RE
Pertes subies par le pays annuellement du fait de la non castration des vaches taurelières
Une vache grasse, du poids vif de 500 kilogs, au cours du jour, cotée comme seconde qualité seulement, à 4 francs le kilog, vaut 2.000 francs. La méême vache, devenue taurelière, subit, sans exagération aucune, une perte de poids d’au moins 150 kilogs À elle ne pèse donc plus que 350 kilogs. Mais, du fait qu’elle ne fournira qu’une viande de mauvaise qualité, le boucher ne consentira guère à l’acheter qu’au prix de la viande du taureau de troisième qualité, soit 2 fr. 50 le kilog et la vache ne vaudra plus que 875 francs. C’est donc déjà une perte de 1.125 francs pour le fermier. Ce n’est pas tout : on ajoutera à cette somme une perte journalière provenant du gaspillage des aliments et du rendement laitier presque nul de la malade qui, évaluée à 4 francs, fait annuellement 1.460 francs. C’est donc un total déficitaire de 2.585 francs pour une seule vache taurelière.
Or, Charlier estimait qu’en chiffre rond, le nombre des taurelières livrées chaque année à la boucherie, atteignait 80.000. Nous n’hésitons pas, aujour-
d’'hui, à porter ce chiffre à 100.000, vu laugmentation de notre cheptel bovin depuis cinquante ans et la non diminution du nombre des malades. Il nous suffira donc de faire une multiplication, pour arriver au chiffre formidable de 260 millions environ, représentant la perte totale annuelle occasionnée par les taurelières.
Cependant, nous n’exagérons en rien. Si nous entrions dans les détails, faisant le bilan d’autres pertes subies du fait d'accidents dont les taurelières sont les auteurs, du fait qu’elles ne donnent pas leur veau annuel, qu’elles ne produisent pas de suif, etc... nous atteindrions vraisemblablement le chiffre colossal d'un demi-milliard.
Néanmoins, nous. nous en tiendrons à la perte totale annuelle de 260 millions, perte réelle, comme le fait remarquer Gourdon, sans compensation aucune, qui pèse à la fois sur la bourse du cultivateur et sur l'alimentation publique.
Et cette perte peut être évitée par la pratique de la castration. À coup sûr, il y a bien déjà des progrès réalisés à ce point de vue, comparativement au siècle dernier. Quelques praticiens castrent ces malades, mais beaucoup trop encore se heurtent à l’esprit routinier et à l’entêtement des paysans. Nous voudrions que la méthode se généralise rapidement et nous serions heureux si ce modeste travail pouvait contribuer quelque peu à cette réalisation.
Observations
Nous donnerons à l’appui de notre étude le résumé de neuf observations ; les six premières ont été empruntées à notre Père. Trois autres sont strictement personnelles.
Notons d’ailleurs que nous ne citons que les plus marquantes, choisies parmi un total d’une trentaine. Toutes sont aussi éloquentes et constituent les preuves les plus évidentes de toutes les données exposées au cours de notre travail.