchlorure de fer sec dans 1 litre d'eau distillée ; précipiter l'oxyde de fer par une solution de 50 gr. de soude caustique dans 250 gr. d eau distillée — ajouter par petites portions. Laisser déposer le précipité. Laver par décantation jusqu'à disparition de la réaction alcaline (papier tournesol). Recueillir le dépôt d'oxyde de fer sur un filtre, le mettre dans un vase, comme précédemment, avec 40 gr. d'acide oxalique pulvérisé. Laisser en contact dans l'obscurité ; le liquide final contiendra 80 gr. d'oxalate ferrique. Au lieu de la soude, nous

aurions pu nous servir d'ammoniaque. Voici le mode opératoire à suivre:

Procédé Ganichot.

Eau distillée looo ce.

Perchlorure de fer sec I25 gv.

On filtre et on ajoute successivement de petites quantités d'ammoniaque jusqu'à ce qu'il ne se forme plus de précipité, qui est de l'hydrate de peroxyde de fer. On met ce dernier au-dessus d'un filtre et on lave à plusieurs reprises. On prépare ensuite une solution de :

Eau i5o ce.

Acide oxalique 5o gr.

et on fait bouillir. On ajoute cette solution peu à peu à l'hydrate de peroxyde de fer encore humide qui se dissout immédiatement. Pour s'assurer que la solution n'est pas acide, il convient de laisser non dissoute une petite quantité de peroxyde. On filtre de nouveau et on ajoute une solution de :

Chloroplatinite de soude. ... 2 gr. 5o Eau distillée 25o ce.

Si le liquide se trouble, on doit de nouveau filtrer. Puis on le met dans une bouteille colorée et bien bouchée, et on le tient à l'abri de la lumière. On enduit, avec cette solution, du bon papier, de préférence gélatine, pour qu'elle ne pénètre pas dans le papier, mais reste à la surface, sans quoi l'image n'aurait aucun relief. La sensibilisation s'effectue à la lumière jaune. On fait sécher le papier dans l'obscurité. Exposée sous un négatif, l'image se révèle rapidement : on attend que tous les détails aient paru et qu'ils aient pris une couleur grise.

Alors, toujours à la lumière jaune, on développe avec une solution de :

Eau 25o ce.

. Acide oxalique 125 gr.

Chloroplatinite de soude .... 2 gr. 5o

Avant que limage devienne gris brun cendré, on l'enlève de ce bain, on lave abondamment et on fait sécher.

L'image ainsi obtenue est d'une grande finesse et reste inaltérable.

On peut conserver le papier sensibilisé de la même manière que le papier albuminé.

Procédé Davenport.

Mettre gonfler 2 gr. de gélatine dans 250 ce. d'eau, puis dissoudre au bain-marie et ajouter 0,5 à 1 gr. d'alun ordinaire. Filtrer sur un linge fin. Badigeonner le papier ou le carton. On peut aussi les plonger dans le mélange et augmenter la teneur en gélatine.

Pour sensibiliser, dissoudre k fi'oid :

a) Oxalate ferrique en écailles . . 25 gr.

Acide oxalique 2 gr.

Oxalate de plomb i gr.

Eau 100 ce.

b) Chloroplatinite de potassium . i gr. Eau distillée 6 gr.

c) Chloroplatinite de sodiani . . i gr. Eau distillée 6 ce.

Prendre 10 ce. de a), et ajouter 16 gouttes de b), puis 4 gouttes de c). Badigeonner au pinceau et sécher rapidement.

Le révélateur s'obtient en prenant 1 partie de la

solution b et 10 parties de la solution suivante : d) Oxalate neutre de potassium . 3o gr. Phosphate de soude ord. . . 5 gr. Eau 100 ce.

On peut révéler au pinceau, en le promenant rapidement sur l'image bien imbibée de développateur.

Fixer dans de Teau acidulée (12 à 20 gr. d'acide chlorhydrique par litre. Terminer par un lavage à Teau courante.

Procédé Florence.

Ce procédé appartient à la catégorie de ceux n'utilisant le sel de platine que dans le révélateur. La solution sensibilisatrice ne renfermant pas de substance précieuse, on a moins à regretter les insuccès au cas où ils se produiraient. Le papier préparé peut se conserver longtemps; il fournit des épreuves claires et transparentes tout à fait comparables-à celles que donnent les autres procédés au platine. Cela se conçoit d'ailleurs, car la lumière n'opère aucune transformation sur le sel de platine, elle ne fait que réduire le sel ferrique en sel ferreux, ce dernier agissant à son tour sur le chlorure de platine pour le décomposer. Il n'est donc pas nécessaire que ces deux corps se trouvent ensemble au moment de l'insolation.

Voici le détail du procédé :

Employer des papiers encollés à la résine. Rejeter ceux à la gélatine. La préparation préliminaire à l'arrow-root doit être peu épaisse. Sensibiliser à l'aide de la solution d'oxalate de fer de Hûbl :

Sel de plomb et de fer 5 ce.

Solution de bichlorure de mercure

à i°/o 0 ce. 2.

Dissoudre 10 gr. d'acétate de plomb dans 100 ce. deaii distillée; après dissolution complète, ajouter une solution de 4 gr. d'acide oxalique dans de l'eau distillée. Il se forme un lourd précipité doxalate de plomb ; le laver à l'eau et sécher. A 100 ce. d'une solution d'oxalate ferrique au 1 : 5 ou doxalate de soude et de fer à 1 : 2, ajouter 1 gr. d'oxalate de plomb pour former la solution normale de sels de plomb et de fer. Cette solution se conserve quelque temps.

Pour sensibiliser le papier, on ajoute 5 ce. d'eau distillée à la solution, puis on étend le mélange avec un large pinceau doux (sans monture métallique). Sécher rapidement, sans le concours de la chaleur cependant. Le papier se conserve assez bien. On suit facilement la venue de l'image, car elle est très visible jusque dans ses détails.

Le développement s'effectue au moyen d'une solution d'oxalate de potasse (l:3j additionnée d'une solution d'un sel de platine, ou avec la solution oxalate phosphate recommandée par Willis :

a) Oxalate de potasse loo gr.

Phosphate de potasse .... 5o gr.

Eau distillée i litre.

Pour le bain de développement, prendre :

Solution a lo parties.

Solution de chloroplatinite de

potasse (i : 6) i partie.

Tremper les petites épreuves dans le bain. On peut les passer simplement plusieurs fois à la surface du liquide, puis les étendre sur une plaque où le développement s'achève (en 1 à 2 minutes environ).

Fixer dans un bain d'acide chlorhydrique (1 litre

-eau pour 15 à 20 ce. d'acide). Y tremper les épreuves cinq minutes. Renouveler le bain avec des solutions plus faibles, puis terminer à Teau pure.

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