‹ La case du Père TomChapitre 169 sur 200 · CHAPITRE XXXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVII

mes, et il sentit renaître la terreur dont il avait été saisi pendant ses rêves.

— Etes-vous fou? dit Cassy en français; laissez-le en repos. Je me charge de le soigner et de le mettre en état de retourner aux champs. Ne vous avais-je pas averti qu'il résisterait?

On prétend que l'alligator et le rhinocéros, quoique revêtus d'une cuirasse à l'épreuve de la balle , ont une partie du corps vulnérable. Chez les réprouvés sans foi ni loi, le point sensible est la terreur superstitieuse.

Legree résolut de temporiser.

— Faites comme vous voudrez, dit-il à Cassy. Et vous, Tom , je vous épargne à présent, parce que l'ouvrage presse et que j'ai besoin de tout mon monde; mais je n'oublie jamais : j'ai un compte à régler avec vous , et vous finirez pir me payer aux dépens de votre vieille peau noire.

En disant ces mots il sortit.

— Vous aurez aussi un compte à régler, dit Cassy en le suivant des yeux. Eh bien! mon pauvre ami, comment vous trouvez-vous?

— Le bon Dieu a envoyé son ange et a fermé pour cette fois la gueule du lion.

— Oui, dit Cassy, pour cette fois; mais à présent que vous vous êtes attiré sa colère, il ne vous lâchera pas; il s'attachera à vous; il vous sucera le sang goutte à goutte. Je connais l'homme!

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