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qui plus est, elle entra régulièrement en chaleur, fut saillie, fécondée, donna un veau, fut la meilleure laitière de l’étable et s’engraissa facilement.
Personnellement, nous n’avons pas d'observations de ce genre. Mais à priori, le fait semble possible. Dans la majorité des cas, avons-nous dit, les malades sont porteuses de kystes ovariens. Souvent aussi, un seul organe surtout est atteint; parfois même, l’autre ovaire est complètement sain. Donc, en pratiquant l’opération, on peut:se borner après examen manuel des deux ovaires, à n’enlever que celui qui présente les lésions. Dans la suite, il n’est pas impossible que la vache guérie de sa nymphomanie par l’ablation de l'ovaire kystique, redevienne normale et soit fécondée par suite du bon fonctionnement de l'ovaire sain. Le fait mériterait d'être vérifié.
Cependant, nous ne pensons pas qu'il s'agisse d’une guérison définitive. Il sera toujours difficile, en effet, de reconnaître par la palpation manuelle si l'ovaire qu’on croit sain ne présente pas quelques petits kystes qui, après l’ablation de l’organe lésé, vont se développer plus rapidement et faire réapparaître la maladie. Au surplus, serait-il complètement sain, que nous croyons encore à l'intervention des causes prédisposantes étudiées dans lPétiologie, qui feront que cet ovaire laissé seul deviendra à peu près sûrement à son tour kystique et que la maladie récidivera.
Au point de vue laitier, la castration exerce également une influence sur la taurelière. En général, nous l’avons dit, la malade perd progressivement
son lait. En quelques mois, le rendement devient presque nul.
Or, si la castration est pratiquée assez tôt, dès les premiers symptômes de la maladie, quand la quantité de lait sécrétée est encore notable, non seulement elle arrête nettement la chute, mais encore elle augmente cette sécrétion, sans toutefois la faire remonter au taux fourni quelques semaines après le vêlage. Nous rapporterons à ce sujet deux observations de Mansuy : une vache taurelière, âgée de six ans, opérée six mois après le vêlage, alors qu’elle ne donnait plus que trois litres de lait, fut, en huit jours, ramenée au chiffre de cinq litres et maintenue là pendant huit mois après lesquels, la bête, devenue grasse, fut vendue au boucher.
Une autre taurelière de huit ans, achetée six mois après le vêlage pour la somme de 84 francs, tant elle était maigre, fut opérée. Son rendement de neuf litres au moment de la castration, s’éleva à dix, puis à douze litres. Il fut maintenu à ce chiffre pendant six mois. Au bout de ce temps, la vache, qui était très grasse, fut vendue 235 francs, soit 151 franes de plus qu’elle n’avait coûté.
D'autre part, la qualité du lait fourni s'améliore nettement : il devient plus crémeux, plus caséeux, plus nourrissant, agréable au goût, alors que celui donné avant la castration n’était pas même consommable.
Ces deux exemples sont assez nets. Toutes nos opérations nous ont permis d'enregistrer des faits identiques. Cependant, ne nous attendons pas, de ce côté,
à des résultats merveilleux. Trop souvent, les vaches opérées le sont trop tard, lorsque la sécrétion est presque nulle. On note bien alors une surélévation de quelques litres, ce n’est pas niable, mais ce serait tout à fait insuffisant pour conclure de ce fait un des résultats essentiels qui militent en faveur de la castration.
Retenons néanmoins que si l’opération était pratiquée tout au début de la maladie, quand le rendement journalier moyen oscille entre huit et douze litres, il y aurait nettement avantage : l’augmentation quantitative et l’amélioration de la qualité du lait procureraient encore une source importante de bénéfices en attendant l’engraissement.
Retenons donc cette donnée et opérons hâtivement, des que le diagnostic sera sûrement établi.
Ces deux premiers résultats, adoucissement du caractère et légère augmentation de la sécrétion lactée étant acquis, voyons maintenant ceux obtenus au point de vue viande : augmentation quantitative et amélioration considérable de la quülité.
Nous ne nous attarderons pas sur le premier point; les pesées que nous avons pratiquées avant l’opération, et beaucoup plus tard après, le rendement en viande nette que nous avons pu vérifier sur quelques-unes de nos opérées, seront mentionnés dans nos observations. C’est surtout sur l’amélioration Considérable apportée à la qualité de la viande que nous voulons quelque peu insister.
Pour Ch. Morot, la castration de la taurelière change la direction des forces nutritives et détourne une
partie des substances alibiles de leur destination première. Tous les matériaux assimilables ne servent plus qu’à la conservation de l'individu et se trouvent presque toujours hors de proportion avec les besoins d’un organisme neutralisé dans son sexe. La taurelière est une malade, stérile, mais dont l’appareil génital est sans répit, en état d’hyperexcitation. Tous les principes nutritifs absorbés sont déviés de ce côté.
Aussi, castrée, devient-elle un organisme neutre, et
le surcroît des éléments non dépensés s’accumule en quantité souvent excessive dans le tissu cellulaire et dans les interstices des fibres musculaires. Les chairs acquièrent ainsi une saveur et une succulence bien supérieures à celles des vaches taurelières non castrées.
. Quelle différence, en effet, entre la viande d’une taurelière castrée et d’une autre qui ne l’est pas. Au lieu d’une carcasse cachectique, la ribaude opérée présente une chair normale, en bon état; il y a graisse de couverture et graisse intérieure. La musculature du train postérieur surtout s’est considérablement augmentée : elle atteint celle du bon bœuf de boucherie. La viande n’est plus foncée comme celle du taureau. Plus d’odeur de sexualité ; il y a du persillé et du marbré. La cuison donne un excellent bouillon ; la viande n’est plus ni sèche, ni coriace. D'un animal de qualité tout à fait inférieure, la castration en à fait un sujet sinon de première, tout au moins de bonne deuxième qualité.
Tels sont donc les immenses résultats obtenus par