‹ La cartographie de MadagascarChapitre 10 sur 20 · IO · texte numérisé non relu

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Les colons des îles de France et de Bourbon ne cessèrent jamais de la fréquenter pour s'y approvisionner d'esclaves, de bœufs et de riz. La francisation de cette grande et belle terre a toujours été le moindre de leurs soucis. Ils la regardaient comme une dépendance de leurs îlots et croyaient lui faire beaucoup d'honneur en Texploitafit à leur seul profit.

En 1792, la Convention nationale avait à soutenir le choc de toute l'Europe et celui des Vendéens qui, dévotement et amulettes au col, s'efforçaient de poignarder la France par derrière. Dans cette situation tragique, elle ne perdit pas de vue nos intérêts d'outre-mer et chargea Daniel Lescalier, homme très versé dans les questions coloniales^ d'étudier sur place l'île de Madagascar.

Lescalier séjourna dans Tîle du mois d'août 1792 à 1796 et en rapporta cette impression que nos insuccès avaient pour cause le manque d'esprit de suite et la corruption de la cour.

Dans un mémoire qu'il a lu à l'Institut ', il nie l'insalubrité de Madagascar. Les lagunes qui bordent une partie de la bande orientale sont malsaines, mais il serait facile d'y remédier. Les indigènes n'en soufiFrent pas. Si les Européens en sont affectés, ils le doivent à leur incontinence, à leur dédain de l'hygiène, surtout à l'abus des liqueurs fortes.

I Mémoires de V Institut , fructidor an IX (1801), t. IV, p. a.— H. d'Escaiips, op, citf p. 60.

Les observations de Lescalier ne furent pas perdues. Le général Bonaparte, premier consul, les recueillit et chargea Bory de Saint-Vincent d'explorer Tîle. Ce savant déclara que Madagascar pouvait seule donner à la France une forte position sur la mer des Indes.

En 1804, à la suite du rapport de Bory de Saint-Vincent, Pempereur Napoléon donna Tordre au général Decaen, gouverneur de l'Ile de France, de nous installer fortement à Madagascar.

Le général choisit pour chef-lieu Tamatave, organise l'administration et la défense, décide et commence Pexécution de grands travaux.

Les études de Lescalier, de Bory de Saint-Vincent et du général Decaen paraissent avoir eu leur expression géographique dans une carte publiée en iSio, par Lapie, alors ofHcier du génie attaché au dépôt de la Tîuerre.

Dans cette carte, Tensemble du tracé de Tîle gagne en précision, mais les détails laissent encore à désirer.

Le cap d'Ambre se présente toujours comme une masse qui rappelle le fameux quadrilatère de Flacourt.

Le dessin de la côte orientale est assez correct et représente une partie des lagunes, ce qui n'avait pas encore été fait.

La côte méridionale forme, avec le vingt-quatrième parallèle sud, un arc de cercle presque parfait.

La côte occidentale est représentée sommairement et portée trop à Test, ce qui défigure le tracé de Tîle et du canal de Mozambique.

Madagascar a la figure d'un octogone irrégulier dont les sommets sont marqués par le cap d^Ambre, le cap Est, Fort-Dauphin, le cap Sainte-Mari*, le cap Barrow, le cap Saint-Vincent, Tembouchure de la rivière Tsiribitrina et le cap Saint-André. La comparaison des positions données par Lapie et de celles de la carte de Laillet et Suberbie donne des différences notables que nous relevons dans le tableau suivant. Les huit points de construction choisis par Lapie ne sont que des repères et n'encadrent pas l'île.

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