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Introduction
Ce n’est pas à la légère que nous avons en défi- -nitive porté notre choix sur un tel sujet. Il y a bien, à la vérité, une foule d’écrits se rapportant à la castration de la vache : les uns font valoir ses avantages quant à l’augmentation et la persistance de la sécrétion lactée et ce sont les plus nombreux; les autres montrent ceux obtenus au double point de vue quantité et qualité de la viande. Et parmi tous peu insistent sur les immenses bénéfices qu’on peut retirer de la castration de la vache taurelière en particulier.
La vache saine en plein rapport, castrée pour augmenter son rendement en lait et permettre son engraissement progressif au fur et à mesure que sa glande mammaire se fatigue et tarit, voilà bien une plus-value que l’on donne à l’animal. Une vache de cinq à huit ans, au maximum de son rendement laitier, constitue pour le fermier une source importante de bénéfices, mais cette source va diminuer peu à peu avec l’âge : aussi la castration a-t-elle pour but
de faire rendre à ce capital encore prospère, rapidement et d'une manière intense tout ce qu’il peut donner jusqu’à épuisement complet. Qu’à la rigueur, cette vache, dont la production va diminuer progressivement, ne soit pas castrée, peu importe : le propriétaire ne manque qu’à gagner, il ne perd pas.
Mais il en est tout autrement avec la vache taurelière : non seulement c’est un capital inerte qui ne rapporte aucun intérêt, mais c’est un capital qui diminue lui-même de valeur tous les jours, qui est une source de dépenses onéreuses pour le, fermier qui le possède, qui est la cause d’une foule d’accidents se traduisant par des pertes pécuniaires sans cesse croissantes.
Avec ce capital, ce n’est plus une unique cause de manque à gagner, mais une source de déficits importants. Et dans ce cas, la castration devient véritablement nécessaire. L'opération pratiquée sur la vache normale transforme un animal d’une certaine valeur en un autre de plus grande; la castration de la taurelière transforme un animal de valeur nulle en un autre d’excellent rendement.
Voilà la grande différence.
Nombre d’éleveurs ne font jamais castrer leurs vaches laitières quand leur carrière vraiment productive est sur le point de s’achever : ils se contentent d’engraisser leurs. animaux pour les vendre à la boucherie. C’est une erreur économique, c’est entendu; ils perdent ainsi un rapport supplémentaire se traduisant par une sécrétion lactée qui se prolonge pendant un an, dix-huit moïs et même plus,
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par un engraissement qui s'obtient sans grands frais à mesure que le lait diminue.
Mais il n’en est plus du tout de même avec la taurelière. Economiquement, aucun fermier ne devrait la conserver dans son étable sans la faire castrer dès la première apparition des symptômes révélateurs de l’affection : chaque jour, chaque quinzaine, chaque mois qui s’écoulent sont autant de pertes qui s’accumulent. Ne pas gagner autant qu'on peut est peut-être une erreur, mais perdre quand on peut gagner est bien une ineptie.
Et cependant combien de fermiers pourtant assez experts dans la conduite de leur exploitation, deviennent complètement ignares dès qu’ils sont possesseurs d’une vache taurelière ? Combien en avonsnous vu qui s’entêtent à conserver telles leurs malades pendant des semaines et des mois ? Au début, ils espèrent toujours une fécondation possible; ce n’est qu’après six, huit, dix saillies infructueuses qu’ils perdent courage et décident enfin l’engraissement de leur animal. Mais là encore, peine inutile; les aliments les plus nutritifs, les fourrages les meilleurs, toutes les substances les plus chères sont prodiguées chaque jour à la malade qui, malgré ce régime, non seulement n’engraisse pas dans la majorité des cas, mais s’amaigrit de plus en plus, aboutissant à la cachexie. ;
Enfin complètement découragés, ils livrent leur animal au boucher à oil prix, pour la peau, sans même jamais avoir demandé conseil à leur vétérinaire,